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Clôture de Wall Street : prudence après les propos de Jerome Powell

Clôture de Wall Street : prudence après les propos de Jerome Powell
Clôture de Wall Street : prudence après les propos de Jerome Powell
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé globalement en baisse mercredi, en réaction au ton prudent adopté par le président de la Fed, Jerome Powell, au sujet de la reprise économique, même si celle-ci s'est jusqu'ici montrée plus forte que prévu aux Etats-Unis. Les valeurs technologiques ont corrigé, tandis que Fedex (+5,7%) s'est distingué à la hausse après des résultats trimestriels dopés par l'essor de l'ecommerce depuis la crise du coronavirus.

A la clôture, l'indice Dow Jones est parvenu à se maintenir dans le vert (+0,13%) à 28.032 points, mais l'indice large S&P 500 a reculé de 0,46% à 3.085 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", a chuté de 1,25% à 11.050 pts.

Jerome Powell souligne les incertitudes liées au coronavirus

A l'issue de sa réunion de deux jours, la Fed a comme prévu, maintenu ce mercredi sa politique monétaire ultra-accommodante, avec des taux directeurs maintenus proches de zéro. Dans ses nouvelles projections, elle a indiqué que les taux resteraient à ce niveau plancher jusqu'à la fin 2023, compte-tenu de projections d'inflation modeste. L'objectif d'inflation de 2% devrait ainsi être atteint très progressivement en 2023, selon la prévision médiane des membres de la Fed.

Par ailleurs, dans ses nouvelles projections économiques, la Fed s'est montrée moins pessimiste qu'en juin. Elle prévoit désormais une contraction de 3,7% du PIB des Etats-Unis cette année, contre -6,5% prévu en juin. Le taux de chômage est attendu à 7,6% fin 2020, contre 9,3% prévu il y a trois mois...

Malgré cela, le patron de la Fed, Jerome Powell, s'est montré prudent lors de sa conférence de presse. "La reprise a progressé plus vite que ce qui était généralement prévu", mais "le chemin devant nous demeure hautement incertain", a-t-il martelé. "Les perspectives économiques sont hautement incertaines et dépendront en grande partie de notre capacité à maîtriser le virus", a-t-il poursuivi.

Les Etats-Unis ont besoin d'un nouveau plan de soutien budgétaire

M. Powell en a profité pour renouveler son appel aux partis politiques pour qu'ils s'accordent sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine dans le cadre de la lutte contre la Covid-19... "La réponse en matière de politique budgétaire (un plan de 2.200 milliards de dollars en mars : ndlr) a eu un effet vraiment positif, mais il en faudra probablement davantage" pour surmonter la crise actuelle, a estimé le banquier central.

A ce sujet, la Maison Blanche s'est montrée plus ouverte mercredi, indiquant qu'elle était prête à faire des concessions dans les négociations avec les Démocrates, ajoutant que les Républicains du Sénat pourraient parvenir à un accord bipartisan dans une semaine à dix jours...

L'iPhone 12 d'Apple se fait attendre, mais Fedex dope ses livraisons

Du côté des valeurs, plusieurs grandes "technos" ont plombé le Nasdaq, dont Adobe Systems (-4,3% malgré des résultats de très bonne facture), Facebook (-3,2%) ou encore Apple (-2,95%), qui a reculé malgré les annonces de nouveaux produits et services, mardi soir pendant sa "keynote" de rentrée... Les investisseurs attendent surtout le lancement du nouvel iPhone 12, le premier à être compatible avec la 5G, mais dont la sortie a été retardée par le coronavirus jusqu'en octobre. Tim Cook, le patron dApple, n'a pas du tout évoqué le sujet de l'iPhone mardi soir, tout en présentant de nouveaux iPad et Apple Watch, ainsi qu'un abonnement unique à tous les services du groupe ("Apple One") et un nouveau service de coaching sportif ("Apple Fitness+").

A la hausse, le livreur de colis Fedex (+5,7%) a profité de l'annonce de résultats trimestriels meilleurs que prévu, boostés par le commerce en ligne qui ne cesse de croître à la faveur de la crise sanitaire.

L'éditeur de logiciels "cloud" Snowflake a fait des débuts fracassants en Bourse, avec un doublement de son cours dans les toutes premières cotations (+122% à 267,17$ !)

L'OCDE prévoit une reprise mondiale plus solide que prévu

Sur le plan macro-économique, les espoirs d'une reprise mondiale ont été soutenus mercredi par un rapport de l'OCDE, qui a estimé que le redressement était plus vigoureux que prévu avant l'été. Après le choc provoqué par le nouveau coronavirus, l'économie mondiale profite notamment du dynamisme de la reprise aux Etats-Unis et en Chine, a déclaré l'Organisation de coopération et de développement économiques.

La récession mondiale est désormais estimée à -4,5% cette année contre -6% attendu en juin dernier. Sauf dégradation notable de la situation sanitaire, le PIB mondial devrait rebondir de 5% en 2021 (contre +5,2% attendu en juin).

Aux Etats-Unis, les dernières statistiques ont montré une poursuite de la reprise, mais à un rythme un peu moins soutenu en août qu'en juillet, bon nombre de programmes d'aide publique ayant pris fin (en attendant le nouveau package budgétaire actuellement en discussion). Ainsi, ce mercredi, les ventes de détail ont augmenté moins que prévu : elle ont toute de même bondi de 0,6% par rapport à juillet, mais le consensus de place s'attendait à +1% (après +0,9% en juillet).

Mardi, la production industrielle était aussi ressortie moins vigoureuse que prévu en août, avec une hausse de 0,4% sur un mois, contre +1,2% de consensus de marché et après +3,5% en juillet (lecture révisée). En revanche, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York a rebondi à 17 en septembre, contre 6,5 de consensus de marché et après 3,7 en août.

Mardi toujours, plusieurs indicateurs chinois avaient pointé à une accélération de la reprise le mois dernier : les ventes de détail ont augmenté de 0,5% en août sur un an, leur première hausse depuis le début 2020, après un plongeon de -20,5% en janvier, au plus fort de l'épidémie de coronavirus. La production industrielle de la Chine a bondi de 5,6% sur un an en août, contre 5,1% attendu et après +4,8% en juillet.

Le pétrole et l'or en hausse, T-Bond et dollar sages

Les cours du pétrole ont progressé mercredi pour la 2e séance consécutive, soutenus par l'ouragan Sally qui frappe le Golfe du Mexique, et par la publication d'une baisse surprise des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis. Le baril de brut léger américain (WTI) a bondi de 4,9% à 40,16$ (repassant le seuil symbolique des 40$) après un gain de 2,7% mardi, pour le contrat à terme d'octobre sur le Nymex. Le Brent d'échéance novembre a grimpé de 4,2% à 42,22$, après avoir pris 2,3% la veille.

L'or a poursuivi son ascension, portant ses gains à environ 1,7% en 7 séances. Le contrat à terme de décembre sur le Comex a gagné 0,2% à 1.970,50$ l'once. La hausse s'est poursuive après les annonces de la Fed, le cours du métal jaune atteignant 1.974,90$ dans les cotations électroniques.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a peu réagi (+0,06%) à 93,11 points après les annonces de la Fed, et l'euro s'est stabilisé à 1,1816$ (+0,02%). Le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans a gagné 2 points de base à 0,70% après la réunion de la Fed, qui a confirmé mercredi sa politique monétaire de soutien à l'emploi et l'économie américaine. Ce taux évoluait encore à 1,9% en début d'année, avant la crise du coronavirus qui a entraîné une brutale récession économique.

VALEURS A SUIVRE

* FedEx s'est envolé de 5,7% après la publication de résultats trimestriels meilleurs qu'attendu grâce à la nouvelle forte augmentation des livraisons à domicile pendant le confinement. Sur les trois mois clos fin août, le groupe a enregistré un profit net ajusté de 1,25 milliard de dollars ou un bpa de 4,72$ pour des revenus de 19,3 Mds$, en hausse de 13%. Le consensus tablait sur un bpa de 2,69$ pour des ventes de 17,55 Mds$. La marge opérationnelle a atteint 8,2% contre 5,7% un an auparavant.

Compte tenu de l'incertitude toujours forte autour de l'évolution de la pandémie de coronavirus, la société spécialisée dans le transport international de fret n'a toujours pas fourni de prévisions pour l'exercice en cours. Elle a en revanche rehaussé de 200 M$, à 5,1 Md$, sa prévision de dépenses en capital pour l'exercice afin d'augmenter ses capacités pour soutenir l'augmentation des niveaux de volumes. "La croissance de nos bénéfices souligne l'importance de nos initiatives commerciales et de nos investissements au cours des dernières années", a déclaré Fred Smith, directeur général de FedEx, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes. "À bien des égards, le monde s'est accéléré pour répondre à nos stratégies".

* Southwest Airlines (+3,6%) va prolonger jusqu'à la fin novembre sa politique laissant les sièges du milieu inoccupés, sauf pour les personnes voyageant ensemble. Le transporteur à bas coûts, qui observe une légère hausse de la demande, a réduit son estimation de consommation de trésorerie à 17 millions de dollars par jour au troisième trimestre, contre 20 M$ auparavant. Il estime ses capacités pour octobre en baisse de 40 à 45% par rapport à l'an dernier, et de 35 à 40% en novembre. Sur le trimestre, la compagnie basée à Dallas table sur des capacités en retrait de 30 à 35%.

* Boeing (+2,4%). Les crashs des deux Boeing 737 Max qui ont fait 346 morts "ne sont pas le résultat d'une défaillance singulière, d'une erreur technique ou d'un événement mal géré" mais "l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing, d'un manque de transparence de la part de la direction de Boeing et d'une surveillance grossièrement insuffisante de la part de l'administration fédérale de l'aviation". Telle est la conclusion d'un rapport de 245 pages publié mercredi par la Chambre des représentants. Ce rapport plaide ainsi clairement en faveur de vastes changements dans la surveillance de l'industrie aéronautique par la FAA.

Le rapport met en avant les cinq raisons principales à l'origine des deux accidents : les pressions exercées pour mettre à jour la conception du 737 rapidement et à moindre coût, les hypothèses erronées sur la conception de l'appareil et les performances des pilotes, la "culture de la dissimulation" chez Boeing, des conflits d'intérêts inhérents au système qui permet aux employés de Boeing d'agir au nom du gouvernement et l'emprise de la société sur les hauts dirigeants de la FAA.

* Adobe Systems (-4,3%). L'éditeur de logiciels graphiques a pourtant publié mardi soir après la clôture de Wall Street des résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus. Mais l'action Adobe affiche une hausse de 51% depuis le début de l'année, le groupe ayant profité de la vague de télétravail liée à la pandémie de Covid-19... Pour son 3e trimestre fiscal, achevé le 28 août, le groupe américain basé à Mountain View (Californie), a affiché un profit net en hausse de 20% sur un an, à 955 millions de dollars (un bénéfice ajusté de 2,57$ par action), contre 793 M$ (et 1,63$ ajusté par action) un an plus tôt. Les analystes tablaient sur un bpa ajusté de 2,41$.

Les revenus sont aussi ressortis supérieurs aux prévisions, en hausse de 14% pour atteindre un niveau record de 3,23 milliards de dollars contre 2,8 Mds$ sur la même période de 2019. Le consensus tablait sur 3,16 Mds$ de ventes. Le groupe a en outre publié des prévision optimistes pour son 4e trimestre fiscal, avec des ventes attendues à 3,35 Mds$ et un bpa ajusté à 2,64$.

* Facebook (-3,2%) est toujours dans le viseur des autorités américaines de la concurrence. La Commission fédérale du commerce (FTC) enquête sur le groupe de Mark Zuckerberg depuis plus d'un an pour savoir si le géant des médias sociaux a porté atteinte à la concurrence et pourrait déposer une plainte d'ici la fin de l'année, selon une 'traditionnelle' source proche du dossier citée par 'Bloomberg'. Une information également dévoilée par le 'Wall Street Journal' hier soir. La FTC a ouvert son enquête sur Facebook en juin 2019, au moment même où elle infligeait une amende de 5 milliards de dollarsà la société pour violation de la vie privée. L'enquête se concentre en partie sur la question de savoir si les acquisitions passées de Facebook, comme les rachats d'Instagram et WhatsApp, ont violé les lois antitrust. Le directeur général de Facebook, Mark Zuckerberg, a été interrogé le mois dernier par des responsables de la FTC.

Lors d'une audition, les législateurs auraient évoqué plusieurs mails du patron de FB, dans lesquels ce dernier s'inquiétait des débuts d'Instagram et de Path : "les activités sont naissantes mais ... elles pourraient nous perturber". Le jeune milliardaire aurait défendu les actions de Facebook en qualifiant l'acquisition d'Instagram de "success story américaine" qui a permis à l'application de prospérer. En plus de la FTC, Bloomberg rappelle que Facebook fait l'objet d'une enquête antitrust menée par un groupe de procureurs généraux à l'échelle nationale dirigée par la New-Yorkaise Letitia James.

* Kraft Heinz (-1,9%). Lactalis, le géant français des produits laitiers, a annoncé le rachat des marques de fromages naturels du groupe américain Kraft Heinz, dont Kraft, Cracker Barrel ou Breakstone's (mais pas la marque iconique Philadelphia). Le montant de l'opération s'élève à 3,2 milliards de dollars, soit 2,7 milliards d'euros. La transaction prévoit aussi que Kraft Heinz accorde des licences à Lactalis sur certaines marques. Le groupe américain d'agro-alimentaire, a aussi annoncé qu'il allait augmenter son budget marketing et revoir sa chaîne d'approvisionnement afin de parvenir à des économies de 2 Mds$ d'ici à 2024.

* Apple (-2,95%). Coronavirus oblige, la traditionnelle conférence de rentrée d'Apple s'est déroulée mardi soir sous une forme virtuelle, depuis son siège de l'Apple Park à Cupertino, en Californie... Une soirée un peu moins palpitante que d'ordinaire, ne serait-ce que parce que les nouveaux iPhones, les premiers compatibles avec la 5G, n'étaient pas au menu de la soirée. Pour cause de crise sanitaire, le processus de fabrication à grande échelle du nouveau smartphone du groupe, l'iPhone 12, a pris cette année un peu de retard... Sa présentation ne serait pas attendue avant octobre, au cours d'une nouvelle conférence virtuelle. Selon des sites spécialisés, les iPhone 12 et iPhone 12 Pro seraient mis en vente entre le 4e trimestre 2020 et le 1er trimestre 2021. Ensuite, un "iPhone 12s", au prix plus abordable, serait lancé entre le 2e et le 4e trimestre 2021.

En attendant, Apple a tout de même mis les bouchées doubles mardi, en matière d'annonces, avec une attention particulière apportées aux services, notamment ceux liées à la santé et au fitness. Ainsi, le groupe va proposer désormais un seul abonnement baptisé "Apple One", comprenant Apple TV+, Arcade, Apple Music et iCloud. Le service de base sera lancé cet automne à partir de 14,95 dollars par mois dans une centaine de pays (14,95 euros en France), ainsi qu'un forfait famille (19,95$ par mois). Un forfait premium (29,95$ par mois) inclura en outre la nouvelle application "Apple Fitness +" ainsi que News+, et sera lancé en Australie, au Canada, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Côté produits, le géant du mobile a dévoilé deux nouvelles versions de sa montre connectée Apple Watch, ainsi qu'une nouvelle gamme de tablettes iPad Air et un iPad 8.

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