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Clôture de Wall Street : nouveaux records, la Chine redémarre lentement

Clôture de Wall Street : nouveaux records, la Chine redémarre lentement
Clôture de Wall Street : nouveaux records, la Chine redémarre lentement
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le Nasdaq et le S&P 500 ont fini sur de nouveaux sommets, lundi à Wall Street, les investisseurs espérant une stabilisation du coronavirus en Chine, même si le nombre de malades continue d'augmenter. Les entreprises chinoises ont commencé lundi à reprendre progressivement leur activité, après deux semaines de fermeture complète. En outre, la banque centrale chinoise a une nouvelle fois injecté massivement des liquidités, en vue de soutenir les entreprises impliquées dans la lutte contre le virus.

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,60% à 29.276 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,73% à 3.352 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 1,13% à 9.628 pts.

La semaine dernière, les 3 indices américains avaient affiché de solides gains, de 3% pour le Dow Jones, 3,1% pour le S&P 500 et 4% pour le Nasdaq, effaçant la baisse causée en janvier par la crainte du virus 2019-nCoV.

Les taux et le pétrole ont fortement réagi à la menace sanitaire

Certains analystes jugent que les marchés boursiers sont trop complaisants face à un risque qui reste élevé pour l'économie mondiale. Les marchés obligataires (où les taux ont dégringolé depuis la mi-janvier) et pétroliers (où les cours ont plongé de plus de 20% depuis les pics de début janvier) ont en revanche été bien plus réactifs face à la menace du nouveaux virus chinois. Les devises émergentes ont aussi été pénalisées depuis deux semaines, favorisant le dollar, le franc suisse et le yen

Lundi sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) a poursuivi son ascension, gagnant 0,18% à 98,86 points, soutenu par les bons chiffres de l'emploi US publiés vendredi. L'euro a cédé encore 0,28% à 1,0912$.

Les obligations sont restées recherchées en tant que valeurs-refuge, faisant monter les cours et chuter le taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse). Le rendement du T-Bond à 10 ans a encore perdu 2 points de base, retombant lundi à 1,56%. Début janvier, ce taux évoluait encore au-dessus de 1,9% avant l'apparition de l'épidémie du coronavirus chinois.

Le pétrole est reparti en baisse lundi, souffrant de la chute de la consommation chinoise de brut, et de la réticence de la Russie à réduire davantage la production de l'Opep+. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a perdu 1,5% à 49,57$ (contrat à terme de mars coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord a cédé 2,2% à 53,27$ (contrat à terme d'avril).

Les cours du WTI ont plongé de 2,4% sur la semaine dernière et ceux du Brent a perdu 3,8%, tombant tous deux dans un marché baissier ("bear market"), caractérisé par une chute supérieure à 20% depuis leurs pics de début janvier face à la crainte du coronavirus.

Intervention massive de la Banque populaire de Chine

Le bilan de l'épidémie de 2019-nCoV est monté lundi à plus de 40.000 malades et au moins 908 morts, davantage que le Sras, qui avait tué près de 800 personnes en 2002-2003. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de contaminations relevées quotidiennement en Chine se stabilise, mais il est trop tôt pour conclure que l'épidémie a dépassé son pic. Le directeur général de l'OMS a en outre prévenu que l'expansion du nouveau coronavirus hors de Chine pourrait s'accroître avec la transmission de la maladie par des personnes n'ayant jamais voyagé dans ce pays.

En Chine, la banque centrale a procédé lundi à une nouvelle injection massive de liquidités afin de soutenir l'économie. Elle a prêté à des taux exceptionnellement bas l'équivalent de 43 milliards de dollars à des entreprises impliquées dans la prévention et le contrôle de l'épidémie de coronavirus. Liu Guoqiang, vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine, a expliqué dimanche lors d'une téléconférence que les les banques devraient utiliser ces prêts pour soutenir des activités directement liées à la lutte contre l'épidémie par les entreprises présélectionnées par les autorités.

Par ailleurs, la Chine renforcera son soutien financier et offrira des incitations fiscales aux entreprises engagées dans la lutte contre l'épidémie, a indiqué Liu Kun, ministre des Finances, lors de la même téléconférence.

Reprise partielle de l'activité de production en Chine

Les entreprises chinoises ont commencé lundi à rouvrir, mais la reprise de l'activité s'annonce partielle et progressive. Certaines entreprises, comme Toyota, ont ainsi décidé de reporter la réouverture à la semaine prochaine, voire au-delà. Foxconn, l'un des principaux sous-traitants d'Apple, a rouvert lundi deux de ses sites, à Shenzhen (sud-est) et à Zhengzhou (centre-est), mais l'activité n'a repris que très partiellement, selon l'agence 'Reuters', qui affirme que seuls 10% des salariés se sont présentés pour la réouverture.

Le redémarrage de nombreuses entreprises est ralenti par le fait que de très nombreux salariés migrants, qui étaient retournés dans leurs provinces d'origine pour le Nouvel An lunaire, n'ont pas pu revenir sur leur lieux de travail en raison des restrictions de déplacement et des quarantaines imposées par les autorités chinoises.

En outre, toutes les villes chinoises n'ont pas encore autorisé la reprise d'activité. Dans le sud, la province de Guangdong (Canton) a donné son feu vert, mais pas certains districts de cette province, notamment Zhongshan. Des autorités locales ont même repoussé la reprise au 1er mars, comme dans certains quartiers de la ville industrielle de Foshan, proche de la ville de Guangzhou (Canton).

Aux Etats-Unis, les investisseurs seront très attentifs cette semaine aux propos du président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell, qui sera auditionné mardi et mercredi devant le Congrès américain. Les marchés attendent ses commentaires concernant le coronavirus, mais aussi le programme mis en oeuvre par la Fed pour stabiliser le marché du financement interbancaire à court terme (marché "repo").

La semaine qui commence sera aussi animée par la publication de données macro-économiques importantes outre-Atlantique, dont les prix à la consommation (jeudi) et les ventes au détail (vendredi) aux Etats-Unis.

VALEURS A SUIVRE

Allergan (+1,3%), le groupe pharmaceutique américain connu notamment pour son Botox, a annoncé pour son quatrième trimestre une perte nette consolidée réduite à 317 millions de dollars soit 97 cents par titre, contre un déficit net de 4,3 milliards de dollars et 12,83$ par titre un an auparavant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a représenté 5,22$, contre un consensus de 4,57$. Les revenus se sont appréciés de 6,6% à 4,35 milliards de dollars, contre un consensus de 4,1 milliards de dollars. Le groupe s'attend désormais à ce que son rapprochement programmé avec AbbVie Inc. soit finalisé vers la fin du premier trimestre 2020.

Xerox (+1,4%) a annoncé ce jour son intention de lancer une offre vers le 2 mars 2020 sur la totalité des titres ordinaires HP Inc (+0,78%) à un prix désormais fixé à 24$ par titre, comprenant 18,40$ en cash et 0,149 titre Xerox pour chaque titre HP. L'offre n'est soumise à aucune condition de financement ou due diligence. Xerox indique avoir rencontré, parfois à plusieurs reprises, de nombreux actionnaires importants de H. Ces actionnaires se seraient exprimés en faveur du rapprochement entre Xerox et HP. "L'offre amicale annoncée ce jour permettra à ces actionnaires d'accepter la proposition attractive de Xerox, malgré le constant refus de HP de poursuivre cette opportunité", lance Xerox. La précédente offre de Xerox sur HP était chiffrée à 22$ par titre...

Rappelons que Xerox ne pèse actuellement que 8 milliards de dollars à Wall Street, contre 32 milliards de dollars pour HP Inc. ! Le titre HP prend 2% à 22,2$ actuellement sur le NYSE. La nouvelle offre valorise HP pratiquement 35 milliards de dollars !

Tesla a gagné 3,1%, alors que le groupe californien vedette de l'automobile électrique reprend sa production ce lundi sur le site de la gigafactory chinoise de 2 milliards de dollars de Shanghai. Malgré la poursuite de l'épidémie de coronavirus en Chine, les usines rouvrent progressivement suite à des fermetures plus ou moins longues. Des responsables chinois ont confirmé leur soutien à cette reprise de la production locale de Tesla. Le groupe d'Elon Musk a concédé que la fermeture allait retarder les livraisons de Model 3 sur le principal marché automobile mondial, mais la courte durée de cette suspension de production constitue une bonne nouvelle aux yeux des investisseurs...

Par ailleurs, le titre Tesla profite d'une rumeur relative à une potentielle (mais improbable...) OPA de Google (Alphabet). Cette rumeur est alimentée notamment par Forbes, qui juge que Google pourrait bien s'offrir Tesla pour 1.500$ par titre. Ainsi, le concepteur de véhicules électriques constituerait une cible attrayante pour Google. Le magazine estime par ailleurs que la valorisation de Tesla pourrait atteindre 1.500 milliards de dollars avec l'aide d'un éventuel accord Google. Ainsi, en tenant compte de la capitalisation actuelle d'Alphabet voisine de 1.000 Mds$, l'entité combinée pourrait valoir 2.500 milliards de dollars, fantasme Forbes, qui ne manque visiblement pas d'imagination.

L'action Apple (+0,47%) a hésité avant de finir en hausse, les investisseurs s'interrogeant sur l'impact de l'épidémie de coronavirus sur la production en Chine d'iPhones et autres produits du groupe américain. Dans une note publiée lundi, le courtier Wedbush qualifie de "développement inquiétant" pour Apple les perturbations de production en Chine. Les marchés ont toutefois salué la réouverture, même partielle, de deux usines chinoises de Foxconn, l'un des principaux sous-traitants d'Apple.

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