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Clôture de Wall Street : les marchés veulent croire en un accord commercial

Clôture de Wall Street : les marchés veulent croire en un accord commercial
Clôture de Wall Street : les marchés veulent croire en un accord commercial
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York continue de fluctuer au rythme des informations concernant les négociations commerciales, qui reprendront jeudi entre les Etats-Unis et la Chine. Mardi, les craintes d'un échec avaient fait chuter les indices, mais ils ont rebondi mercredi dans l'espoir d'un accord, même partiel, qui pourrait mettre fin à l'escalade des droits de douane entre Washington et Pékin. Les marchés ont peu réagi à la publication des "Minutes" de la dernière réunion de la Fed, et continuent de tabler sur une nouvelle baisse des taux de la Fed le 30 octobre.

A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné 0,70% à 26.346 points (après -1,19% mardi), tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,91% à 2.917 pts (-1,56% mardi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a rebondi de 1,02% à 7.903 pts (-1,67% mardi).

Le secteur des semi-conducteurs, qui avait plongé la veille de plus de 3%, a repris 1,74%, selon l'indice SOX de Philadelphie. Les entreprises du secteur seront affectés de plein fouet par l'interdiction de vendre des composants aux 8 sociétés chinoises placées mardi sur la liste noire de Washington.

Un accord commercial partiel possible entre Washington et Pékin ?

Malgré les tensions croissantes entre les deux grandes puissances économiques mondiales, la Chine serait désireuse de parvenir à un accord partiel, afin de stopper la dégradation de son économie, selon des informations de presse.

Un accord, même a minima, serait de nature à rassurer les marchés financiers s'il mettait fin à l'escalade des droits de douane entre les deux pays. Ainsi, en cas d'échec de cette nouvelle série de pourparlers, qui commence jeudi, Washington a prévu de relever dès le 15 octobre les taxes sur l'importation de 250 milliards de dollars de marchandises chinoises, puis d'instaurer des droits de douane sur la totalité des biens chinois importés en décembre.

Si Washington renonçait à ces nouvelles taxes, Pékin serait prêt à des concessions, notamment sous la forme d'achats de produits agricoles américains, selon des sources citées par le 'Financial Times'. La Chine ne serait cependant pas disposée à avancer sur des dossiers plus fondamentaux, pourtant chers à Washington, à commencer par une réforme de la politique industrielle chinoise, ainsi que la question des subventions d'Etat.

Sanctions et menaces contre les investissements US en Chine

A ce stade, il n'est pas certain que l'administration Trump se satisfera d'un accord partiel. La semaine dernière le président lui-même avait affirmé qu'il voulait un accord complet, ou pas d'accord du tout. Certaines sources estimaient cependant que Pékin pourrait obtenir gain de cause, le président Trump ayant besoin d'un accord, même partiel, pour redorer son blason au moment où il fait face à une procédure de destitution de la part des démocrates du Congrès.

Mardi, Washington a néanmoins choisi d'accroître la pression sur la Chine, en plaçant sur sa liste noire 28 entités chinoises, dont 8 sociétés technologiques, invoquant la répression menée par le régime chinois contre les Ouïghours, un peuple musulman turcophone vivant dans la province du Xinjiang.

En complément, les Etats-Unis ont annoncé mardi des "restrictions" dans l'octroi de visas américains à des responsables du gouvernement et du Parti communiste chinois accusés d'être "responsables" d'une "campagne de répression" au Xinjiang.

Selon des sources citées par 'Bloomberg', la Maison Blanche serait en outre préparée à restreindre les investissements des fonds de pension américains dans des entreprises chinoises. Ce projet avait été dévoilé la semaine dernière par la presse, qui évoquait en outre une possible interdiction pour les sociétés chinoises d'être cotées sur les Bourses américaines. Ce dernier volet a toutefois été démenti par l'administration Trump.

Léger rebond du pétrole dans l'espoir d'un accord Etats-Unis-Chine

Mercredi, sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans (T-Bond) est remonté de 5 points de base à 1,58%. Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a fini stable à 99,10 points, tandis que l'euro a gagné 0,15% à 1,0971$.

La livre sterling est restée sous pression à 1,2203$ (-0,13%), au plus bas depuis 5 semaines, sur fond de montée des tensions entre Bruxelles et le Premier ministre britannique Boris Johnson, à l'approche de la date-butoir du 31 octobre pour le Brexit.

Après un rebond initial dans l'espoir d'un accord commercial, les cours du pétrole ont fini proches de l'équilibre après la publication d'une nouvelle forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI a cédé 0,08% à 52,59$ (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent a pris 0,14% à 58,32$. Les stocks de pétrole ont augmenté de 2,9 millions de barils lors de la semaine close le 4 octobre, à 425,6 millions de barils, alors que le consensus tablait sur une progression de 1,9 mb.

L'or a progressé pour la 2e séance d'affilée, s'adjugeant 0,52% à 1.511$ l'once (+0,45%), pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

Les "Minutes" confirment les divisions de la Fed face aux risques

Sur le front macro-économique, l'indicateur du jour aux Etats-Unis a signalé un ralentissement du marché de l'emploi. Les ouvertures de postes sont retombées en août à leur plus bas niveau depuis mars 2018. Selon les données du Département américain au travail, elles ont diminué de 123.000 sur la période, pour s'établir à 7,05 millions. Le consensus était positionné à 7,191 millions.

Très attendues, les "Minutes de la Fed, publiées mercredi soir n'ont pas apporté de révélations. Le compte-rendu de la réunion des 17 et 18 septembre a ainsi montré qu'un nombre croissant de membres de la Fed s'inquiète de la montée des risques pour l'économie américaine. Les "Minutes" ont aussi confirmé que face à ces risques, le conseil des gouverneurs de la Fed est divisé sur l'ampleur et le calendrier de la future politique monétaire.

Mercredi, le patron de la Fed, Jerome Powell, s'était de son côté montré discret sur le sujet. Au cours d'une conférence, il a répété que l'institution continuerait d'agir de manière "appropriée" pour favoriser la poursuite de la croissance. Il a ajouté que des rachats de bons du Trésor pourrait être effectués pour augmenter les réserves et mettre fin aux tensions sur le marché interbancaire américain.

Jerome Powell n'a pas donné précisions sur d'éventuelles nouvelles baisses de taux, mais il s'est montré globalement confiant dans la capacité de résistance de l'économie américaine, dont la croissance est selon lui "très durable". Il a répété que la politique monétaire "n'était pas déterminée à l'avance", mais que la Fed "surveillerait de près" les risques qu'encourt l'économie américaine.

Une nouvelle baisse des taux de la Fed attendue le 30 octobre

Celle-ci affiche une croissance modérée, malgré des signes de ralentissement, dont une contraction de l'activité manufacturière en août et septembre, et des créations d'emplois inférieures aux attentes en septembre.

Les marchés s'attendent à ce que la Fed, qui a déjà réduit ses taux directeurs en juillet et en septembre, procède à un nouveau geste d'un quart de point lors de sa prochaine réunion des 29 et 30 octobre.

Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'un abaissement des taux des fed funds d'un quart de point le 30 octobre s'établissaient mercredi soir à 82,8%. Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%.

VALEURS A SUIVRE

American Airlines (+3%) s'attend désormais à ce que le 737 MAX demeure cloué au sol jusqu'en janvier 2020. Hors service depuis le mois de mars dernier, l'appareil ne semble toujours pas prêt de retrouver le chemin des airs. Cette immobilisation contraint la première compagnie américaine à annuler environ 140 vols par jour. En juillet, la compagnie estimait l'impact de cette paralysie de l'appareil sur son bénéfice avant impôts à 400 M$.

ExxonMobil a pris 1,1%. Le groupe pétrolier pourrait poursuivre son programme de cessions de 15 milliards de dollars en se séparant de ses actifs pétroliers et gaziers en Malaisie. Selon 'Bloomberg', le géant texan a mandaté Bank of America Merrill Lynch pour piloter la vente de ces biens, dont le montant pourrait atteindre deux milliards de dollars. Les actifs pourraient notamment attirer des acteurs du secteur présents dans la région, souligne l'agence.

Apple (+1,1%). Canaccord Genuity a porté son objectif de cours de 240 à 260 dollars sur des anticipations de ventes d'iPhone 11 supérieures aux attentes. La direction d'Apple pourrait soutenir les rachats d'actions et augmenter les dividendes compte tenu des bons résultats attendus au troisième trimestre et de la dette émise récemment à des prix attractifs, selon le broker.

AT&T (+0,22%) aurait accepté de vendre ses activités porto-ricaines et dans le îles Vierges américaines à Liberty Latin America dans le cadre d'un accord de 1,95 milliard de dollars en numéraire. Selon 'Dow Jones Newswires', l'officialisation de l'opération pourrait intervenir dans les prochaines heures. Cette cession permettrait au géant texan de poursuivre son plan de désendettement.

Boeing (+0,2%) a annoncé hier soir avoir livré seulement 302 appareils sur la période de janvier à septembre, deux fois moins que l'an dernier, du fait bien évidemment des difficultés du 737 MAX. En comparaison, sur la même période, Airbus a livré 571 unités. Sur le seul mois de septembre, Boeing n'a livré que 26 appareils contre 87 un an plus tôt. Pour le troisième trimestre, l'Américain dénombre 63 livraisons dont 35 appareils 787 Dreamliner.

Johnson & Johnson a perdu 2% après une décision de justice qui fait parler aux Etats-Unis. Le groupe pharmaceutique a en effet été condamné à verser huit milliards de dollars de dommages et intérêts à un plaignant pour ne pas avoir prévenu des jeunes hommes que son antipsychotique Risperdal était susceptible de faire pousser des seins. La décision, rendue par un tribunal de Philadelphie, a été immédiatement rejetée par le géant américain alors que le dédommagement initial avait été fixé à 680.000 dollars.

"Cette décision est incompatible avec de multiples décisions prises en dehors de Philadelphie concernant la pertinence de l'étiquetage de Risperdal, l'efficacité du médicament et les conclusions internes de l'entreprise", a déclaré un porte-parole de J&J. Si ce verdict ne sera probablement pas confirmé en appel, il sonne néanmoins comme un avertissement pour J&J. La société fait en effet toujours face à plus de 13.000 poursuites liées à son médicament Risperdal et son omission d'avertir les adolescents de ses risques pour la santé, selon les documents déposés par le groupe auprès de la 'Securities and Exchange Commission' américaine.

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