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Clôture de Wall Street : nouveau record du S&P 500, rassuré par Powell

Clôture de Wall Street : nouveau record du S&P 500, rassuré par Powell
Clôture de Wall Street : nouveau record du S&P 500, rassuré par Powell
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a encore progressé jeudi, portée notamment par les valeurs technologiques, après la réaffirmation par le président de la Fed Jerome Powell que la banque centrale américaine ne se pressera pas de relever ses taux. L'annonce d'une hausse surprise du nombre de chômeurs la semaine dernière aux Etats-Unis a confirmé que la reprise post-Covid-19 reste cahoteuse, justifiant le maintien prolongé d'un soutien tant budgétaire que monétaire à l'économie américaine. Les taux d'intérêts et le dollar ont reflué, et le pétrole a fini en ordre dispersé.

A la clôture, le S&P 500 a signé un nouveau record, tandis que les autres indices se sont approchés des leurs. Le Dow Jones a gagné 0,17% à 33.503 points, à seulement 24 points de son record de lundi, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,42% à 4.097 pts, un nouveau sommet après son record de la veille. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a grimpé de 1,03% à 13.829 pts. Le Nasdaq est désormais à moins de 2% de son record du 12 février (à 14.095 pts), après avoir subi une correction de plus de 10% début mars, sur fond de tensions sur les taux.

Six des onze indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert jeudi, dont les technologiques (+1,4%), les biens de consommation discrétionnaires (+0,5%), les industrielles (+0,2%) et la santé (+0,1%). L'immobilier (-0,5%) et le secteur énergétique (-1,3%) ont reculé, tandis que l'indice des financières a fini stable. Parmi les grandes "technos", Apple (+1,9%), Microsoft (+1,3%), Tesla (+1,9%) ou encore Amazon (+0,6%) se sont distinguées.

Inflation "temporaire" selon la Fed, qui surveille la situation de près

Jerome Powell, qui s'exprimait jeudi en visioconférence devant une commission du FMI, a répété qu'il considérait que la hausse de l'inflation (qui inquiète les marchés financiers ces derniers mois) serait temporaire.

Il a aussi réaffirmé que la Fed "surveille très attentivement l'évolution des prix" et a assuré qu'elle disposait des outils nécessaire à réagir, s'il s'avérait que les prix "évoluent durablement et véritablement au-dessus des niveaux avec lesquels nous sommes à l'aise". Il a aussi souligné que les disparités dans les efforts de vaccination selon les pays représentaient un risque pour la reprise de l'économie mondiale, et a mis en garde contre les risques de 3e vague de Covid aux Etats-Unis où le variant britannique se diffuse rapidement.

Du côté des rendements obligataires, le T-Bond américain à 10 ans a nettement reculé après les propos de Powell, revenant à 1,62% (-6 points de base) et le "30 ans" a cédé 3 points de base à 2,31%. L'indice du dollar a reculé de 0,42% à 92,07 points face à un panier de devises, tandis que l'euro a gagné 0,37% face au billet vert à 1,1915$.

Dans les matières premières, le baril de pétrole brut WTI a fléchi de 0,3% à 59,60$ sur le Nymex, mais le Brent de la mer du Nord a légèrement progressé de 0,1% à 63,20$. L'once d'or a regagné 1% à 1.758,20$ sur le Comex (contrat à terme de juin), retrouvant son meilleur niveau depuis 6 semaines.

Pas de hausse des taux directeurs prévue avant 2023

Mercredi, dans les Minutes de sa dernière réunion, la Fed a répété qu'elle était "encore loin" d'avoir atteint ses objectifs, ajoutant qu'il faudra attendre encore "quelque temps" avant d'observer des progrès plus importants concernant ces objectifs, à savoir le plein-emploi et une inflation moyenne de 2%. La banque centrale semble donc loin de penser à relever ses taux directeurs, qu'elle a ramenés près de zéro depuis plus d'un an pour faire face à la crise du coronavirus.

Dans ses nouvelles projections faites en mars, la Fed ne prévoyait pas de hausse du taux des "fed funds" avant la fin 2023, même si 7 des 18 responsables de la Fed s'attendaient tout de même à une remontée des taux courant 2023 (contre 11 tablant sur un statu quo), alors qu'ils n'étaient que 5 en décembre dernier. Ils sont 4 sur 18 à envisager une hausse des taux dès 2022.

De son côté, le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, a déclaré jeudi que la Fed ne devrait même pas débattre de changements de politique monétaire tant qu'il n'y avait pas la certitude d'avoir surmonté la crise sanitaire, liant étroitement les futures discussions de la Fed au succès d'un programme de vaccination. "Nous devons d'abord mettre la pandémie derrière nous", a-t-il dit. "Il y a encore des risques et les choses pourraient prendre une direction différente", a-t-il ajouté.

Enfin, le patron de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, a affirmé jeudi qu'il ne s'inquiéterait pas forcément de l'inflation, même si elle atteignant 4% en rythme annuel. Devant l'Economic Club of New York, il a dit que la Fed ne "court-circuiterait pas la reprise économique" aux Etats-Unis en relevant ses taux directeurs trop tôt, comme elle le faisait par le passé. "C'était toujours une erreur, et ce sont les travailleurs qui en ont payé le prix", a-t-il ajouté. Selon lui, le taux de chômage réel est de l'ordre de 9,1% aux Etats-Unis, et non de 6% (chiffre publié pour mars par le ministère du travail).

Marché de l'emploi encore fragile aux Etats-Unis

Ce jeudi, l'annonce d'une hausse surprise du nombre de demandes d'indemnisation chômage pour la 2e semaine consécutive aux Etats-Unis a montré que l'approche toujours prudente de la banque centrale sur la reprise économique semble justifiée. Le Département américain au Travail a ainsi annoncé, pour la semaine close au 3 avril, que les inscriptions au chômage ont atteint 744.000, en progression de 16.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 728.000. Le consensus était positionné à 680.000.

Le soutien budgétaire essentiel des marchés provient de l'anticipation du plan Biden dédié aux infrastructures, malgré sa forte contrepartie fiscale frappant les entreprises et les riches. En outre, la saison des publications financières trimestrielles américaines du T1 pointe son nez, le consensus des analystes étant une croissance de 25% des profits du S&P 500. Pour finir, les opérateurs espèrent beaucoup de la réouverture de l'économie, en particulier aux Etats-Unis. La Californie, notamment, prévoit de lever la majeure partie des restrictions sanitaires au 15 juin, du moins si les vaccins sont en nombre suffisant et si les hospitalisations demeurent contenues.

Joe Biden défend son plan infrastructures

Mercredi soir, depuis la Maison Blanche, Joe Biden a lancé un vibrant plaidoyer pour convaincre le Congrès d'adopter son plan d'investissement de 2.250 milliards de dollars dans les infrastructures, indispensable selon lui pour que les Etats-Unis tiennent tête à la Chine et "pour que l'Amérique reste la première puissance mondiale", a déclaré le président démocrate.

"Est-ce que vous croyez que la Chine attend avant d'investir dans ses infrastructures numériques, dans la recherche et le développement ?", a-t-il lancé. "Elle n'attend pas et elle mise sur le fait que la démocratie américaine sera lente et trop divisée pour tenir le rythme". Soulignant qu'il n'existe pas "de ponts républicains ou d'aéroports démocrates", le président a appelé les élus républicains à "faire ce qui est bon pour l'avenir". Il s'est redit ouvert à "des négociations de bonne foi" avec pour seule ligne rouge de ne pas augmenter les impôts des personnes qui gagnent moins de 400.000 dollars par an.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a de son côté détaillé les réformes fiscales prévues pour financer le plan Biden. Les entreprises verront notamment le taux d'impôt sur les sociétés remonter de 21% à 28%.

Le projet repose aussi sur la conclusion d'un accord avec les grandes puissances économiques sur l'introduction d'un taux mondial d'imposition minimum des entreprises à 21%, et sur une taxe plancher distincte de 15% sur les bénéfices que les plus grandes firmes américaines publient dans leurs communiqués financiers aux actionnaires. Des dizaines de grandes entreprises aux Etats-Unis recourent à des stratégies fiscales complexes pour réduire à zéro leur dette fiscale fédérale.

VALEURS A SUIVRE

Twitter (+3,2%) aurait tenté d'acquérir Clubhouse, le réseau social audio à la mode. Selon les sources proches du dossier de Bloomberg, les deux sociétés ont discuté d'une potentielle offre valorisant Clubhouse, créé en 2020, près de 4 milliards de dollars. Les discussions sont toutefois tombées à l'eau et les raisons de l'échec des pourparlers restent floues.

GameStop (-4,3%). Le distributeur américain de jeux vidéo a annoncé, parmi les administrateurs candidats soumis à l'approbation des actionnaires, la nomination de Ryan Cohen qui deviendrait président du conseil d'administration. Alan Attal, Larry Cheng, Ryan Cohen, Jim Grube, George Sherman et Yang Xu sont aussi proposés au board.

Tesla (+1,9%), le leader californien de l'automobile électrique, cherche des sites dans trois villes indiennes pour y établir des concessions et a recruté un dirigeant pour l'aider à s'implanter sur le marché indien, croit savoir Reuters. Le titre et le secteur devraient par ailleurs bénéficier ce jour à Wall Street du plan de soutien présenté par l'administration Biden.

Apple (+1,9%), le géant californien de Cupertino, entend mettre en avant la forte concurrence subie dans les transactions sur les jeux vidéo pour se défendre des accusations d'Epic Games, éditeur de Fortnite, qui le poursuit pour avoir supprimé le jeu de son magasin d'applications.

Apple reporte par ailleurs une partie de la production de ses MacBook et iPad du fait de la pénurie de composants, selon le Japonais Nikkei. La pénurie n'aurait toutefois pas encore impacté la disponibilité des produits pour les consommateurs.

Facebook (stable), le réseau social de Menlo Park, demeure surveillé en bourse. Le régulateur de la concurrence aux Etats-Unis (Federal Trade Commission) et un groupe d'Etats américains ont demandé hier à un tribunal fédéral de refuser à Facebook sa demande d'abandon de procédures pour abus de position dominante en lien avec les acquisitions d'Instagram et WhatsApp.

Box (-9,3%), le groupe de cloud computing, a annoncé un investissement de 500 millions de dollars provenant de fonds gérés par la firme de private equity KKR, qui recevra des titres préférentiels. Les produits serviront au rachat de titres ordinaires.

Canopy Growth (-4,8%). La société de cannabis a annoncé le rachat du canadien Supreme Cannabis (+49% à Toronto) en cash et en titres pour environ 435 millions de dollars canadiens (345,6 M$ US).

Bilibili (+2,2%), l'opérateur chinois de sites de partage de vidéos sur le thème des fandom d'anime, de manga et de jeux vidéo, a démenti une information de Reuters selon laquelle il serait en discussions pour racheter 24% de Yoozoo Games. Selon le rapport de Reuters, Bilibili était supposé acquérir pour 765 M$ la participation ainsi que le siège social de sa proie.

Costco (+0,67%) a annoncé une forte progression de 16% de ses ventes à comparable pour le mois de mars, avec une performance de 13,9% sur les localisations américaines. Les ventes en ligne se sont même envolées de près de 58% en glissement annuel, selon le géant américain de la distribution basé à Issaquah.

ConAgra (+0,16%), le groupe alimentaire américain aux marques Duncan Hines ou Healthy Choice, a affiché un bpa trimestriel supérieur d'un cent au consensus, à 59 cents, ainsi que des revenus meilleurs que prévu, en croissance de 8,5%. Le groupe bénéficie plutôt des restrictions sanitaires et du télétravail.

Constellation Brands (-4,5%), le fabricant de la bière Corona, a battu le consensus de Wall Street pour la période close, à la fois sur le plan des profits et des revenus trimestriels, et malgré les difficultés liées à la pandémie du Covid-19.

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