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Clôture de Wall Street : prudence face aux incertitudes géopolitiques et monétaires

Clôture de Wall Street : prudence face aux incertitudes géopolitiques et monétaires
Clôture de Wall Street : prudence face aux incertitudes géopolitiques et monétaires
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance hésitante, la prudence a pris le dessus lundi à la Bourse de New York, après une semaine de vif rebond qui a permis aux marchés de regagner une partie de leurs récentes pertes. Les investisseurs s'interrogent cependant sur le caractère durable de ce sursaut, que Morgan Stanley, notamment, qualifie de "rebond dans un marché baissier". Les taux d'intérêts se tendent à nouveau des deux côtés de l'Atlantique, alors que les banques centrales restent déterminées à resserrer leurs politiques monétaires malgré les risques de récession.

A la clôture, le Dow Jones a cédé 0,2% à 31.438 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,3% à 3.900 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rendu 0,72% à 11.524 pts.

La semaine dernière, les indices américains avaient vivement rebondi, de 5,4% pour le DJIA, 6,4% pour le S&P 500 et 7,5% pour le Nasdaq. Les trois indices sortaient d'une série de 3 semaines noires qui leur avaient fait perdre plus de 10%, dans la crainte que le resserrement monétaire de la Fed ne provoque une récession. Malgré son rebond, le S&P 500 reste proche d'un marché baissier après avoir chuté de près de 20% par rapport à son sommet de janvier et est en route vers son pire premier semestre (-18%) depuis 1970.

Réunions politiques et monétaires cruciales cette semaine

Les investisseurs ont évité de prendre des risques à l'aube d'une semaine marquée par des incertitudes géopolitiques (sommet du G7 près de Munich, suivi d'un sommet de l'Otan de mardi à jeudi à Madrid) et monétaires avec la tenue, de lundi à mercredi, du forum annuel de la BCE, à Sintra au Portugal.

De nombreuses interventions de responsables de banques centrales sont attendues d'ici à mercredi à Sintra, dont celles de Christine Lagarde, Isabel Schnabel ou Philip Lane pour la BCE, ainsi que Jerome Powell et Loretta Mester pour la Réserve fédérale américaine.

Aux Etats-Unis, les marchés ont été surpris lundi par deux indicateurs "macro" meilleurs que prévu concernant d'une part les promesses de ventes immobilières en mai et d'autre part les commandes de biens durables. L'indice des promesses de ventes a ainsi augmenté de 0,7% sur un mois alors que le consensus FactSet s'attendait à un recul de 3,5% en raison de la remontée des taux hypothécaires. En avril, ces promesses de vente avaient décliné de 4% par rapport au précédent mois. Quant aux commandes de biens durables, elles ont augmenté de 0,7% en mai par rapport à avril, contre un consensus logé à +0,1%.

En revanche, l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Dallas a plongé en juin à -17,7, contre un consensus de marché de -0,5 et un niveau de -7,3 en, mai. L'indice, fortement négatif, traduit une nette contraction de l'activité manufacturière dans la région considérée.

L'économie US pourrait éviter la récession, selon le FMI

Selon les nouvelles projections du FMI, les Etats-Unis devraient éviter de justesse la récession. La croissance devrait ainsi ralentir en 2022 à 2,9% (contre 3,7% attendu lors des prévisions d'avril) et à 1,7% en 2023 (contre 2,3%). Mais "il demeure des risques que les vents contraires actuels s'avèrent plus persistants qu'attendus ou que l'économie subisse un autre choc qui alors transformeraient ce ralentissement en une brève récession", a toutefois souligné l'institution.

De son côté, la Banque des règlements internationaux (BRI) a mis en garde contre un risque de stagflation au niveau mondial. La "banque centrale des banques centrales" souligné l'importance d'un resserrement rapide et décisif de la politique monétaire pour empêcher l'inflation de s'enraciner.

A l'international, notons que le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping devraient s'entretenir dans les prochaines semaines, selon le conseiller américain à la Sécurité nationale, Jake Sullivan.

Le S&P 500 n'a pas encore touché le fond, estime Morgan Stanley

Alors que la fin du premier semestre approche, entraînant des opérations de rééquilibrage de portefeuilles, les analystes de Morgan Stanley ont publié une note dans laquelle ils estiment que le marché baissier n'est pas terminé. Mike Wilson, le directeur des investissements de Morgan Stanley, voit tout de même un petit potentiel de hausse à court terme, compte tenu du tassement des prix du pétrole et des rendements obligataires, selon des commentaires relayés par Bloomberg. Le spécialiste estime que ce répit temporaire pourrait encore permettre au S&P 500 de progresser de 5 à 7% supplémentaires, mais que le marché baissier reprendra ensuite.

Dans son scénario de base, qui mise sur un atterrissage économique en douceur, M. Wilson voit le S&P 500 toucher le fond entre 3.400 et 3.500 points, soit une chute de jusqu'à 13% par rapport à son niveau actuel. En cas de récession, le stratégiste de Morgan Stanley, généralement considéré comme l'un des spécialistes les plus baissiers de la place, anticipe même un retour de l'indice large américain vers les 3.000 points.

Le pétrole et les taux repartent à la hausse

Le pétrole a progressé en ce début de semaine. Le baril de brut WTI a repris 1,8% à 109,57$ lundi soir sur le Nymex et le Brent a avancé de 1,74% à 115,09$. Les cours du cuivre, qui ont plongé de près de 7% la semaine dernière, affectés par la crainte d'une récession, se sont stabilisés lundi soir (+0,4%). Les investisseurs suivent de près les rumeurs en provenance du sommet du G7, qui se tient actuellement en Allemagne. Les dirigeants mondiaux y discutent de nouvelles restrictions aux exportations d'énergie russe (un facteur haussier pour les cours), mais ils étudient aussi le retour de la production de pétrole d'autres pays, dont l'Iran et le Venezuela (des facteurs baissiers pour les cours).

L'indice du dollar cédait lundi soir 0,23% à 103,94 pts face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagnait 0,3% à 1,0587$. L'or a reculé de 0,3% à 1.824,80$ l'once, après un recul de 0,6% la semaine dernière. Le Bitcoin rechutait en soirée autour de 20.870$ (-2,4% en 24h).

Sur les marchés obligataires, les taux se sont tendus pour la 2e séance consécutive : le rendement du T-Bond à 10 ans gagnait en fin de soirée 7 points de base à 3,20% et celui du "2 ans" reprenait 8 pb à 3,13%. Le "10 ans" américain, qui a commencé l'année vers 1,50%, avait frôlé les 3,50% le 14 juin dernier, avant de corriger.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à 10 ans a repris lundi 11 pb à 1,54%. Il avait atteint il y a une semaine son plus haut depuis 8 ans et demi à plus de 1,76% avant de corriger. Fin 2021, le "10 ans" allemand était encore négatif, à -0,18% avant que la BCE ne signale qu'elle s'apprêtait à son tour à relever ses taux, à partir de juillet prochain, pour juguler l'inflation (+8,1% dans la zone euro en mai).

VALEURS A SUIVRE

Nike (-2,1%) publie ce lundi après la clôture ses derniers résultats financiers trimestriels.

Amazon (-2,8%). L'Amazon Prime Day semblerait perdre de son élan, selon le Wall Street Journal, qui évoque un ralentissement de la croissance des ventes. Le WSJ cite des données qui montrent que la croissance des ventes lors de l'Amazon Prime Day a ralenti et que les consommateurs ne passent pas des commandes aussi importantes que par le passé, alors que l'entreprise semble moins investir dans l'événement, de nombreuses offres se concentrant désormais sur les propres produits d'Amazon. Les données montrent également qu'à l'exclusion de l'électronique, les remises sur une large gamme d'articles ne sont pas plus importantes que les autres jours sur Amazon.

Dans un autre registre, notons qu'Amazon Prime envisagerait une potentielle offre sur Channel 4, selon le Sunday Times. Un ancien dirigeant de Channel 4 a déclaré au Sunday Times qu'Amazon Prime et Netflix envisageraient l'achat. L'ancien dirigeant indique que toutes les grandes entreprises de médias américaines passeront un certain temps sur l'idée, mais que Paramount - qui possède Channel 5 - est la seule à ne pas être "rebutée par les obligations qui accompagnent la possession d'un diffuseur de service public au Royaume-Uni". L'acteur Idris Elba discuterait de son côté avec Miroma Group d'une offre d'un milliard de livres sterling pour Channel 4, qui, selon le Sunday Times, a reçu au moins 25 manifestations d'intérêt jusqu'à présent. Une source conservatrice a déclaré enfin au Sunday Times que le secrétaire à la Culture, Nathan Dorries, pourrait choisir de présenter un projet de loi sur les médias comprenant la privatisation de Channel 4 plus tôt que la semaine actuellement prévue du 17 juillet.

Walt Disney (-1,2%), Apple (stable) et Amazon auraient soumis des offres pour NFL Sunday Ticket, indique CNBC. L'article note qu'il n'y a pas de calendrier défini pour un accord pour Sunday Ticket, qui pourrait également inclure une participation dans NFL Media. La NFL veut que le soumissionnaire gagnant paie plus de 2 milliards de dollars pour les droits et une participation dans NFL Media. Disney, Apple et Amazon ont tous fait des offres pour le package, contrairement au "titulaire" DirecTV. Deux sources ont déclaré que DirecTV souhaitait conclure un accord avec le soumissionnaire retenu, ce qui pourrait alléger le fardeau financier du gagnant. Des sources indiquent que le gagnant du package ne sera pas en mesure de réduire considérablement les prix par rapport à ses 300$ actuels par an en raison du langage contractuel avec CBS et Fox. DirecTV avait déboursé 1,5 milliard de dollars par an pour Sunday Ticket, pour les droits existants de diffusion de la National Football League.

Digital World Acquisition a encore décroché de 9,5%, après que la société d'acquisition à vocation spéciale (SPAC) qui acquiert la firme détenant le réseau social de Donald Trump, Truth Social, a indiqué qu'un grand jury fédéral siégeant dans le district sud de New York avait émis des assignations, exigeant bon nombre des mêmes documents demandés déjà dans une enquête de la Securities and Exchange Commission qui avait été divulguée le 13 juin. Le grand jury fédéral recherche également des informations sur les documents déposés par Digital World, les communications avec ou à propos de plusieurs personnes, et des informations concernant Rocket One Capital. Digital World a déclaré que les assignations et les enquêtes du ministère de la Justice et de la SEC pouvaient "retarder l'entrée en vigueur de la déclaration d'enregistrement, ce qui pourrait sensiblement retarder, entraver sensiblement ou empêcher la réalisation" de sa fusion en cours avec Trump Media & Technology Group, la société mère de Truth Social. Digital World a également déclaré que Bruce J. Garelick, membre du conseil d'administration, avait indiqué à la société qu'il prévoyait de démissionner à compter du 22 juin.

Pfizer (+0,5%) et BioNTech (+7,2%) annoncent que les candidats vaccins Covid-19 adaptés à Omicron démontrent une réponse immunitaire élevée contre le variant. Le candidat monovalent adapté à Omicron administré comme quatrième dose a provoqué une augmentation de 13,5 et 19,6 fois des titres géométriques neutralisants contre Omicron BA.1 à des niveaux de dose de 30 et 60 microgrammes. Le candidat vaccin bivalent a présenté une augmentation de 9,1 et 10,9 fois par rapport à Omicron... Les rapports moyens géométriques pour la réponse des anticorps neutralisants d'Omicron sont ressortis "conformes à l'exigence réglementaire de supériorité". Des études préliminaires en laboratoire démontrent que les deux candidats adaptés à Omicron neutralisent Omicron BA.4 et BA.5, mais dans une moindre mesure que pour BA.1. Les deux vaccins candidats ont démontré un profil d'innocuité et de tolérabilité favorable similaire au vaccin Pfizer-BioNTech Covid-19. Les données doivent être discutées avec les régulateurs dans le but d'introduire rapidement un booster adapté pour traiter les variants actuels et futurs.

Robinhood (+14%) s'est envolé après des informations de Bloomberg, selon lesquelles la firme de négociations de cryptomonnaies FTX réfléchit en interne à faire une offre d'achat sur le courtier en ligne. Robinhood n'a pour l'instant pas reçu d'approche formelle de rachat, et aucune décision finale n'a été prise du côté de FTX, qui pourrait choisir de ne pas mener à bien l'opération, selon des sources citées par l'agence d'informations. Le titre Robinhood a par ailleurs profité d'un conseil de Goldman Sachs, qui est passé de "vendre" à "neutre", du fait d'une balance risque sur récompense jugée plus équilibrée, suite à la récente sous-performance boursière significative du titre.

Coinbase a en revanche décroché de 10,7% à Wall Street, alors que Goldman Sachs a conseillé de vendre le dossier, alors que l'activité des cryptomonnaies chute. Le broker affichait auparavant une recommandation neutre sur la valeur. L'objectif de cours est désormais fixé à 45$. Le titre a déjà perdu près de 80% depuis le début de l'année. En novembre 2021, avant le grand plongeon, GS conseillait la valeur à l'achat avec un cours-cible de 387$. Goldman décrivait alors Coinbase comme "l'une des meilleures manières de s'exposer à l'expansion de l'écosystème des cryptomonnaies". On saluera donc le remarquable timing du courtier.

Notons par ailleurs que Goldman Sachs (-0,6%) chercherait, selon CoinDesk, à lever 2 milliards de dollars auprès d'investisseurs pour acquérir des actifs de Celsius, le prêteur en 'cryptos' victime d'une crise de liquidités.

AutoZone (+0,48%) obtient en revanche les faveurs de Goldman Sachs, qui vient de revoir sa recommandation de neutre à achat sur le dossier du détaillant américain en équipements automobiles, considéré comme bien positionné pour faire face à l'inflation actuelle.

Spirit Airlines (-8%) a perdu du terrain à Wall Street. Le transporteur aérien américain a annoncé qu'il allait accepter la dernière offre améliorée d'acquisition de Frontier Group (-11,2%), qui ressort inférieure à celle, rivale, de JetBlue (+1,6%).

McDonald's (-0,35%), la chaîne américaine de restauration rapide, a annoncé que Ian Borden, président de l'activité internationale, allait prendre les fonctions de directeur financier en remplacement de Kevin Ozan, qui va prendre quant à lui la direction des opérations stratégiques.

©2022

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