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Clôture de Wall Street : mauvais temps, entre Omicron et la Fed

Clôture de Wall Street : mauvais temps, entre Omicron et la Fed
Clôture de Wall Street : mauvais temps, entre Omicron et la Fed

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé en baisse une semaine très volatile, marquée par l'inquiétude sur le variant Omicron, et la perspective d'une politique monétaire moins accommodante de la Réserve fédérale américaine en 2022 face à l'inflation. Malgré des créations d'emplois décevantes en novembre aux Etats-Unis, les salaires ont augmenté, faisant craindre une spirale inflationniste prix-salaires.

Vendredi en clôture, le Dow Jones a perdu 0,17% à 34.580 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,84% à 4.538 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a chuté de 1,92% à 15.085 pts, après être tombé en séance sous le seuil des 15.000 points, au plus bas depuis 7 semaines.

La cote a été plombée par le recul de 8 des 11 grands indices sectoriels du S&P 500, à commencer par les technologiques (-1,6%), les produits de consommation discrétionnaire (-1,8%), les financières (-1,5%), l'énergie (-0,8%) et les services de communication (-0,5%). Les secteurs défensifs des produits de consommation de base (+1,4%), des utilities (+1%) et de la santé (+0,25%) ont fait office de refuge.

Recul de 5% à 6% par rapport aux récents records

Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices ont reculé respectivement de 0,9% pour le Dow Jones, 1,2% pour le S&P 500 et 2,6% pour le Nasdaq. Pour le Dow Jones, il s'agit de la 5e semaine de baisse consécutive, tandis que les deux autres indices ont baissé quatre fois en 5 semaines.

Par rapport aux récents records du 8 novembre, le DJIA a désormais cédé 5% et le S&P 500 a lâché 3,4%. Le Nasdaq a perdu 6% par rapport à son record du 19 novembre.

Le pétrole a évolué en ordre dispersé vendredi, au lendemain de la décision de l'Opep+ de continuer d'augmenter sa production en janvier, de 400.000 barils par jour, malgré la menace du variant Omicron. Le baril de brut léger américain WTI a cédé 0,4% à 66,26$ (contrat à terme de janvier) et recule de 2,8% sur la semaine, tandis que le Brent de Mer du nord a gagné 0,3% à 69,88$ (contrat de février).

L'once d'or a rebondi de 1,2% à 1.783,90$ sur le Comex (contrat de février), après avoir touché la veille son plus bas depuis 7 semaines. L'indice du dollar était stable (+0,02%) vendredi soir face à un panier de devises à 96,18 points, tandis que l'euro s'affichait à 1,1302$ (+0,03%). Le bitcoin abandonnait environ 6,2% sur 24h autour de 53.378$.

L'indice VIX de la volatilité, aussi surnommé "l'indice de la peur", a bondi vendredi de 12%, à plus de 31 points, au plus haut depuis janvier dernier.

Seulement 210.000 créations de postes en novembre outre-Atlantique

Les marchés obligataires font office de refuge, faisant monter les cours et chuter les taux. Le rendement du T-Bond à 10 ans a ainsi plongé de 9 points de base à 1,36%, malgré les nombreuses déclarations de la Fed envisageant une accélération du "tapering", première étape vers une remontée des taux directeurs.

La séance de vendredi a été marquée par l'annonce surprise de seulement 210.000 créations d'emplois en novembre aux Etats-Unis, après 546.000 en octobre, et alors que les économistes s'attendaient à des créations d'emplois deux fois plus nombreuses. Avec 155 millions d'emplois salariés, il en manque encore 3,9 millions par rapport au niveau de début 2020, avant la crise du coronavirus. Le taux de chômage a malgré tout reculé plus que prévu, de 0,4 point, à 4,2% après 4,6% en octobre.

Par ailleurs, la hausse du salaire horaire moyen dynamique a bondi de 4,8% sur un an, ce qui fait craindre à certains un enchaînement délétère entre la hausse des prix et des salaires.

Par ailleurs, les indices d'activité sont ressortis solides aux Etats-Unis en novembre. L'indice PMI composite s'est établi à 57,2 contre 56,5 de consensus FactSet. L'indicateur PMI des services a été de 58, contre 57 attendu. De son côté, l'indice ISM des services s'est établi à 69,1, contre un consensus de 65 et 66,7 en octobre, ce qui signale une accélération de l'expansion de l'activité.

Enfin, les commandes industrielles américaines du mois d'octobre 2021 se sont établies en progression de 1% en comparaison du mois antérieur à 5,1 milliards de dollars, contre 0,5% de consensus et 0,5% pour la lecture révisée du mois antérieur.

La Fed se prépare à passer à la vitesse supérieure

Inflation durable ou pas, les responsables de la Fed militent de plus en plus pour une accélération du "tapering"... La présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, a déclaré qu'elle était "très ouverte" à l'accélération du rythme de réduction des achats d'actifs. Elle favorise une finalisation du tapering en mars, laissant la banque centrale en mesure de relever ses taux deux fois en 2022. Le gouverneur sortant de la Fed, Randal Quarles, a quant à lui déclaré que la Fed devait durcir sa politique en réponse à une demande élevée.

La présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, a réitéré son opinion, indiquant que la Fed pourrait devoir réduire plus rapidement, et ajoutant qu'il faudrait peut-être commencer à élaborer un plan pour réfléchir au resserrement ultérieur. Raphael Bostic de la Fed d'Atlanta a également réitéré sa préférence pour une réduction plus rapide des achats d'actifs obligataires, se terminant à la fin du premier trimestre. Enfin, vendredi, James Bullard, patron de la Fed de St. Louis, a réaffirmé la nécessité d'accélérer le tapering pour mettre un terme aux achats d'actifs mensuels dès le mois de mars.

Le FMI appelle la Fed a durcir le ton face à l'inflation

Même le FMI a exhorté la Fed a accélérer le resserrement de sa politique monétaire. Face à une inflation qui n'est clairement plus "transitoire", "il serait approprié pour la Réserve fédérale d'accélérer la réduction de ses achats d'actifs et d'avancer dans la voie d'une remontée des taux directeurs", a estimé vendredi le FMI dans un texte publié sur son blog.

Dans ce contexte, le FMI demande à toutes les banques centrales, et pas seulement à la Fed, de communiquer clairement leurs projets de politique monétaire pour 2022 pour éviter de déstabiliser les marchés financiers. "Il est essentiel pour les grandes banques centrales de communiquer attentivement sur leurs politiques pour ne pas provoquer sur les marchés une panique, qui aurait des effets délétères sur le plan domestique et à l'étranger".

Le "shutdown" évité, le plan "Build Back Better" toujours en discussion

Sur le plan politique aux Etats-Unis, le risque de "shutdown" a été évité, après le vote par le Sénat, jeudi soir, d'une loi permettant de financer les opérations du gouvernement fédéral jusqu'au 18 février 2022. Dans la foulée, le président américain Joe Biden a signé vendredi soir cette loi, un soulagement pour le camp démocrate, au moment où les inquiétudes concernant la crise sanitaire ont été ravivées par l'apparition du variant Omicron du coronavirus, et que le variant delta provoque une hausse des contaminations.

L'accent est désormais mis sur l'approche de la limite d'emprunt du gouvernement, ce qui, selon la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, pourrait arriver d'ici le 15 décembre. Cependant, les républicains du Sénat ont suggéré que la véritable échéance n'interviendrait pas avant janvier, ce qui pourrait accroître l'incertitude du marché dans l'intervalle.

Ailleurs, des progrès minimes sont notés sur la facture de 1.700 milliards de dollars du plan de réformes sociales "Build Back Better", les démocrates restant en désaccord sur un certain nombre de dispositions. Le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, s'attend à ce que le projet soit adopté d'ici Noël, bien que ce calendrier puisse être encore prolongé jusqu'en 2022.

VALEURS A SUIVRE

Pfizer (+2,3%) / BioNTech (+3,1%) / Moderna (+1,7%). Un dirigeant de Pfizer cité par Bloomberg a déclaré qu'il s'attendait à ce que le vaccin de la société, développé avec BioNTech, résiste à Omicron, notant que "nous ne nous attendons pas à une baisse significative de l'efficacité". Cela fait suite aux récents commentaires du dirigeant de BioNTech, partenaire vaccinal de Pfizer, qui a déclaré que la génération actuelle de vaccins protégerait probablement encore contre les maladies graves chez les personnes infectées par le variant Omicron. En outre, Glaxo a déclaré que les premières données montraient que son traitement par anticorps Covid-19 était susceptible d'être efficace contre le variant. Concernant la virulence du variant, le médecin-chef de l'Australie a déclaré qu'il n'y avait aucune preuve que le variant Omicron soit plus mortel que les autres souches, ajoutant que tous les cas dans le pays ont été très légers ou n'ont présenté aucun symptôme...

Le CEO de BioNTech, le Dr. Ugur Sahin, a par ailleurs jugé aujourd'hui que la probabilité d'un vaccin saisonnier Covid-19 était accrue. Il a réaffirmé sa confiance quant à la capacité du groupe à rapidement adapter, si nécessaire, son vaccin, face à Omicron. Lors d'une conférence Reuters, Sahin a jugé une fois encore que les vaccins devraient continuer à fournir une protection contre les maladies sévères dues au covid, malgré les mutations. Ce variant Omicron pourrait avoir la capacité d'infecter des personnes vaccinées, précise le dirigeant. Quoi qu'il en soit, Sahin maintient que les personnes infectées ayant été vaccinées seront encore protégées contre les maladies sévères.

Marvell Technology a bondi de 17,7%, après avoir facilement battu le consensus au troisième trimestre. Le concepteur de semi-conducteurs a révélé pour le trimestre un bénéfice ajusté par action de 43 cents, contre 38 cents de consensus et 25 cents un an auparavant. Les revenus ont totalisé 1,21 milliard de dollars, battant de 6% le consensus, contre 750 millions de dollars sur la période correspondante de l'an dernier. Pour le quatrième trimestre fiscal de cet exercice décalé 2022, les revenus sont anticipés à 1,32 milliard de dollars, plus ou moins 3%, pour une marge brute ajustée de 65% et un bpa ajusté de 48 cents, plus ou moins 3 cents.

Big Lots (+5,3%). Le détaillant américain vient de publier des résultats trimestriels supérieurs aux attentes de marché. Les perspectives sont prudentes, le groupe souffrant particulièrement des contraintes de supply chain. Le détaillant a affiché au troisième trimestre une perte moins lourde que prévu, à 4,3 millions de dollars et 14 cents par titre sur cette période close fin octobre, contre un profit net de 30 millions de dollars un an avant. Le consensus sur le trimestre clos était une perte de 16 cents par action. Les revenus trimestriels se sont tassés de 3% à 1,34 milliard de dollars, contre 1,32 milliard de consensus. Alors que le groupe voit un bon début de quatrième trimestre, il prévient dans le même temps de la persistance des problèmes d'approvisionnement. Le bpa du quatrième trimestre est anticipé entre 2,05 et 2,2$, contre un consensus de 2,39$.

Tesla (-6,4%). Elon Musk poursuit comme promis ses ventes d'actions. Il a écoulé encore pour plus d'un milliard de dollars d'action, selon un avis boursier publié jeudi. Musk a cédé plus de 10 millions d'actions Tesla depuis le début de ses ventes le mois dernier, compte le Wall Street Journal.

American Express (-0,5%). American Express Global Business Travel serait sur le point de conclure un accord de 5,3 milliards de dollars pour entrer en bourse via une opération de fusion avec un SPAC soutenu par Apollo Global.

Goldman Sachs (-1,2%) envisage de publier de nouveaux objectifs de rentabilité pour les trois prochaines années, du fait du dynamisme de la banque d'investissement et du trading pendant la pandémie.

Lyft (-4%) a nommé Elaine Paul en tant que nouvelle directrice financière. Elle officiait chez Amazon. Elle succède chez Lyft à Brian Roberts, démissionnaire.

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