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Clôture de Wall Street : peu de mouvements avant un week-end de 3 jours

Clôture de Wall Street : peu de mouvements avant un week-end de 3 jours
Clôture de Wall Street : peu de mouvements avant un week-end de 3 jours
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé la semaine sur une note hésitante à la veille d'un long week-end de trois jours aux Etats-Unis, lundi étant férié pour la Journée des Présidents outre-Atlantique. Les opérateurs tentent toujours d'évaluer l'impact du coronavirus Covid-19 sur l'économie US, alors que de nombreux secteurs, dont les compagnies aériennes, commencent à souffrir... L'économie américaine résiste plutôt bien pour le moment, selon les chiffres des ventes de détail et de confiance des consommateurs américains publiés vendredi.
A la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,08% à 29.398 points, tandis que l'indice large S&P 500 monte de 0,18% à 3.380 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, s'adjuge 0,20% à 9.731 pts, ce qui constitue au passage à un nouveau record...

Du côté des valeurs, le fabricant de processeurs graphiques Nvidia (+7%) s'illustre à la hausse après la publication de comptes meilleurs que prévu, tandis que Mattel chute malgré des résultats supérieurs aux attentes. Tesla (stable) résiste après avoir annoncé une augmentation de capital de 2 milliards de dollars.

Le dollar et les obligations toujours demandés comme valeurs-refuge

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) reste ferme (+0,08% à 99,15$ points), tandis que l'euro cède encore 0,03% à 1,0837$, à son plus bas niveau depuis près de deux ans. L'euro pâtit d'une dégradation de la conjoncture dans la zone euro, qui contraste avec une meilleure résilience aux Etats-Unis.
Les investisseurs à la recherche de sécurité sont revenus sur les marchés obligataires, faisant reculer les taux d'intérêt. Le rendement du T-Bond à 10 ans cède 4 points de base, à 1,57%. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans a fini à -0,40% (-1 pdb).

Le pétrole poursuit son rebond pour la 4e séance, après avoir chuté de plus de 20% depuis ses pics de début janvier, dans la crainte des effets du coronavirus. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) avance vendredi de 0,5% à 51,67$ (contrat à terme de mars coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord progresse de 0,9% à 56,85$ (contrat à terme d'avril). Sur le semaine, le pétrole a regagné 2,6% pour le WTI et 4,2% pour le Brent.

Consommation et confiance des consommateurs US toujours solides

Les indicateurs économiques américains publiés vendredi montrent que les consommateurs américains (à l'origine des deux-tiers de la croissance du pays) résistent bien en ce début 2020. Les ventes de détail ont progressé en janvier pour le 4e mois d'affilée, tandis que la confiance des consommateurs est montée en février au plus haut depuis 2018.

Les ventes de détail ont augmenté de 0,3% en janvier par rapport à décembre, en ligne avec le consensus. La hausse de décembre a cependant été revue en légère baisse à +0,2% (contre +0,3% précédemment). Hors automobile, les ventes de détail ressortent également en progression de 0,3%, en ligne avec les attentes, après un gain de +0,6% pour le mois de décembre.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan est monté à 100,9 en février, contre 99,7 de consensus de place et 99,8 pour la lecture finale de janvier.

Les prix à l'import étaient stable en janvier sur un mois, alors que le consensus tablait sur un recul de 0,2%. Les prix à l'export se sont appréciés de 0,7%, alors que le consensus était celui d'une stabilité.

La production industrielle est restée faible en janvier, reculant de 0,3% sur un mois, en ligne avec le consensus, après une baisse de 0,4% en décembre. Enfin, les stocks des entreprises ont augmenté de 0,1% en décembre sur un mois, en ligne avec le consensus de place.

Un impact d'ores et déjà supérieur à celui du Sras en 2003

Sur le front du virus Covid-19, Pékin a annoncé vendredi 121 décès supplémentaires en Chine continentale, ce qui porte à 1.383 le nombre de morts dans le pays depuis le début de l'épidémie. Le nombre de cas de contamination a augmenté de 4.823 pour s'élever à 64.627 en Chine continentale. Dans le monde, le bilan est désormais de 65.210 malades et 1.386 morts.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Chine a créé un choc en annonçant une flambée de 15.000 nouveau cas en raison d'une modification de son protocole de diagnostic, qui a conduit à intégrer a posteriori de nombreuses victimes de la maladie dans les statistiques. Cette évolution a fait voler en éclat le sentiment que le rythme de progression de l'épidémie ralentissait, sentiment qui avait rassuré et soutenu les places boursières en début de semaine.
Les marchés financiers s'efforcent chaque jour d'évaluer l'impact du virus sur la croissance chinoise et mondiale, qui s'annonce déjà supérieur à celui du Sras en 2003. La difficulté à l'heure actuelle étant de savoir si le trou d'air lié au Covid-19 sera passager ou s'il pèsera durablement sur l'économie mondiale, qui était déjà en phase de ralentissement avant l'épidémie.

De nombreuses entreprises ont revu en légère baisse leurs prévisions financières pour tenir compte du virus, dont Alibaba, Apple, Pernod Ricard, Nvidia ou encore Royal Caribbean Cruises, Nike, Adidas ou Starbucks. Le secteur automobile, les compagnies aériennes, le luxe, les groupes pétroliers, l'hôtellerie et le tourisme (notamment les croisiéristes) sont parmi les plus affectés, ainsi que le secteur technologique, dont la chaîne d'approvisionnement dépend beaucoup de la Chine...
Vendredi, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a estimé que les compagnies aériennes pourrait voir leur chiffre d'affaires baisser de 4 à 5 milliards de dollars au premier trimestre 2020, en raison des annulations de vols dues à l'épidémie. Mercredi, c'est le plus grand salon mondial des télécoms mobiles, le MWC, prévu du 24 au 27 février à Barcelone, qui a dû être annulé, face à une vague de désistements des participants, inquiets des risques liés au virus Covid-19.

Les économistes ont revu leurs prévisions de croissance pour la Chine. Selon S&P Global Ratings, le PIB chinois devrait croître de 5% en 2020, contre 5,7% prévu avant l'épidémie. Dans la zone euro, ainsi qu'au Royaume-Uni, S&P estime la perte de croissance de 0,1 à 0,2% cette année, via la baisse des exportations et des investissements des entreprises dues au ralentissement probable de la Chine.

Aux Etats-Unis, le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a reconnu cette semaine que l'épidémie de Covid-19 aurait un impact négatif sur la croissance américaine, mais a estimé qu'il était encore impossible de chiffrer à ce stade.

VALEURS A SUIVRE

Nvidia (+7%) a publié des résultats et un chiffre d'affaires supérieurs aux attentes des analystes pour le 4ème trimestre 2019. Le bénéfice par action de Nvidia, ajusté des éléments non récurrents, s'est établi à 1,89$, supérieur au 1,66$ attendu par les marchés, et plus que doublé par rapport à la même période de 2018 (0,92$).
Les revenus ont atteint 3,11 milliards de dollars contre 2,21 Mds$ un an plus tôt (+41% !) et 2,96 Mds$ attendu. Dans le détail, les ventes de processeurs pour serveurs de centres de données ont augmenté plus que prévu pour atteindre 968 millions de dollars (+43% sur un an) contre 825,8 M$ de consensus, tandis que les ventes de puces pour jeux vidéo ont bondi de 56% à 1,49 Md$, mais sont un peu inférieures aux attentes (1,52 Md$).
Pour le 1er trimestre 2020 en cours, le groupe basé à Santa Clara en Californie prévoit des ventes de 2,94 Mds$ à 3,06 Mds$, contre 2,85 Mds$ attendus par Wall Street. Nvidia a précisé que cette prévision a été révisée en baisse de 100 M$ pour tenir compte des effets négatifs probables du coronavirus chinois.

Amazon (-0,7%) a remporté une première manche dans sa bataille judiciaire contre Microsoft (+0,25%) au sujet du méga-contrat "JEDI" avec le Pentagone. La justice américaine a ainsi suspendu jeudi la mise en oeuvre de ce contrat de gestion de données dans le "cloud", décroché par Microsoft fin octobre 2019. Amazon, longtemps donné favori pour ce contrat, a contesté fin 2019 son attribution devant les tribunaux, accusant le président Trump d'avoir fait pression pour l'écarter, en raison de ses mauvaises relations avec Jeff Bezos, le patron d'Amazon.
Jeudi, une juge fédérale américaine a donc accordé à Amazon une injonction temporaire, interdisant ainsi au Pentagone d'avancer sur ce contrat, d'après un résumé des documents juridiques disponible en ligne. Les détails de la décision n'ont toutefois pas été rendus publics.
Lundi, Amazon Web Services (AWS), la filiale cloud d'Amazon, avait annoncé vouloir faire témoigner Donald Trump, le président américain, et son secrétaire à la Défense, Mark Esper, afin de faire la lumière sur cette affaire.
Le contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), qui s'étend sur une durée de dix ans, est estimé à 10 milliards de dollars. Il vise à moderniser la totalité des systèmes informatiques des forces armées américaines dans un système géré par intelligence artificielle. Amazon, géant du commerce en ligne, est aussi le leader mondial du "cloud computing" (informatique dématérialisée), dont il détient un tiers des parts de marché mondial, contre 14,5% pour Microsoft et 5,6% pour Google (Alphabet).

Facebook (+0,5%). Mark Zuckerberg a admis que le projet de réforme fiscale internationale signifiait que le réseau social californien devrait payer davantage d'impôts dans plusieurs pays, selon Politico, qui cite des extraits de discours. Fin janvier à Paris, les autorités fiscales de 137 pays s'étaient engagées à poursuivre des discussions visant à adapter le système fiscal international au numérique.

Mattel (-3,1%), le géant américain du jouet, a dépassé les attentes de profits pour le trimestre clos, bénéficiant de ses actions de réduction des coûts. Les ventes de Barbie en Amérique du Nord ont pourtant souffert de la concurrence des poupées 'Frozen 2' d'Hasbro. Le groupe a amplement dépassé, de 35%, son objectif initial de réduction des charges de 650 M$. Pour le quatrième trimestre fiscal clos fin décembre 2019, Mattel a réalisé un bénéfice ajusté par action de 11 cents, contre un consensus de 10 cents. Les revenus sur cette cruciale période des fêtes ont décliné de 3% en glissement annuel pour ressortir à 1,47 milliard de dollars, contre 1,50 milliard de dollars de consensus. L'activité en Amérique du Nord a reculé de 1% en comparaison de l'an dernier.

Tesla (stable à 800$) a annoncé le prix de son augmentation de capital précédemment dévoilée, qui sera donc de 767$ par titre, une décote de moins de 5% sur les cours de la veille. Le concepteur californien de véhicules électriques offre 2,65 millions de titres au prix de 767$ pièce, 4,6% de moins que le cours de clôture d'hier. Le groupe d'Elon Musk va ainsi lever environ 2,03 milliards de dollars. Goldman Sachs et Morgan Stanley disposent d'options pour acquérir 397.500 titres additionnels. En cas d'exercice des options de surallocation, le groupe serait en mesure de lever 2,34 milliards de dollars. Elon Musk a indiqué un intérêt préliminaire pour l'achat de 13.037 titres dans le cadre de l'offre, pour un montant de 10 M$ environ. Larry Ellison, membre du conseil d'administration, souscrira à hauteur de 1 million de dollars (1.303 titres).

Expedia (+11%) bondit après sa publication du quatrième trimestre. Le groupe anticipe une croissance à deux chiffres de l'Ebitda cette année. Il a dégagé pour le trimestre clos un bénéfice de 76 M$ soit 52 cents par titre, contre 17 M$ un an avant. Le bpa ajusté a représenté 1,16$, contre 1,18$ un an plus tôt. Les revenus se sont améliorés de 8% à 2,63 Mds$. Ces chiffres sont inférieurs aux attentes, mais le marché se montre clément après avoir anticipé une mauvaise surprise du fait du coronavirus.

eBay (+2,5%) a finalisé la vente de StubHub (pour plus de 4 Mds$) et dopé ses plans de rachat d'actions. Le géant du e-commerce prévoit par ailleurs un solide premier trimestre. eBay renforce donc de 3 Mds$ son programme de rachat d'actions pour 2020, à 4,5 Mds$. Il vise désormais un bpa ajusté du premier trimestre allant de 72 à 75 cents, contre 72 cents de consensus. Sur l'exercice, le bpa est anticipé entre 3 et 3,10$.

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