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Clôture de Wall Street : les technologiques plombent l'ambiance

Clôture de Wall Street : les technologiques plombent l'ambiance
Clôture de Wall Street : les technologiques plombent l'ambiance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les indices boursiers américains ont glissé en terrain négatif, jeudi, sous l'effet de résultats décevants du fondeur taiwanais de semi-conducteurs, TSMC, qui fournit de nombreux groupes américains en "puces", dont Apple (-2,8%) et Nvidia (-3,1%). Par ailleurs, la récente hausse des cours du pétrole et d'autres matières premières (aluminium, nickel, acier...) a entraîné une hausse des prévisions d'inflation et un bond des taux d'intérêts. Les tensions avec la Chine sont montées d'un cran après que Pékin a exigé des concessions de la part de Qualcomm (-4,8%) pour le rachat de NXP Semiconductors, basé à Singapour. Du côté des publications de résultats, American Express (+7,6%) a fait mieux que prévu, tandis que Procter & Gamble (-4,1%) a manqué le consensus.

Le Dow Jones a cédé jeudi 0,34% à 24.664 points à la clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé 0,57% à 2.693 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a cédé 0,78% à 7.238 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a progressé de 0,26% à 89,86, tandis que l'euro a fléchi de 0,2% à 1,2349$. Sur le marché obligataire américain, le rendement du T-Bond à 10 ans, qui s'est déjà tendu de 5 points de base mercredi, a encore gagné 4 pdb pour remonter à 2,91%, reflétant des anticipations d'accélération de l'inflation. La veille, la Réserve fédérale américaine s'est inquiétée dans son dernier Livre Beige des effets potentiellement négatifs de la politique protectionniste prônée par Donald Trump, qui a déjà entraîné une forte hausse des prix des produits sidérurgiques aux Etats-Unis.

Pétrole, aluminium et nickel en hausse, un signe précurseur d'inflation ?

Les cours du pétrole ont progressé au-delà de 69$ en séance, au plus haut depuis environ 3 ans et demi, avant de se replier légèrement en fin de séance, dans l'attente de la réunion de l'Opep et de ses alliés prévues vendredi Djeddah en Arabie saoudite. Le baril de brut américain WTI a terminé jeudi à 68,29$ en recul de 0,26% (contrat à terme de mai sur le Nymex), tandis que le Brent de la Mer du nord a continué de progresser, de 0,26%, à 73,67$.

Par ailleurs, des sources citées par 'Reuters' ont font état d'une volonté de l'Arabie saoudite de voir le cours du brut s'établir entre 80$ et 100$, ce qui laisse penser que le royaume est prêt agir pour que l'accord de maîtrise de la production, en vigueur depuis la fin 2016 entre l'Opep et ses alliés, dont la Russie, se prolonge sur le long terme.

Depuis le 4 avril, l'indice des matières premières Reuters/Jefferies CRB a bondi de 5%. Les cours de l'aluminium ont même flambé de plus de 20% depuis début avril sur le LME, le marché londonien des matières premières, après que les Etats-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à la Russie. Ces sanctions empêchent notamment le géant minier russe Rusal (qui produit 6% de l'aluminium mondial) de vendre son aluminium sur le marché mondial, ce qui a entraîné une tension sur les prix du métal... le cours du nickel a bondi de 17% depuis le 6 avril, dans la crainte que les Etats-Unis n'étendent prochainement leurs sanctions au géant russe Norilsk Nickel.

Aux Etats-Unis, les statistiques macro-économiques publiées jeudi ont confirmé la bonne santé de l'économie. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressortie à 232.000, un chiffre un peu supérieur au consensus de 230.000. Par ailleurs, l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Philadelphie est ressorti à 23,2 en avril, contre 20,1 de consensus de place et 22,3 un mois avant.

Enfin, l'indice des indicateurs avancés américains mesuré par le Conference Board est ressorti en croissance de 0,3% en mars sur un mois, en ligne avec le consensus des économistes de la place, après une progression de 0,7% en février.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur lié aux semi-conducteurs a bu la tasse après que le groupe taiwanais TSMC (Taiwan Semiconductor) donné des prévisions de vente décevantes, jeudi matin, anticipant une demande moins élevée que prévu de la part de ses clients en téléphonie mobile. Ces informations ont notamment fait chuter les cours d'Apple (-2,8%) et de Nvidia (-3,1%), deux gros clients de TSMC. La firme de Wall Street Morgan Stanley juge que l'alerte sur les revenus de TSMC traduit surtout la faiblesse des ventes d'iPhones d'Apple.

Le titre ADR de Taiwan Semiconductor a chuté de 5,7% à Wall Street jeudi soir. Le groupe envisage maintenant des revenus allant de 7,8 milliards à 7,9 milliards de dollars pour le second trimestre. Le consensus de Wall Street était logé à 8,8 milliards de dollars.

Le géant américain des semi-conducteurs, Intel a reculé de 2,6%. Par ailleurs, le cours de Qualcomm a chuté de 4,8% après que l'autorité de la concurrence chinoise a demandé au fabricant de puces électroniques californien des concessions supplémentaires dans le cadre de son rachat du groupe NXP Semiconductors (-5,1%) basé à Singapour. L'enquête chinoise demandera "beaucoup de temps d'investigation pour collecter des preuves et les analyser", a précisé le ministère du commerce chinois, laissant planer le doute sur l'issue de cette opération de rachat à 44 Mds$.

Le secteur financier a en revanche profité de la tension sur les taux d'intérêts : +2,7% pour Morgan Stanley, +2,2% pour Bank of America, +2,2% pour JP Morgan Chase et +1,8% pour Citigroup. Jeudi, Bank of New York Mellon (+5,7%) a dépassé le consensus de profit sur le trimestre clos. Sur le 1er trimestre fiscal, la banque a réalisé un bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires de 1,14 Md$ soit 1,10$ par titre, contre 880 M$ et 83 cents par action un an avant. Le consensus était logé à 96 cents de bpa. Les actifs sous gestion sont ressortis en croissance de 8% à environ 1.900 Mds$, niveau record. Les revenus de commissions ont augmenté de 10% à 3,32 Mds$.

Blackstone (+1%). Le gestionnaire alternatif new-yorkais a affiché sur le trimestre clos des profits en recul de 20%. Toutefois, le groupe envisage pour l'année 2018 un dividende exceptionnel de 30 cents par titre. En outre, la firme renforce son plan de rachat d'actions à 1 Md$, contre 336 M$... Rappelons que Blackstone avait accepté en janvier l'acquisition d'une part majoritaire des activités 'Financial & Risk' de Thomson Reuters, dans le cadre d'une opération de 20 Mds$.

American Express (+7,6%) a dévoilé un résultat net de 1,63 Md$ soit 1,86$ par titre, contre 1,25 Md$ et 1,35$ par action un an plus tôt. Le consensus de place était de 1,71$ de bénéfice par titre. Les revenus - hors dépenses d'intérêt - ont progressé de 12% à 9,72 Mds$, contre 9,5 Mds$ de consensus. Le spécialiste américain des cartes de paiement a donc très agréablement surpris, profitant de la croissance de ses marchés et de l'expansion de l'économie américaine, ainsi que d'une belle progression à l'international. Pour ce 1er trimestre 2018, les dépenses en cartes des clients ont grimpé de 3% aux USA et 7% dans le monde.

En outre, AmEx se montre optimiste et dit tabler désormais sur un bénéfice annuel 2018 par action dans le haut de fourchette d'une 'guidance' antérieure qui allait de 6,90 à 7,30$. Le consensus était pour sa part situé à 7,1$.

Le titre de Procter & Gamble (-3,3%) est tombé au plus bas depuis deux ans, après la publication financière du géant des produits de consommation. Sur le trimestre clos, les revenus du groupe se sont appréciés de 4% à 16,3 Mds$, ce qui ressort légèrement supérieur au consensus. Le bénéfice par action est ressorti à environ 1$ hors éléments, ce qui dépasse de 2 cents le consensus. Sur ce troisième trimestre fiscal 2018, clos fin mars, le groupe de Cincinnati a dégagé un profit pratiquement stable à 2,5 Mds$, pour un bpa net de 95 cents. P&G table sur une croissance organique annuelle dans le bas d'une fourchette allant de 2 à 3%. En tenant compte des changements de périmètre, le groupe vise une croissance de 3%.

Par ailleurs, Procter a annoncé qu'il allait débourser 4,2 Mds$ pour reprendre les activités de santé dédiées au consommateur de Merck KGaA. La division de santé grand public de Merck avait réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 911 millions

Amazon (+2%). Amazon Prime, le service sur abonnement d'Amazon offrant aux clients des livraisons gratuites sur des millions d'articles, ainsi que d'autres avantages et un accès à Prime Video, a dépassé les 100 millions de membres ! Le géant américain du commerce en ligne a révélé hier ces chiffres, qui confirment donc qu'Amazon Prime a désormais... plus de membres que le colosse de la distribution Costco Wholesale, à titre de comparaison. Costco revendique en effet un peu plus de 90 millions de membres. Le directeur général du groupe, Jeff Bezos, a donc dévoilé hier soir l'atteinte de cet objectif symbolique des 100 millions d'abonnés dans le monde. L'an dernier, Amazon a livré plus de 5 milliards d'articles dans le monde avec Prime.

Alcoa (+1,9%) a positivement surpris : au premier trimestre, le bénéfice net du géant de l'aluminium s'est élevé à 150 M$ soit 80 cents par titre, pour des ventes de 3,1 Mds$ à comparer aux 2,7 Mds$ de l'an dernier. Après ajustements, le bénéfice par action est ressorti à 77 cents, contre 63 cents un an auparavant et 68 cents de consensus. Les revenus sont quant à eux ressortis conformes aux attentes de marché. Le groupe prédit par ailleurs une demande accrue en aluminium... Le groupe table sur un Ebitda ajusté annuel allant de 3,5 à 3,7 Mds$, alors qu'il prévoyait auparavant un niveau allant de 2,6 à 2,8 Mds$.

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