Cotation du 23/05/2018 à 16h39 Dow Jones Industrial -0,37% 24 743,06
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Clôture de Wall Street : les taux et Google font chuter les cours

Clôture de Wall Street : les taux et Google font chuter les cours
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a accéléré son recul, mardi, enchaînant une quatrième séance de baisse consécutive. Les principaux indices ont abandonné en séance plus de 2% avant de se reprendre légèrement à la clôture, avec des reculs de l'ordre de 1,7%. La hausse des taux d'intérêts et la chute des "technos", notamment Alphabet (maison mère de Google) ont plombé le moral des investisseurs. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans a atteint en séance le seuil psychologique des 3%, au-delà duquel les analystes estiment que les marchés d'actions seront pénalisés.

A la clôture, le Dow Jones a cédé 1,74% à 24.024 points, après une chute de 2,5% en séance jusqu'à 23.828 pts. L'indice large S&P 500 a fini en recul de 1,34% à 2.634 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a cédé 1,7% à 7.007 pts.

Parmi les plus fortes baisses du Dow Jones figurent les titres de 3M (-6,8%) et Caterpillar (-6,2%) qui ont publié des comptes et des perspectives décevantes. DowDuPont a perdu 3,7% et Travelers 3,2%, tandis qu'à la hausse, Verizon Communication a progressé de 2% et Intel a avancé de 0,7%. Alphabet, la maison mère de Google, a plongé de 4,7%, malgré la publication de résultats trimestriels meilleurs que prévu, mais accompagnés de dépenses d'investissement supérieures aux attentes des investisseurs.

La hausse des taux menace de rendre les actions moins attractives

Sur le marché des changes, le dollar a mis fin à sa série haussière, mardi, malgré les tensions sur les taux, mais il reste proche de son plus haut depuis trois mois. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, dollar canadien, livre, franc suisse et couronne suédoise) a reculé de 0,18% à 90,78. De son côté, l'euro est remonté de 0,2% à 1,2235$ après avoir cédé 1,4% en 6 séances, pour revenir lundi soir au plus bas depuis près de 8 semaines.

Sur les marchés obligataires, les cours ont reculé, faisant encore monter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Le taux du T-Bond à 10 ans a donc atteint 3% en séance et a fini tout près de ce seuil, à 2,99%, pour la première fois depuis la fin février. Ce taux évoluait autour de 2,4% à la fin 2017, et auparavant, il n'avait plus testé les 3% depuis plus de 4 ans, début 2014, mais il était alors rapidement retombé sous ce seuil.

Cette fois, les marchés craignent cependant que ce taux ne remonte durablement au-dessus des 3%, compte-tenu de plusieurs facteurs de soutien : une croissance économique solide et le retour du plein emploi aux Etats-Unis, la poursuite annoncée du cycle de hausse des taux directeurs de la Fed, et des signes de retour de l'inflation, d'autant que le cours du pétrole est remonté au plus haut depuis plus de 3 ans. En outre, la politique de Donald Trump (baisse des impôts et protectionnisme commercial), va accroître l'endettement des Etats-Unis et contribuer à une hausse de l'inflation et des taux d'intérêts.

Si le taux à 10 ans se hissait durablement au-dessus de 3% les investisseurs seraient tentés de délaisser les actions pour les obligations. Le rendement (dividendes) des actions américaines est d'environ 1,7% pour le S&P 500, et comporte davantage de risque que la dette de l'Etat américain, qui rapporte donc désormais près de 3% par an.

En outre, une hausse de taux pèserait sur les coûts financiers des entreprises qui s'endettent, ce qui réduirait d'autant leurs bénéfices. Enfin, une hausse des taux souverains aurait aussi des effets haussiers sur les prêts hypothécaires, ce qui pourrait faire ralentir le marché immobilier et peser sur la croissance économique.

Des indicateurs macro-économiques signalent la poursuite d'une croissance solide aux Etats-Unis

La publication, mardi, d'une salve d'indicateurs macro-économiques plutôt positifs aux Etats-Unis n'ont pas dissipé les craintes de hausses des taux. Ainsi, l'indice de confiance des consommateurs, mesuré par le Conference Board, est ressorti supérieur aux attentes en avril à 128,7, contre 126,1 de consensus de place et 127 en mars.

Plusieurs statistiques immobilières ont aussi dépassé les attentes. L'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix des maisons a augmenté de 0,8% en février sur un mois (indice '20-City' des 20 principales zones métropolitaines), contre un consensus de place de +0,7%. De son côté, l'indice FHFA (Federal Housing Finance Agency) des prix des maisons a augmenté de 0,6% en février contre +0,5% de consensus de place et une hausse de +0,8% en janvier.
Par ailleurs, les ventes de logements neufs ont atteint 694.000 en mars, un nombre bien supérieur au consensus (630.000) et aux données de février (667.000, nombre revu à la hausse).

Seul bémol à ce tableau : l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond a fortement chuté en avril à -3, contre +16 de consensus de place et +15 pour la lecture du mois antérieur.

VALEURS A SUIVRE

La séance a été marquée par de très nombreuses publications de résultats du 1er trimestre, qui ont été accueillies de façon contrastée par les investisseurs.

Alphabet (-4,7%) a déçu les marchés, malgré des comptes supérieurs aux attentes pour le 1er trimestre. Les revenus ont atteint 31,15 Mds$, contre 24,75 Mds$ un an avant, et les bénéfices se sont élevés à 9,40 Mds$, contre 5,43 Mds$ un an plus tôt. Le bénéfice par action s'affiche ainsi à 13,33$, contre 7,73$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice par action de 9,31$, pour des revenus de 30,3 Mds$.

Malgré ces chiffres impressionnants, les analystes ont trouvé les comptes peu lisibles, en raison de nombreux éléments non récurrents, à la fois côté recettes et côté dépenses. Ils ont aussi peu apprécié une forte hausse des investissements du géant d'internet, qui risque de peser sur les futures marges du groupe. Certains analystes ont donc revu à la baisse leurs objectifs de cours pour le titre Alphabet.

Coca-Cola (-2%) a dévoilé ses comptes du premier trimestre. Les revenus baissent de 16% à 7,63 Mds$. En non-GAAP, les revenus progressent de 5%. Les bénéfices grimpent quant à eux de 16% à 1,37 Md$, faisant ressortir un bénéfice par action de 0,32$, contre 0,27$ sur la même période de l'exercice précédent. En non-GAAP, le bpa s'affiche à 0,47$, en hausse de 8%. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,46$, pour des revenus de 7,3 Mds$. Sur 2018, le groupe vise un bpa non-GAAP en hausse de 8 à 10% par rapport à l'année d'avant (1,91$).

Biogen (+1,1%) présente ses résultats du premier trimestre. Les profits sont de 1,17 Md$ (5,54$ par action), contre 748 M$ (3,46$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 6,05$, contre 5,20$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 3,13 Mds$, contre 2,81 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 5,93$, pour des revenus de 3,15 Mds$.

Corning (-2,8%) publie ses comptes du premier trimestre. La perte nette ressort à 589 M$ (0,72$ par action), contre un bénéfice de 86 M$ (0,07$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,31$, contre 0,36$ sur la même période de l'exercice précédent. Les ventes montent de 5% à 2,5 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,30$, pour des revenus de 2,49 Mds$.

Lockheed Martin (-6,2%) publie ses résultats du premier trimestre. Les bénéfices sont de 1,16 Md$ (4,02$ par action), contre 789 M$ (2,69$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 11,63 Mds$, contre 11,21 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 3,39$, pour des revenus de 11,2 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais un bpa compris entre 15,80 et 16,10$ (contre une précédente fourchette de 15,2/15,5$). Les revenus sont quant à eux attendus entre 50,35 et 51,85 Mds$ (contre une précédente fourchette de 50/51,5 Mds$).

En revanche, les résultats de Verizon Communication (+2%) ont été salués par une hausse du cours de Bourse. Les bénéfices de l'opérateur télécoms sont de 4,67 Mds$ (1,11$ par action), contre 3,55 Mds$ (0,84$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,17$, contre 0,95$ un an plus tôt. Les revenus s'affichent à 31,8 Mds$, contre 29,8 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,11$, pour des revenus de 31,2 Mds$. Sur 2018, le groupe vise un bpa et des revenus en légère hausse.

3M (-6,8%) dévoile ses résultats du premier trimestre. Les bénéfices s'élèvent à 602 M$ (0,98$ par action), contre 1,32 Md$ (2,16$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 2,50$, en croissance de 15,7%. Les revenus s'affichent à 8,28 Mds$, en progression de 7,7%. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,50$, pour des revenus de 8,2 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais un bpa compris entre 10,20 et 10,55$ (contre une précédente fourchette de 10,20/10,70$).

Caterpillar (-6,2%) publie ses résultats du premier trimestre. Les revenus s'affichent à 12,86 Mds$, contre 9,82 Mds$ un an avant. Les profits sont de 1,66 Md$, contre 192 M$ il y a un an. Le bénéfice par action ressort ainsi à 2,74$, contre 0,32$ un an plus tôt. En base ajustée, le bpa s'élève à 2,82$, contre 1,28$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,12$, pour des revenus de 11,9 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais un bpa compris entre 10,25 et 11,25$, contre une précédente fourchette de 8,25/9,25$.

Eli Lilly (-0,1%) publie ses résultats du premier trimestre. Les bénéfices ressortent à 1,22 Md$ (1,16$ par action), contre une perte de 110,8 M$ (0,10$ par action) un an avant. Le bpa ajusté s'affiche à 1,34$, contre 0,98$ un an plus tôt. Les revenus s'élèvent à 5,70 Mds$, contre 5,23 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,13$, pour des revenus de 5,5 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais un bpa compris entre 5,10 et 5,20$ (contre une précédente fourchette de 4,81/4,91$).

Harley-Davidson (+2,4%) annonce ses comptes du premier trimestre. Les bénéfices sont de 174,8 M$ (1,03$ par action), contre 186,4 M$ (1,05$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,24$. Les revenus s'élèvent à 1,36 Md$, contre 1,33 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,01$, pour des revenus de 1,27 Md$.

United Technologies (-1,1%) publie ses résultats du premier trimestre. Les profits s'affichent à 1,29 Md$ (1,62$ par action), contre 1,38 Md$ (1,73$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,77$, en croissance de 20%. Les ventes grimpent de 10% à 15,24 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,51$, pour des ventes de 14,6 Mds$. Sur 2018, le groupe vise désormais des ventes comprises entre 63 et 64,5 Mds$ (contre une précédente fourchette de 62,5/64 Mds$). Le bpa ajusté est quant à lui attendu entre 6,95 et 7,15$ (contre une précédente fourchette de 6,85/7,10$).

Texas Instruments (+0,3%) publiait ses comptes après la clôture de Wall Street. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 1,11$, pour des revenus de 3,65 Mds$. Un an avant, sur la même période, la société spécialisée dans les composants électroniques et les semi-conducteurs avait enregistré un bénéfice par action de 0,89$ et des revenus de 3,4 Mds$. Lors de la publication des comptes du T4 2017, le groupe avait annoncé viser, sur le T1 2018, des revenus compris entre 3,49 et 3,79 Mds$, pour un bpa entre 1,01 et 1,17$.

TD Ameritrade (-3,5%) a présenté ses comptes du second trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 271 M$ (0,48$ par action), contre 214 M$ (0,40$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,73$. Les revenus s'élèvent à 1,42 Md$, contre 904 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,74$, pour des revenus de 1,38 Md$.

Whirlpool (-1,2%) a publié ses résultats du premier trimestre. Les bénéfices sont de 94 M$ (1,30$ par action), contre 153 M$ (2,01$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 2,81$, contre 2,50$ un an plus tôt. Les ventes s'élèvent à 4,91 Mds$, contre 4,79 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,51$, pour des ventes de 4,95 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa compris entre 14,50 et 15,50$. Whirlpool annonce par ailleurs une hausse de 4,5% de son dividende trimestriel.

Salesforce (-3,2%) annonce sa volonté d'investir 2,2 Mds$ en France au cours des 5 prochaines années. Le groupe, qui explique connaître une rapide croissance en France, prévoit d'augmenter ses effectifs, la taille de ses bureaux et sa capacité d'hébergement des données dans le pays pour accompagner le nombre croissant de ses clients.

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