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Clôture de Wall Street: prudence avant la BCE, Apple en soutien

Clôture de Wall Street: prudence avant la BCE, Apple en soutien
Clôture de Wall Street: prudence avant la BCE, Apple en soutien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine fini une nouvelle fois en ordre dispersé mardi, les investisseurs restant prudents avant la réunion de la BCE, ce jeudi, et celle de la Fed la semaine prochaine. L'attentisme a dominé en l'absence d'avancées significatives du côté des négociations commerciales sino-américaines. Les rendements obligataires ont prolongé leur rebond après la chute du mois d'août. Le pétrole a reculé sur fond d'inquiétudes sur la demande mondiale.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,28% à 26.909 points, notamment grâce à une belle fin de séance d'Apple (+1,18%) après la présentation de ses nouveaux services et produits. L'indice large S&P 500 a fini stable (+0,03%) à 2.979 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a fléchi de 0,04% à 8.084 pts.

Les investisseurs se sont livrés à une rotation sectorielle, sortant des valeurs de croissance comme les technologiques (-0,5% pour l'indice S&P sectoriel) pour favoriser des secteurs sous-valorisés comme l'énergie (+1,3% pour l'indice sectoriel) et les valeurs moyennes (+1,2% pour l'indice Russell 2000).

De nouvelles inquiétudes venues de Chine ont accéléré cette rotation. Les prix chinois à la production se sont en effet tassés de 0,8% en août, leur plus forte correction en trois ans. Les entreprises locales abaissent en effet les prix de vente face à une demande chancelante et aux tensions commerciales sino-américaines. Il s'agit donc d'un nouveau signe assez clair de ralentissement en Chine, qui pèse notamment sur les valeurs technologiques à Wall Street.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de six devises de référence, regagnait mardi 0,12% à 98,40 points, tandis que l'euro lâchait 0,05% à 1,1040$.

Des baisses de taux attendues des deux côtés de l'Atlantique

En ce début de semaine, les marchés s'interrogent sur l'ampleur des annonces à attendre ce jeudi 12 septembre de la part de la BCE, avant la réunion de la Fed la semaine suivante, les 17 et 18 septembre.

En Europe, les marchés anticipent de pied ferme une série de mesures de la part de la banque centrale, à commencer par une nouvelle baisse du taux de dépôt, qui pourrait passer de -0,4% à -0,5%. L'introduction d'un système de paliers pour cette taxation des réserves excédentaires des banques devrait être annoncé en même temps, afin de ne pas trop pénaliser les établissements financiers. A son niveau actuel de -0,4%, cette politique de la BCE a coûté près de 8 milliards d'euros en 2018, dont environ 60% ont été payés par les banques allemandes et françaises. Selon l'agence Scope, une baisse de 10 points de base de ce taux, coûterait aux établissements environ 1,7 MdE supplémentaire.

Certains espèrent même l'annonce d'une reprise du programme de rachat d'actifs ("QE"), mais cette question ne fait pas l'unanimité a sein des membres du conseil de la BCE, l'Allemagne y étant notamment opposée. En cas d'absence d'annonce sur cette question du "QE", les marchés pourraient réagir négativement, selon les experts.

Par ailleurs, selon l'agence 'Reuters', l'Allemagne réfléchirait à adopter un plan de relance, sous la forme d'un budget parallèle qui lui permettrait d'augmenter les investissements publics tout en respectant ses règles budgétaires très strictes. Après un recul de 0,1% du PIB au 2è trimestre, les économistes craignent que l'Allemagne ne tombe en récession au 3ème trimestre.

Les taux souverains rebondissent après leur plongeon d'août

Aux Etats-Unis, les marchés ont d'ores et déjà intégré une nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed à l'issue de sa prochaine réunion des 17 et 18 septembre, après celle d'un quart de point du mois de juillet, qui était la première depuis plus de 10 ans. L'outil Fedwatch du CME Group indique mardi soir une probabilité de 91,2% pour une baisse d'un quart de point, ce qui ferait revenir le taux des "fed funds" entre 1,75% et 2%.

Vendredi, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la Fed ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs". Il a assuré que la Fed continuera à agir de manière appropriée pour soutenir la croissance de l'économie américaine.

Sur le marché obligataire, le rendement du T-Bond à 10 ans a toutefois poursuivi son rebond, mardi, grimpant de 8 points de base à 1,73%. Il reste cependant proche de son plus bas niveau depuis la mi-2016, après son plongeon de l'été, lié aux craintes d'une récession provoquée par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Prises de bénéfices sur l'or, le pétrole se cherche

Le pétrole a reculé après 4 séances de hausse, qui lui avaient permis de retrouver ses plus hauts niveaux depuis 6 semaines. Le cours du brut léger américain WTI a ainsi cédé 0,78% à 57,40$ le baril (contrat à terme d'octobre), tandis que le Brent a fléchi de 0,34% à 62,38$ le baril. Les marchés s'interrogent sur le ralentissement de la demande sur fond de croissance en berne en Asie et en Europe, et dans une moindre mesure aux Etats-Unis.

Le WTI avait pourtant progressé de 1,6% mardi en début de séance, mais il s'est replié après l'annonce par l'Agence d'Information sur l'Energie américaine (EIA) d'une baisse de sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole brut, de 110.000 barils par jour à 890.000 bpj pour cette année et de 30.000 bpj à 1,40 million pour l'an prochain.

Le brut a aussi pâti du limogeage par Donald Trump de son conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Le départ de ce "faucon", notamment sur le dossier iranien, plaide plutôt en faveur d'une désescalade des tensions au Moyen-Orient et en Asie, qui avaient soutenu l'or noir ces dernières semaines.

L'or a poursuivi sa correction, cédant mardi 1,1% à 1.494,50$ l'once (contrat à terme de décembre sur le Comex). Le métal jaune a cédé environ 2% depuis 10 jours après avoir profité pendant l'été d'un effet de valeur-refuge qui l'a porté au plus haut niveau depuis six ans, à l'été 2013.

VALEURS A SUIVRE

Après un début de séance terne,Apple (+1,18%) a fini en hausse après les annonces faites lors de sa "keynote" organisée à son siège californien de Cupertino. Le directeur général de la firme à la pomme, Tim Cook, a présenté la gamme d'iPhone 11, la dernière génération de smartphones d'Apple. Il a aussi présenté l'Apple Watch Series 5, la nouvelle édition de sa montre connectée, ainsi qu'une nouvelle tablette, l'iPad 7, vendu à partir de 329$, et disponible à partir du 30 septembre.

Mais les marchés attendaient surtout les nouveautés du côté des services, en particulier des informations détaillées sur le futur nouveau service de vidéo en streaming AppleTV+. Tim Cook a annoncé qu'Apple TV+ diffusera ses premières séries et films le 1er novembre, pour 4,99$ par mois, un prix défiant toute concurrence. Le leader Netflix , qui propose ses services à 13$ par mois, a vu son titre chuter de plus de 2% mardi, tandis que Walt Disney (13$ par mois aussi) a cédé 2,2% et qu'Amazon (9$ par mois pour le service Prime Video) a cédé 0,6%.

Dans l'actualité des publications trimestrielles à Wall Street, GameStop, distributeur fragilisé de jeux vidéo, devait annoncer ses comptes après la clôture.

Wendy's (-10,2%) a décroché, le groupe ayant livré un avertissement sur les résultats. La chaîne américaine de restauration rapide envisage une baisse de son bénéfice ajusté 2019 de 3,5 à 6,5%, alors qu'elle tablait précédemment sur une croissance de 3,5-7%.

Schlumberger (+3,4%). Morgan Stanley vient de relever sa recommandation à 'surpondérer' sur le groupe parapétrolier, son dossier préféré au sein du compartiment. Selon le broker, le titre présente un ratio rendement/risque attractif alors que l'accent mis par la société sur la rentabilité et le free cash-flow sous la direction d'Olivier Le Peuch, nouveau CEO, est également mis en avant.

Ford Motor (-1,2%). La dette du constructeur automobile du Michigan est désormais classée en catégorie 'junk' par l'agence de notation Moody's, qui vient de dégrader ainsi sa note senior à 'Ba1' et donc en catégorie spéculative. La perspective associée est stable.

HD Supply (-4,2%) dévisse à Wall Street, le groupe ayant publié hier soir des comptes trimestriels décevants, marqués notamment par des revenus inférieurs aux attentes de marché. Le groupe de distribution industrielle a réalisé un bénéfice de 119 M$ soit 79 cents par titre sur le trimestre clos début août, ainsi qu'un bpa ajusté de 1,08$ à comparer à un consensus de 1,07$. Les revenus totalisent 1,62 Md$, contre 1,6 Md$ un an plus tôt et 1,63 Md$ de consensus.

ExxonMobil (+0,8%). L'Espagnol Repsol mène des discussions avancées pour acquérir certains actifs du géant américain dans le golfe du Mexique pour un prix d'environ un milliard de dollars, a appris Reuters lundi de sources 'proches du dossier'.

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