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Clôture de Wall Street : nouveau coup de tabac après l'inflation, le Nasdaq perd 3,2%

Clôture de Wall Street : nouveau coup de tabac après l'inflation, le Nasdaq perd 3,2%
Clôture de Wall Street : nouveau coup de tabac après l'inflation, le Nasdaq perd 3,2%
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une première réaction positive aux chiffres de l'inflation en avril aux Etats-Unis, les indices boursiers américains ont flanché et ont terminé dans le rouge vif. La hausse des prix n'a que très légèrement ralenti en avril outre-Atlantique, à 8,3% sur un an, ce qui devrait inciter la Fed à continuer à relever rapidement ses taux directeurs pour freiner cette flambée des prix. Les cours du pétrole WTI ont rebondi de 6% pour repasser au dessus des 100$.

A la clôture, le Dow Jones a perdu 1,02% à 31.834 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 1,65% à 3.935 pts, retombant sous le seuil psychologique des 4.000 pts, au plus bas depuis fin mars 2021. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rechuté de 3,18% à 11.364 pts après son plongeon de 4,3% lundi et un rebond de 1% mardi. Le Nasdaq a désormais abandonné 29% par rapport à son record de novembre 2021, à 16.057 pts...

Signe de la nervosité ambiante, l'indice VIX de la volatilité, surnommé "l'indice de la peur", a hésité mercredi, autour de 33 pt, très au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours (21).

Les chiffres américains de l'inflation en avril, très attendus, n'ont donc finalement pas apporté de réconfort aux investisseurs. Après un pic de plus de 40 ans en mars à 8,5% en glissement annuel, l'inflation a très légèrement ralenti en avril à 8,3%. Le consensus des économistes espérait un chiffre inférieur, de l'ordre de 8,1%. Hors alimentaire et énergie, l'inflation est aussi ressortie supérieure aux attentes, à 6,2% en avril contre 6% de consensus.

Par ailleurs, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta du mois de mai 2022 est ressorti à +3,7%, contre +3,8% un mois avant, un niveau toujours très supérieur à l'objectif de long terme de 2% de la Fed . Cet indice mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des entreprises. Cette batterie de chiffres devrait donc inciter la Fed à maintenir ou accentuer la pression en remontant ses taux à un rythme soutenu.

Vers un durcissement de 0,75 point de la Fed en juin ?

Le président américain Joe Biden a cependant réagi en se disant confiant quant au fait que la Réserve fédérale fera le nécessaire pour lutter contre l'inflation. "S'il est réconfortant de voir que l'inflation annuelle s'est modérée en avril, il n'en demeure pas moins que l'inflation est à un niveau inacceptable et qu'elle est ma principale priorité économique. Mon plan réduira les coûts, tandis que le seul plan des républicains du Congrès est d'augmenter les impôts des familles", a tweeté le président américain.

D'autres spécialistes paraissent bien moins confiants dans la capacité de la Fed à juguler l'inflation sans provoquer une récession aux Etats-Unis. Les chiffres d'inflation en avril pourraient inciter la Fed à relever plus fortement, de 0,75 point, son taux directeur lors de sa prochaine réunion, selon les observateurs. Le courtier Jefferies, spécialiste en valeurs du Trésor aux Etats-Unis ("primary dealer") a notamment estimé mercredi que l'inflation n'avait pas atteint un pic, et que le risque d'une spirale prix-salaires avait augmenté, rendant plausible une voire plusieurs hausses de taux de 75 pb lors des prochaines réunions de la Fed.

A noter que plusieurs anciens responsables de la banque centrale américaine sont montés au créneau ces derniers jours pour appeler leurs ex-collègues à se montrer bien plus offensifs en matière de hausse des taux directeurs. Dernier en date, William Dudley, ancien patron de la Fed de New York jusqu'en 2018, a déclaré mercredi que le taux des "fed funds" pourrait devoir être relevé à plus de 5% (contre 0,75% à 1% actuellement) pour peser sur la hausse des prix.

Il a précisé que la Fed devrait cesser "d'enjoliver" son message concernant le niveau des taux nécessaire et ses effets douloureux pour l'économie, estimant que la priorité était de reprendre le contrôle de l'inflation. La semaine dernière, M. Dudley avait déjà affirmé qu'il lui paraissait "très, très improbable" que la Fed parvienne à juguler l'inflation sans provoquer une récession.

Le pétrole au rebond, l'Ukraine ferme un gazoduc alimentant l'Europe

Les cours du pétrole ont vivement rebondi mercredi après avoir subi une chute d'environ 8% depuis le début de la semaine. Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin), qui était tombé sous les 100$ mardi, a rebondi de 6% à 105,71$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord a repris 4,9% à 107,51$.

Les cours ont flambé alors même que les réserves hebdomadaires de pétrole se sont envolées aux Etats-Unis. Elles ont ainsi bondi de 8,5 millions de barils lors de la semaine close le 6 mai, à 424,2 mb, alors que le consensus tablait sur une baisse de 0,5 mb. En revanche, les stocks d'essence ont reculé de 3,6 millions de barils (-1,6 mb de consensus), et ceux de produits distillés ont baissé de 0,9 million de barils (-1,3 mb de consensus).

Les marchés pétroliers ont réagi à l'annonce par l'Ukraine de l'arrêt des flux de gaz dans un gazoduc traversant son territoire. Kiev a accusé les forces russes d'avoir puisé dans ces gazoducs, conduisant l'Ukraine à fermer les robinets, invoquant la force majeure... Or, le point de transit fermé, Sokhranivka, transporte jusqu'à 32,6 millions de mètres cubes de gaz par jour, soit environ un tiers du gaz russe qui transite via l'Ukraine pour alimenter l'Europe... C'est la première fois que les exportations via l'Ukraine sont perturbées depuis le début du conflit.

Le dollar et les taux se maintiennent à des niveaux élevés

L'or a rebondi mercredi de 0,7% à 1.853,70$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex. Du côté des cryptos, le bitcoin a échoué à rebondir après être tombé mardi sous 30.000$. Il perdait encore 4,8% autour de 29.453$ mercredi soir sur Coindesk. Les cryptomonnaies ont dégringolé ces derniers jours, victimes de l'aversion générale aux actifs risqués, et amplifiant les pertes subies par le Nasdaq.

Sur le marché des devises, l'indice du dollar est sur ses plus hauts de 20 ans face à un panier de devises de référence, à 104 pts (+0,08%) mercredi soir. L'euro a fini en léger recul de 0,11% face au billet vert à 1,0515$ sur les marchés interbancaires à New York.

Sur les marchés obligataires, les rendements ont évolué en ordre dispersé, mais restent proches de leur sommet de plusieurs années. Le rendement du T-Bond à 10 ans s'est replié de 5 points de base à 2,92%, mais reste non loin de son plus haut niveau depuis novembre 2018. Le taux du T-Bond à 2 ans est remonté en revanche de 2 pb à 2,63%.

VALEURS A SUIVRE

Philip Morris International (+4,7%) a confirmé une offre d'acquisition de 161,2 milliards de couronnes suédoises (environ 16 milliards de dollars) portant sur le spécialiste des produits à base de tabac et de nicotine Swedish Match. PMI entend ainsi se renforcer sur le marché des alternatives à la cigarette. L'opération à 106 couronnes en cash par action offre une prime de 11% environ sur les cours antérieurs de Swedish Match, qui bondit vers le prix d'offre en bourse de Stockholm à 103,50 couronnes. Le titre s'était déjà envolé hier sur une confirmation par le groupe de discussions avec PMI. Le Suédois réalise l'essentiel de ses résultats grâce au "snus", poudre de tabac. Il détient aussi la marque de sachets de nicotine sans tabac Zyn. PMI, propriétaire de la marque de cigarettes Marlboro à l'international, est né en 2008 d'une scission d'Altria. Le groupe est basé aux USA mais ne commercialise pas ses produits sur le marché américain.

Krispy Kreme (+3,7%). Les profits et revenus du trimestre clos ont dépassé les attentes de marché. Pour le premier trimestre fiscal, clos début avril, le groupe a réalisé des revenus en progression de 16% en glissement annuel à 373 millions de dollars, avec une croissance organique de 15% et une forte expansion des trois segments. Le bénéfice net consolidé a représenté 6,5 millions de dollars, contre un léger déficit un an avant. Le bénéfice ajusté par action a été de 8 cents, contre 11 cents un an plus tôt. L'Ebitda ajusté a grimpé de 5,4% à 48,9 millions de dollars, avec des marges accrues en Amérique du Nord.

Coinbase a décroché de 26,4%. Alors que le bitcoin a plongé de plus de 30% depuis le début de l'année, les revenus de Coinbase ont plongé de 27% sur un an pour revenir à 1,17 milliard de dollars contre 1,48 Md$ attendu par les analystes du consensus Refinitiv. Coinbase a en outre encaissé une perte nette de 430 millions de dollars, soit 1,98$ par action, au premier trimestre. Les utilisateurs actifs mensuels sont tombés à 9,2 millions contre 11,4 millions au 4e trimestre 2021, et le volume total de transactions a baissé de 547 Mds$ au T4 2021 à 309 Mds$ au T1 2022. Les dépenses opérationnelles du groupe ont fortement augmenté, à 1,72 Md$, dépassant le montant du chiffre d'affaires.

Dans une lettre aux actionnaires, la direction reste néanmoins confiante pour le long terme et souligne que "nous pensons que les conditions de marché ne sont pas durables et nous restons concentrés sur le long terme". La compagnie a précisé qu'elle se focalisait sur la prochaine génération d'opportunités liées à l'univers des cryptos, au-delà de leur simple négociation, à savoir les NFT et la finance décentralisée.

Electronic Arts (+8%) a publié mardi soir des résultats mitigés pour son 4e trimestre fiscal, avec des bénéfices supérieurs aux attentes, mais des prévisions jugées un peu justes pour le 1er trimestre fiscal en cours. Les revenus ajustés du 4e trimestre fiscal sont ainsi ressortis un peu inférieurs aux attentes à 1,75 milliard de dollars (+17,4% sur un an), contre 1,77 Md$ attendu par le consensus Refinitiv. Pour le premier trimestre de l'exercice décalé entamé en avril, Electronic Arts prévoit un chiffre d'affaires ajusté compris entre 1,20 et 1,25 Md$, contre 1,44 M$ attendu par les analystes. Le bénéfice net du groupe a flambé à 225 millions de dollars (80 cents par action) contre 76 M$ (26 cents) pour la même période de 2021. C'est mieux que les attentes du marché, logées à 66 cents par action. Pour le 1er trimestre, EA prévoit un bénéfice par action de 76 à 85 cents par action, supérieur aux 68 cents visés par le consensus.

Pour le trimestre en cours, le groupe s'attend notamment à des ventes plus faibles que prévu de son jeu "Battlefield 2042" et à un ralentissement de la demande après la fin des confinements liés à la pandémie de Covid-19 et sur fond d'inflation, qui rabote le pouvoir d'achat des "gamers". Quelques heure avant l'annonces de ses comptes, EA avait officialisé son divorce avec la Fifa après 3 décennies de partenariat autour du célèbre jeu de football du groupe. Cette année, il y aura un dernier opus sous le nom connu des gamers depuis près de 30 ans, à savoir "FIFA 23", mais l'année prochaine, le jeu de football le plus connu du monde sera rebaptisé "EA SPORTS FC". EA revendique plus de 150 millions de joueurs actifs pour ce jeu, mais aucun accord n'a pu être trouvé avec la Fifa pour prolonger le partenariat.

Unity Software, autre acteur sectoriel du développement de jeux vidéo, s'est effondré de 37%, suite à la publication d'une perte nette au titre du premier trimestre et d'un abaissement de la guidance de revenus annuels.

Wendy's, chaîne américaine de restauration rapide, a trébuché de 11,2%, le groupe ayant raté le consensus en termes de croissance domestique à périmètre comparable sur le trimestre clos, du fait de la concurrence accrue et des contraintes de supply chain ou main-d'oeuvre.

Wynn Resorts (-4,5%), opérateur de casinos, n'a pas démérité sur le trimestre clos, malgré certaines restrictions persistantes liées au covid. Le groupe a affiché près de 30% de croissance des revenus sur le trimestre clos, en glissement annuel.

Occidental Petroleum (+1,2%) a dévoilé un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes, malgré la baisse des volumes de production.

Tesla (-8,2%) a expédié depuis Shanghai 4 767 véhicules destinés à la Slovénie, son premier lot de véhicules exporté depuis la réouverture du site il y a deux semaines. Notons également qu'un tribunal américain a jugé hier que le tweet de 2018 d'Elon Musk, CEO de Tesla, à propos d'une potentielle sortie de la cote au "financement garanti", était "inexact et imprudent".

Alphabet (-0,7%). Google a confirmé à Reuters la signature d'un accord avec plus de 300 éditeurs de presse en Allemagne, en France et dans quatre autres pays européens pour leur verser une rémunération dans le cadre de l'utilisation de leurs informations.

Walt Disney (-2,3%) annoncera après Bourse ce soir ses derniers résultats financiers trimestriels. Le consensus est logé à 1,2$ de bénéfice par action, contre 79 cents un an plus tôt. Le groupe joue gros et les chiffres du service de streaming Disney+ seront scrutés. Le plongeon boursier impressionnant de Netflix (-6,3%) ces dernières semaines, suite à la publication d'une baisse des abonnements, montre que les marchés ne font pas dans la nuance actuellement. Les multiples de valorisation de Disney, eux, restent exigeants, même après la chute de plus de 30% de la valeur en six mois.

Rivian (-9%) annonce aussi ce soir ses résultats financiers trimestriels, en pleine phase de panique boursière. Ford (-3,8%) a cédé 8 millions de titres du fabricant de véhicules électriques Rivian pour 214 millions de dollars, soit 26,80 dollars par action, selon un avis boursier.

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