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Clôture de Wall Street : nouveau coup de blues, après l'emploi US

Clôture de Wall Street : nouveau coup de blues, après l'emploi US
Clôture de Wall Street : nouveau coup de blues, après l'emploi US
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La première semaine de 2022 s'est achevée dans un climat morose vendredi, les valeurs technologiques pesant encore sur la tendance dans la crainte d'une hausse des taux de la Fed cette année. Les marchés ont en outre peu apprécié l'annonce de créations d'emploi très inférieures aux attentes en décembre aux Etats-Unis, accompagnées d'une forte hausse des salaires horaires. Dans la zone euro aussi, les signes inflationnistes se multiplient, avec une hausse des prix estimée à 5% en décembre sur un an.

A la clôture, le Dow Jones a fini proche de l'équilibre (-0,01%) à 36.231 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,41% à 4.677 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,96% à 14.935 pts.

Sur l'ensemble de cette première semaine de 2022, le Dow Jones a cédé 0,3%, le S&P 500 a lâché 1,9% et le Nasdaq a chuté de 4,5%. Le Nasdaq a désormais corrigé de 7% par rapport à son dernier record du 19 novembre dernier. Les valeurs technologiques, très fortement valorisées, sont les plus vulnérables à une hausse des taux, celle-ci ayant un effet direct sur l'actualisation des flux de trésorerie futurs des sociétés en forte de croissance.

Seuls quatre des onze indices sectoriels du S&P 500 ont progressé vendredi : l'énergie (+1,4%), les financières (+1,1%), les "utilities" (+0,75%) et les produits de base (+0,16%). En queue de peloton, les technologiques ont perdu 1%, les biens de consommation discrétionnaire ont lâché 1,6% et la santé a cédé 0,4%.

En Europe, les marchés ont fini en léger recul vendredi après la publication des chiffres de l'emploi US et de l'inflation en zone euro. L'indice EuroStoxx 50 a cédé 0,4%, et à Paris, le CAC 40 a lui aussi rendu 0,4%, mais affiche une hausse de près de 1% sur cette première semaine de 2022. Selon les données préliminaires de l'institut Eurostat, le taux d'inflation annuel dans la zone euro est estimé à 5% en décembre sur un an, contre 4,8% attendus par les marchés. Un niveau record après celui déjà historique de novembre (+4,9%).

Pénurie de main d'oeuvre et hausse des salaires

Les investisseurs ont été surpris par l'annonce vendredi de seulement 199.000 créations de postes non-agricoles en décembre aux Etats-Unis, là où le consensus du cabinet FactSet tablait sur environ 400.000 créations et celui de Bloomberg attendait 447.000 nouveaux postes. Les postes créés en novembre ont cependant été révisés en hausse à 249.000.

La contre-performance de décembre traduit la difficulté des employeurs à recruter dans un environnement perturbé par la nouvelle vague de pandémie de coronavirus. La pénurie de main d'oeuvre a aussi entraîné une hausse du salaire horaire moyen de 0,6% sur un mois et de 4,7% sur un an, des hausses bien plus importantes qu'attendu. En outre, pour novembre, la hausse du salaire horaire moyen a été revu en hausse (+0,4% sur un mois et +5,1% sur un an).

Le taux de chômage est en revanche ressorti en retrait à 3,9% en décembre, contre 4,1% de consensus et 4,2% en novembre. Il pointe désormais au plus bas depuis 22 mois. Le taux de participation à la force de travail s'est établi à 61,9%, stable et en ligne avec les attentes de marché.

Le pétrole WTI grimpe de 5% sur la semaine

Par ailleurs, les chiffres du crédit américain à la consommation, publié vendredi soir, ont bondi plus que prévu en novembre, en hausse de 40 Mds$ (+11%), contre +20 Mds$ attendu par le consensus FactSet.

Les cours du pétrole ont subi des prises de bénéfices après les chiffres de l'emploi US, mais le cours du brut américain WTI a bondi de 5% sur la semaine, soutenu notamment par les troubles sociaux au Kazakhstan, un gros pays producteur de l'Opep+. Le baril de brut léger américain WTI a cédé vendredi 0,7% à 78,90$ (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le Brent de Mer du nord a fléchi de 0,3% 81,75$ (contrat de mars).

La Fed se prépare à durcir sa politique monétaire

Alors que la saison des résultats d'entreprises du 4e trimestre commencera en fin de semaine prochaine, avec les comptes des grandes banques, les marchés restent préoccupés par le ton de moins en moins accommodant de la Réserve fédérale. Les "Minutes" de sa dernières réunion des 14 et 15 décembre, publiées mercredi, ont montré que non seulement la Fed va cesser ses achats d'actifs dès mars, mais qu'elle devrait relever ses taux au moins trois fois cette année, peut-être dès mars.

Enfin, la Fed envisage réduire son bilan "peu après" avoir commencé à relever ses taux, ce qui constituerait un degré supplémentaire de durcissement monétaire. Les marchés ont été pris au dépourvu par cette éventualité : lors du dernier cycle haussier de 2015, la Fed avait attendu deux ans avant de réduire son bilan (ce qui consiste à cesser de racheter des obligations pour remplacer celles arrivant à échéance). Le bilan de la Fed, déjà lesté de 4.400 milliards de dollars avant la pandémie a flambé à 8.670 Mds$ à la fin 2021.

Le "10 ans" américain au plus haut depuis fin 2019

Vendredi, le rendement du T-Bond à 10 ans s'est encore tendu pour atteindre 1,77% (+5 points de base), au plus haut depuis décembre 2019, contre 1,5% le 31 décembre dernier. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans est monté à -0,05% (+2 pb) au plus haut depuis avril 2019.

Vendredi, Mary Daly, patronne de la Fed de San Francisco, s'est prononcée pour une hausse graduelle des taux directeurs, et un début de réduction du bilan après "une ou deux hausses de taux". Sur le front de l'inflation, elle a relativisé en estimant que les Etats-Unis n'était pas "au bord du précipice d'une spirale de hausse des salaires et des prix".

Trois hausses de taux et réduction du bilan en vue dès 2022

Jeudi, James Bullard, président de la Fed de St-Louis, a dit envisager trois tours de vis monétaires cette année, dont un premier dès la réunion des 15 et 16 mars. Il a dit s'attendre à ce que l'inflation reste supérieure à 3% par an à la fin 2022. Il a estimé que la crédibilité de la Fed courrait actuellement un plus grand risque que durant les trois décennies passées.

D'ici à mars, la Fed aura l'occasion de préciser ses intentions lors de sa réunion des 25 et 26 janvier. D'ici là, la banque centrale pourra mesurer l'impact de la vague de variant Omicron sur l'économie, en sachant qu'en cas de ralentissement important de l'activité, elle pourrait hésiter à se montrer trop "faucon" (haussière).

Selon les données compilées par CME Group, reflétant les contrats à terme, la probabilité de voir la Fed augmenter dès mars prochain ses taux directeurs d'un quart de point à 0,25-0,50%, a encore augmenté pour atteindre 69,8% vendredi contre seulement 26% le 3 décembre dernier. Il y a probabilité de près de 80% pour que le taux des "fed funds" soit relevé au moins trois fois d'ici à la fin 2022.

La course contre Omicron est lancée, plus de 800.000 décès depuis le début de la pandémie aux USA

Sur le front de la pandémie, la Cour suprême des Etats-Unis se penche ce vendredi en urgence sur l'obligation de se vacciner contre le Covid-19, que le président Joe Biden tente d'imposer. La Cour suprême examinera deux obligations, l'une concernant les entreprises privées de plus de 100 salariés - soit deux tiers des emplois privés US - et l'autre les travailleurs des structures de santé bénéficiant de subventions fédérales. Il faudra cependant attendre plusieurs semaines avant de connaître le verdict de la Cour suprême sur le sujet.

Une mesure qui intervient alors que le nombre de cas de Covid-19 a plus que triplé aux Etats-Unis en deux semaines avec la flambée du variant Omicron. Le pays a affiché lundi dernier un record mondial d'un million de nouveaux cas de Covid...

Pendant ce temps, les autorités sanitaires (CDC) ont assoupli les directives d'isolement et de quarantaine pour les écoles. La Maison Blanche et les services postaux (USPS) finalisent les détails de la livraison de 500 millions de kits de test Covid-19 à travers le pays.

Les Etats-Unis affichent pour l'heure un taux de vaccination de 62% (schéma complet), avec 515 millions de doses administrées. Le virus y a fait plus de 800.000 morts. Près de 130.000 Américains sont actuellement hospitalisés ou en USI (soins intensifs) du fait du coronavirus.

VALEURS A SUIVRE

GameStop (+7,3%) a rebondi. Le spécialiste de la distribution de jeux vidéo et de matériel électronique, dont le cours de Bourse avait connu une phénoménale ascension en janvier 2021 avec le mouvement des 'meme stocks', prévoit de lancer une division pour se développer sur le marché des NFT, les fameux jetons non fongibles, et établir des partenariats dans les cryptomonnaies. C'est ce qu'indique le Wall Street Journal, citant des sources.

Le WSJ précise que GME lance cette division dans le but de revitaliser son activité principale de jeu vidéo, et aurait embauché plus de 20 personnes pour gérer l'unité, qui est un marché en ligne pour acheter, vendre et échanger des NFT de jeux vidéo virtuels. GameStop demande aux développeurs et éditeurs de jeux d'introduire des NFT sur sa place de marché, qu'il prévoit de lancer plus tard cette année.

Apple (+0,1%) a surnagé parmi les valeurs technologiques, mais a cédé 3% sur la semaine, malgré un record inscrit lundi, qui avait porté brièvement sa capitalisation boursière à plus de 3.000 milliards de dollars. Après une année de bénéfices et ventes record en 2021, la firme à la pomme a versé à son directeur général Tim Cook une rémunération proche de 100 millions de dollars (98,73 M$), selon un document déposé vendredi à la SEC. Pendant les 10 ans de direction de Tim Cook, entre août 2011 et fin septembre 2021, le cours de l'action d'Apple s'est envolé de 1.174%. C'est plus de trois fois mieux que les performances du S&P 500 sur la même période. Avec une fortune d'environ 1,5 Md$, Tim Cook reste cependant loin du haut du podium des milliardaires mondiaux, occupé par Jeff Bezos (Amazon), Elon Musk (Tesla) et Bernard Arnault (LVMH).

Johnson & Johnson (+1,3%), le géant pharmaceutique et médical américain, a annoncé les nouveaux résultats de la plus grande étude à ce jour sur la durabilité des vaccins COVID-19 aux États-Unis, montrant qu'une seule dose de son vaccin avait entraîné une protection durable jusqu'à six mois contre les infections au Covid-19, les hospitalisations et les admissions en unité de soins intensifs. L'étude a été parrainée par Janssen Pharmaceutical Companies (Johnson & Johnson) et menée en partenariat avec le Department of Science-Aetion, Inc, et la Division of Pharmacoepidemiology, Department of Medicine du Brigham & Women's Hospital et de la Harvard Medical School.

La nouvelle étude publiée sur medRxiv a examiné de manière approfondie les profils de durabilité des trois vaccins autorisés ou approuvés aux États-Unis en utilisant la même méthodologie pour trois résultats : les infections au Covid-19, les hospitalisations et les admissions en soins intensifs.

L'étude a montré que l'efficacité du vaccin Johnson & Johnson contre les infections et les hospitalisations restait durable. Les vaccins à ARNm (deux doses) ont montré une efficacité décroissante pour les hospitalisations et les infections, note J&J. Les trois vaccins n'ont montré aucune preuve de diminution de la protection contre les admissions en soins intensifs liées au Covid-19 à aucun moment, montrant une forte protection durable contre une maladie extrêmement grave.

Pfizer a gagné tout de même 1,6% ce jour, alors que BioNTech a rendu 1,3% et que Moderna a cédé 1%.

Walmart (+0,9%). Pékin reproche à Walmart d'avoir enfreint les lois chinoises sur la cybersécurité, rapportent des médias locaux cités par Reuters, alors que l'Américain, géant de la distribution, est par ailleurs la cible de critiques pour avoir interrompu la vente de produits fabriqués au Xinjiang.

New York Times (-10,7%) a annoncé l'acquisition du site d'information sportive The Athletic pour 550 millions de dollars.

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