Cotation du 20/07/2018 à 19h44 Dow Jones Industrial +0,05% 25 077,50
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Clôture de Wall Street : nouvelle baisse, les "techs" souffrent encore

Clôture de Wall Street : nouvelle baisse, les "techs" souffrent encore
Clôture de Wall Street : nouvelle baisse, les 'techs' souffrent encore
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance en dents de scie, la Bourse américaine a fini mercredi en recul, au lendemain d'un coup de tabac qui a emporté les valeurs technologiques. Après une année 2017 marquée par une faible volatilité, 2018 confirme que les fortes variations de cours sont de retour, en grande partie en relation avec les déclarations tonitruantes de Donald Trump. Ainsi, aux menaces de guerre commerciale avec la Chine s'ajoutent les rebondissements de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016, qui ont emporté indirectement Facebook ces derniers jours. Mercredi, ce fut au tour d'Amazon (-4,4%) de faire les frais de la hargne de Donald Trump, qui chercherait à alourdir la taxation du géant du commerce en ligne...

A la clôture, le Dow Jones a cédé un petit 0,04% à 23.848 points (après -1,4% mardi), tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 0,29% à 2.605 pts (après -1,7% mardi). A noter que les analystes techniques jugent le seuil des 2.600 points comme une résistance majeure à ne pas casser pour le S&P 500, au risque de connaître une accélération à la baisse...

Enfin, le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,85% à 6.949 pts (après -2,9% mardi). Le Nasdaq a désormais chuté de 8,4% par rapport à son dernier record historique inscrit le 12 mars dernier.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, a poursuivi son rebond pour la 3ème séance. cet indice, qui mesure la variation du billet vert face à un panier de six devises, a grimpé de 0,8% à 90,12, alors que la croissance économique des Etats-Unis a été revue à la hausse, mercredi, pour le 4ème trimestre 2017. La hausse du PIB a ainsi atteint 2,9% en rythme annuel, contre 2,7% attendu par le consensus et 2,5% lors de la précédente estimation. Les marchés obligataires américaines sont restés stables après ces chiffres, le rendement du T-Bond à 10 ans finissant à 2,78%, son niveau de la veille.

L'or a poursuivi sa décrue, abandonnant 1,3% à 1.329,90$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex. Le pétrole a lui aussi reculé, le prix du baril WTI finissant mardi en recul de 1,33%, à 64,38$ pour le contrat à terme de mai, tandis que le Brent de la Mer du nord a cédé 0,83% à 69,53$. Les investisseurs ont davantage réagi à l'annonce d'une nouvelle forte hausse des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis qu'à l'annonce de discussions en vue d'un pacte de long terme entre l'Arabie saoudite, l'Opep et la Russie pour stabiliser le marché mondial de l'or noir.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs technologiques, que leurs valorisations élevées rendent vulnérables à toute mauvaise nouvelle, sont restées dans une zone de turbulences mercredi, même si Facebook s'est quelque peu redressé (+0,53%) après une dégringolade de 17% en une dizaine de jours. Les investisseurs, qui avaient porté ces valeurs aux nues pendant plusieurs années s'interrogent désormais sur les possibles effets négatifs en cas de réglementation accrue de ce secteur, de plus en plus critiqué d'une part pour le manque de protection des données personnelles et d'autre part pour sa capacité à pratiquer l'optimisation fiscale à outrance...

Mercredi, c'était au tour d'Amazon (-4,4%) d'être sous le feu des projecteurs, après informations publiées par le site internet 'Axios'. Selon ce dernier, Donald Trump serait "obsédé" par le dossier Amazon, et entendrait bien revoir le traitement fiscal du groupe dirigé par Jeff Bezos. Le président américain souhaiterait alourdir la fiscalité du leader du commerce en ligne et serait convaincu qu'Amazon "tue les centres commerciaux et les commerces de "brick & mortar"". Le titre d'Amazon a perdu plus de 7% en séance, avant de finir en recul de 4,4%, ce qui représente une perte de plus de 30 milliards de dollars de capitalisation boursière... La Maison Blanche a assuré mercredi soir n'avoir "aucune annonce à faire et aucune politique ou action spécifique en préparation concernant Amazon".

Facebook (+0,53%) a donc tenté un rebond après la chute de 17% en une dizaine de jours, liée à l'affaire des données personnelles utilisée frauduleusement par la firme britannique Cambridge Analytica. Cette dernière aurait utilisé ces données pour influencer les électeurs en faveur de Trump lors de la campagne de 2016...

Le réseau social a annoncé mercredi une première série de mesures pour permettre aux internautes de mieux contrôler leurs données personnelles. Une nouvelle interface plus facile à manier sera disponible sur Facebook "dans les prochaines semaines". "Nous devons rendre nos paramètres de confidentialité plus faciles à comprendre, à trouver et à utiliser, reconnaît ainsi Facebook.

Par ailleurs, Mark Zuckerberg sera entendu prochainement sur Cambridge Analytica par le Congrès américain. Selon des sources, il pourrait être auditionné dès le 12 avril par la Commission du commerce de la chambre des représentants. Deux commissions du Sénat (justice et commerce) ont également demandé à entendre les explications du patron et fondateur de Facebook. En revanche, Zuckerberg refuse toujours de se rendre personnellement devant une commission du parlement britannique, et propose d'envoyer deux autres responsable du groupe à Londres.

L'action Tesla a encore plongé de 7,6% mercredi, après -8,2% la veille, sur des craintes liées à la fiabilité de son système de pilotage automatique, mais aussi sur des rumeurs de mévente de sa nouvelle Model 3. Mardi, l'autorité nationale américaine de la sécurité routière a annoncé l'ouverture d'une enquête sur un récent accident mortel impliquant une voiture autonome de Tesla en Californie. L'accident intervient alors que par ailleurs, un VTC sans chauffeur testé par Uber avait tué une piétonne la semaine dernière dans l'Arizona.

Par ailleurs, de nombreux analystes craignent de mauvaises surprises la semaine prochaine lorsque Tesla doit annoncer les chiffres de sa production et de ses livraisons d'automobiles au 1er trimestre.

Parmi les autres grandes valeurs technologiques à boire la tasse mercredi, figurent notamment Intel (-3,1%), Cisco Systems (-2,4%), Nvidia (-1,8%), Netflix (-5%) ou encore Apple (-1,1%). Alphabet (Google) a limité ses pertes à 0,17% et Twitter a regagné 1,3% après avoir plongé de 12% mardi.

A l'autre bout du spectre, de nombreuses valeurs traditionnelles et défensives ont été recherchées, à l'instar de Merck & co (+2,5%), Walmart (+2%), General Electric (+1,8%) ou encore Procter & Gamble (+1,3% et Coca-Cola (+1%). Le groupe pharmaceutique Walgreens Boots Alliance a gagné 2,47% après des comptes meilleurs que prévu au second trimestre fiscal 2018. Le bénéfice par action a atteint 1,73$ en base ajustée, contre 1,55$ attendu, tandis que les ventes se sont élevées à 33 Mds$ (+12,1%) contre 32,2 Mds$ de consensus.

BlackBerry (-1,6%) a annoncé ses comptes du quatrième trimestre. Les revenus sont de 233 M$, contre 286 M$ un an avant. La perte nette ressort à 10 M$ (0,06$ par action), contre une perte de 47 M$ (0,10$ par action) un an plus tôt. En non-GAAP, les revenus s'affichent à 239 M$ et le bénéfice par action s'élève à 0,05$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,01$, pour des revenus de 216 M$. Sur l'exercice fiscal 2019, le groupe vise un résultat par action "positif" en non-GAAP.

Lululemon Athletica (+9,2%). Le fabricant de vêtements de yoga a publié mardi soir des résultats du quatrième trimestre meilleurs que prévu. Les bénéfices sont de 120 M$ (0,88$ par action), contre 136 M$ (0,99$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 1,33$. Les ventes montent de 18% à 929 M$, et progressent de 12% à magasins comparables. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,27$, pour des ventes de 912 M$. Sur le premier trimestre, le groupe vise des ventes comprises entre 612 et 617 M$, pour un bpa entre 0,44 et 0,46$.

Oracle (-0,9%) a reculé malgré l'annonce d'une victoire juridique importante contre le géant Google (Alphabet), en matière de brevets concernant l'utilisation de Java sur le système Android.
Après plusieurs victoires de Google, le vent semble avoir tourné en faveur d'Oracle, la cour d'appel américaine pour le circuit fédéral ayant décidé que l'affaire allait être renvoyée devant une cour fédérale californienne. De plus, la cour d'appel a estimé que Google avait bien violé la propriété intellectuelle du groupe Oracle. Oracle s'est félicité de la décision qui protège, selon le groupe, les créateurs et les consommateurs. Google, de son côté, étudie ses options et se dit évidemment déçu de la décision d'appel, qui casse celle prise en 2016 par un jury ayant considéré Java comme ouvert et gratuit pour tous. "Ce type de décision rendra les applications et services en ligne plus chers pour les utilisateurs", a estimé Google.

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