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Clôture de Wall Street : les records approchent à la veille du week-end de Pâques

Clôture de Wall Street : les records approchent à la veille du week-end de Pâques
Clôture de Wall Street : les records approchent à la veille du week-end de Pâques
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé jeudi en légère hausse, se rapprochant de ses plus hauts niveaux historiques, à la veille d'un week-end de Pâques de trois jours. Le Nasdaq 100 a signé un record pour la deuxième séance d''affilée. Les volumes d'échange sont restés modestes, sur fond d'avalanche de résultats trimestriels. Les introductions en Bourse de Pinterest sur le Nyse (+28,4%) et de Zoom Video sur le Nasdaq (+72,2%) ont été accueillies par des fortes hausses. Sur le plan macro-économique, les investisseurs ont apprécié l'annonce d'une hausse de 1,6% des ventes de détail en mars aux Etats-Unis.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,42% à 26.559 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,16% à 2.905 pts. Du côté des valeurs technologiques et biotechnologiques, le Nasdaq composite, qui compte quelque 4.500 composants, a grappillé 0,02% à 7.998 pts. L'indice plus resserré, le Nasdaq 100, a progressé de 0,12%, inscrivant un record historique pour la deuxième séance consécutive.

Le DJIA est désormais à 1% de son plus haut historique (26.828 pts en clôture, le 3 octobre 2018), tandis que le S&P 500 est à 0,8% et que le Nasdaq Composite doit encore parcourir 1,4%. Sur l'ensemble de la semaine, le DJIA (+0,5%) et le Nasdaq (+0,2%) ont progressé, tandis que le S&P 500 est resté stable. Depuis le début de l'année, le DJIA a gagné 14%, le S&P 500 a pris 15,6% et le Nasdaq composite a bondi de 20,5%.

Alors que la saison des résultats d'entreprises au 1er trimestre vient de démarrer, les investisseurs tentent de discerner si ces comptes seront de nature à soutenir de nouvelles hausses des cours dans un environnement macro-économique mondial fragilisé. Une politique monétaire redevenue accommodante, ainsi qu'un accord commercial avec la Chine (qui pourrait intervenir fin mai, selon les dernières rumeurs) pourraient donner un nouvel élan aux marchés. Mais de nombreux risques persistent, notamment du côté de la croissance chancelante en Europe, où le Brexit ajoute aux incertitudes.

Pas de "scoops" dans le rapport final du procureur Mueller

Jeudi, les marchés ont surveillé la publication du rapport final du procureur spécial Robert Mueller, chargé d'enquêter sur les soupçons de collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016. Les investisseurs ont pu constater que le document, publié jeudi par le ministère américain de la Justice, ne contenait pas d'informations exclusives par rapport au résumé qui avait déjà été publié.

La principale conclusion de ce rapport était donc déjà connue, à savoir qu'il n'y a pas de preuves que Donald Trump et son entourage aient "coopéré" avec la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016, ni fait obstruction à la justice dans cette affaire. Le doute subsiste cependant, le procureur spécial ayant écrit qu'il n'était pas non plus "en mesure" d'exonérer le président des soupçons d'entrave à la justice.

Donald Trump a réagi jeudi en traitant de "supercherie" le rapport Mueller, ajoutant devant la presse : "je passe une bonne journée".

L'activité manufacturière reste déprimée en Allemagne et en zone euro

Sur le marché des changes, le dollar a fini en nette hausse jeudi face à un panier de devises. L'indice du dollar a gagné 0,47% à 97,46 points, tandis que l'euro a cédé 0,54% à 1,1233$ après la publication d'indices d'activité déprimés en zone euro, en particulier en Allemagne... L'indice PMI IHS Markit composite (secteurs manufacturier et des services) est ainsi ressorti à 51,3 en avril après 51,6 en mars, alors que les économistes tablaient sur une amélioration à 51,8. Il est au plus bas depuis 3 mois.

L'indice PMI flash manufacturier est resté en zone de contraction dans la zone euro à 47,8 (tout chiffre inférieur à 50 indique une contraction). L'Allemagne a lourdement pesé, avec un chiffre à 44,5 contre 45 attendu et après 44,1 en mars. Toutefois, l'activité des services en Allemagne a compensé partiellement la chute globale, en remontant à 55,6 en avril (son plus haut depuis 7 mois) contre 55,1 attendu et après 55,4 en mars.

Sur les marchés obligataires américains, le rendement de l'emprunt d'Etat de référence, le T-Bond à 10 ans, est retombé de 4 points de base à 2,56%.

Le pétrole s'appréciait légèrement en soirée, au lendemain de l'annonce d'une baisse des stocks aux Etats-Unis et d'une croissance chinoise meilleure que prévue au 1er trimestre. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a fini jeudi en hausse de 0,38% à 64,00$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juin gagnait 0,49% à 71,97$ au moment de la clôture du Nymex.

Consommation bien orientée en mars, mais l'activité se tasse en avril

Les derniers indicateurs économiques américains étaient plutôt bien orientés, notamment les ventes de détail en mars, qui ont rassuré sur la consommation. Ces ventes ont bondi de 1,6% sur un mois, contre un consensus de +0,9%. Hors automobile, les ventes de détail ont grimpé de 1,2% sur un mois, après -0,2% en février et alors que les économistes attendaient +0,7%. Enfin, hors automobile et essence, les ventes ont augmenté de 0,9% par rapport au mois antérieur, contre +0,4% de consensus et -0,7% en février.

L'indice des indicateurs avancés américains est lui aussi ressorti meilleur que prévu en mars, en croissance de 0,4% sur un mois, contre +0,3% attendu et après +0,1% en février.
Sur le marché de l'emploi, les inscriptions au chômage ont diminué de 5.000 la semaine passée à 192.000, au plus bas depuis... 1969 !

Petite ombre au tableau cependant, l'activité globale aux Etats-Unis a marqué le pas en avril, selon l'indice PMI composite flash, qui est ressorti à seulement 52,8 en avril contre un consensus de place de 54,3. L'indicateur manufacturier a fait mieux que prévu à 52,4, contre 52,2 de consensus. Mais l'indice des services a connu un gros accès de faiblesse, à 52,9 contre 55 de consensus...

VALEURS A SUIVRE

Les publications trimestrielles se poursuivent à un rythme élevé. Après les annonces d'Alcoa mercredi soir, de nombreux groupes ont publié leurs comptes du 1er trimestre, dont American Express, BB&T, Blackstone, Danaher, Honeywell, Manpower, Philip Morris, Travelers, SunTrust ou Schlumberger.

La séance a été animée par deux introduction en Bourse réussies, celles de Pinterest et de Zoom video.

L'action Pinterest a bondi de 28,4% à 24,40$, après avoir fixé son prix d'introduction à 19$, au-dessus de la fourchette indicative de 15 à 17$. Le montant de la levée de fonds pourrait aller de 1,4 à 1,6 milliard de dollars, tandis que la valorisation boursière du média social de partage de photos a atteint jeudi soir 16,3 milliards de dollars. Le groupe basé à San Francisco est coté sur le NYSE (New York Stock Exchange) sous le symbole 'PINS'.

Zoom Video Communications a flambé de son côté de 72,2% à 62$, pour sa première cotation sur le Nasdaq, valorisant le spécialiste de la vidéo-conférence 15,8 milliards de dollars jeudi soir... En janvier 2017, la valeur de cette licorne n'était estimée qu'à 1 Mds$ !

Le prix d'introduction de Zoom a été fixé à 36$ par action, et le groupe a levé 751 millions de dollars via la vente de 20,9 millions de titres. L'opération place la société technologique parmi les plus importantes IPO de l'année outre-Atlantique aux côtés de Lyft, Tradeweb Markets ou encore Pinterest. L'entreprise était valorisée 9,2 Mds$ sur la base de son cours d'IPO.

Rare licorne rentable, Zoom a dégagé un bénéfice net de 7,6 millions de dollars sur son exercice clos fin janvier pour des revenus de 331 M$, comparativement à une perte de 3,8 M$ et à des revenus de 151 M$ un an auparavant.

Alcoa (-3,8%) a déçu mercredi soir par ses publications financières trimestrielles. Le géant américain de l'aluminium a annoncé pour le premier trimestre fiscal une perte ajustée plus lourde que prévu, ainsi que des revenus inférieurs aux attentes. La perte trimestrielle est ressortie à 199 millions de dollars et 1,07$ par titre, contre 195 millions de dollars et 1,04$ par action un an auparavant. Hors éléments, le déficit représente encore 43 millions de dollars et 23 cents par action, contre un bpa positif de 1,01$ un an plus tôt. Les revenus ont reculé pour leur part à 2,7 milliards de dollars, contre 3,1 milliards de dollars un an avant. Le consensus était de 13 cents de déficit ajusté par action pour 2,8 Mds$ de facturations.

Travelers (+2,2%). L'assureur a publié pour le 1er trimestre des profits supérieurs aux attentes, sur de moindres pertes pour catastrophes. Les primes nettes ont augmenté de 3% à 7,06 milliards de dollars. Le bénéfice net trimestriel a grimpé de 19% à 796 millions de dollars, 2,99$ par titre. Le bénéfice ajusté par action a représenté 2,83$, contre un consensus de 2,74$. Le groupe, qui fait partie de l'indice Dow Jones, a affiché pour finir des revenus trimestriels en progression de 5% à 7,7 Mds$.

Honeywell (+3,7%), colosse industriel américain basé à Charlotte, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice par action de 1,92$, contre un consensus de 1,83$. Les revenus du groupe ont corrigé de 15% en glissement annuel à 8,9 Mds$ du fait notamment de l'impact des désinvestissements, alors que le consensus était voisin de 8,6 Mds$. Le groupe explique que ses ventes 'ajustées' ont en fait progressé sur l'ensemble des activités restant dans le périmètre, avec une progression toute particulière de 10% sur le segment aéronautique, plus fort contributeur aux revenus.

Pour l'ensemble de l'exercice 2019, le groupe envisage désormais des revenus allant de 36,5 à 37,2 Mds$, contre une fourchette antérieure située entre 36 et 36,9 Mds$. Le bénéfice par action est quant à lui anticipé entre 7,90 et 8,15$, contre une fourchette antérieure allant de 7,80 à 8,10$. Le groupe dispose d'une enveloppe de capitaux de 14 Mds$ qu'il pourra déployer en 2019, sa préférence allant visiblement aux fusions et acquisitions.

American Express (+1,7%), l'émetteur américain de cartes de crédit, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice en recul de 5% en glissement annuel, à 1,55 milliard de dollars et 1,80$ par titre, contre 1,63 milliard de dollars et 1,86$ par action un an auparavant. Les revenus excluant les dépenses d'intérêt ont progressé quant à eux de 7% à 10,4 milliards de dollars. Hors éléments non récurrents cette fois, le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 2,01$ par titre contre 1,86$ un an avant, alors que le consensus était de 1,99$. Les revenus sont en revanche ressortis légèrement inférieurs aux attentes de marché, puisque le consensus était plus proche de 10,5 milliards de dollars.

Le groupe a maintenu ses estimations 2019 de bénéfice par action allant de 7,85 à 8,35$, la croissance des revenus étant quant à elle toujours anticipée entre 8% et 10%.

Blackstone (+7,5%). Le géant new-yorkais de l'investissement a réalisé au 1er trimestre un bénéfice net de 481 millions de dollars et 71 cents par action, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action situé à 44 cents. Les revenus du groupe ont dépassé les 2 milliards de dollars. Le groupe a décidé par ailleurs d'adopter un statut de 'corporation', abandonnant celui de 'partnership'. Le gestionnaire d'actifs entend ainsi attirer de nouveaux investisseurs, ce qui semble plutôt réussi dans l'immédiat, si l'on se fie à la tendance boursière du jour. Le changement prendra effet en juillet.

Schlumberger (-3,9%), le colosse des services pétroliers, a annoncé pour son premier trimestre, une chute de 20% des bénéfices en glissement annuel, à 421 millions de dollars soit 30 cents par action, contre 525 millions de dollars un an auparavant. Les revenus ont quant à eux peu évolué, à 7,9 milliards de dollars sur la période. Le consensus de place était justement de 30 cents de bénéfice par action, pour 7,8 milliards de revenus. Le groupe a souffert de la faible activité en Amérique du Nord. Le groupe maintient sa prudence concernant les dépenses des groupes pétroliers dans la région. Il confirme ainsi que les investissements des producteurs pétroliers en Amérique du Nord pourraient décliner de 10% en 2019 sur le segment onshore.

BB&T (-1%) a annoncé des comptes supérieurs aux attentes pour le 1er trimestre, contrairement à SunTrust (-0,4%). Les deux firmes avaient annoncé en février un projet de fusion de 66 milliards de dollars donnant naissance à l'une des toutes premières banques américaines de détail. Le rapprochement s'opérerait par échange d'actions, les actionnaires actuels de BB&T détenant au final 57% des parts du nouvel ensemble, contre 43% pour ceux de SunTrust. L'entité combinée afficherait environ 442 milliards de dollars d'actifs, 301 milliards de dollars de prêts et 324 milliards de dollars de dépôts. L'établissement entrerait dans le 'top six' des grandes banques américaines...

Sur le trimestre clos en mars, BB&T, firme de Winston-Salem, a réalisé un bénéfice par action de 97 cents. Le bpa ajusté est ressorti à 1,05$, légèrement supérieur au consensus. Le bénéfice de la firme a augmenté légèrement à 792 M$. Les coûts de fusion ont pesé à hauteur de 9 cents par titre. Le groupe d'Atlanta SunTrust a pour sa part fait état d'un profit de 580 M$, en retrait de 10%, pour un bpa de 1,24$ à comparer à un consensus de 1,30$.

ManpowerGroup (+11,6%). Pour le premier trimestre, le groupe a réalisé un bénéfice de 54 M$ et 88 cents par action, ainsi qu'un bpa ajusté de 1,39$ à comparer à un consensus de 1,35$. Les revenus ont totalisé 5,04 milliards de dollars, contre un consensus de 4,92 milliards. Ainsi, le bénéfice est pratiquement divisé par deux en comparaison de l'an dernier, alors que les revenus déclinent de 9% en glissement annuel.

Philip Morris (-1,6%). Le groupe a annoncé un bénéfice net trimestriel de 1,35 Md$ et 87 cents par titre pour le trimestre clos, contre 1,56 Md$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 1,09$, contre 1$ un an avant et 98 cents de consensus. Les revenus ont baissé de 2% à 6,8 Mds$, mais se comparent avantageusement à un consensus de 6,7 Mds$. La guidance est prudente, le groupe envisageant un bpa ajusté 2019 inférieur au consensus.

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