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Clôture de Wall Street : prudence face à la flambée du Covid-19 aux USA

Clôture de Wall Street : prudence face à la flambée du Covid-19 aux USA
Clôture de Wall Street : prudence face à la flambée du Covid-19 aux USA
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine a terminé la semaine en baisse vendredi, partagée entre les espoirs nés des vaccins anti-Covid, et les divisions politiques aux Etats-Unis, qui pourraient freiner la lutte contre la pandémie. Alors que de nombreux Etats ont dû adopter de nouvelles restrictions sanitaires face à la flambée des cas de Covid-19, les opérateurs doutent des chances de voir adopté rapidement un nouveau plan de soutien budgétaire aux Etats-Unis, et voient d'un mauvais oeil l'annonce par l'administration Trump de l'arrêt de l'autorisation de certains programmes d'achat d'actifs de la Réserve fédérale.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,75% à 29.263 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,68% à 3.557 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fléchi de 0,42% à 11.854 pts. Les titres des laboratoires impliqués dans les vaccins contre le coronavirus ont toutefois nettement progressé, dont Pfizer (+1,4%), BioNTech (+9,6%), Moderna (+5,2%) Curevac (+5,9%) et Astrazeneca (+2,3%).

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones (-0,7%) et le S&P 500 (-0,8%) ont corrigé, après avoir inscrit des records lundi, tandis que le Nasdaq a progressé légèrement, de 0,2% en 5 séances, soutenu par les valeurs de santé et les "technos", qui profitent des mesures de reconfinement sanitaire.

Les investisseurs restent partagés entre les bonnes nouvelles sur le front des futurs vaccins anti-Covid-19 et à l'inverse, la dégradation rapide de la situation sanitaire aux Etats-Unis, qui menace de freiner la reprise économique. Les incertitudes politiques pèsent aussi sur le climat général, dans une période de transition tendue entre Donald Trump et Joe Biden, qui prendra ses fonctions de président le 20 janvier prochain. L'adoption rapide par le Congrès d'un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie semble improbable, même si jeudi soir, Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat, a donné son accord pour reprendre les négociations.

L'administration Trump met des bâtons dans les roues de la Fed

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a jeté un pavé dans la mare en annonçant mettre fin, dès le 31 décembre, à l'autorisation accordée à la Fed de recourir à certains de ses programmes d'urgence en soutien à l'économie. Les mesures menacées comprennent notamment les programmes d'achats d'obligations d'entreprises, ainsi que les prêts directs aux entreprises et aux collectivités locales américaines.

Dans un courrier adressé jeudi soir au président de la Fed, Jerome Powell, Steven Mnuchin réclame la restitution de 455 milliards de dollars alloués au Trésor dans le cadre du plan de soutien (le "CARES Act") voté en mars. Ces fonds devront être mis à la disposition du Congrès afin d'être réemployés, a dit le secrétaire au Trésor.

Le gouvernement américain sortant s'oppose ainsi clairement à la banque centrale dans la délicate période de transition entre l'administration de Donald Trump et celle que veut mettre en place le président élu, Joe Biden. La Fed a regretté cette décision : dans une interview accordée à Bloomberg. Raphael Bostic, le président de la Fed d'Atlanta et possible secrétaire au Trésor de Joe Biden, a ainsi jugé que "dans l'état dans lequel se trouve l'économie, (...) il est prudent de maintenir ces dispositifs".

Le secrétaire au Trésor de Joe Biden sera connu vers Thanksgiving

Cette décision intervient alors que Donald Trump continue de refuser d'admettre sa défaite à l'élection présidentielle du 3 novembre, malgré l'échec jusqu'ici de ses recours pour fraude. Jeudi soir, les autorités locales de Géorgie ont confirmé qu'après recomptage des bulletins de vote, c'était bien Joe Biden qui était arrivé en tête du scrutin dans cet Etat pivot.

Le président américain élu, qui poursuit ses consultations en vue de la formation de son cabinet, a dénoncé jeudi soir l'"incroyable irresponsabilité" de Donald Trump lors d'une conférence de presse. Joe Biden a aussi affirmé qu'il avait pris sa décision concernant son (ou sa) futur(e) secrétaire au Trésor, un poste pour lesquels les noms de plusieurs responsables ou ex-responsables de la Fed ont été cités, dont Lael Brainard, Janet Yellen, Raphael Bostic ou encore Roger Ferguson.

Joe Biden a précisé qu'il annoncerait le nom du (ou de la) futur(e) ministre des Finances autour de Thanksgiving (le jeudi 26 novembre).

Pas de confinement national face au Covid, promet Joe Biden

Par ailleurs, Joe Biden, qui a fait de la lutte contre le coronavirus la priorité de son début de mandat, a assuré qu'il n'imposerait pas de "confinement national" aux Etats-Unis, malgré la recrudescence de la pandémie. "Aucune circonstance ne pourrait justifier à mes yeux un confinement national total. Je pense que cela serait contre-productif", a-t-il déclaré. "Je n'arrêterai pas l'économie, point. J'arrêterai le virus", a-t-il poursuivi, estimant que "chaque région, chaque communauté, peut être différente".

L'épidémie continue de prendre de l'ampleur aux Etats-Unis, où la barre symbolique des 250.000 décès a été franchie depuis mercredi, pour un total de plus de 11,7 millions de cas avérés.

Les hospitalisations montent en flèche aux Etats-Unis, en progression de près de 50% durant les deux dernières semaines selon 'Reuters'. Ce contexte contraint les Etats à de nouvelles restrictions afin de limiter la propagation avant la saison hivernale et les fêtes, à moins d'une semaine de Thanksgiving, le jeudi 26 novembre.

Couvre-feu en Californie et à New York avant Thanksgiving

Jeudi, les centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) ont exhorté les Américains à ne pas voyager pour les vacances de Thanksgiving, qui sont traditionnellement l'occasion de se retrouver en famille aux Etats-Unis. Pour ceux qui décideraient de voyager malgré tout, les CDC recommandent le port du masque et le respect de la distanciation sociale.

De nombreux Etats américains ont désormais pris des nouvelles mesures de restriction de déplacements, dont New York, l'Oregon, la Californie, Washington, le Michigan, le New Jersey et le Nouveau Mexique. Parmi les dernières mesures en date, le gouverneur de Californie a annoncé un couvre-feu dans une grande partie de l'Etat. La mesure entre en vigueur dès ce samedi et durera un mois, jusqu'au 21 décembre. Tous les déplacements "non essentiels" seront ainsi interdits entre 22h et 5h dans les comtés les plus touchés par l'épidémie.

Dans la ville de New York, les établissements scolaires sont fermés depuis jeudi pour une durée indéterminée, les enseignements se faisant désormais à distance via internet... Dans l'ensemble de l'Etat de New York, les bars et restaurants doivent fermer à 22h depuis le 13 novembre. De son côté, Chicago, la 3e ville du pays, a mis en place des mesures de confinement depuis le 13 novembre.

Le pétrole WTI parie sur une amélioration en 2021

Les marchés pétroliers ont terminé la semaine en légère hausse, dans l'espoir d'une reprise de la demande en 2021 et d'un maintien des réductions de production prévues par l'Opep+ au-delà du 31 décembre. Le cours du brut léger américain (WTI) a gagné vendredi 1% à 42,15$ le baril, pour le contrat de décembre sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en janvier s'est apprécié de 1,7% à 44,96$. Sur la semaine, le WTI et le Brent ont gagné environ 5%, portant leurs gains respectifs à 17,5% et 19,5% depuis le début du mois.

L'or a terminé la semaine sur un rebond, l'once de métal jaune gagnant vendredi 0,6% à 1.872,40$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Face au retour de l'appétit du risque, l'or a cependant reculé de 0,7% cette semaine. Il gagne encore près de 23% depuis le début de l'année, mais n'est plus parvenu ces dernières semaine à franchir le seuil des 1.900$.

Sur le marché des emprunts d'Etat américains, les taux sont retombés vendredi au plus bas depuis 2 semaines, face aux craintes liées aux reconfinements sanitaires. Le rendement du T-Bond à 10 ans a fini à 0,82% (-4 points de base) alors qu'il avait frôlé 1% le 10 novembre, porté par les espoirs de vaccin anti-Covid.

Sur le marché des changes, le dollar s'est apprécié de 0,1%% à 92,40 points pour l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, livre sterling, yen, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise). Il cède cependant 1,6% depuis début novembre en parallèle avec le retour de l'appétit du risque. L'euro pointait vendredi soir à 1,1856$ (-0,14%) en léger recul sur la semaine (-0,1%).

VALEURS A SUIVRE

Pfizer (+1,4%)/BioNTech (+9,6%) ont progressé après avoir déposé ce vendredi leur demande auprès de la Food & Drug Administration (FDA) pour une autorisation en urgence de mise sur le marché (EUA) aux Etats-Unis de leur candidat vaccin contre le Covid-19. Le duo avait indiqué mercredi que son candidat vaccin avait atteint finalement une efficacité de 95% et qu'il ne présentait aucun effet secondaire majeur.

Pfizer a indiqué s'attendre à ce que la FDA accorde son EUA d'ici la mi-décembre. Il espère débuter les livraisons dans la foulée. Cinquante millions de doses devraient être disponibles dès 2020 et permettraient de vacciner 25 millions de personnes. Un comité consultatif de la FDA doit se réunir du 8 au 10 décembre pour évoquer le vaccin de Pfizer et BioNTech, a précisé une source de Reuters, selon laquelle l'agenda pourrait encore être modifié.

Le vaccin de Pfizer/BioNTEch ainsi que celui de Moderna (+5,2%) pourraient aussi obtenir la même type d'autorisation dans l'Union européenne courant décembre, a indiqué jeudi soir Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. L'UE pourrait débourser plus de 10 milliards de dollars pour s'assurer un approvisionnement en centaines de millions de doses des vaccins développés par Pfizer / BioNTech et Curevac, a appris 'Reuters' de sources européennes proches des discussions. Toujours selon l'agence, l'UE consacrerait spécifiquement 4,65 Mds$, soit 18,34$ par dose, pour les vaccins de Pfizer / BioNTech.

Gilead Sciences (-0,8%) a pâti d'un avis négatif de l'Organisation mondiale de la Santé sur son traitement anti-coronavirus. L'OMS recommande ainsi aux médecins de ne pas prescrire le traitement remdesivir du laboratoire aux patients hospitalisés pour le Covid-19. Selon l'OMS, "il n'y a actuellement aucune preuve qu'il (le remdesivir) améliore la survie ou le besoin de ventilation". L'OMS recommande plutôt le recours aux stéroïdes (cortisone), moins chers et disponibles, pour traiter les cas sévères.

Eli Lilly (+1,4%). Le laboratoire d'Indianapolis a obtenu une autorisation d'utilisation d'urgence de la Food & Drug Administration américaine pour son baricitinib en combinaison avec remdesivir dans le traitement du Covid-19 chez les adultes et enfants de plus de 2 ans.

Sinovac, laboratoire chinois spécialiste des vaccins, pourrait disposer pour sa part dès le mois prochain des premiers résultats des essais chez l'homme de son candidat vaccin covid, affirme l'un de ses dirigeants.

Intuit (-3,8%), le groupe software aux produits Turbotax et QuickBooks, a battu le consensus de profits et de revenus sur son premier trimestre fiscal. Ainsi, les bénéfices trimestriels ont plus que triplé, alors que les revenus ont augmenté de 14% à 1,3 milliard de dollars. Le bpa GAAP a grimpé de 245% à 75 cents. Le bpa ajusté a flambé de 129% à 94 cents.

Foot Locker (-4,9%), distributeur américain de chaussures et accessoires de sport, a réalisé une croissance surprise de ses ventes à comparable sur le T3, pour un bénéfice net de 265 millions de dollars et 2,52$ par action. Un an plus tôt, le profit net ressortait à 125 millions de dollars et 1,16$ par action. La croissance à comparable sur le troisième trimestre est ressortie à 7,7%. Le bénéfice non-GAAP a représenté 128 millions de dollars et 1,21$ par titre (+7%), près de deux fois le consensus ! Les revenus se sont appréciés de 9% à 2,11 milliards. Le détaillant s'abstient de fournir une guidance.

Apollo Global (-3,4%), KKR (-0,7%), Bain Capital et Carlyle (+0,5%) comptent parmi les potentiels repreneurs du Japonais Hitachi Metals, la transaction possible étant évaluée à 6,4 milliards de dollars ou plus selon les sources de 'Reuters'.

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