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Clôture de Wall Street : les "technos" plombent une nouvelle fois l'ambiance

Clôture de Wall Street : les "technos" plombent une nouvelle fois l'ambiance
Clôture de Wall Street : les 'technos' plombent une nouvelle fois l'ambiance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York s'est enfoncée dans le rouge mardi, toujours sous le poids des valeurs technologiques, qui continuent de corriger après l'euphorie du mois d'août. Le Nasdaq a plongé de plus de 4%, et est entré officiellement en zone de correction, correspondant à une chute de 10% sur ses récents sommets. Les marchés s'inquiètent du rythme de la reprise post-Covid, mais aussi d'un regain des tensions commerciales après des propos offensifs de Donald Trump sur un possible "découplage" des économies américaine et chinoise. Le pétrole WTI a plongé de près de 8% dans la crainte d'une croissance ralentie, tandis que le dollar a progressé, retrouvant son rôle de valeur refuge.

A la clôture, les principaux indices américains sont retombés à leur plus bas niveau depuis quatre semaines. L'indice Dow Jones a reculé de 2,25% à 27.500 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 2,78% à 3.331 pts et que le Nasdaq Composite a abandonné 4,1%, à 10.847 pts. Ce dernier, riche en valeurs "technos" et "biotechs" a désormais perdu 10% par rapport à ses récents sommets, ce qui correspond officiellement à une correction. Le Nasdaq avait atteint le 2 septembre un nouveau record historique à 12.056 points, avant de subir des prises de bénéfices appuyées. Mais il gagne encore près de 21% depuis le début 2020.

Du côté des valeurs, le titre Tesla a dégringolé de 21%, ce qui a fait entrer le titre dans un marché baissier (baisse de plus de 20%) avec un plongeon de 33% depuis le début du mois de septembre... La plus grosse capitalisation de Wall Street, Apple, a chuté de 6,7%.

Après une remontée d'environ 60% des cours de Bourse depuis les plus bas de mars, de nombreux experts jugent que la baisse actuelle répond à un besoin logique de consolidation des marchés d'actions. L'euphorie des mois d'été a porté les valorisations à des niveaux historiquement élevés, avec un PER (Price Earnings Ratio) de plus de 22 sur le S&P 500, très supérieur à sa moyenne sur 10 ans, de l'ordre de 15 fois les bénéfices attendus sur les 12 mois à venir.

Les relations sino-américaines au coeur de la campagne présidentielle américaine

Sur le plan géopolitique, Donald Trump a jeté un froid lundi soir en évoquant un possible "découplage " des économies américain et chinoise, qui restent très dépendantes l'une de l'autre malgré le retour d'une certaine dose de protectionnisme depuis deux ans sous la présidence de Trump.

En pleine campagne électorale en vue de l'élection présidentielle du 3 novembre, le président républicain a lancé lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche : "Nous perdons des milliards de dollars et si nous ne faisions pas d'affaires avec eux (ndlr, les Chinois), nous ne perdrions pas des milliards de dollars. Ça s'appelle le découplage, donc on va commencer à y penser", a-t-il ajouté. "Si Biden gagne, la Chine gagne car la Chine prendra possession de ce pays", a-t-il ajouté, attaquant son adversaire démocrate Joe Biden.

"Quand on mentionne le mot 'découpler', c'est un mot intéressant", a-t-il ajouté, en assurant que cela ne ferait pas perdre d'argent aux Etats-Unis. Il a aussi promis de relocaliser des emplois de la Chine vers les Etats-Unis, un thème qui était déjà au coeur de sa campagne de 2016.

Le risques d'un Brexit sans accord s'accroissent

Parmi les autres facteurs pesant sur la cote ce mardi figure l'incertitude persistante autour du Brexit, après un regain de tension entre Londres et Bruxelles sur les relations post-Brexit. Alors qu'une nouvelle session de négociations a commencé ce mardi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a confirmé les informations de presse publiées lundi, en fixant un nouvelle date-butoir au 15 octobre..."Si nous n'arrivons pas à nous accorder d'ici là, je ne vois pas d'accord de libre-échange entre nous", et le Royaume-Uni quittera l'UE fin décembre quoi qu'il arrive, a-t-il averti.

Ces propos ont fait chuter la livre sterling, qui avait déjà perdu près de 1% lundi. Mardi soir, la devise britannique a encore lâché 1,35% à 1,2988$, et face à l'euro elle a fléchi de plus de 1%, à 90,70 pence pour un euro. De son côté, le dollar a profité du regain des incertitudes mondiales : l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à 6 devises de référence) s'est ainsi renforcé de 0,8% à 93,45 points. L'euro a cédé de son côté 0,3% à 1,1780$, à l'approche de la réunion de rentrée de la BCE, ce jeudi. Alors que les derniers indicateurs macro-économiques montrent que la reprise post-Covid patine en Europe, la banque centrale pourrait se montrer ouverte à de nouvelles mesures de soutien, même si aucun geste concret n'est attendu dès cette semaine par les économistes.

Les cours du pétrole ont dégringolé dans la crainte que la reprise économique mondiale ne s'essouffle, sur fond de crise sanitaire toujours présente, et de tensions commerciales aggravées entre Pékin et Washington. Le baril de brut léger américain (WTI) a plongé de 7,6% à 36,76$, tandis que le Brent d'échéance novembre a reculé de 5,3% à 39,78 le baril. Les deux variétés de pétrole sont désormais revenues au plus bas depuis juin dernier. La semaine dernière, elles avaient déjà baissé de 7,5% pour le WTI sur 5 séances, et de 7% et le Brent de la Mer du Nord.

Face à la faible demande d'or noir, les compagnies du Golfe Saudi Aramco et Abu Dhabi National Oil Co ont annoncé depuis lundi une baisse de leurs prix de vente officiels en Asie pour le pétrole dont la livraison est prévue pour octobre.

L'or a fait du yo-yo, avant de terminer en légère hausse de 0,5% à 1.943,20$ l'once, pour le contrat à terme de décembre, qui est toutefois tombé à 1.911,70$ en séance avant de rebondir (inscrivant ainsi un écart de 1,6% sur la séance).

VALEURS A SUIVRE

Tesla (-21%). La correction entamée la semaine dernière s'est transformée en véritable marché baissier pour le titre, qui a désomais perdu 33% sur ses records du 31 août dernier... Le gestionnaire d'indices Standard & Poor's a remanié vendredi son indice phare, le S&P 500, et contrairement aux récentes spéculations de marché, Tesla n'y a pas fait son entrée ! Or, une bonne part de la récente flambée du cours du constructeur californien de véhicules électriques était basée sur les attentes d'une entrée au S&P 500, auquel Tesla pouvait prétendre depuis que le groupe a affiché 4 trimestres consécutifs de bénéfices (l'une des conditions pour devenir membre du S&P 500).

Finalement, les heureux élus qui entreront le 21 septembre au S&P 500 sont Etsy (-1,3%, vente en ligne), Teradyne (-3,9%, systèmes de tests automatiques pour l'industrie des semiconducteurs) et Catalent (-1%, sous-traitant pharmaceutique). H&R Block (+1,7%, aide aux déclarations d'impôts), Coty (-2%, cosmétiques) et Kohl's (+0,58%, distribution) vont en revanche quitter l'indice le plus suivi par les gérants professionnels.

Le cours du titre Tesla (dont le nominal été récemment divisé par 5) avait été multiplié par 5 depuis le début de l'année pour atteindre un record de 498,32$ le 31 août. Le coup d'envoi de la baisse a été donné lorsque le groupe dirigé par Elon Musk a annoncé la semaine dernière un projet d'augmentation de capital de 5 milliards de dollars, une opération qui diluera la part des actionnaires actuels.

General Motors (+7,9%) place lui aussi ses pions sur le marché des véhicules électriques. La Hongguang Mini EV, une mini-voiture électrique construite par la coentreprise chinoise du groupe américain, est devenue en août le véhicule électrique le plus vendu en Chine, dépassant même le Model 3 de Tesla. C'est du moins ce qui ressort des statistiques mensuelles de l'Association des constructeurs chinois de voitures individuelles.

Nikola (+40,7% !), constructeur automobile américain basé à Phoenix, flambe à Wall Street sur un partenariat avec GM concernant son 'super truck' électrique. General Motors gèrera ainsi l'ingénierie et la production du Nikola Badger. GM va obtenir 11% du capital de Nikola pour 2 milliards de dollars, ainsi que le droit de nommer un administrateur. Nikola anticipe, grâce à cet accord, des économies de plus de 4 milliards de dollars en batteries et groupes motopropulseurs sur dix ans. 1 milliard de dollars de coûts d'ingénierie et validation seraient économisés. Le Badger doit entrer en production fin 2022.

Apple (-6,7%), Amazon (-4,3%), Facebook (-4%), Microsoft (-5,4%) et Alphabet (-3,6%) ne sont pas épargnés. Apple lancerait pourtant mi-septembre la production d'iPhone compatibles avec les réseaux 5G, selon l'agence japonaise Nikkei. Le groupe de Cupertino aurait par ailleurs commencé à produire un nouveau produit appelé AirTags qui aiderait les utilisateurs à suivre les objets perdus avec leurs iPhone.

Mylan (-1,1%) a scellé le rachat des droits du laboratoire sud-africain Aspen Pharmacare sur ses activités d'anticoagulants en Europe pour 642 millions d'euros.

ExxonMobil (-2,3%), le colosse pétrolier texan, aurait besoin de 48 milliards de dollars d'ici la fin de l'année prochaine pour financer ses opérations, ses projets de développement, et tenir ses engagements en matière de rémunération des actionnaires, selon Reuters et des estimations de marché. Ainsi, Exxon pourrait couper dans les coûts de manière conséquente, ce qui pourrait remettre en question le dividende.

Beyond Meat (+6,8%), le producteur de substituts de viande à partir de plantes basé à Los Angeles, a signé un accord en vue de l'ouverture d'un site de production près de Shanghai.

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