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Clôture de Wall Street : nouvelle baisse, face à la 2e vague de Covid-19

Clôture de Wall Street : nouvelle baisse, face à la 2e vague de Covid-19
Clôture de Wall Street : nouvelle baisse, face à la 2e vague de Covid-19
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a cédé du terrain jeudi pour la 3e séance consécutive, à la suite des places européennes, dans un climat de dégradation de la situation sanitaire, qui menace de freiner la reprise économique en cours depuis l'été. Le nombre de demandeurs d'emplois a ainsi bondi plus que prévu la semaine dernière aux Etats-Unis. En Europe, de nombreuses grandes métropoles ont durci cette semaine leurs mesures de restriction face à la pandémie de Covid-19. A moins de trois semaines de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, Démocrates et Républicains ne parviennent toujours pas à s'accorder sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cependant réduit ses pertes, cédant 0,07% à 28.494 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,15% à 3.483 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fléchi de 0,47% à 11.713 pts.

Les secteurs technologiques et des services de communication ont affiché les plus fortes baisses, dont Apple (-0,4%), Amazon (-0,75%) ou encore Alphabet (-0,5%), Facebook (-1,8%) et Microsoft (-0,5%).

Les marchés s'inquiètent du manque de progrès dans les négociations politiques en vue d'un nouveau plan de relance aux Etats-Unis. La Maison Blanche a proposé le week-end dernier une enveloppe de 1.800 milliards de dollars, qui semblait pourtant s'approcher du projet démocrate portant sur un "package" de 2.200 Mds$, du même montant que le 1er plan adopté en mars, mais dont les crédits sont désormais épuisés.

Trump prêt à soutenir un plan supérieur à 1.800 Mds$

Ce plan a cependant été repoussé à la fois par les Démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants et par les Républicains, qui contrôlent le Sénat. Mercredi, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui négocie avec la présidente démocrate de la chambre, Nancy Pelosi, s'est montré pessimiste en évoquant des points de vue "très éloignés" sur certains sujets... "Nous continuons de progresser sur certaines questions, (mais) sur certains sujets nous restons très éloignés", a-t-il déclaré lors d'une conférence virtuelle.

Jeudi, les discussions devaient se poursuivre et Mnuchin a déclaré que la Maison Blanche "n'abandonne pas l'espoir" d'un accord... De son côté, Donald Trump a réitéré son feu vert à un plan allant même au-delà de 1.800 Mds$, et a accusé Mme Pelosi de bloquer les négociations. Sur la chaîne Fox News, Trump a aussi affirmé qu'il n'y aura plus de mesures de confinement aux Etats-Unis. Il a promis en outre de réduire l'imposition des classes moyennes s'il est réélu le 3 novembre.

Selon la presse, Nancy Pelosi juge que l'absence de stratégie nationale en matière de tests du coronavirus est un "point majeur de désaccord" entre son camp et l'administration Trump. Mais le Sénat refuse lui aussi de voter un vaste plan de soutien : son président, le Républicain Mitch McConnell, n'est prêt à accepter qu'un mini-plan de 500 Mds$, portant notamment sur le financement du chômage technique ("Paycheck Protection Program") dans les PME.

Mardi, le président Trump avait appelé sans succès le Congrès à trouver un accord, en tweetant : "Voyez grand ou rentrez chez vous!!" ("Go big or go home!!")

Le FMI confiant sur l'adoption d'un plan aux Etats-Unis

Jeudi, la patronne du FMI, Kristalina Georgieva, s'est dit convaincue que les Etats-Unis allaient voter un nouveau plan de soutien à leur économie, ajoutant qu'il aurait un impact positif quel que soit le moment où il serait adopté.

"Les Etats-Unis disposent d'un espace budgétaire, pas seulement pour ce mois-ci, mais pour l'année prochaine" aussi, a déclaré Mme Georgieva, lors d'une conversation sur la chaîne 'CNBC'. Le plan "sera nécessaire par la suite. Voyons à quelle vitesse il sera déployé, mais je n'ai aucun doute qu'il sera déployé parce qu'il est nécessaire", a-t-elle également déclaré.

"L'économie américaine dispose de deux leviers: la politique monétaire et la politique budgétaire. Bien sûr, il est préférable qu'ils soient utilisés ensemble", a estimé la patronne du FMI. Elle a souligné que le premier plan avait été élaboré "de manière très efficace". "Et bien sûr, il serait hautement souhaitable que le second levier budgétaire soit également mis en place" rapidement, a-t-elle ajouté.

Dégradation des chiffres de l'emploi la semaine dernière

Pendant ce temps, les derniers chiffres de l'emploi aux Etats-Unis ont signalé un début de dégradation sur une base hebdomadaire. Les inscriptions au chômage pour la semaine close au 10 octobre ont ainsi atteint 898.000, en hausse de 53.000 par rapport à la semaine antérieure, alors que le consensus tablait sur 825.000 inscriptions.

Par ailleurs, deux indices manufacturiers régionaux majeurs ont offert des résultats contrastés en octobre. Ainsi, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York est ressorti inférieur aux attentes à 10,5, contre un consensus de 14 et après 17 en septembre. A l'inverse, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a bondi à 32,3, très supérieur au consensus de 15 et après une lecture de 15 en septembre.

Les prix à l'import et à l'export du mois de septembre ont aussi été dévoilés, en hausse respectivement de 0,3% et 0,6% (consensus +0,3% en comparaison du mois précédent pour les prix à l'import).

Baisse plus forte que prévu des stocks pétroliers aux Etats-Unis

Le pétrole a reculé jeudi face aux craintes pesant sur la croissance, malgré l'annonce d'une baisse des stocks de brut plus importante que prévu aux Etats-Unis. Le contrat de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a cependant perdu jusqu'à 4,4% avant l'annonce des stocks, avant de réduire ses pertes à 0,2% à 40,99$ sur le Nymex. Le contrat sur le Brent pour livraison en décembre a lâché de son côté 0,37% à 43,16$.

Selon le département à l'Energie, les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 9 octobre, ont chuté de 3,8 millions de barils, alors que les experts attendaient un recul de 2,1 mb.

L'or a légèrement progressé, de 0,08% à 1.908,90$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex, freiné cependant par la hausse du dollar qui renchérit le achats de matières premières pour les investisseurs internationaux. Le métal jaune a gagné plus de 25% depuis le début de l'année, grâce aux incertitudes économiques et à la crise sanitaire.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a gagné 0,45% à 93,80 points, tandis que l'euro a cédé 0,3% à 1,1710$. La livre sterling a baissé de 0,87% à 1,2900$ alors qu'aucun accord n'a encore été conclu sur le Brexit à l'occasion d'un sommet européen qui se tient jusquà vendredi à Bruxelles. Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a fini en légère hausse d'un point de base à 0,74%.

VALEURS A SUIVRE

Pfizer (-0,8%). L'essai de l'Américain et de son partenaire allemand BioNTech pour un vaccin contre le Covid-19 reste en cours, a tenu à rassurer le directeur général de l'Allemand, cité par Bloomberg, alors que Johnson & Johnson et Eli Lilly viennent successivement de suspendre leurs tests.

Translate Bio (+5%) et Sanofi Pasteur annoncent les résultats précliniques du MRT5500, un candidat-vaccin à ARNm contre le SARS-CoV-2. L'évaluation préclinique du MRT5500 a en particulier montré un profil de réponse immunitaire favorable contre le SARS-CoV-2. Ces données justifient la poursuite du développement clinique de ce candidat-vaccin et la conduite d'un essai clinique de phase I/II qui devrait débuter dans le courant du quatrième trimestre de 2020.

Regeneron (-2,6%). Sur Fox Business ce jour, Trump promet de rendre bientôt le cocktail d'anticorps de Regeneron contre le Covid-19 disponible pour tous sans le moindre coût. Le président américain, récemment contaminé, avait déjà vanté les mérites du laboratoire.

Dish Network (-1,5%) / DirecTV. Selon le bien renseigné New York Post, le Département américain de Justice ne devrait pas approuver le rapprochement.

Amazon (-0,75%). Selon l'agence Reuters, les autorités antitrust européennes pourraient restreindre l'étendue de leur investigation concernant le colosse américain du commerce en ligne.

Alcoa (-5,3%) a publié hier soir pour son troisième trimestre des revenus de 2,36 milliards de dollars, contre 2,56 Mds$ un an avant. La perte nette pdg est ressortie à 49 M$, 26 cents par titre, contre 221 M$ un an plus tôt. La perte nette ajustée s'est établie à 218 M$ et 1,17$ par titre, contre 82 M$ au T3 2019. L'Ebitda ajusté hors exceptionnels s'est élevé à 284 M$, contre 388 M$ un an plus tôt. Le groupe a généré tout de même 158 M$ de cash des opérations et 84 M$ de FCF.

United Airlines (-3,8%) a annoncé une chute de 78% de son chiffre d'affaires à 2,49 Mds$ au troisième trimestre et affiché de lourdes pertes. La perte nette a ainsi atteint 1,8 milliard de dollars sur le trimestre à comparer à 1 milliard de bénéfices un an plus tôt. En données ajustés des éléments non récurrents, le résultat par action est ressorti en perte de 8,16$ contre un profit de 4,07$ en 2019. Le consensus Factset était d'une perte nette de 7,53$ par action, pour 2,5 Mds$ de revenus.

Walgreens Boots Alliance (+4,8%) a publié pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,02$, dépassant de 6 cents le consensus de marché, ainsi qu'un bpa GAAP de 43 cents. Les revenus de la firme ont totalisé quant à eux 34,75 milliards de dollars sur le dernier trimestre de l'exercice, en augmentation de 2,4% en glissement annuel, ce qui ressort également meilleur que prévu (consensus 96 cents de bpa ajusté pour 34,37 milliards de recettes).

Morgan Stanley (+1,3%) a révélé pour son troisième trimestre un bénéfice par action de 1,66$ et des revenus de 11,7 milliards de dollars (+17%), ainsi que des recettes de 4,7 milliards de dollars dans la gestion de fortune et des recettes securities de 6,1 milliards de dollars. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,59$. Le consensus était de 1,28$ de bénéfice ajusté par titre pour 10,6 milliards de dollars de revenus. James Gorman, PDG, estime que Morgan Stanley a délivré de solides trimestriels, les marchés étant restés actifs durant l'été...

Boeing (+0,6%). Robert Lighthizer du Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a proposé de renoncer à taxer des produits européens, dont le vin français, si Airbus remboursait des milliards de dollars d'aides publiques, ce qui mettrait un terme à un contentieux de longue date entre Bruxelles et Washington sur les subventions à Boeing et Airbus. C'est du moins ce qu'ont déclaré plusieurs sources à Reuters. L'offre est intervenue avant que l'OMC ne rende une décision en faveur de l'UE l'autorisant à imposer des droits de douane sur quatre milliards de dollars d'importations venues des USA.

Tiffany (+2,2%). Le joaillier new-yorkais a indiqué que son chiffre d'affaires pour les mois d'août et septembre avait progressé. Le groupe américain évoque notamment des ventes extrêmement solides en Chine continentale et une activité en redressement aux Etats-Unis.

Schlumberger, VF Corp., State Street, Bank of New York Mellon et JB Hunt annoncent demain leurs résultats.

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