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Clôture de Wall Street : nouvelle déprime avec la Fed et le "shutdown"

Clôture de Wall Street : nouvelle déprime avec la Fed et le "shutdown"
Clôture de Wall Street : nouvelle déprime avec la Fed et le 'shutdown'

(Boursier.com) — Les marchés boursiers américains ont enchaîné jeudi une deuxième séance dans le rouge vif, au lendemain des annonces de la Fed, qui s'est montrée moins accommodante qu'espéré, prenant les marchés à contre-pied. Jeudi, la politique intérieure est venue perturber les marchés, Donald Trump refusant de signer la loi budgétaire provisoire, ce qui accentue les risques de "shutdown" à partir de vendredi minuit, si aucun compromis n'est trouvé d'ici là sur le financement du mur frontalier avec le Mexique. L'indice Nasdaq frôle désormais le marché baissier ("bear market"), caractérisé par une chute de plus de 20% par rapport aux derniers sommets.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,99% à 22.859 points (après-1,49% mercredi) , tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 1,58% à 2.457 pts (-1,54% mercredi) et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a abandonné 1,63% à 6.528 pts (-2,17% mercredi).

Le Nasdaq a désormais perdu 19,5% par rapport à son record historique d'août dernier à 8.109 pts en clôture. Une chute supérieure à 20% est considérée comme l'entrée dans une tendance baissière. Le DJIA et le S&P 500 restent eux dans la zone de correction, caractérisée par une baisse de plus de 10% sur leurs précédents sommets.

Dollar en berne, volatilité au plus haut depuis 10 mois

Sur le marché des changes, le dollar a reculé nettement, jeudi, victime collatérale de la chute des indices boursiers. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a cédé 0,73%, terminant à 96,32 points. De son côté, l'euro a gagné 0,76% à 1,1464$.

Les marchés obligataires n'ont pas servi de refuge, jeudi, faisant baisser les cours et remonter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours des obligations). Le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a ainsi rebondi de 4 points de base à 2,79%. La veille, il était tombé à 2,75%, au plus bas depuis 9 mois.

L'indice VIX de la volatilité, aussi surnommé "l'indice de la peur", a bondi de 7,7% à 27,56 pts, au plus haut depuis début février, lorsque les marchés d'actions avaient aussi connu une période de correction.

La Fed pas assez "colombe" aux yeux des marchés

Mercredi, la Réserve fédéral a relevé son taux directeur d'un quart de point à 2,25%-2,50%, et a abaissé ses prévisions de croissance et de taux directeurs pour 2019. Dans ses nouvelles projections économiques, la banque centrale américaine, envisage désormais deux hausses de taux l'an prochain, contre trois attendues jusqu'ici, et une seule en 2020 (contre deux).

Cependant, les marchés financiers ont été déçus, car bon nombre d'investisseurs espéraient que la Fed annoncerait plus clairement une véritable pause dans son cycle haussier, compte tenu de l'accumulation des risques pesant sur la croissance économique mondiale.

Certains espéraient en outre que Jerome Powell, le président de la Fed, ralentisse le rythme de la réduction du bilan de la Fed. Mais il a confirmé la poursuite de ce programme, qui réduit chaque mois de 50 milliards de dollars la quantité d'obligations que la Fed garde dans son bilan, un mécanisme qui contribue à resserrer la politique monétaire.

Donald Trump exige du Congrès le financement de son mur

Jeudi, c'est le dossier du "shutdown" qui a en outre inquiété les marchés financiers. Donald Trump s'est en effet engagé dans un bras de fer avec le Congrès pour obtenir le financement du mur qu'il a promis d'achever entre les Etats-Unis et le Mexique. Il a annoncé jeudi qu'il refuserait de signer la loi budgétaire provisoire, ce qui accentue les risques de "shutdown", c'est à dire de fermeture, faute de financement, de neuf ministères et agences fédérales américains.

"Le président nous a informés qu'il ne signerait pas la loi venue du Sénat hier soir en raison de ses préoccupations légitimes concernant la sécurité aux frontières", a expliqué jeudi le président de la Chambre des représentants Paul Ryan. Le président américain exige que ce budget inclue le financement du mur frontalier pour 5 milliards de dollars. "Nous avons gagné concernant l'Armée, qui est en train d'être totalement reconstruite, avait écrit le président sur Twitter mercredi matin. D'une façon ou d'une autre, nous gagnerons concernant le Mur!"

Dans un autre tweet, il a lancé un appel à ses adversaires Démocrates à "placer la sécurité des Américains avant la politique. La sécurité aux frontières doit devenir la priorité 1", a-t-il martelé.

Si Donald Trump devait geler le financement de l'administration américaine, plus de 800 000 employés fédéraux seraient au chômage technique, sans recevoir de salaire.

Indicateurs "macro" mitigés, pétrole en chute libre

Sur le front économique ce jeudi aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 15 décembre sont ressorties au nombre de 214.000, contre 220.000 de consensus de place et 206.000 une semaine plus tôt.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a déçu, ressortant à 9,4 en décembre, contre 16,5 de consensus et 12,9 un mois avant. Même s'il ressort encore positif (ce qui traduit une expansion), le rythme de l'activité a nettement ralenti.

A l'inverse, l'indice des indicateurs avancés, publié par le Conference Board, est ressorti meilleur que prévu pour novembre. Il a progressé de 0,2% sur un mois, alors qu'il était attendu quasiment stable. En revanche, l'indice du mois d'octobre a été révisé en baisse à -0,3%, contre +0,1% précédemment évalué.

Les prix du pétrole ont repris leur dégringolade, après un petit rebond mercredi. Les investisseurs continuent de redouter une surabondance de l'offre et un ralentissement de la demande mondiale l'an prochain. Le cours du baril WTI pour livraison février a replongé de 4,75%, à 45,88$ le baril après avoir reculé jusqu'à 45,67$ en séance, au plus bas depuis août 2017. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison février 2019, a chuté de 5,05% à 54,35$. Les deux contrats ont perdu plus de 35% par rapport aux pics atteints au début du mois d'octobre.

VALEURS A SUIVRE

Altria (-1,87%). Le cigarettier américain propriétaire de la marque Marlboro a confirmé le rachat d'une participation de 35% au capital de Juuul Labs Inc., géant de la cigarette électronique, dans le cadre d'une opération valorisant ce dernier environ 38 milliards de dollars. Le leader californien de la cigarette électronique double ainsi la valorisation obtenue il y a quelques mois, lors d'un précédent tour de table (16 Mds$ en juillet).

Dans un autre registre, le producteur de cannabis Tilray a grimpé de 10,3% à Wall Street, le groupe s'étant associé au colosse brassicole Anheuser-Busch InBev pour former une coentreprise spécialisée dans le développement de boissons à base de cannabis, sans alcool, destinées spécifiquement au marché canadien.

Facebook (+0,1%) s'est stabilisé après une séance catastrophique a veille (-7,5%), après des révélations du 'New York Times'. Le quotidien américain a affirmé que le premier réseau social mondial, qui revendique 2,2 milliards d'utilisateurs, a autorisé pendant des années environ 150 sociétés, dont "des dizaines de compagnies de la Silicon Valley", à accéder à des données personnelles de ses utilisateurs, sans le consentement de ces derniers. Parmi ces nombreux accords secrets, les messages privés des utilisateurs auraient été transmis par Facebook à Netflix (-2,3%) et Spotify (-3,5%). De nombreuses compagnies technologiques, dont Microsoft (-2,1%) et Amazon (-2,3%), auraient eu accès aux données de centaines de millions de personnes. Yahoo aurait pu consulter les flux postés par les "amis" des utilisateurs jusqu'à l'été 2018, bien que Facebook ait officiellement indiqué avoir cessé ces pratiques depuis plusieurs années... En outre, les noms des "amis" des utilisateurs auraient été transmis à Bing, moteur de recherche de Microsoft, sans leur accord.

Notons tout de même que Facebook (+0,1%), Amazon (-2,3%) et Alphabet (-1,1%) constituent les 'meilleures idées' d'investissement du broker Morgan Stanley (-1%) dans l'espace des médias et de l'internet pour l'année à venir, du fait notamment des perspectives de revenus publicitaires.

Walgreens Boots Alliance (-5%). Le titre ne profite pas ce jour de résultats pourtant supérieurs aux attentes. La chaîne pharmaceutique américaine a réalisé un bénéfice net part du groupe de 1,12 Md$ et 1,18$ par titre sur le 1er trimestre fiscal, contre 821 M$ et 81 cents par action un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 1,46$, contre 1,43$ de consensus. Les revenus ont progressé de 10% à 33,8 Mds$, en ligne avec les attentes de marché.

Accenture a perdu 5%, malgré des revenus trimestriels supérieurs aux attentes, soutenus par le digital et le cloud. Le groupe de consulting a annoncé pour le trimestre clos un bénéfice net pdg de 1,3 Md$ et 1,96$ par titre, contre 1,12 Md$ et 1,79$ par action un an auparavant. Le consensus était de 1,86$ de bpa. Les revenus se sont améliorés de 7% à 10,6 Mds$, contre 10,5 Mds$ de consensus de place. Sur le trimestre se terminant en mars, le groupe envisage des revenus allant de 10,1 à 10,4 Mds$, contre 10,3 Mds$ de consensus. Enfin, le bpa annuel est anticipé entre 7,01 et 7,25$.

BlackBerry (+2,9%). Le groupe canadien a publié en effet des revenus et des profits trimestriels supérieurs aux attentes, profitant de la réussite de son pari sur les technologies autonomes. Sur le troisième trimestre clos fin novembre, le bénéfice net est ressorti à 59 M$ et -1 cent par titre sur une base diluée. Le bpa ajusté s'est élevé à 5 cents, contre 2 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 226 M$, contre 210 M$ un an avant et 213 M$ de consensus. Pour l'exercice 2019, le groupe table sur un bpa ajusté positif.

Carnival a décroché de 9,7%, le géant de la croisière ayant affiché des résultats mitigés et des prévisions prudentes. Sur le trimestre clos fin novembre, le bénéfice net est ressorti à 494 M$ et 71 cents par titre, contre 546 M$ et 76 cents par action un an plus tôt. Hors éléments, le bpa ajusté s'est élevé à 70 cents, contre 69 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 4,46 Mds$, contre 4,26 Mds$ un an auparavant. Pour le trimestre entamé, le groupe anticipe un bpa ajusté allant de 40 à 44 cents, contre 45 cents de consensus.

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