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Clôture de Wall Street : prudence face à l'accumulation des risques

Clôture de Wall Street : prudence face à l'accumulation des risques
Clôture de Wall Street : prudence face à l'accumulation des risques
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les menaces accrues de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ont continué de peser, lundi, sur la Bourse américaine. En outre, les investisseurs regardaient avec inquiétude vers l'Europe, où la coalition au pouvoir pourrait éclater en raison de la crise des migrants. A Wall Street, les pertes ont cependant été contenues, notamment grâce à un rebond des cours du pétrole, tandis que les valeurs technologiques ont permis au Nasdaq de finir à l'équilibre.

A la clôture, le Dow Jones, qui avait ouvert en recul de l'ordre de 1%, a cédé 0,41% à 24.987 points, retombant sous le seuil des 25.000 pts. L'indice large S&P 500 a reculé de 0,21% à 2.773 pts tandis que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fini stable (+0,01%) à 7.747 pts. La semaine dernière, le Dow Jones avait cédé 0,9%, tandis que le S&P 500 était resté stable et le Nasdaq avait progressé de 1,1% en 5 séances.

Taux et changes ont gardé leur calme face aux incertitudes

Sur le marché des changes, le calme a dominé malgré les tensions politiques et commerciales. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a fini stable lundi à 94,80 (+0,01%). Il affiche toutefois un gain de 7% depuis la mi-février, ce qui à créé une onde de choc sur les marchés émergents, dont les Etats et les entreprises sont fortement endettés en dollars américains.

De son côté, l'euro a fini lundi soir à 1,1623$ (+0,1%), ne souffrant pas des tensions politiques en Allemagne, où un compromis a été trouvé in extremis entre Angela Merkel et la CSU bavaroise, l'aile droite de la coalition gouvernementale CDU/CSU-SPD, sur les questions migratoires.

Les marchés obligataires ont aussi observé un statu quo des deux côtés de l'Atlantique : le rendement du T-Bond américain à 10 ans a fini stable à 2,92%, tandis qu'en Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans a fini à 0,39%, contre 0,40% vendredi soir.

Angela Merkel sommée de négocier un accord européen pour réduire l'immigration

En Allemagne, la CSU a donné lundi deux semaines, jusqu'au sommet européen des 28 et 29 juin, à la chancelière Merkel pour trouver une solution européenne au défi migratoire. A défaut, le ministre (CSU) de l'Intérieur Horst Seehofer menace de refouler tous les demandeurs d'asile ayant été enregistrés dans un autre pays de l'UE, le plus souvent l'Italie ou la Grèce, soit la quasi-totalité d'entre eux.

Lundi, Mme Merkel a accepté un compromis avec la CSU, qui écarte à court terme une crise ouverte entre le CSU et la CDU. La chancelière, qui a reçu lundi le Premier ministre italien Giuseppe Conte, a promis de soutenir l'Italie dans l'accueil des migrants. De son côté, la Commission européenne a fait part lundi de son optimisme quant à l'obtention d'un accord sur les questions migratoires lors du Conseil européen de la fin juin.

Craintes d'une escalade de taxes douanières entre les Etats-Unis et la Chine

Sur le plan commercial, les marchés craignent une escalade entre les Etats-Unis et la Chine, après la décision de Donald Trump de taxer à 25% 50 milliards de dollars d'importations chinoises. Pékin a immédiatement répliqué, vendredi, qu'il ferait de même sur 50 Mds$ de produits américains. La Chine a également appelé les autres pays à mener "une action collective" contre la conduite des Etats-Unis, qualifiée de "dépassée et rétrograde".

Cette nouvelle étape intervient alors que les Etats-Unis ont mis en oeuvre leurs menaces de taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, en provenance de Chine, mais aussi de l'Union européenne et du Canada. Ottawa et Bruxelles s'apprêtent désormais à riposter, face à Washington, en taxant à partir du mois prochain des milliards de dollars d'importations de produits américains...

En outre, la renégociation du Traité Nafta entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada menace désormais de s'achever par un échec, ce qui mettrait purement et simplement fin à cet accord de libre-échange, en vigueur depuis 1994 entre les trois pays...

Le pétrole rebondit à l'approche de la réunion de l'Opep+

Les cours du pétrole, qui ont chuté depuis 4 semaines dans la perspective d'un relèvement des quotas de production de l'Opep et de ses alliés, ont entamé un rebond lundi, à l'approche de la réunion de Vienne prévue vendredi et samedi.

Lundi soir, le cours du baril de brut léger américain (WTI) a regagné 1,21%, à 65,85$ (contrat à terme de juillet), tandis que le Brent a rebondi de 2,56% à 75,32$ le baril (contrat à terme d'août).

Selon des sources proches du dossier, l'Opep, menée par l'Arabie saoudite, et les pays alliés dont la Russie, devraient décider comme prévu de relever leur production lors de leur réunion de la fin de semaine. Toutefois, la hausse pourrait être finalement moins forte que ce qui était redouté ces dernières semaines. Les pays producteurs pourraient ainsi se limiter à un coup de pouce 300.000 à 600.000 barils par jour, et non une hausse de 1 à 1,5 million de barils par jour, comme le laissait entendre de précédentes informations venues de Russie.

Si l'Arabie Saoudite et la Russie favorisaient une hausse importante d'au moins 1 million de barils par jour, l'Iran y est fermement opposé, de même que le Venezuela et l'Irak, selon des sources proches du dossier.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs sensibles au commerce international, susceptibles de souffrir de barrières douanières, ont perdu du terrain lundi : -3,4% pour Intel, ou encore -0,9% pour Caterpillar et Boeing.

Les pétrolières ont tout de même profité du rebond du pétrole : +0,2% pour ExxonMobil, +1,5% pour Chevron et +2% pour Transocean.

Walt Disney (-1,6%) a souffert après des rumeurs d'un relèvement de son offre sur les actifs de 21st Century Fox (-0,2%). Les opérateurs craignent les effets d'une surenchère du groupe sur son bilan, en cas de bataille boursière avec Comcast (-3,8%) qui a proposé 65 Mds$ la semaine dernière à Fox. La chaîne 'CNBC' a indiqué lundi que Disney pourrait rajouter du cash à son offre antérieure pour tenter de convaincre les actionnaires de la 21st Century Fox.

General Electric (-0,7%), attaqué du fait de ses engagements antérieurs en France, va supprimer 1.200 emplois en Suisse via GE Power, alors que le groupe y envisageait auparavant 1.400 suppressions de postes (et 4.500 en Europe).

Amazon (+0,4%) va créer plus d'un millier de postes en Irlande au cours des deux prochaines années, ce qui portera ses effectifs locaux à plus de 3.500 personnes. Ces créations d'emplois sont les plus importantes dévoilées cette année par une multinationale en Irlande, précise Reuters, citant l'agence irlandaise de promotion des investissements étrangers.

Tesla (+3,5%) maintient le cap. Elon Musk, patron du groupe, a signalé que le concepteur de véhicules électriques avait finalisé une nouvelle ligne d'assemblage dédiée au Model 3. Cela devrait permettre au groupe d'atteindre son objectif de production de 5.000 Model 3 par semaine d'ici la fin du trimestre. Le dirigeant de Tesla a également conseillé aux vendeurs à découvert de rapidement se racheter sous peine de voir "exploser" leurs positions.

Alphabet (+2,1%). Google va investir 550 M$ au sein de l'acteur chinois du e-commerce JD.com, poursuivant ainsi son offensive en Chine avec ce partenariat stratégique majeur. Initialement, l'accord permettra au groupe californien de proposer les produits JD.com sur sa plateforme Google Shopping mondiale. Les deux groupes devraient ensuite étendre ce partenariat.

Oracle (+0,5%) publiera demain, après la clôture de Wall Street, ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 0,94$, pour des revenus de 11,2 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 0,89$ et des revenus de 10,9 Mds$.

FedEx (-0,3%) doit également publier demain ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 5,68$, pour des revenus de 17,2 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 4,25$ et des revenus de 15,7 Mds$. Lors de la publication des comptes du T3 fiscal, FedEx avait annoncé viser, sur l'exercice, un bpa entre 17,90 et 18,30$.

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