Cotation du 14/06/2019 à 23h14 Dow Jones Industrial -0,07% 26 089,61
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : les "technos" plombées par le décret anti-Huawei

Clôture de Wall Street : les "technos" plombées par le décret anti-Huawei
Clôture de Wall Street : les 'technos' plombées par le décret anti-Huawei
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a commencé la semaine dans le rouge, les sociétés technologiques américaines tirant les conséquences du bannissement du groupe chinois Huawei Technologies des marchés américains... Google (Alphabet, -2%) va ainsi cesser de fournir ses services aux smartphones de Huawei, selon la presse, tandis que les fabricants de semi-conducteurs vont eux aussi devoir arrêter de vendre leurs composants à l'équipementier télécoms chinois. Apple a perdu 3,1%, dans la crainte des conséquences sur le fabricant de l'iPhone de la montée des barrières douanières entre la Chine et les Etats-Unis.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,33% à 25.679 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,58% à 2.840 pts, et que le Nasdaq composite a fini en baisse plus appuyée de 1,46% à 7.702 pts. L'indice SOX de Philadelphie, qui reflète les semi-conducteurs, a plongé de 4%, entraîné notamment par Qualcomm (-6%), Broadcom (-6%), Intel (-2,9%), AMD (-2,9%), Nvidia (-3%), Xilinx (-3,5%) ou encore Lumentum (-4%).

La semaine dernière, les trois principaux indices avaient déjà reculé respectivement de 0,7% (DJIA), 0,76% (S&P 500) et 1,2% (Nasdaq) sous l'effet des tensions commerciales croissantes entre Washington et Pékin. Pour le Dow Jones et le Nasdaq, il s'agissait de la troisième semaine de baisse consécutive (et la 2è pour le S&P 500), ce qui n'était pas arrivé depuis la brutale correction d'octobre 2018.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) est resté proche de l'équilibre (-0,05%) à 97,95 points, tandis que l'euro avançait de 0,09% à 1,1166$. Du côté des taux, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, est remonté de 2 points de base à 2,41%, toujours proche de ses plus bas niveaux depuis novembre 2017, après avoir plafonné à plus de 3,1% en octobre 2018. Les marchés seront attentifs, mercredi, à la publication des Minutes de la dernière réunion de la Fed.

Le pétrole a terminé en ordre dispersé, toujours partagé entre les facteurs baissiers liés aux tensions commerciales, et les facteurs haussiers liés aux baisses de production en Iran, au Venezuela et en Libye. Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI a gagné lundi soir 0,54% à 63,10$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet reculait de 0,33%, à 71,97$ au moment de la clôture du Nymex.

Dimanche, à l'issue d'une réunion à Djeddah, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont fait savoir qu'ils ne voyaient aucune raison d'augmenter la production de l'Opep, en raison la persistance de stocks élevés dans le monde.

Aucune date fixée pour de nouveaux pourparlers entre Washington et Pékin

Selon les médias, les sociétés technologiques américaines ont donc commencé à se conformer au décret de Donald Trump interdisant de commercer avec Huawei Technologies, ce pèse plus particulièrement sur le secteurs des semi-conducteurs, et contribue à empoisonner les relations déjà tendues entre Washington et Pékin.

Depuis l'échec du dernier round de négociations, le 10 mai, aucune date n'a été fixée pour de nouveaux pourparlers entre les deux premières puissances économiques mondiales, dont les relations se sont encore tendues avec la mise au ban par Washington Huawei Technologies pour des raisons de sécurité nationale.

Lundi, la Chine a haussé le ton face aux Etats-Unis, accusés de nourrir des "attentes extravagantes" pour un accord commercial. "Nous ne savons pas de quel accord parlent les Etats-Unis. Peut-être les Etats-Unis ont un accord pour lequel ils nourrissent des attentes extravagantes, mais ce n'est certainement pas un soi-disant accord que la Chine aurait accepté", a ainsi déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang.

La dernière série de discussions n'a pas débouché sur une entente car les Etats-Unis ont tenté "d'imposer des intérêts déraisonnables au moyen d'une pression extrême", a poursuivi le porte-parole."Dès le départ cela ne pouvait pas marcher", a-t-il conclu , assurant que la délégation chinoise, pour sa part, s'était présentée avec une attitude "sincère et constructive".

Trump se dit "très heureux" de la guerre commerciale

Dimanche, dans une interview à 'Fox News', Donald Trump avait réaffirmé que les deux pays étaient parvenus à un "très bon accord" mais que la Chine était ensuite revenue sur ses engagements. Le président américain a ajouté qu'il était "très heureux" de cette guerre commerciale, ajoutant que la Chine ne deviendrait pas une super-puissance tant qu'il veillerait au grain. Enfin, Donald Trump a estimé que la Chine finirait par signer un accord, "parce qu'ils se font tuer par les droits de douanes".

Les Etats-Unis ont relevé depuis le 10 mai les droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois de 10% à 25%, et ont entamé la procédure en vue taxer la totalité des produits chinois importés. De son côté, Pékin a annoncé la taxation à partir du 1er juin de 60 Mds$ de produits américains importés.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs technologiques étaient donc les plus touchées lundi par la baisse, dans la crainte des conséquences du décret pris par la Maison blanche pour empêcher Huawei, leader mondial des équipements de réseaux et n-2 mondial des smartphones, de traiter avec des entreprises américaines.

Le quotidien économique japonais 'Nikkei' a rapporté lundi que le fabricant allemand de puces Infineon (-4,8% à Francfort) avait décidé de suspendre ses livraisons à Huawei. Citant des personnes au fait du dossier, l'agence 'Bloomberg' ajoutait de son côté que plusieurs fabricants de puces américains ont informé leurs employés qu'ils cessaient de fournir des composants et logiciels sensibles au groupe chinois... En France, l'action STMicroelectronics a fini en chute de 9% et Soitec a trébuché de 7,5%.

Aux Etats-Unis, l'indice SOX des semi-conducteurs a plongé de 4% à la clôture, entraîné notamment par Qualcomm (-6%), Broadcom (-6%), Intel (-2,9%), AMD (-2,9%), Nvidia (-3%), Xilinx (-3,5%), Lumentum (-4%) ou encore Micron Technology (-3,9%).

Alphabet a cédé 2% alors que Google a suspendu la fourniture de certains logiciels et applications à Huawei suite au décret anti-Huawei de Trump. Ainsi, le géant américain d'Internet a été amené à retirer sa licence Android à Huawei Technologies, pourtant numéro deux mondial des smartphones derrière le sud-coréen Samsung et devant l'américain Apple...

L'information, révélée dimanche par l'agence 'Reuters' a été confirmée lundi par le géant américain d'Internet. A court terme cependant, pour les smartphones Huawei déjà mis sur le marché, Huawei et Google ont assuré que rien ne changerait. Les appareils déjà vendus ou en stock continueront de fonctionner normalement sous Android, et pourront même de recevoir des mises à jour, notamment celles concernant la sécurité.

Apple (-3,1%). Le groupe est lui aussi exposé au risque de voir Pékin répliquer à l'offensive de Washington contre Huawei. HSBC a abaissé son objectif de cours de 6 dollars à 174$, en mettant en avant les risques liés à la demande chinoise. En outre, Apple, qui produits ses iPhones en Chine, sera très affecté si Donald Trump décide de taxer l'ensemble des biens en provenance de ce pays. Il serait alors contraint de relever ses prix de vente ou de rogner sur ses marges pour faire face aux taxes d'importation aux Etats-Unis.

Pinterest (-3,1%) n'a pas réussi à se stabiliser, après avoir décroché de 13,5% vendredi, suite à des publications financières trimestrielles diversement appréciées, assorties de prévisions décevantes. Pour sa première publication depuis l'introduction en bourse du mois dernier, le média social de partage de photos a dévoilé une perte nette de 41 millions de dollars, contre 53 millions un an avant. Hors éléments, la perte par action s'est élevée à 32 cents, alors que le consensus relevé par 'Bloomberg' était de -10 cents. Les revenus totaux se sont envolés quant à eux de 54% à 202 millions de dollars, alors que le consensus était de 201 M$. Le groupe revendique 291 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur le premier trimestre, ce qui dépasse les attentes, pour un ARPU en croissance de 26% à 73 cents.

Le groupe table désormais sur des revenus allant de 1,055 à 1,08 milliard de dollars pour l'exercice, contre 1,09 Md$ de consensus. La perte avant intérêt, taxes, dépréciations et amortissements est estimée entre 45 et 70 M$ sur l'année. La sanction devrait donc être assez brutale ce jour, peut-être excessive, à l'image du 'pop' de l'introduction en bourse, le titre évoluant 60% plus haut depuis l'IPO.

Tesla (-2,7%) Wedbush Securities a abaissé son objectif de cours pour le constructeur de voitures électriques à 230 dollars, contre 275$ auparavant, en raison d'inquiétudes persistantes sur l'évolution de la demande pour la 'Model 3' aux Etats-Unis. En attendant, le groupe va encore couper dans ses coûts... Son directeur général Elon Musk a ainsi annoncé aux employés son intention de surveiller plus attentivement encore les dépenses dans le cadre d'un nouveau plan d'austérité. Le fabricant californien de véhicules électriques a levé plus tôt ce mois 2,7 milliards de dollars par émission d'actions et de dette, afin de soutenir sa production.

Dans un courriel adressé aux salariés, Musk affirme que le produit de l'appel de fonds ne fournirait que dix mois au groupe pour parvenir à l'équilibre financier, en tenant compte d'un rythme constant de dépenses. "C'est la raison pour laquelle, à l'avenir, toute dépense quelle qu'elle soit dans le monde, notamment les pièces détachées, les salaires, les frais de déplacement, le loyer, littéralement tout paiement qui sort de notre compte bancaire doit être examiné", a indiqué le CEO de Tesla.

Musk avait déjà demandé il y a un peu plus d'un an à sa direction financière d'étudier toutes les dépenses dans le monde afin de compresser les charges. Tesla avait par ailleurs réduit ses effectifs en juin 2018 (de 9%) et en janvier (de 7%), rappelle Reuters...

Boeing (-0,6%) a terminé la mise à jour logicielle de ses avions B-737 MAX, cloués au sol depuis la mi-mars après deux catastrophes aériennes. Le groupe a ajouté avoir également complété ses essais sur simulateur ainsi que des tests en vol du logiciel anti-décrochage MCAS, mis en cause dans les accidents de Lion Air en Indonésie et d'Ethiopian Airlines en Ethiopie.

Sprint a bondi de 12,4% et T-Mobile US a gagné 3,8% après l'annonce de modifications à leur projet de fusion qui devrait leur permettre d'obtenir le feu vert de la Federal Communications Commission (FCC).

Ford Motor (-0,10%) va réduire ses effectifs d'environ 10% avec la suppression de 7.000 emplois d'ici fin août dans le cadre d'un vaste de plan de restructuration destiné à lui faire économiser 600 millions de dollars (529,2 millions d'euros) par an...

Dans un courriel adressé aux salariés, Jim Hackett, le directeur général du constructeur automobile, a précisé que ces suppressions de postes se feraient par le biais de départs volontaires et de licenciements. Un porte-parole du constructeur automobile a aussi annoncé un gel des recrutements. Environ 2.300 des postes supprimés se trouvent aux Etats-Unis, les autres étant situés en Europe, en Chine et en Amérique du Sud...

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com