Cotation du 22/11/2019 à 23h10 Dow Jones Industrial +0,39% 27 875,62
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Clôture de Wall Street : noir c'est noir !

Clôture de Wall Street : noir c'est noir !
Clôture de Wall Street : noir c'est noir !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une tentative de rebond avortée dans la matinée, les marchés boursiers américains ont replongé vendredi, pour la troisième séance d'affilée. Ils signent une semaine calamiteuse, avec une chute de plus 7% des principaux indices, leur pire semaine depuis août 2011 (S&P 500). Le Nasdaq composite est même entré vendredi dans un "bear market" (une tendance baissière) caractérisé par une chute de plus de 20% par rapport à ses derniers sommets. Sur le plan politique, le risque d'un "shutdown" des administrations fédérales à minuit (heure de Washington) et la démission surprise du secrétaire à la Défense, James Mattis, ont ébranlé la confiance des marchés. En outre, les incertitudes sur le commerce mondial, la croissance et les taux d'intérêts ont continué à miner les esprits. Enfin, l'arrivée simultanée à échéance des contrats à terme et des options sur les actions et les indices (journée dite des "4 sorcières") a accru la volatilité ambiante de ce vendredi.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,81% à 22.445 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 2,06% à 2.416 pts et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a dégringolé de 2,99% à 6.333 pts. Tous les indices sectoriels du S&P 500 ont chuté, à commencer par les services de communication (-3%), la technologie (-3%), les produits de consommation discrétionnaires (-2,58%) et les financières (-1,9%). Cette baisse des marchés s'est produite dans un important volume d'activité, le plus élevé depuis août 2011.

Le Nasdaq désormais tombé dans un "bear market"

Sur la semaine, les trois indices ont abandonné 6,8% pour le DJIA, 7% pour le S&P 500 et 8,3% pour le Nasdaq. Le DJIA a vécu sa pire semaine depuis octobre 2008, en pleine crise des "subprimes", et le S&P 500 son plus mauvais score depuis août 2011.

Le Nasdaq est désormais entré en zone baissière ("bear market") caractérisée par les investisseurs par un recul de plus de 20% par rapport aux derniers sommets. L'indice a ainsi cédé 22% depuis son dernier record historique du mois d'août à 8.109 pts. Il est revenu à son plus bas niveau niveau depuis septembre 2017, et cède 8,2% depuis le début 2018. Toutefois, sur le plus long terme, le Nasdaq progresse encore de 53% depuis 5 ans, et a été multiplié par près de 5 depuis mars 2009, où il avait frôlé les 1.300 points, au pire moment de la crise financière des "subprimes".

Le S&P 500 et le Dow Jones s'approchent aux aussi d'un 'bear market", avec un recul de 17,5% pour le premier et de 16,3% pour le second par rapport à leurs récents sommets de cet automne.

Sur le marché des changes, le dollar a servi de valeur refuge. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a rebondi vendredi soir de 0,78% à 97,02 points. De son côté, l'euro a cédé 0,73% à 1,1359$. Les obligations ont aussi été recherchées face à l'aversion aux placements en actions, plus risqués. Les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours des obligations) ont reculé, le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans cédant 2 points de base à 2,79%.

L'indice VIX de la volatilité, aussi surnommé "l'indice de la peur", a bondi de 7% à 30,32 pts, au plus haut depuis début février, lorsque les marchés d'actions avaient aussi connu une période de correction.

Donald Trump menace d'un "très long shutdown"

Les investisseurs ont les yeux tournés vers la Maison Blanche, où Donald Trump a engagé un bras de fer avec le Congrès pour obtenir le financement du mur qu'il a promis d'achever entre les Etats-Unis et le Mexique. Jeudi soir, la Chambre des représentants avait approuvé un nouveau texte allant dans le sens des exigences du président, incluant un financement de son mur à hauteur de 5,7 Mds$. Mais le texte n'a aucune chance d'être voté tel quel par le Sénat, où les Républicains ne contrôlent que 51 des 100 sièges, alors qu'une majorité qualifiée de 60 voix est nécessaire.

Sauf coup de théâtre de dernière minute, on devrait donc assister à un "shutdown" partiel, à savoir la fermeture de neuf ministères et agences fédérales américains, à partir de minuit ce vendredi soir (heure de Washington). Dans un "tweet" publié vendredi matin, Donald Trump a averti que "si les Démocrates votent non, il y aura un "shutdown" qui durera très longtemps".

La bataille autour du "shutdown" se double d'une autre tempête politique, après la démission, jeudi soir, du ministre de la Défense James Mattis, en raison d'un désaccord avec le président Trump sur sa décision de retrait américain de Syrie et de retrait partiel d'Afghanistan.

La Fed signale qu'elle s'adaptera aux circonstances si nécessaire...

Le psychodrame politique a fait oublier des déclarations assez accommodantes d'un responsable de la Fed, dans la matinée, qui ont contribué à la tentative de rebond de la Bourse de New York. John Williams, le président de la Fed de New York, a ainsi déclaré sur la chaîne de télévision CNBC, que la banque centrale était "prête à réexaminer et réévaluer nos opinions et (..) notre politique".

La Fed sera donc disposée à revoir sa politique si nécessaire, et elle écoute les signaux des marchés sur le risque de performances économiques inférieures aux attentes, a signifié John Williams. Mercredi, le président de la Fed, Jerome Powell, avait inquiété les marchés en se montrant déterminé à poursuivre le resserrement monétaire, quoiqu'à un rythme un peu plus lent. La Fed envisage désormais deux hausses de taux en 2019, et non plus trois, selon ses dernières projections économiques faites mercredi.

La croissance du 3ème trimestre revue en légère baisse aux Etats-Unis

Les indicateurs économiques du jour sont passés un peu inaperçus. La croissance du PIB américain au 3ème trimestre a été revue en légère baisse à +3,4% en rythme annuel pour sa 3ème et dernière estimation, contre 3,5% en 2ème estimation, et +3,5% attendu aussi par le consensus.

Par ailleurs, les commandes de biens durables ont augmenté de 0,8% en novembre sur un mois, moins que prévu (+1,4% de consensus) et après -4,3% au mois d'octobre.

Cependant, les consommateurs américains se portent encore bien. L'indice final du sentiment des consommateurs, mesuré par l'Université du Michigan, est ressorti plus élevé que prévu, à 98,3 en décembre, contre un consensus de place de 97,5. Les revenus personnels des ménages ont augmenté de 0,2% en novembres sur un mois, contre +0,3% de consensus de place. Les dépenses des ménages ont en revanche grimpé de 0,4% en novembre, ce qui dépasse les attentes de marché (+0,3%), après une croissance révisée en hausse à 0,8% pour le mois d'octobre.

Enfin, l'indice des prix 'core PCE' rattaché aux dépenses, très suivi par la Fed, s'est apprécié de +0,1% en novembre en comparaison avec le mois antérieur (+0,2% de consensus) et de +1,9% en glissement annuel, par rapport à novembre 2017.

VALEURS A SUIVRE

Parmi les rares valeurs en hausse vendredi soir, Nike s'est adjugé 7,1%, le groupe ayant dévoilé des comptes trimestriels et des prévisions plutôt solides dans l'ensemble. Le groupe a en particulier bénéficié d'une demande robuste en Amérique du Nord, avec les nouveaux lancements aux marges plus importantes. Les ventes en ligne ont également soutenu les résultats, avec une progression de plus de 40% (+30% environ sur le marché domestique). Les revenus trimestriels totaux se sont élevés à 9,4 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 847 millions de dollars et un bénéfice par action de 52 cents, contre des revenus de 8,6 Mds$ et un bpa de 46 cents un an avant, à la même époque. Le consensus, en comparaison, se situait à 46 cents de bénéfice par action et 9,2 Mds$ de revenus. Le concepteur de chaussures et accessoires de sport se montre confiant pour l'année 2019, évoquant une croissance des revenus supérieure aux attentes hors fluctuations de change.

La cote a été plombée par les valeurs internet et les technologiques, dont Apple, qui a encore reculé de 3,9%, portant sa chute plus de 35% depuis son dernier record historique, le 3 octobre dernier, à environ 232$ par action. La capitalisation boursière du fabricant de l'iPhone a ainsi plongé de 1.100 milliards de dollars à environ 715 Mds$ vendredi soir, une ponction de quelque 385 Mds$...

Plombé par des craintes sur les ventes d'iPhones, notamment en Chine, Apple a ainsi perdu récemment sa place de première capitalisation boursière mondiale, au profit de Microsoft, (-3,2% vendredi) dans un contexte boursier particulièrement difficile pour les géants d'internet, dont les cours de Bourse des valeurs ont dégringolé ces dernières semaines, après avoir engrangé des gains souvent impressionnants depuis plusieurs années.

Vendredi, en termes de capitalisation boursière, Microsoft pointait en tête avec 754 Mds$, suivi d'Apple (715 Mds$), d'Alphabet (-3,1% vendredi et 684 Mds$ de capitalisation) et d'Amazon (-5,7% vendredi, et 673 Mds$ de capitalisation).

Cintas (+0,6%) a présenté ses résultats du second trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 243 M$ (2,18$ par action), contre 137 M$ (1,23$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 1,76$. Les revenus s'élèvent à 1,72 Md$, contre 1,61 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,70$, pour des revenus de 1,7 Md$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa compris entre 7,30 et 7,38$, pour des revenus entre 6,87 et 6,91 Mds$.

CarMax (+3,9%) a annoncé ses comptes du troisième trimestre. Les revenus montent de 4,6% à 4,30 Mds$. Les bénéfices progressent de 27,9% à 190,3 M$, faisant ressortir un bénéfice par action de 1,09$, en hausse de 34,6%. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1$, pour des revenus de 4,3 Mds$.

Boeing (-2,7%). L'avionneur a reçu une commande de Nigeria Green Africa Airways portant sur 100 avions 737 MAX 8, dont la moitié en option. Au prix catalogue, le contrat atteint 11,7 milliards de dollars. Il s'agit tout simplement de la plus importante commande jamais passée par une compagnie basée en Afrique. Le 737 MAX 8 connaît les ventes les plus dynamiques de toute la gamme Boeing, avec plus de 4.800 commandes passées par plus d'une centaine de clients. Le groupe annonce aussi que Flyadeal s'est engagé à commander 30 737 MAX, avec des options pour 20 appareils supplémentaires (6 milliards de dollars au prix catalogue). Basé à Djeddah, Flyadeal a démarré ses opérations en septembre 2017.

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