Cotation du 14/06/2019 à 23h14 Dow Jones Industrial -0,07% 26 089,61
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Clôture de Wall Street : prudence, les semi-conducteurs pèsent...

Clôture de Wall Street : prudence, les semi-conducteurs pèsent...
Clôture de Wall Street : prudence, les semi-conducteurs pèsent...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine a légèrement fléchi vendredi malgré l'annonce d'indicateurs meilleurs que prévu aux Etats-Unis, qui laissent penser que la Fed ne se pressera pas pour baisser ses taux, d'où la petite déception des investisseurs. Les ventes de détail ont ainsi continué de progresser en avril et en mai, malgré les craintes d'une escalade de la guerre commerciale. En revanche, le secteur des semi-conducteurs souffre de cette guerre, à commencer par Broadcom (-5,5%), qui a lancé jeudi un avertissement sur ses ventes, après les sanctions américaines sur son client chinois Huawei. Le pétrole est orienté à la hausse, sur fond de montée des tensions dans le Golfe après une attaque contre deux tankers près du détroit d'Ormuz.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,07% à 26.089 pts, tandis que le S&P 500 a lâché 0,16% à 2.886 pts, et que le Nasdaq Composite a fléchi de 0,52% à 7.796 pts. L'indice SOX de Philadelphie, qui reflète le secteur des semi-conducteurs, a plongé de 2,6%, plombé notamment par Broadcom (-5,5%), Advanced Micro Devices (-3,2%), Intel (-1,1%), Micron Technology (-2,1%), Texas Instruments (-3,5%), Xilinx (-2,7%), Skyworks Solutions (-2,1%) et Qualcomm (-1,7%).

Sur l'ensemble de la semaine, le DJIA et le S&P 500 ont gagné 0,4%, tandis que le Nasdaq a pris 0,7%. Les trois indices phares avaient bondi de l'ordre de 4% la semaine précédente, aiguillonnés par l'espoir de baisses de taux de la Fed après des déclarations "colombe" du président de la Fed Jerome Powell.

Sur le marché des changes, le dollar s'est nettement apprécié vendredi, après la publication d'indicateurs macro-économiques meilleurs que prévu aux Etats-Unis. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a progressé de 0,55% à 97,55 points, sa troisième séance consécutive de hausse. L'euro a reculé de son côté de 0,58% à 1,1210$.

Sur le marché obligataire, les taux ont encore reculé dans l'anticipation de gestes de la Fed. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a cédé 1 point de base à 2,08%, au plus bas depuis octobre 2016. En début de journée, il était même tombé jusqu'à 2,06%, mais c'était avant la publication de statistiques assez solides en mai.

La consommation tient bon malgré la guerre commerciale

Ainsi, les ventes de détail ont augmenté en mai de 0,5% sur un mois aux Etats-Unis, un peu moins vite qu'attendu certes (+0,7%), mais la lecture du mois d'avril a été revue en nette hausse, à +0,3% contre -0,2% en première lecture... Les chiffres confirment donc la bonne tenue de la consommation outre-Atlantique malgré l'escalade de la guerre commerciale.

Un petit bémol cependant : la confiance des consommateurs s'est dégradée en juin, selon les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan. L'indice de confiance a reculé à 97,9 après 100,0 en mai, légèrement inférieur aux attentes des économistes (98,0). En outre, le sous-indice mesurant le jugement des consommateurs sur leur situation future a baissé à 88,6 après 93,5 en mai et contre 92 estimé par le consensus...

Autre "stat" importante du jour, la production industrielle a augmenté plus que prévue en mai, à +0,4% sur un mois, contre +0,2% de consensus et -0,4% en avril, constituant là aussi une bonne surprise dans l'environnement actuel de hausse des coûts et des droits de douanes.

Plus de 600 entreprises implorent Trump de trouver un accord avec la Chine

En Chine en revanche, la progression de la production industrielle a ralenti en mai à son rythme le plus faible depuis 17 ans ! La hausse s'est limitée à 5% sur un an, selon le Bureau national de la statistique, alors que le consensus mesuré par 'Reuters' était de +5,5%. Les autorités chinoises ont fait savoir cette semaine qu'elles se tenaient prêtes à prendre de nouvelles mesures pour soutenir la croissance chinoise, et ont affirmé ne pas avoir peur d'une guerre commerciale avec les Etats-Unis.

Dans le même temps, Walmart, Target et environ 600 firmes américaines ont écrit une lettre à Donald Trump pour lui demander de cesser cette guerre commerciale et de trouver un accord avec la Chine pour mettre un terme à l'escalade des 'tarifs' douaniers, qui menace la croissance américaine.

Les marchés attendent toujours une baisse des taux en juillet

Dans l'ensemble, les dernières statistiques plaident plutôt en faveur d'un statu quo de la Réserve fédérale, à l'issue de sa prochaine réunion des 18 et 19 juin. Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme sur les "fed funds", les marchés anticipent ce statu quo (maintien du taux des "fed funds" à 2,25%-2,50%), avec une probabilité de 79,2% (contre 72,5% jeudi soir).

Les attentes restent en revanche très fortes pour un geste baissier le 31 juillet, avec une probabilité de 87,9% (contre 86% jeudi soir). Les traders voient 70,3% de chances pour une baisse d'un quart de point à 2,00%-2,25% et de 17,6% pour un recul d'un demi-point pour revenir à 1,75%-2%, selon cet outil.

Les cours du pétrole se sont orientés à la hausse sur fond d'escalade des tensions dans le Golfe. Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a gagné vendredi 0,44% à 52,51$ le baril sur le Nymex (après +2,2% jeudi), tandis que le Brent d'échéance août grimpait de 1,14% à 62,01$ (après +2,3% jeudi) au moment de la clôture du Nymex.

Malgré ce rebond, le cours du WTI reste dans un marché baissier, caractérisé par une chute supérieure à 20% par rapport à ses sommets annuels d'avril dernier à plus de 66$.

Washington accuse l'Iran, qui dément toute implication

Vendredi, l'agence internationale de l'énergie (AIE) a revu à la baisse ses prévisions de demande mondiale de brut, dans son dernier rapport mensuel. Mais les investisseurs ont avant tout les yeux rivés vers le bras de fer qui oppose les Etats-Unis et l'Iran dans le Golfe persique, qui fait craindre pour l'approvisionnement mondial...

Le président américain Donald Trump et son secrétaire d'Etat Mike Pompeo ont accusé l'Iran d'être à l'origine des attaques contre deux pétroliers dans la mer d'Oman, près du détroit d'Ormuz, par où transite 30% du pétrole mondial transporté par mer... "Les Etats-Unis considèrent que la République islamique d'Iran est responsable des attaques survenues aujourd'hui dans le golfe d'Oman", a déclaré M. Pompeo à la presse.

De son côté, l'Iran a démenti toute implication dans ces incidents. Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a jugé "sans fondement" les accusations américaines, et a accusé sur Twitter les Etats-Unis de "sabotage diplomatique et de maquillage de son TerrorismeEconomique contre l'Iran".

L'or franchit les 1.350$, avant des prises de bénéfices

Dans ce contexte géopolitique et économique tourmenté, l'or a fait du yo-yo vendredi. Sur le Comex, le contrat à terme d'août sur l'or a d'abord bondi au-dessus de la résistance des 1.350$ l'once, atteignant 1.362$ en séance. Mais le métal jaune s'est ensuite vivement replié pour revenir à 1.344,70$ l'once (+0,07%), quasi-inchangé par rapport à la veille...

L'or a tout de même gagné plus de 5% depuis un mois, profitant de l'environnement d'aversion au risque qui s'est accru ces dernières semaines face aux tensions commerciales, mais aussi au regain des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les manifestations violentes qui se déroulent depuis dimanche à Hong Kong contre un projet de loi d'extradition vers la Chine ont aussi favorisé le report des investisseurs vers les placements refuges comme l'or.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur des semi-conducteurs a bu la tasse après l'avertissement de Broadcom (-5,5%) sur ses ventes de l'exercice 2019, qui éloigne la perspective d'un redémarrage des ventes mondiales de "puces" au second semestre. Le groupe américain a revu en baisse de 8% son objectif de chiffre d'affaires annuel à 22,5 milliards de dollars, invoquant les incertitudes géopolitiques et l'interdiction de vendre désormais des composants à un "gros client", à savoir le chinois Huawei, qu'il n'a pas cité nommément. Huawei fournissait environ 3% du chiffre d'affaires du groupe américain, selon les analystes.

Le directeur général de Broadcom, Hock Tan, a déclaré qu'il voyait "un ralentissement général de l'environnement de la demande, dont nous pensons qu'il est provoqué par des incertitudes géopolitiques, ainsi que par les effets des restrictions d'exportations à un de nos plus importants clients".

L'action Broadcom a abandonné vendredi 5,5% en clôture, entraînant l'ensemble du secteur dans son sillage à Wall Street, dont Advanced Micro Devices (-3,2%), Intel (-1,1%), Micron Technology (-2,1%), Texas Instruments (-3,5%), Xilinx (-2,7%), Skyworks Solutions (-2,1%) et Qualcomm (-1,7%).

Walt Disney (-0,06%) a consolidé après un bond de 4% jeudi, qui l'a propulsé à un nouveau record historique. A l'origine de cette flambée, une note de Morgan Stanley, qui a revu à la hausse son objectif de cours, en tablant sur le succès du nouveau service de vidéo en streaming Disney+. L'analyste de MS, Benjamin Swinburne, a estimé que les abonnements au nouveau service de streaming Disney+, qui devrait être officiellement lancé le 12 novembre aux Etats-Unis, devraient augmenter à un rythme plus important que précédemment estimé...

Tesla (+0,47%). Les autorités américaines ont refusé au groupe d'Elon Musk des exemptions sur les droits de douane affectant des équipements chinois composant ses voitures. En revanche, les spécialistes de Berenberg, cités par Reuters, estimant surfaites les craintes du marché concernant la demande en véhicules Tesla. Dans le scénario 'rose' du broker, le titre pourrait valoir nettement plus que 500$.

Enfin, Zeljko Popovic, qui dirigeait l'activité Autopilot du groupe, quitterait Tesla pour la start-up Embark.

Facebook (+2,2%) se préparerait à lancer sa propre crypto-monnaie début 2020, selon la presse. Le réseau social bénéficierait des soutiens financiers de Visa, PayPal et MasterCard, ainsi que de celui d'Uber, ainsi que du milliardaire français Xavier Niel, qui aurait investi 10 millions de dollars dans le projet via l'opérateur télécom Iliad.

FedEx (-0,7%). La Chine enquêterait désormais officiellement sur FedEx, afin de savoir si l'Américain a porté atteinte aux droits et intérêts de ses clients. L'agence de presse officielle Chine nouvelle avait déjà indiqué il y a quelques jours ce risque d'enquête. Huawei, géant chinois des équipements télécoms, avait affirmé il y a une semaine à Reuters qu'il était en train de revoir sa relation avec FedEx, estimant que celui-ci avait détourné vers les Etats-Unis deux colis destinés à Huawei en Asie et qu'il avait tenté d'en rediriger deux autres.

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