Cotation du 15/01/2021 à 23h18 Dow Jones Industrial -0,57% 30 814,26
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Clôture de Wall Street : quadruple record, malgré l'emploi US décevant !

Clôture de Wall Street : quadruple record, malgré l'emploi US décevant !
Clôture de Wall Street : quadruple record, malgré l'emploi US décevant !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les quatre principaux indices boursiers américains ont terminé vendredi sur de nouveaux records, malgré l'annonce de chiffres de l'emploi décevants en novembre aux Etats-Unis. Les investisseurs estiment que cette dégradation du marché de l'emploi poussera les élus du Congrès à adopter rapidement, peut-être avant Noël, un nouveau plan de soutien à l'économie, alors que les cas de coronavirus continuent de flamber outre-Atlantique, en attendant la vaccination. Le pétrole a progressé au lendemain de l'accord de l'Opep+ en vue de relever progressivement sa production, retrouvant ses plus hauts niveaux depuis 9 mois.

A la clôture, le Dow Jones a gagné 0,83% à 30.218 points, effaçant son record du 24 novembre (30.046 pts), tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,88% à 3.699 pts, et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a gagné 0,70% à 12.464 pts. Enfin l'indice Russell 2000, qui suit les valeurs moyennes, a lui aussi fini sur un record, à 1.892 pts (+2,3%).

Sur la semaine, le DJIA a gagné 1%, le S&P 500 est monté de 1,7% et le Nasdaq a pris 2,1%. Depuis le début de l'année, les trois indices sont en hausse respective de 5,8%, 14,5% et 39%, malgré leur plongeon de l'ordre de 20% en mars-avril, lors de la 1ere vague de la pandémie de Covid-19.

Le marché de l'emploi US peine face à la flambée du coronavirus

La résurgence du coronavirus a donc nettement freiné le marché de l'emploi en novembre. L'économie américaine n'a ainsi créé que 245.000 postes non-agricoles, près de deux fois moins que le consensus des économistes (environ 470.000), et après 610.000 créations en octobre. A noter que les créations de postes d'octobre ont en outre été révisées en baisse, de 638.000 à 610.000.

Malgré tout, le taux de chômage a reculé à 6,7%, contre 6,8% de consensus de marché et après 6,9% en octobre, un phénomène lié essentiellement à une baisse de participation à la force de travail, tombée à 61,5%, de nombreux Américains s'étant découragés de chercher du travail en raison de la crise économique et sanitaire. Seule bonne nouvelle : le salaire horaire moyen a augmenté plus que prévu, de 0,3% par rapport au mois précédent, contre +0,1% de consensus, et il progresse de 4,4% par rapport à novembre 2019.

Par ailleurs, les commandes industrielles ont augmenté plus que prévu (+1%) en octobre sur un mois, contre un consensus de marché de +0,8% et après +1,3% en septembre, témoignant d'une confiance des entrepreneurs américains dans l'amélioration de la conjoncture à moyen terme. Enfin, la balance du commerce international des biens et services a affiché en octobre un déficit de 63,1 milliards de dollars, inférieur au consensus (64,8 Mds$) et après 62,1 Mds$ en septembre.

Paradoxalement, les investisseurs n'ont pas sanctionné les chiffres de l'emploi, en estimant qu'ils allaient mettre la pression sur la classe politique pour adopter rapidement un nouveau plan de relance. La Fed pourrait aussi être plus encline à accroître son soutien à l'occasion de sa prochaine réunion des 15 et 16 décembre.

Un nouveau plan de soutien budgétaire avant Noël?

A Washington, les chances d'un accord sur un nouveau soutien budgétaire ont fait un grand pas en avant cette semaine, avec d'une part la reprise des négociations entre la leader démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, et d'autre part, le dépôt par un groupe bipartisan de sénateurs démocrates et républicains d'un projet de relance d'un montant de 908 milliards de dollars, qui semble pouvoir déboucher sur un accord, peut-être avant les vacances de Noël.

Côté démocrate, le plan a reçu le soutien du président élu Joe Biden, ainsi que de Nancy Pelosi et Chuck Schumer, le chef des démocrates du Sénat. Vendredi, Mme Pelosi s'est montrée optimiste en disant à la presse avoir constaté une "dynamique positive" ("momentum") en faveur d'un accord bipartisan.

Coté républicain, le plan a aussi reçu des soutiens, et le leader des sénateurs républicains Mitch McConnell, qui défendait jusqu'ici un plan minimaliste de 500 Mds$ pourrait aussi y adhérer... Ainsi, selon la chaîne 'CNBC', McConnell a rencontré des sénateurs républicains impliqués dans la mise au point du plan bipartisan et a estimé qu'il y avait des signes positifs en vue d'un compromis éventuel. De son côté, le site politique 'The Hill' affirme que Donald Trump, lors d'un événement au Bureau Ovale, aurait jugé qu'un accord serait très proche et qu'il soutiendrait le possible "deal".

Le géant pétrolier chinois CNOOC rejoint la liste noire de Washington

Par ailleurs, les marchés financiers n'ont pas prêté beaucoup d'attention aux derniers signes d'un regain des tensions commerciales sino-américaines. Ainsi, le Département américain de Défense a ajouté 4 grandes entreprises chinoises, dont le géant pétrolier CNOOC, à sa liste noire de firmes chinoises liées ou contrôlées par l'armée chinoise recensées par le Pentagone. Cette décision pourrait détériorer davantage les relations entre Washington et Pékin, à un mois et demi de l'investiture du président américain élu Joe Biden, le 20 janvier prochain.

Outre CNOOC, le fabricant de puces SMIC, ainsi que China Construction Technology et China International Engineering Consulting ont aussi été ajoutés à la liste, ce qui porte à 35 le nombre de compagnies chinoises désormais "blacklistées". Selon un décret signé le 12 novembre dernier par Donald Trump, il sera interdit aux investisseurs américains d'acheter des titres de ces compagnies à partir du 11 janvier prochain. Les investisseurs auront toutefois jusqu'au 11 novembre 2021 pour vendre les titres qu'ils détenaient avant le 11 janvier 2021.

CNOOC a déclaré vendredi être "choqué et au regret" d'apprendre la décision, qui repose selon lui sur des "informations fausses et inexactes". A noter que des actionnaires américains détiennent 16,5% du capital de la filiale de CNOOC cotée à Hong Kong.

Le pétrole au plus haut depuis 9 mois après l'accord de l'Opep+

Le pétrole a continué de progresser vendredi, au lendemain de l'accord de l'alliance Opep+ pour augmenter progressivement sa production de 500.000 barils par jour à partir du 1er janvier prochain. Le pétrole brut léger américain (WTI) a gagné 1,4% à 46,26$ le baril, pour le contrat de janvier sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en janvier a avancé de 1,1% à 49,25$.

Sur la semaine, les deux variétés de pétrole ont gagné 1,6% (WTI) et 2,1% (Brent), alignant 5 semaines consécutives de hausse, et remontant au plus haut depuis 9 mois. Les cours ont ainsi rebondi d'environ 30% depuis début novembre, soutenus par les espoirs d'une reprise de la demande en 2021, à mesure que les campagnes de vaccination contre le Covid-19 devraient permettre de relancer l'économie mondiale.

La hausse de 500.000 bj est inférieure à celle initialement prévue (+2 millions de barils par jour), et les membres de l'OPEP+ se réuniront chaque mois afin d'ajuster leur politique au vu de l'évolution conjoncturelle.

L'or s'est stabilisé vendredi à 1.840,00$ l'once (-0,1%) pour le contrat à terme de février sur le Comex, et a signé un rebond de 3% cette semaine, après être tombé au plus bas depuis 5 mois.

L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, livre sterling, yen, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) a progressé de 0,1% à 90,82 points, dans la perspective d'un nouveau plan de relance budgétaire aux USA, tandis que l'euro a cédé 0,2% à 1,2116$, proche de son plus haut depuis avril 2018. Sur le marché des emprunts d'Etat américains, le rendement du T-Bond à 10 ans a rebondi de 6 points de base à 0,97%.

VALEURS A SUIVRE

Pfizer (+0,6%) a annoncé jeudi soir avoir revu à la baisse le nombre de doses de son vaccin contre le Covid-19 - conçu avec son partenaire allemand BioNTech (+1,1%)- qu'il pourra produire d'ici la fin de l'année 2020. Le laboratoire américain évoque des difficultés dans la chaîne d'approvisionnement de matières premières utilisées. Le groupe avait indiqué ces dernières semaines qu'il s'attendait à produire 50 millions de doses cette année, objectif en baisse par rapport aux 100 millions de doses précédemment envisagées. Le groupe a cependant confirmé son objectif de produire plus d'un milliard de doses de son vaccin en 2021.

Moderna (-3%). La biotech a déclaré jeudi qu'elle serait en mesure de fournir entre 100 millions et 125 millions de doses de son vaccin expérimental contre le Covid-19 à travers le monde durant le premier trimestre 2021. 85 à 100 millions de doses seront disponibles aux Etats-Unis et 25 millions de doses à l'étranger. Moderna s'attend à pouvoir produire entre 500 millions et 1 milliard de doses sur l'année 2021.

Du côté d'AstraZeneca (+1,8%) et d'Oxford cette fois, l'agence Reuters relève que les deux partenaires ont donné des explications contradictoires sur la manière dont ils ont découvert la posologie la plus efficace pour leur candidat-vaccin contre le Covid-19. A l'occasion de la publication des résultats préliminaires il y a dix jours, le responsable de recherche d'AstraZeneca avait indiqué à Reuters qu'une demi-dose avait été administrée par inadvertance pour la première injection à certains des participants, ce qui s'est finalement révélé être un coup de chance. Un scientifique de l'Université d'Oxford a pour sa part déclaré lundi à Reuters que le vaccin à demi-dose avait été administré... délibérément après des consultations. "Il y a eu une certaine confusion suggérant que nous ne savions pas que nous donnions une demi-dose lorsque nous l'avons donnée. Ce n'est vraiment pas vrai", a déclaré le professeur Adrian Hill, directeur de l'Institut Jenner à l'Université Oxford, qui dirige les essais britanniques sur le vaccin. Rappelons que le sous-groupe à demi-dose avait obtenu une efficacité de 90%.

Uber (+4,4%) a demandé aux CDC (Centres de contrôle et de prévention des maladies) américains de catégoriser les chauffeurs et livreurs de la firme en tant que personnel non-sanitaire essentiel, ainsi éligible à une vaccination prioritaire contre le virus.

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