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Clôture de Wall Street : prudence avant les chiffres de l'emploi

Clôture de Wall Street : prudence avant les chiffres de l'emploi
Clôture de Wall Street : prudence avant les chiffres de l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Malgré une chute de près de 1,5% en séance, les indices boursiers américains ont réduit leurs pertes en fin de journée, le Dow Jones finissant même en légère progression. Les investisseurs digéraient toujours le communiqué de la Réserve fédérale, qui a souligné mercredi que l'inflation approchait de son objectif, ouvrant la voie à une nouvelle hausse des taux en juin. Jeudi, Tesla et Spotify se sont distingués par des reculs de l'ordre de 5,5% après leurs comptes du 1er trimestre. Les investisseurs restaient prudents en attendant la publication des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en avril, vendredi, ainsi que les résultats des négociations commerciales entamées jeudi en Chine. Le dollar a marqué le pas, tandis que le pétrole a poursuivi sa progression.

En clôture, le Dow Jones a avancé de 0,02% à 23.930 points, mettant fin à 4 séances consécutives de baisse. L'indice large S&P 500 a en revanche reculé de 0,23% à 2.629 pts, tandis que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a cédé 0,18% à 7.088 pts.

La Fed fait durer le suspense sur le nombre de hausses des taux cette année

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a marqué le pas, en cédant 0,1% à 92,43, mais reste proche de son plus haut niveau depuis 4 mois. De son côté, l'euro a rebondi de 0,3% à 1,1988$ approchant à nouveau le seuil de 1,20$.

Sur les marchés obligataires, les taux des emprunts d'Etat ont reculé, le rendement de l'emprunt américain à 10 ans cédant 2 points de base à 2,95% après la réunion de la Fed, qui n'a pas donné d"indications selon lesquelles elle pourrait accélérer les hausses de taux au-delà des 3 tours de vis déjà anticipés cette année.

Les cours du pétrole ont progressé, toujours soutenus par les craintes sur l'approvisionnement mondial dans le cas, de plus en plus probable, où Donald Trump retirerait les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien. Le président américain doit se prononcer sur la question d'ici au 12 mai. Jeudi soir, le baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné 0,74%, à 68,4$ pour le contrat à terme de juin sur le Nymex. Le Brent de la Mer du nord progressait plus modestement, de 0,44% à 73,68$ au moment de la clôture du Nymex.

La Réserve fédérale américaine a donc, sans surprise, laissé ses taux inchangés mercredi, tout en ajoutant dans son communiqué que l'inflation était désormais proche de son objectif de 2%. Elle a ainsi laissé la porte ouverte à un nouveau tour de vis en juin après celui réalisé en mars.
La Fed a explique que l'inflation est désormais proche de son objectif, et que sur une base de 12 mois elle devrait évoluer "près de l'objectif symétrique de 2% du comité sur le moyen terme". Les économistes s'interrogeaient sur le terme d'"objectif symétrique", que la Fed a introduit pour la première fois dans son communiqué.

"Je crois qu'ils nous disent qu'ils vont laisser l'inflation aller un peu plus haut et qu'ils ne feront pas une fixation sur cela à court terme", a commenté Cary Leahey, chez Decision Economics à New York, cité par l'agence 'Reuters'.

Une délégation américaine à Pékin pour discuter commerce

Sur le front commercial, le rapport gouvernemental sur le déficit commercial des Etats-Unis a montré un trou de 49 Mds$, contre 49,9 Mds$ de consensus de place et 57,7 Mds$ pour la lecture révisée du mois de février 2018.

Ces chiffres sont tombés alors que Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, est arrivé à Pékin pour deux jours pour tenter de négocier de nouveaux accords commerciaux permettant de réduire le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine. Le responsable américain rencontrera Liu He, vice-premier ministre de Xi Jinping, accompagné d'une importante délégation américaine comprenant Wilbur Ross, secrétaire au commerce, ainsi que les conseillers de Donald Trump, Larry Kudlow et Peter Navarro.

Avant la publication du rapport mensuel sur l'emploi en avril aux Etats-Unis, attendu vendredi à 14h30 (heure française), les inscriptions hebdomadaires publiées vendredi ont fait état de 211.000 inscriptions nouvelles au chômage, contre 224.000 de consensus et 209.000 pour la semaine antérieure. Par ailleurs, le dernier rapport de la firme Challenger a fait état d'une forte baisse des destructions de postes en avril par les entreprises américaines, à 36.081, contre 60.357 en mars.

Parmi les autres statistiques américaines du jour, on a appris que la productivité a progressé moins que prévu au 1er trimestre outre-Atlantique : en lecture préliminaire, elle a augmenté de 0,7% en comparaison du trimestre antérieur, contre +0,9% de consensus de place et +0,3% au T4 2017. Les coûts unitaires du travail, ont aussi progressé moins vite que prévu, sur un rythme de +2,7% au 1er trimestre, contre +3% de consensus et +2,1% pour la lecture révisée du quatrième trimestre 2017.

Par ailleurs, l'indice Markit PMI des services est ressorti un peu meilleur que prévu en avril à 54,6, contre un consensus de place de 54,4 et un niveau 54 en mars. L'autre indicateur des services calculé par ISM selon d'autres critères a en revanche déçu. Il est ressorti à 56,8, contre un consensus de 58,4 et un niveau de 58,8 en mars.
Enfin, les commandes à l'industrie ont augmenté plus que prévu en mars (+1,6% sur un mois), contre +1,3% de consensus et +1,6% en février (lecture révisée).

VALEURS A SUIVRE

Tesla a plongé de 5,5%, faisant les frais d'une conférence téléphonique glaciale de son patron, Elon Musk, vis-à-vis des analystes financiers. Interrogé sur la capacité de financement du groupe, qui brûle toujours beaucoup de cash, le milliardaire a refusé de répondre, ce qui n'a fait qu'augmenter les inquiétudes du marché.
Le constructeur californien de voitures électriques a pourtant publié des résultats un peu supérieurs aux attentes au 1er trimestre : une perte nette ajustée de 3,35$ par action (contre -3,42$ attendu), pour un chiffre d'affaires de 3,4 milliards de dollars contre 3,32 Mds$ attendu.

Toutefois, les analystes n'ont pas été rassurés au sujet de leur inquiétude majeure concernant la quantité de cash brûlée par le groupe pour financer ses investissements et augmenter ses cadences de production. A la fin du premier trimestre, les flux de trésorerie disponible de Tesla s'élevaient à 2,7 Mds$, soit 700 millions de moins comparé à la fin décembre 2017.
Si la consommation de cash se poursuit à ce rythme, les analystes estiment que Tesla devra lever de nouveaux capitaux et/ou s'endetter davantage d'ici à la fin de l'année s'il veut financer ses nombreux projets.
Toutefois, le groupe estime qu'il n'aura pas besoin de capitaux frais. S'il atteint ses objectifs de production de la Model 3 (5.000 par semaine d'ici à juin), la direction estime que Tesla deviendra rentable et dégagera un flux de trésorerie positif d'ici les troisième et quatrième trimestres 2018.

Spotify (-5,6%), le géant suédois de la musique en streaming qui a fait ses premiers pas sur le NYSE il y a un tout juste un mois, a présenté ses résultats du premier trimestre. Le groupe revendique 170 millions d'utilisateurs actifs mensuels (MAU) sur la période, en hausse 30% en glissement annuel. Le nombre d'abonnés "Premium" est quant à lui de 75 millions, en croissance de 45% par rapport à l'an dernier. Les revenus s'élèvent à 1,14 Md$, en progression de 26%. La perte opérationnelle s'affiche à 41 M$, contre une perte de 139 M$ un an avant. La perte nette ressort à 169 M$, contre 173 M$ sur le T1 2017. La perte par action est ainsi de 1,01$, contre 1,15$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne une perte trimestrielle de 0,36$ par action, pour des revenus de 1,14 Md$. Sur l'exercice 2018, Spotify vise un nombre de MAU compris entre 198 et 208 millions (+26/+32%), un nombre d'abonnés Premium entre 92 et 96 millions (+30/+36%), des revenus entre 4,9 et 5,3 Mds$ (+20/+30%), et une perte opérationnelle entre 230 et 330 M$.

Kraft Heinz (+1,4%) a publié mercredi après la clôture de Wall Street des comptes supérieurs aux attentes. Les résultats du premier trimestre ont été soutenus par la réforme fiscale de Donald Trump ainsi que par une hausse des prix du géant américain de l'agro-alimentaire, qui ont compensé la hausse des coûts (transport et matières premières agricoles). Le bénéfice net du groupe a augmenté de 11% sur un an, à 993 millions de dollars, soit 81 cents par action, après 893 M$ sur la même période de 2017 (73 cents par action), une hausse qui reflète notamment la baisse de la pression fiscale liée à la réforme de Donald Trump. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action s'est établi à 89 cents, alors que le consensus des analystes de Thomson Reuters I/B/E/S s'attendaient à 82 cents par action. Les ventes du groupe ont légèrement reculé, de 0,3%, à 6,3 milliards de dollars pour le trimestre s'achevant à la fin mars, sous l'effet d'une demande plus faible aux Etats-Unis, où le chiffre d'affaires a fléchi de 3,3% à 4,37 Mds$. Cette faiblesse n'a pas pu être compensée par une hausse des ventes dans d'autres régions du monde (Canada, Europe, Moyen Orient et Afrique).

Zynga (stable) a publié ses résultats du premier trimestre. Les revenus sont de 208 M$, contre 194 M$ un an avant. Les bénéfices s'élèvent à 5,6 M$, contre une perte de 9,5 M$ un an plus tôt. Le bénéfice par action ressort à 0,01$, contre une perte de 0,01$ il y a un an. Sur le second trimestre, le groupe vise des revenus de 208 M$, pour des profits de 1 M$.

Fitbit (-12%) a dévoilé ses comptes du premier trimestre. La perte nette ressort à 80,9 M$, contre 60,1 M$ un an avant. La perte par action est ainsi de 0,34$, contre 0,27$ un an plus tôt. En base ajustée, la perte par action s'affiche à 0,17$, contre 0,15$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus sont de 248 M$, contre 299 M$ il y a un an. Les analystes anticipaient en moyenne une perte par action trimestrielle de 0,20$, pour des revenus de 246 M$. Sur le second trimestre, le groupe vise des revenus compris entre 275 et 295 M$ (310 M$ de consensus), pour une perte par action entre 0,23 et 0,27$ (0,12$ de consensus).

Square (+1,1%) a dévoilé ses comptes du premier trimestre. Le groupe affiche des pertes de 24 M$ (0,06$ par action), contre 15 M$ (0,04$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,06$. Les revenus s'élèvent à 668 M$ (307 M$ en base ajustée), contre 461 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,05$, pour des revenus de 293 M$. Sur le second trimestre, le groupe vise un bpa logé entre 0,09 et 0,11$ (contre 0,12$ de consensus), pour des revenus situés entre 355 et 360 M$.

Express Scripts (-2,5%) a présenté ses comptes du premier trimestre. Les profits sont de 623 M$ (1,10$ par action), contre 546 M$ (0,90$ par action) un an avant. Le bpa ajusté s'affiche à 1,77$. Les revenus s'élèvent à 24,8 Mds$, contre 24,7 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,76$, pour des revenus de 24,8 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais un bpa entre 9 et 9,14$, contre une précédente fourchette de 9,27/9,47$.

DowDuPont (-0,03%) a dévoilé ses résultats du premier trimestre. Les profits s'affichent à 1,10 Md$ (0,47$ par action), contre 888 M$ (0,72$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,12$, en hausse de 7% en glissement annuel. Les revenus s'élèvent à 21,5 Mds$, contre 13,2 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,10$, pour des revenus de 21,3 Mds$.

Cigna (+0,3%) a annoncé ses comptes du premier trimestre. Les bénéfices sont de 915 M$ (3,72$ par action), contre 598 M$ (2,30$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 4,11$, contre 2,77$ un an plus tôt. Les revenus montent à 11,4 Mds$, contre 10,5 Mds$ il y a un an. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 3,39$, pour des revenus de 11 Mds$.

Teva Pharmaceutical (-4,4%) a publié ses résultats du premier trimestre. Les bénéfices s'élèvent à 1,05 Md$ (1,03$ par action), contre 580 M$ (0,57$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 0,94$. Les revenus s'affichent à 5,07 Mds$, contre 5,65 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,66$, pour des revenus de 4,8 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais des revenus compris entre 18,5 et 19 Mds$ (contre une précédente fourchette de 18,3/18,8 Mds$), pour un bpa entre 2,40 et 2,65$ (contre une précédente fourchette de 2,25/2,50$).

Kellogg (+2,6%) a présenté ses comptes du premier trimestre. Les bénéfices sont de 444 M$ (1,27$ par action), contre 266 M$ (0,75$ par action) un an avant. Le bpa ajusté est de 1,19$. Les revenus s'affichent à 3,4 Mds$, contre 3,25 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,08$, pour des revenus de 3,3 Mds$.

Sprint (-1%) a dévoilé des profits supérieurs aux attentes pour son quatrième trimestre. L'opérateur télécom américain fait également état de la promotion de Michel Combes, jusqu'alors directeur financier, en tant que CEO (directeur général). Marcelo Claure, précédent CEO de Sprint, deviendra directeur des opérations du SoftBank Group et président exécutif de Sprint. Sprint a réalisé un bénéfice trimestriel de 69 M$ et 2 cents par titre, contre une perte de 283 M$ un an avant. Le consensus était de 7 cents de perte par action. Les revenus ont régressé à 8,1 Mds$, contre 8,5 Mds$ un an plus tôt.

Xerox (-3,6%) a annoncé pour la période close une chute de 42% du bénéfice net, un bpa ajusté de 68 cents (73 cents de consensus) et des revenus pratiquement stables à 2,44 Mds$. Xerox fait toujours face à l'hostilité de certains actionnaires, s'opposant à l'opération de plus de 6 Mds$ envisagée avec Fujifilm. En outre, le directeur général du groupe et la majeure partie du conseil d'administration vont prendre la porte, devant la pression des activistes Carl Icahn et Darwin Deason. Le groupe ne fournit pas de prévisions pour 2018... Rappelons qu'Icahn et Deason, qui détiennent 15% de Xerox, ont temporairement bloqué l'opération Fujifilm, qui sous-évaluerait Xerox...

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