Cotation du 19/10/2018 à 18h28 Dow Jones Industrial +0,23% 25 436,80
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Clôture de Wall Street : nouvelle séance difficile, craintes sur la croissance

Clôture de Wall Street : nouvelle séance difficile, craintes sur la croissance
Clôture de Wall Street : nouvelle séance difficile, craintes sur la croissance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les turbulences se sont prolongées jeudi à la Bourse de New York, où la volatilité s'est envolée sur fond de craintes sur la croissance mondiale, dans un contexte de tensions commerciales accrues et de remontée des d'intérêts. Le président américain Donald Trump a une nouvelle fois accusé la Réserve fédérale de relever ses taux trop rapidement, alors que le FMI s'est inquiété des tensions commerciales. Des déclarations qui ont contribué à faire reculer le dollar et les taux des emprunts d'Etat. Les cours du pétrole ont plongé de plus de 3%, après l'annonce d'une forte hausse des stocks de pétrole aux Etats-Unis.

A la clôture, l'indice Dow Jones a encore reculé de 2,13% à 25.052 points, après une chute de 3,1% la veille, tandis que l'indice large S&P 500 a signé sa 6ème séance de baisse, abandonnant 2,06% à 2.728 points (après -3,29% mercredi). L'indice Nasdaq Composite, qui avait plongé mercredi de 4,1%, a tenté un rebond jeudi, parvenant presque à l'équilibre, mais a finalement cédé encore 1,25% à la clôture à 7.329 points.

Plus tôt dans la journée, les marchés asiatiques (-4,8% pour le CSI 300 chinois, -3,8% pour le Nikkei) et européens (-1,77% pour l'Euro Stoxx 50) avaient eux aussi dégringolé dans le sillage de Wall Street mercredi soir.

Le Nasdaq flirte désormais avec une correction de 10%

Depuis leurs récents records, les trois indices américains ont désormais reculé respectivement de 6,6% pour le DJIA, de 6,9% pour le S&P 500 et de 9,6% pour le Nasdaq. Ce dernier frôle désormais la zone de correction officielle, qui correspond à une chute de 10% par rapport à ses plus hauts niveaux. Cette année, les indices américains avaient déjà subi des coups de tabac sérieux fin janvier (une correction de plus de 10% pour le DJIA et le Nasdaq) puis en mars, mais ils avaient à chaque fois repris rapidement leur ascension, enchaînant les records historiques malgré la poursuite de la hausse des taux et la persistance des tensions commerciales attisées par Donald Trump.

Les marchés obligataires ont profité jeudi d'une fuite des investisseurs vers la sécurité. Ils ont acheté des obligations jugées moins risquées que les actions, faisant reculer les taux (qui évoluent en sens inverse des prix des obligations). Le rendement du T-Bond à 10 ans a fini jeudi à 3,16%, en baisse de 3 points de base par rapport à la veille. Il reste néanmoins proche de ses plus hauts niveaux depuis la mi-2011, soutenu par des anticipations de hausses des taux directeurs de la Fed.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de références (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) affichait en fin de soirée un recul de 0,44% à 95,08 points, après une baisse de l'ordre de 0,2% la veille. Le billet vert est ainsi retombé au plus bas depuis deux semaines.

Donald Trump accuse à nouveau la Fed de relever ses taux trop vite

Le billet vert a notamment pâti de l'annonce d'une inflation moins élevée que prévu en septembre, ce qui réduit quelque peu les attentes de hausses des taux directeurs de la Fed. L'indice des prix à la consommation, hors alimentation et énergie ("core PCI") a progressé de 0,1% sur un mois, contre 0.2% anticipé, tandis qu'en glissement annuel, les prix ont augmenté de 2,2% contre 2,3% prévu par le consensus.

Par ailleurs, Donald Trump a accentué le recul du billet vert en s'en prenant une nouvelle fois à la politique monétaire de la Fed, à laquelle il reproche de relever ses taux trop rapidement. Le président américain a même accusé la banque centrale de "devenir folle".

"La Fed fait une erreur. Ils sont si stricts. Je pense que la [banque centrale] est devenue folle", a ainsi déclaré Donald Trump. Il a ajouté que de son point de vue, "la Fed et les taux souverains sont un problème, pas la guerre commerciale et la Chine". " En fait, c'est une correction que nous attendons depuis longtemps, mais, vraiment, je suis en désaccord avec ce que fait la Fed. O.K. ?" a ajouté le locataire de la Maison Blanche.

La baisse aggravée par le "blackout" sur les rachats d'actions avant les résultats du T3

L'indice Vix, qui mesure la volatilité des marchés d'actions, s'est envolé jeudi, et a désormais doublé depuis une semaine. "L'indice la peur" a fini jeudi à 25,5 points (+10,3%) son plus haut niveau depuis début février dernier, où il avait brièvement franchi les 37 points, avant de refluer.

Selon des analyses, la volatilité actuelle est accentuée par le fait que les entreprises américaines, qui s'apprêtent à dévoiler ces prochaines semaines leurs résultats du 3ème trimestre, observent une période de "blackout" qui interrompt leurs programmes de rachat d'actions pendant le mois précédant les publications. Ce facteur technique, qui retire un important flux acheteur du marché boursier, entraîne des fluctuations à la baisse plus importantes.

La baisse des marchés boursiers a également contribué à refroidir le marché pétrolier, où la crainte d'un ralentissement de l'économie mondiale s'est insinuée. L'annonce d'une forte hausse des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis la semaine dernière a aussi fait plonger les cours de plus de 3%. Ainsi , le contrat novembre sur le brut léger américain (WTI) a lâché 3,01% à 70,97$ le baril, tandis que le Brent de mer du Nord a chuté de 3,41% à 80,26$, revenant sous les 80$ pour la première fois depuis le 24 septembre.

Les tensions commerciales inquiètent le FMI

Selon les dernières déclarations de Donald Trump, la querelle commerciale entre les Etats-Unis et la Chine est loin d'être résolue. Le président américain a averti jeudi qu'il pourrait prendre beaucoup plus d'initiatives susceptibles d'affecter l'économie chinoise, laissant entendre qu'il n'avait pas l'intention de jouer l'apaisement dans le conflit en cours.

De son côté, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a déclaré jeudi qu'une guerre économique, qu'elle soit commerciale ou ait trait aux changes, risquait d'être préjudiciable à la croissance mondiale et de nuire à de "simples spectateurs". Le FMI avait réduit en début de semaine ses prévisions de croissance mondiale pour 2018 et 2018, en citant les tensions commerciales.

VALEURS A SUIVRE

Comme la veille, aucun secteur n'a été épargné par le mouvement baissier, même si les valeurs technologiques ont été moins attaquées que la veille. Les banques Citigroup (-2,2%), JP Morgan Chase (-3%), PNC Financial (-3,3%) et Wells Fargo (-1,9%) ont subi des dégagement à la veille de la publication, vendredi, de leurs résultats du 3ème trimestre.

Les "majors" pétrolières ont bu la tasse dans le sillage de la chute des cours du brut, à l'instar d'ExxonMobil, (-3,4%) Chevron (-3,4%) et ConocoPhillips (-3%). Du côté des "technos", les semi-conducteurs ont connu une nouvelle journée difficile. L'indice SOX de Philadelphie, qui reflète l'évolution de ce secteur, a encore perdu 1 %, après -4,2% la veille, plombé notamment par Intel (-1,27%) et Nvidia (-4,3%). Les valeurs internet ont un peu moins souffert que la veille, notamment Apple (-0,88% après 4,6% mercredi), Microsoft (-0,2% après -5,4%), Alphabet (-0,1% après -4,6%), Netflix (-1,47%) ou encore Amazon (-2% après -6,1%). Facebook a même rebondi de 1,3%, après sa chute de -4,1% la veille

Les turbulences actuelles commencent à décourager les candidats à l'introduction en Bourse. Ainsi, selon le 'Wall Stret Journal', Tencent Music (filiale du géant chinois du web Tencent) aurait reporté au mois de novembre son IPO, prévue initialement dans la semaine du 22 octobre...

Parmi les rares hausses du jour, Delta Air Lines (+3,5%) a dévoilé ses comptes du troisième trimestre. Les revenus sont de 11,95 Mds$, en hausse de 8,1% en glissement annuel. Les revenus ajustés s'affichent à 11,85 Mds$, en progression de 8,3%. Les bénéfices s'élèvent à 1,31 Md$ (1,91$ par action), contre 1,16 Md$ (1,61$ par action) un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 1,80$, contre 1,54$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,74$, pour des revenus de 11,9 Mds$. Sur le quatrième trimestre, le groupe vise un bpa compris entre 1,10 et 1,30$, pour des revenus en croissance d'environ 8%.

Walgreens Boots Alliance (+1,9%) a publié ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les profits sont de 1,51 Md$ (1,55$ par action), contre 802 M$ (0,76$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,48$, en progression de 13%. Les ventes s'élèvent à 33,44 Mds$, contre 30,15 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,45$, pour des ventes de 33,8 Mds$. Sur le nouvel exercice, le groupe vise un bpa compris entre 6,40 et 6,70$, contre 6,02$ sur l'exercice fiscal 2018.

Apple (-0,88%), le colosse californien de Cupertino, a accepté l'acquisition d'actifs du fabricant de 'puces' anglo-allemand Dialog Semiconductor dans le cadre d'une opération de 600 millions de dollars, ont annoncé aujourd'hui les deux groupes. Par cette opération, le groupe à la pomme renforce ses activités européennes.

Tesla (-1,8%). Qui va bien pouvoir remplacer Elon Musk en tant que Président du Conseil d'administration ? Des administrateurs du groupe auraient proposé que leur collègue James Murdoch, directeur général de la 21st Century Fox, succède à Musk, écrivait mercredi soir le site du 'Financial Times'. Mais Elon Musk s'est opposé à ce scénario en signalant sur Twitter que cette information était "incorrecte", sans donner davantage d'explications. Selon le 'FT', Elon Musk soutiendrait la candidature d'Antonio Gracias, principal administrateur indépendant de Tesla.

HP Inc (-5,1%). D'après les données de Gartner, le groupe se maintient en première position sur le marché du PC aux Etats-Unis (devant Dell, Lenovo et Apple), avec 4,53 millions d'unités vendues sur le troisième trimestre, en hausse de 3,5% en glissement annuel. La part de marché US du groupe passe ainsi de 29,5% à 30,7% en un an. Au niveau mondial, HP reste en seconde position (derrière Lenovo), avec 14,63 millions de PC vendus sur le troisième trimestre (+6,2% en glissement annuel), soit une part de marché de 21,8%, contre 20,5% sur le T3 2017.

Microsoft (-0,2%). D'après les chiffres de Gartner, Microsoft a livré 602.000 PC (Surface) au troisième trimestre 2018 aux Etats-Unis, soit une progression de 1,9% en glissement annuel. Avec une part de marché qui passe de 4% à 4,1% en un an, le groupe de Redmond reste ainsi en cinquième position du classement des plus importants vendeurs de PC aux Etats-Unis au troisième trimestre, derrière HP (part de marché de 30,7%), Dell (25,9%) , Lenovo (15,4%) et Apple (13,7%).

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