Cotation du 16/08/2019 à 22h51 Dow Jones Industrial +1,20% 25 886,01
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Clôture de Wall Street : optimisme prudent en attendant le choc Trump-Xi

Clôture de Wall Street : optimisme prudent en attendant le choc Trump-Xi
Clôture de Wall Street : optimisme prudent en attendant le choc Trump-Xi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a terminé en hausse vendredi, dernière séance boursière de juin, un mois placé sous le double signe des espoirs d'accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, et des spéculations sur des baisses de taux de la Fed. Les opérateurs demeuraient confiants , à quelques heures de la rencontre-choc prévue entre Donald Trump et Xi Jinping en marge du sommet du G20 d'Osaka. S'ils n'attendent pas d'accord commercial imminent entre les Etats-Unis et la Chine, les marchés espèrent une rencontre productive, qui permettrait de marquer symboliquement la reprise des pourparlers.

A la clôture, l'indice Dow Jones a avancé de 0,28% à 26.599 points, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,58% à 2.941 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a gagné 0,48% à 8.006 pts. L'indice Dow Jones s'achemine vers son meilleur mois de juin depuis... 80 ans !

Sur le premier semestre 2019, le DJIA a gagné 14%, le S&P 500 a grimpé de 17,3% et le Nasdaq a bondi de 20,6%, dans l'espoir de baisses des taux de la Fed et d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

Les changes, le taux, l'or et le pétrole suspendus au G20

Plus tôt, en Asie, les marchés ont fléchi dans l'attente de la rencontre entre les présidents américain et chinois. L'indice chinois CSI 300 a cédé 0,23% et à Tokyo le Nikkei 225 a lâché 0,29%. En Europe, l'EuroStoxx 50 a grimpé de 0,89% et à Paris, le CAC 40 a fini en hausse de 0,83% à 5.538 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) était stable vendredi soir (-0,01%) à 96,19 points, de même que l'euro à 1,1368$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans a cédé 1 point de base à 2,01%, toujours proche de ses plus bas niveaux depuis octobre 2016. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans a fini vendredi à -0,33% (-1 pdb).

L'or a légèrement progressé de 0,13%, à 1.413,90$ l'once pour le contrat à terme d'août sur le Comex, toujours proche de son haut niveau depuis plus de 5 ans. Le métal jaune a bondi de 7,7% en juin, son meilleur mois depuis 3 ans.

Les cours du pétrole ont fini en ordre dispersé vendredi. Les marchés pétroliers attendent avec nervosité ce qui sortira de la rencontre Trump-Xi, mais aussi de la réunion cruciale de l'Opep et de ses alliés, lundi et mardi prochain à Vienne, qui doit décider de prolonger ou non les coupes de production. Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a terminé en nette baisse de 1,62% à 58,47$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance août était stable à 66,55$ au moment de la clôture du Nymex.

Rencontre au sommet samedi à l'aube

La rencontre officielle entre Trump et Xi est programmée ce samedi à 11h30 heure locale (4h30 à Paris). Il s'agira de la première rencontre entre les deux présidents depuis novembre. Les discussions entre les deux superpuissances avaient précédemment échoué près du but. Les Etats-Unis avaient en effet accusé la Chine d'être revenue sur ses engagements. Trump avait alors décidé début mai de relever les droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises importées.

A l'occasion de l'ouverture du sommet du G20, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker y est également allé de son petit mot, déplorant l'escalade du conflit commercial et son impact économique adverse. Selon lui, l'UE, les Etats-Unis, la Chine et le Japon travailleraient sur une réforme de l'Organisation mondiale du commerce...

Depuis Osaka, Donald Trump a insisté ce vendredi sur l'importance du commerce, "préoccupation majeure" du sommet du G20. "Nous allons avoir de très grandes choses à annoncer", a lancé Trump avant de rencontrer Shinzo Abe puis Narendra Modi, Premier ministre indien.

Le président américain a ajouté que son entretien avec Xi serait "productif", mais il toutefois assuré n'avoir fait aucune promesse de gel des droits de douane sur les produits importés chinois...

Les petites phrases de Xi Jinping avant la rencontre

De son côté, le président chinois a distillé des petits messages à l'adresse de Donald Trump, sans le nommer. Lors d'une rencontre avec des dirigeants africains, vendredi à Osaka, Xi Jinping a ainsi mis en garde contre le "harcèlement" ("Bullying") ajoutant que "toute tentative de placer ses intérêts en premier, au détriment des autres, ne fera pas gagner un concours de popularité".

Parlant d'économie numérique, le président chinois a appelé à un "environnement marché juste et équitable" et à une "chaîne d'approvisionnement mondiale complète et dynamique". Un allusion à peine voie aux sanctions américaines prises contre le géant chinois des télécoms Huawei.

Jeudi soir, M. Xi avait aussi confié au président sud-coréen Moon Jae-in, qu'il était opposé au protectionnisme ainsi qu'à toute "influence extérieure" sur les relations entre la Chine et la Corée du sud.

Huawei et la suspension des taxes, un préalable pour Pékin ?

Selon le 'Wall Street Journal' daté de jeudi, Xi Jinping pourrait présenter à Trump les termes et conditions d'un règlement potentiel du conflit commercial. Pékin insisterait d'une part sur la levée de l'interdiction des ventes de technologies américaines à Huawei. La Chine désirerait d'autre part que les Etats-Unis lèvent l'ensemble des "tarifs" douaniers punitifs et abandonnent leurs efforts visant à lui faire acheter encore plus de produits américains que cela n'avait été prévu en décembre.

Malgré ces exigences préalables, M. Xi ne devrait pas selon le 'WSJ' adopter le ton de la confrontation avec Trump. Le journal cite à ce sujet des responsables chinois. Au contraire, disent-ils, il esquissera son idée de la relation bilatérale optimale, qui inclut l'aide de la Chine sur des questions de sécurité qui dérangent les États-Unis, en particulier l'Iran et la Corée du Nord.

Les consommateurs américains toujours confiants

Les statistiques américaines publiées vendredi ont montré que la consommation reste solide outre-Atlantique. Les revenus personnels des ménages ont progressé plus que prévu en mai, de 0,5% en comparaison à avril, contre +0,3% de consensus de place. Les dépenses de consommation ont quant à elles augmenté de +0,4%, en ligne avec le consensus, après une progression de +0,6% un mois auparavant. L'indice des prix 'core PCE' rattaché aux dépenses s'est amélioré de +0,2% contre +0,1% de consensus.

L'indice final du sentiment des consommateurs américains pour le mois de juin 2019, mesuré par l'Université du Michigan, est ressorti un peu meilleur que prévu à 98,2 contre un consensus de place de 97,9. Il était de 97,9 pour sa précédente estimation.

En revanche, l'activité manufacturière continue d'inquiéter. L'indice manufacturier PMI de la région de Chicago est ressorti en nette baisse en juin à 49,7, contre un consensus de 53,6. Il était de 54,2 un mois avant. L'indicateur du jour traduit donc un fort ralentissement et même une contraction de l'activité manufacturière dans la région en juin 2019.

VALEURS A SUIVRE

Nike (+0,35%) n'a pas été sanctionné malgré la publication de résultats en demi-teinte pour son 4ème trimestre fiscal, achevé fin mai. Les bénéfices ont manqué le consensus des analystes, mais les revenus sont ressortis meilleurs que prévu. Au 4ème trimestre de l'exercice, le bénéfice net du groupe a atteint 989 millions de dollars (62 cents par action), en baisse de 13% par rapport à la même période de 2018. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 10,18 Mds$, en croissance de 4% par rapport aux 9,79 Mds$ de l'an passé. Les analystes s'attendaient à un bpa de 66 cents pour des ventes de 10,16 Mds$.

Sur l'ensemble de l'exercice achevé le 31 mai, le bénéfice net du groupe a atteint 4 Mds$ (2,49$ par action), plus que doublé par rapport à 2018 (1,93 Md$). Les ventes ont totalisé 39,1 Mds$, en hausse de 7% (+11% à taux de change constants).

La compagnie a expliqué l'érosion des bénéfices au 4ème trimestre par un taux d'imposition plus élevé et par des investissements menés pour augmenter la part de ses ventes directes plutôt que via des distributeurs tiers, qui font face à une baisse de leur clientèle. Ainsi, la chaîne Sports Authority s'est déclarée en faillite et les grands magasins n'attirent plus autant, face à la concurrence du e-commerce.

Au 4ème trimestre, les ventes de la marque Nike (hors Converse) ont bondi de 10% sur un an, à 9,7 Mds$, tandis que celles de la marque Converse ont stagné à 491 M$. Les ventes en Amérique du Nord ont augmenté de 8% hors effets de change à 4,17 Mds$, et celles en Chine ont bondi de 22% à 1,70 Md$.

Apple (-0,9%). Le designer en chef de la firme à la pomme, Jony Ive, est sur le point de quitter le groupe pour fonder son propre studio de design baptisé "LoveFrom". A la tête du design des produits d'Apple depuis 1996, Jony Ive va quitter l'entreprise cette année, mais sa future société va continuer à travailler en étroite collaboration avec Apple, assure le géant des smartphones.

Pour l'analyste de la firme Cowen, Krish Sankar, il s'agit d'"une perte pour Apple, Ive étant la principale influence en design" du groupe depuis plus de 20 ans. Mais il souligne que la compagnie est dans un processus de transition vers un modèle basé moins sur les produits et davantage sur les services et le contenu. Cowen maintient sa recommandation de surperformance avec un objectif de cours de 220$ pour l'action Apple. De son côté, Wedbush se dit "pas excessivement inquiet" du "départ surprise" de Jony Ive, même si "ça laisse un vide dans la compagnie".

Jony Ive était un ami proche de feu Steve Jobs, avec lequel il a contribué à la renaissance d'Apple, grâce à des produits comme l'iMac, qui a permis au groupe de se relancer en 1998. Il a aussi été l'artisan du look des iPhones et même du nouveau siège d'Apple, l'Apple Park. Ive ne sera pas remplacé dans son poste de "Chief Design Officer" chez Apple. Deux autres responsables du groupe, Evans Hankey, vice-président du design industriel, et Alan Dye, vice-président du design de l'interface humaine se partageront ses tâches, sous l'autorité de Jeff Williams, le directeur de l'exploitation.

Constellation Brands (+4,6%). Le propriétaire de la marque Corona a dévoilé un chiffre d'affaires supérieur aux attentes de 2,1 milliards de dollars, contre 2,07 milliards de consensus. La perte nette trimestrielle est ressortie à 245 millions de dollars soit 1,30$ par action, contre un profit de 744 M$ et 3,77$ par titre un an avant. Hors Canopy Growth (acteur canadien du cannabis dans lequel Constellation a investi 4 Mds$), le bénéfice par action s'est élevé à 2,40$. Le consensus était de 2,05$ de bpa ajusté. Le bpa de l'exercice 2020 est anticipé entre 4,95 et 5,25$ (8,65 à 8,95$ hors Canopy).

Boeing (stable) espère obtenir le feu vert pour une reprise des vols du 737 MAX en octobre au plus tôt, a indiqué hier un responsable du géant aéronautique américain, cité par Reuters. Cela pourrait contraindre les compagnies aériennes à de nouvelles annulations de vols.

Enfin, notons que la Fed américaine a validé les projets en matière de fonds propres des banques soumises aux tests cette année. Les grandes banques des Etats-Unis auraient toutes des fonds propres élevés, selon la Banque centrale.

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