Cotation du 07/07/2020 à 16h22 Dow Jones Industrial -0,59% 26 130,85
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Clôture de Wall Street : optimisme prudent malgré les tensions sino-américaines

Clôture de Wall Street : optimisme prudent malgré les tensions sino-américaines
Clôture de Wall Street : optimisme prudent malgré les tensions sino-américaines
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance volatile, les marchés d'actions américains ont fini en légère hausse vendredi, malgré de nouveaux échanges tendus entre les Etats-Unis et la Chine. Pékin entend imposer à Hong Kong sa loi de sécurité nationale restreignant les libertés et promeut la réunification avec Taïwan. En outre, la Chine a inquiété sur le plan économique, en renonçant pour la 1ere fois à faire des prévisions de croissance pour 2020. Les investisseurs ont joué la prudence à la veille d'un week-end de trois jours, Wall Street étant fermé lundi pour Memorial Day.

Après un début de séance dans le rouge, l'indice Dow Jones a fini quasi-stable (-0,04%) à 24.465 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,24% à 2.955 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 0,43% à 9.324 pts. Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices pointent en hausse de respectivement 3,3%, 3,2% et 3,4%.

Les indices sectoriels S&P 500 de l'immobilier (+2,2%), des services de communication (+0,4%) et des technologies (+0,4%) ont soutenu la cote vendredi, tandis qu'à l'inverse, les valeurs énergétiques ont reculé de 0,67% sous l'effet d'une baisse du pétrole, échaudé par les craintes d'une reprise économique plus laborieuse que prévu en Chine et ailleurs dans monde.

Les investisseurs observent avec nervosité l'évolution des relations entre Washington et Pékin, craignant la reprise de la guerre commerciale et l'instauration de nouvelles taxes d'importations, qui signeraient la fin de l'accord commercial partiel signé en janvier dernier après 18 mois de négociations difficiles.

Donald Trump menace de répliquer "très fortement" si Hong Kong passe sous la coupe de Pékin

Les regards des marchés se sont tournés vendredi vers Hong Kong, où Pékin a annoncé son intention d'imposer une loi de sécurité nationale qui restreindrait les libertés dans ce territoire chinois autonome. L'indice Hang Seng de Hong Kong a plongé de 5,6% vendredi, et le président américain Donald Trump a affirmé que si cette loi entrait en vigueur, les Etats-Unis réagiraient "très fortement".

Selon le 'Wall Street Journal', des sénateurs américains préparent une loi bipartisane qui sanctionnerait les responsables et les entités chinoises impliqués dans la mise en place de ces mesures à Hong Kong. Le texte prévoit aussi de pénaliser les banques qui feraient des affaires avec ces entités et personnes.

Plus tôt dans la semaine, le Sénat américain a par ailleurs voté une loi qui restreindrait l'accès des entreprises chinoises aux marchés financiers américains. Le texte devrait être approuvé par la chambre des représentants, dont la majorité démocrate serait prête à l'approuver.

La crise du coronavirus a ravivé les tensions entre Washington et Pékin, Donald Trump tenant la Chine pour responsable de la propagation de la pandémie dans le monde, après l'avoir dissimulée et mal gérée. De son côté, la Chine chercherait à renégocier certains de ses engagements pris dans le cadre de l'accord commercial de Phase 1, qui prévoit que le pays achète 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires dans les années à venir. L'administration Trump refuse toute renégociation et menace la Chine de sanctions et de nouveaux droits de douane si elle se soustrait à ses obligations.

La Chine suspend ses prévisions de croissance face aux incertitudes

Vendredi, les dernières nouvelles économiques en provenance de Chine ont donné le sentiment que la reprise économique sera plus lente que prévue, ce qui pourrait préfigurer le sort des autres économies mondiales après le déconfinement de leurs populations. Ainsi, pour la première fois depuis la création des ses statistiques en 1990, Pékin a annoncé renoncer cette année à fixer un objectif de croissance annuelle, en citant les incertitudes créées par la pandémie de Covid-19.

Le gouvernement a en outre annoncé son intention d'augmenter ses dépenses publiques alors que la crise sanitaire liée au coronavirus a entraîné un plongeon de 6,8% du PIB au 1er trimestre en rythme annuel. "Nous n'avons pas fixé d'objectif de croissance économique pour l'ensemble de l'année, principalement parce que la situation épidémique mondiale et la situation économique et commerciale sont très incertaines", a déclaré le Premier ministre Li Keqiang à l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), le Parlement chinois. Face à la crise, le déficit budgétaire devrait filer à au moins 3,6% du PIB en 2020, en hausse par rapport aux 2,8% de 2019.

Le Premier ministre a aussi annoncé un vaste plan d'investissement dans les infrastructures "d'avenir", notamment le déploiement des réseaux 5G et les véhicules électriques, d'un montant de 3.750 milliards de yuans (526 Mds$).

Correction sur le pétrole, l'or et le dollar repartent en hausse

Face au retour des incertitudes sur la croissance chinoise, le pétrole a subi des prises de bénéfices, cédant en matinée jusqu'à 5%. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a fini en baisse de 2% à 33,25$ sur le Nymex, et le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a perdu 2,66% à 35,10$. L'or noir signe cependant une 4e semaine de hausse consécutive, le WTI reprenant encore 13% sur 5 séances, au plus haut depuis plus de 2 mois.

De son côté, l'or a repris des couleurs, le contrat à terme de juin regagnant 0,8% à 1.735,50$ l'once à la clôture du Comex. Le métal jaune a cédé 1,2% cette semaine, mais il progresse encore d'environ 13% depuis le début de l'année, faisant office de velaur-refuge face à la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19. Les injections massives de liquidités de la part des banques centrales soutiennent aussi les actifs matériels tels que l'or et les autres métaux précieux.

Les marchés obligataires américains ont progressé légèrement, le rendement du T-Bond à 10 ans finissant stable à 0,66% (-1 point de base). Sur le marché des changes, le billet vert progresse, l'indice du dollar gagnant 0,48% à 99,84 points face à un panier de devises de référence. L'euro cède 0,5% à 1,0884$.

VALEURS A SUIVRE

Nvidia (+2,8%). Le fabricant américain de cartes graphiques et processeurs a publié des résultats trimestriels meilleurs que prévu, notamment dans ses branches puces pour centres de données et jeux vidéo, qui ont profité d'une demande accrue liée aux mesures de confinement prises pour faire face à la pandémie de coronavirus. Pour son 1er trimestre fiscal achevé fin avril, le groupe a affiché un bénéfice net de 917 millions de dollars (1,47$ par action) contre 394 M$ (+133% !) un an plus tôt. En données ajustées des éléments non récurrents, le bénéfice par action s'élève à 1,80$ contre 0,88$ un an plus tôt, et 1,65$ attendu par le consensus. Les revenus ont totalisé 3,08 milliards de dollars, en hausse de 39% et supérieurs aux attentes du marché. Les ventes dépassent aussi la fourchette haute donnée par la direction de Nvidia. Les revenus de la branche jeux vidéo ont bondi de 26% à 1,34 Mds$, tandis que le chiffre d'affaires de puces pour centres de données a flambé de 80% pour atteindre 1,14 Md$.

Hewlett Packard Enterprise (-11,5%!) a annoncé des revenus en déclin du fait de la crise sanitaire et économique, et fait état de plans de réduction d'effectifs. Les revenus du trimestre clos fin avril ont chuté de 16% en glissement annuel, à 6 milliards de dollars. Le groupe californien de San Jose fait moins bien que prévu, puisque le consensus se situait à 6,19 milliards. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 22 cents, contre un consensus de marché de 28 cents. Le groupe envisage un milliard de dollars d'économies d'ici la fin de l'exercice 2022. HPE entend notamment simplifier son portefeuille produits et sa chaîne d'approvisionnement, modifier le support client (...). Antonio Neri, directeur général du groupe, souligne la difficulté du trimestre, mais ne perçoit pas cette performance comme une indication de ses capacités. Le management espère une reprise séquentielle de l'activité.

Foot Locker (-8,5%), le détaillant américain en chaussures de sport, décroche à Wall Street. Il faut dire que le groupe a déploré des pertes sur le trimestre clos, les revenus ayant chuté plus que prévu. Victime de la pandémie, le groupe affiche une marge brute dégradée et suspend par ailleurs son dividende trimestriel afin de préserver sa "flexibilité". Pour le trimestre clos début mai, le déficit net se chiffre à 98 millions de dollars soit 93 cents par titre, contre un profit net de 172 millions de dollars un an plus tôt. La perte ajustée par action est ressortie à 67 cents, alors que le consensus FactSet était de 12 cents de perte par titre seulement. Les revenus se sont effondrés de 43% en glissement annuel à 1,18 milliard de dollars, contre 1,36 milliard de consensus. La marge brute a chuté à 23%, contre plus de 33% sur la période correspondante de l'an dernier.

Le groupe précise que la réouverture progressive de ses magasins est en cours, alors que le stock de marchandises ressortait en vive hausse de plus de 20% à 1,46 milliard de dollars sur le trimestre clos.

Alibaba (-5,8%) le colosse chinois du e-commerce, désormais coté à Wall Street, vient de publier des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Mieux encore, le groupe constate une "reprise régulière" de l'activité depuis le mois de mars, malgré l'épidémie de Covid-19. Pour le quatrième trimestre fiscal, le bénéfice net a représenté l'équivalent de 447 millions de dollars, ce qui traduit une division par huit du profit en comparaison de l'an dernier. Le déclin du bénéfice reflète surtout, selon le détaillant en ligne, les pertes sur investissements. Sur une base ajustée cette fois, le bénéfice par action a en fait progressé en glissement annuel et dépasse nettement le consensus de marché (9,2 RMB contre 6,05 de consensus FactSet). Les revenus ont également battu le consensus, à près de 16 milliards de dollars contre 15,1 milliards attendus.

Maggie Wu, la directrice financière du groupe, indique que bien que la pandémie ait négativement impacté la majeure partie des activités domestiques depuis la fin du mois de janvier, le groupe a observé depuis mars une régulière reprise. Pour le nouvel exercice fiscal, le groupe envisage des revenus supérieurs à 650 milliards de renminbis, contre 659 milliards de consensus.

Alphabet (+0,46%). Le cabinet de conseil ISS recommande aux actionnaires du groupe, maison-mère du moteur de recherche Google, de rejeter la proposition de rémunération des dirigeants lors de l'assemblée générale attendue le mois prochain. C'est ce qu'indique un rapport qu'a pu consulter l'agence Reuters.

IBM (-0,6%), géant américain des services technologiques, va supprimer un certain nombre de postes aux États-Unis, dans au moins cinq Etats. Le groupe n'a toutefois pas spécifié le nombre de salariés concernés. Les coupes semblent assez étendues, constate cependant l'agence Bloomberg. Le groupe explique que son travail sur un marché hautement concurrentiel demande de la flexibilité, afin de constamment "ajouter des capacités de haute valeur" à ses effectifs. Selon un porte-parole du groupe, ces décisions sont dans l'intérêt de la santé de l'activité d'IBM sur le long terme.

Deere (-1,47%), le géant américain des équipements agricoles, a annoncé des comptes en forte baisse. Il dépasse néanmoins les attentes de marché. Pour le second trimestre fiscal clos début mai 2020, le bénéfice net est ressorti à 666 millions de dollars soit 2,11$ par titre, contre 1,14 milliard de dollars un an plus tôt. Le consensus FactSet était toutefois encore plus déprimé à 1,69$ de bpa. Les revenus trimestriels se sont affaissés de 18% en glissement annuel à 9,25 milliards de dollars, alors que le consensus était de 9 milliards. Le groupe table désormais, pour l'exercice, sur un bénéfice net allant de 1,6 milliard à 2 milliards de dollars. Le consensus est pour sa part de 2,04 milliards de dollars sur cette période.

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