Cotation du 01/12/2020 à 23h20 Dow Jones Industrial +0,63% 29 823,92
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Clôture de Wall Street : petite pause après les records

Clôture de Wall Street : petite pause après les records
Clôture de Wall Street : petite pause après les records
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fléchi mardi, au lendemain de records pour le Dow Jones et le S&P 500 dans la perspective de vaccins efficaces contre le coronavirus, annoncés pour les prochaines semaines par Moderna et Pfizer, et sans doute d'autres laboratoires actuellement dans la phase finale de leurs essais cliniques. Les investisseurs espèrent que la reprise économique accélérera courant 2021, mais à court terme, la 2e vague de Covid-19 qui enfle aux Etats-Unis pourrait entraîner un passage à vide, nécessitant davantage de soutien budgétaire et monétaire. Ainsi, les ventes de détail ont un peu déçu en octobre aux Etats-Unis, même si elles ont continué à augmenter.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,56% à 29.783 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,48% à 3.609 pts, après deux records d'affilée, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,21% à 11.899 pts. Le Russell 2000, qui regroupe les petites et moyennes valeurs de la cote américaine, a gagné 0,37%, alignant ainsi trois records consécutifs (ses premiers depuis 2018).

Plus tôt en Europe, l'EuroStoxx 50 a marqué une pause (+0,07%) tandis que le CAC 40 a légèrement progressé en clôture (+0,21%). L'Asie a fini en ordre dispersé mardi matin (+0,4% pour le Nikkei, -0,2% pour le Shanghai composite).

Du côté des valeurs, Tesla Motors a flambé de 8,2% après l'annonce de son entrée prochaine dans l'indice phare S&P 500, tandis que les distributeurs Walmart (-2%) et Home Depot (-2,5%) ont reculé malgré la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Les deux groupes ont profité de la reprise économique vigoureuse observée de juillet à septembre après les confinements du printemps.

Le cours du pétrole WTI a avancé de 0,1% à 41,13$ sur le Nymex (contrat de décembre), tandis que l'or a signé sa 4e séance de baisse, plombé par le retour de l'appétit du risque. L'once de métal jaune a cédé mardi 0,1% à 1.885,10 $ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. L'indice du dollar a fléchi de 0,25% à 92,73 points, face à un panier de devises de référence. Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans a reculé de 4 points de base à 0,87%.

Petit coup de mou du côté de la consommation

Alors que les cas de coronavirus ont rapidement augmenté depuis la fin septembre, obligeant plusieurs Etats américains à prendre de nouvelles mesures de restriction, les marchés ont observé d'un oeil inquiet les derniers chiffres des ventes de détail. Ils ont signalé un ralentissement de la consommation, qui est le principal moteur de l'économie américaine.

Ainsi, les ventes de détail ont augmenté de 0,3% en octobre par rapport à septembre, contre +0,4% attendu par le consensus, et en net ralentissement par rapport à septembre, où elles avaient bondi de 1,6% (ce dernier chiffre a en outre été révisé en baisse ce mardi).

Hors automobile, les ventes de détail n'ont augmenté que de 0,2% en octobre, contre 0,5% de consensus et +1,2% un mois plus tôt. Hors automobile et essence, l'expansion de la consommation américaine s'est également limitée à +0,2% en octobre, contre +0,6% de consensus.

Production industrielle et immobilier encore en forme

Les prix à l'import du mois d'octobre aux USA, qui viennent également d'être publiés, sont ressortis en repli de 0,1% par rapport au mois antérieur, contre +0,2% de consensus. Ils reculent de 1% sur un an. Les prix à l'export d'octobre s'établissent en hausse de 0,2% par rapport au mois de septembre, mais en baisse de 1,6% sur un an.

En revanche, la production industrielle s'est redressée plus que prévu en octobre, de 1,1% sur un mois contre un consensus placé à +1%, et après un repli de 0,4% en septembre. La production manufacturière est ressortie en hausse de 1%, contre +0,9% de consensus. Le taux d'utilisation des capacités de production s'est établi à 72,8% contre 72,2% de consensus.

Enfin, l'indice du marché immobilier de la NAHB (National Association of Home Builders) s'est lui aussi renforcé plus que prévu, à 90 en novembre, contre un consensus de marché de 85 et après 85 en octobre.

Prudente, la Fed se tient prête à augmenter son soutien

Ces dernières semaines, la Réserve fédérale américaine a appelé à la prudence à court terme sur la reprise économique, qui donne des signes d'essoufflement à l'automne, après un redémarrage en flèche pendant l'été, suite à la récession du printemps liée à la pandémie de coronavirus.

Les responsables de la Fed, à commencer par son président Jerome Powell, estiment ainsi que l'économie américaine aura encore besoin de soutien monétaire, mais aussi budgétaire, même si les vaccins en cours d'élaboration arrivent sur le marché rapidement. Il faudra en effet des mois pour produire et distribuer massivement les vaccins aux populations américaine et mondiale, sans compter les réticences de certaines personnes vis-à-vis des vaccins ce qui pourrait en diminuer l'efficacité globale.

Si la Fed laisse entendre qu'elle pourrait augmenter le montant de ses achats d'actifs pour soutenir la croissance, la perspective d'un nouveau vaste plan de soutien budgétaire semble s'être éloignée. Soutenue par le parti démocrate du président élu Joe Biden, le plan s'est heurté avant l'élection présidentielle du 3 novembre aux réticences des Républicains, majoritaires au Sénat et qui devraient le rester malgré l'élection de Joe Biden à la Maison Blanche.

Biden appelle le Congrès à voter rapidement un nouveau plan de soutien

Les économistes estiment cependant qu'en cas de dégradation rapide de la situation sanitaire, entraînant de nouveaux confinements, le Congrès pourrait parvenir à s'accorder pendant la période de transition entre Trump et Biden sur un plan de taille modeste (500 à 800 milliards de dollars) afin de soutenir les Américains les plus affectés par la crise.

Lundi soir, Joe Biden a ainsi appelé le Congrès à voter "rapidement" un nouveau plan de "soutien immédiat" à l'économie, et a prédit un "hiver sombre" sur fond de pandémie de Covid. Lors d'un discours prononcé depuis son fief de Wilmington (Delaware), le président élu a réitéré ses principaux objectifs de campagne, notamment la création de trois millions d'emplois "bien payés" et d'un salaire minimum horaire à 15 dollars (contre 7,25 dollars actuellement).

Il a aussi répété sa volonté de mettre en place une "fiscalité équitable" pour faire payer aux grandes entreprises et aux riches une "part juste". Ce projet est l'un des points les moins appréciés par les marché financiers, qui avaient au contraire plébiscité les fortes baisses d'impôts mises en place par Donald Trump après son élection en 2016. Trump avait notamment abaissé l'impôt sur les entreprises de 35% à 21%.

Les mesures de restriction se multiplient aux Etats-Unis

Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé par l'épidémie de Covid-19, avec plus de 245.000 morts depuis l'apparition du virus sur le territoire et plus de 11,2 millions de cas confirmés. Depuis la fin septembre, le nombre de nouveaux cas quotidiens s'est envolé de moins de 50.000 à plus de 150.000, et le nombre d'hospitalisations a bondi, entraînant des tensions dans une vingtaine d'Etats, notamment dans le Midwest.

Des Etats américains de plus en plus nombreux, dont New York, l'Oregon, la Californie, Washington, le Michigan, le New Jersey et le Nouveau Mexique, ont annoncé des nouvelles mesures de restriction de déplacements face à la résurgence du Covid-19.

Chicago, la 3e ville du pays, a mis en place des mesures de confinement depuis lundi. Dans l'Etat de New York, le plus touché par la 1e vague de coronavirus, les bars et restaurants doivent fermer à 22h depuis vendredi dernier.

VALEURS A SUIVRE

Walmart (-2%), le leader américain de la grande distribution, a affiché sur le trimestre clos une croissance de près de 80%... de ses ventes en ligne. Sur le trimestre clos en octobre, le groupe de l'Arkansas a ainsi réalisé un bénéfice par action de 1,34$, en augmentation de près de 16% en glissement annuel, contre un consensus de 1,18$. Les revenus trimestriels consolidés se sont appréciés de 5,2% à 134,7 milliards de dollars, contre un consensus de 132,2 milliards. La croissance domestique à comparable sur le marché US est ressortie à 6,4%, contre 4,6% de consensus.

Home Depot (-2,5%), le géant américain de la distribution de produits d'ameublement, a affiché des dépenses accrues sur le trimestre clos, accompagnant une vive croissance à comparable de 24%. Sur ce trimestre clos début novembre, le détaillant a dégagé un bénéfice par action de 3,18$ en augmentation de 26% et supérieur de 13 cents au consensus. Les revenus totaux se sont améliorés de 23% à 33,5 milliards de dollars. Le CEO Craig Menear salue un trimestre "exceptionnel", ainsi que l'adaptation du groupe à l'environnement de forte demande. Le groupe récompensera d'ailleurs ses employés avec 1 milliard de dollars de rémunération 'incrémentale' additionnelle sur une base annualisée...

CVS Health (-8,6%) et Walgreens Boots Alliance (-9,6%) ont décroché, tout comme Rite Aid (-16,2%)... Il faut dire qu'un concurrent majeur va débarquer sur leur marché, le géant du e-commerce Amazon (+0,15%), qui va lancer une offre de pharmacie en ligne aux Etats-Unis incluant des médicaments sur ordonnance ! Ce mouvement stratégique du groupe va sans nul doute bouleverser le secteur, des réductions étant par ailleurs prévues pour les abonnés Prime.

Amazon (+0,15%). L'offre 'Amazon Pharmacy' constitue une section du site Internet américain du groupe et de l'application mobile. Elle permet aux utilisateurs de commander leurs médicaments. Les consommateurs américains peuvent même payer en utilisant directement leur assurance santé. Les abonnés Prime n'utilisant pas l'assurance sont éligibles à des rabais sur les traitements génériques et de marque sur le site Amazon ou chez environ 50.000 pharmacies participantes. L'offre est dévoilée deux ans après l'acquisition pour 753 millions de dollars de PillPack, acteur de la pharmacie en ligne.

Tesla Motors (+8,2%) a flambé, repassant sur les 400 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le groupe d'Elon Musk va bel et bien intégrer l'indice large S&P 500, dès la fin du mois de décembre, ce qui poussera les gestions indicielles à se positionner sur le dossier.

Moderna (-4,9%), qui a annoncé lundi une efficacité de 94,5% de son candidat vaccin contre le coronavirus selon des données intermédiaires de phase 3, ajoute que le vaccin devrait rester stable à des températures standards de 2 à 8 degrés pendant 30 jours, contre une précédente estimation de 7 jours.

Pfizer (+1,85%) et BioNTech (-5%). Le 'Wall Street Journal' a relevé les inquiétudes en termes de logistique et distribution entourant leur candidat vaccin, avec un stockage nécessaire à pratiquement -70 degrés. Pfizer va commencer quoi qu'il en soit à mettre en place son programme de livraison dans quatre Etats américains.

Berkshire Hathaway (stable), la firme de Warren Buffett, a investi 5,7 milliards de dollars dans quatre groupes pharmaceutiques. Les heureux élus sont Pfizer, Merck & Co, Bristol-Myers et AbbVie. Par ailleurs, Berkshire a réduit ses participations au capital des banques Wells Fargo, JP Morgan et PNC Financial Services durant le troisième trimestre. La firme de Buffett s'est aussi allégée sur Costco, leader des magasins d'entreposage.

GameStop (-3,5%). RC Ventures, actionnaire du groupe américain de distribution de jeux, a adressé une lettre à son conseil d'administration demandant à GameStop de conduire une revue stratégique, croit savoir le Wall Street Journal.

Baidu (-2,6%). Le 'Google chinois', leader local des moteurs de recherche, coté à Wall Street, a publié hier soir une croissance des revenus trimestriels supérieure aux attentes de marché et annoncé le rachat de la plateforme de streaming YY Live au réseau social JOYY pour un montant voisin de 3,6 milliards de dollars, afin de diversifier ses activités.

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