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Clôture de Wall Street : les marchés infectés par la crainte d'une pandémie

Clôture de Wall Street : les marchés infectés par la crainte d'une pandémie
Clôture de Wall Street : les marchés infectés par la crainte d'une pandémie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en forte baisse lundi, dans le sillage des places européennes et asiatiques, de crainte que le coronavirus Covid-19 ne se transforme en une pandémie susceptible de paralyser toute l'économie mondiale. La multiplication des foyers hors de Chine, notamment en Corée du Sud, en Italie et en Iran, fait désormais craindre des effets négatifs durables sur la croissance mondiale. Les obligations et l'or ont été très recherchés en tant que valeurs-refuge, tandis que le pétrole a plongé de près de 4% dans la crainte d'un ralentissement de la demande lié au coronavirus.

A la clôture, les trois principaux indices américains ont perdu environ 3,5%. L'indice Dow Jones a abandonné 3,56% à 27.960 points, tandis que l'indice large S&P 500 perd 3,35% à 3.225 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 3,71% à 9.221 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 1,4% (DJIA), 1,3% (S&P 500) et 1,6% (Nasdaq).

Plus tôt dans la journée, l'indice chinois Shanghai composite a cédé 0,28%, le Hang Seng a perdu 1,79% à Hong Kong, le Nikkei a cédé 0,39% au Japon, et en Corée du Sud, le Kospi a chuté de 1,49%. Les marchés européens ont accentué la baisse, après le décès de 7 personnes en Italie, et la révélation de plus de 200 cas de la maladie dans la péninsule. A Milan, le MIB 20 a plongé de 5,4%, tandis que l'EuroStoxx 50 a chuté de 4% et que le CAC 40 a abandonné 3,9%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) est resté proche de l'équilibre à 99,28$ points (+0,02%), tandis que l'euro a rebondi de 0,11% à 1,0855$.

A la recherche de sécurité, les investisseurs se sont rués vers les obligations, faisant reculer les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours. Le rendement du T-Bond à 10 ans a ainsi chuté de 11 points de base, à 1,37%, et approche désormais de son plus bas historique de 1,32% atteint en juin 2016. Le taux du T-Bond à 30 ans a lui chuté à un nouveau plus bas historique de 1,82% (-9 pdb).

Les taux américains avaient déjà nettement flanché vendredi après la publication d'une chute de l'indice PMI composite sous la barre des 50 en février au Etats-Unis, en contraction pour la première fois depuis octobre 2013. L'enquête traduit les difficultés des directeurs d'achats face à la désorganisation de la chaîne d'approvisionnement depuis la crise du Covid-19.

L'or a poursuivi son "rally" lundi, bondissant de 1,7% à 1.676,90$ l'once, pour le contrat à terme d'avril coté sur le Comex, montant à son plus haut niveau depuis 7 ans, en janvier 2013. Le métal jaune a gagné près de 10% depuis le début de l'année.

Le pétrole en revanche s'est enfoncé de plus de 5% en séance face aux craintes liées au Covid-19, avant de réduire légèrement ses pertes en clôture. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a perdu 3,7% à 51,43$ (contrat à terme de mars coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord a chuté de 3,7% à 56,30$ (contrat à terme d'avril). L'or noir a ainsi effacé d'un coup son rebond d'environ 2% réalisé la semaine dernière, et flirte à nouveau avec un "bear market". Le WTI a perdu 20% depuis son plus haut annuel de début janvier à plus de 63$.

Explosion des cas de Covid-19 en Corée du Sud, en Italie et en Iran

Les marchés encaissent le risque que le coronavirus ne devienne une pandémie, avec une multiplication des foyers hors de Chine depuis 72 heures. Ainsi, la Corée du Sud a fait état ce lundi de 70 nouveaux cas pour un total de 833, alors que le président Moon a annoncé des mesures fortes pour contenir le virus. Le gouvernement sud-coréen a déjà relevé au plus haut niveau son degré d'alerte sanitaire.

En Europe, l'Italie a fait état lundi soir d'un septième décès, alors que le pays compte désormais plus de 200 cas de la maladie. Des mesures ont également été prises, avec la mise en quarantaine de onze villes en Lombardie et en Vénétie. Le Carnaval de Venise, qui aurait dû se terminer ce mardi, a été stoppé par les autorités de la région de Venise en raison du coronavirus.

En Iran, 61 personnes sont officiellement contaminées et 12 personnes sont décédées, ce qui place le pays au premier rang des pays mortellement touchés par le virus en dehors de la Chine. Quatre pays du Moyen-Orient ont eux aussi annoncé les premiers cas de personnes infectées sur leur territoire ce lundi : le Koweït, Bahreïn, l'Irak et Oman.

L'OMS se prépare à une pandémie, mais la situation s'améliore en Chine

Lundi, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé pour la première fois le monde à se préparer à une "éventuelle pandémie" et a jugé "très préoccupante (...) l'augmentation soudaine" de nouveaux cas en Italie, en Corée du Sud et en Iran.

L'épidémie a en revanche reculé en Chine, d'où le nouveau coronavirus a surgi fin décembre, et où 77.000 personnes ont été contaminées depuis et plus de 2592 sont mortes. Ainsi, les experts de la mission conjointe de l'OMS qui se sont rendus en Chine, notamment à Wuhan, épicentre de l'épidémie, ont constaté que l'épidémie du Covid-19 a atteint "un pic, suivi d'un plateau, entre le 23 janvier et le 2 février, et qu'elle n'a cessé de décliner depuis lors", a annoncé M. Ghebreyesus lors d'un point presse.

"Cela devrait donner aux pays l'espoir que ce virus peut être contenu", a-t-il insisté, saluant une fois de plus les mesures drastiques prises par la Chine, qui a confiné des dizaines de millions de personnes dans de nombreuses villes.

"Nous devons nous concentrer sur l'endiguement (de l'épidémie, ndlr), tout en faisant tout notre possible pour nous préparer à une éventuelle pandémie", a ajouté le patron de l'OMS.

Activité en berne aux Etats-Unis en février

Aux Etats-Unis, les statistiques publiées lundi ont fait état d'une activité affaiblie en début d'année, après la publication vendredi dernier, d'une contraction de l'activité économique du secteur privé en février pour la première fois depuis octobre 2013.

L'indice PMI composite est ainsi tombé à 49,6, alors que les économistes tablaient sur un niveau de 52,5, après 53,1 en janvier, plombé par une chute surprise de l'activité dans les services, qui sont le principal moteur de la croissance aux Etats-Unis. L'indice des services a ainsi plongé à 49,4, contre 53,3 de consensus de place, tandis que l'indice PMI manufacturier est ressorti en légère expansion à 50,8, contre 51,4 de consensus. Rappelons que toute le clôture inférieure à 50 traduit une contraction de l'activité.

Lundi, l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de janvier 2020 s'est établi à -0,25 contre un consensus de -0,6, ce qui fait tout de même ressortir une expansion 'inférieure à la tendance'. De son côté, l'indice manufacturier de la Fed de Dallas est ressorti légèrement inférieur aux attentes en février, à +1,2, contre un consensus de +2,1 sur l'indice d'activité générale et un niveau de -0,2 un mois auparavant.

En Europe, l'indice Ifo allemand du climat des affaires est en revanche ressorti meilleur que prévu à 96,1 en février 2020 contre 95 de consensus, ce qui n'a pas profité à la Bourse de Francfort, où le DAX a plongé de 4%.

Bernie Sanders désormais favori des primaires démocrates

Les inquiétudes concernant le Covid-19 ont fait passer au second plan l'actualité politique aux Etats-Unis. Bernie Sanders est désormais le favori pour l'investiture dans le clan démocrate, suite à sa victoire dans la primaire du Nevada. Bernie Sanders, âgé de 78 ans, se trouve dans une position très favorable avant l'avalanche du "Super Tuesday" le 3 mars prochain, lorsque quatorze Etats voteront.

Cette nouvelle n'est pas forcément du goût des marchés financiers, puisque Sanders et un candidat jugé trop à gauche, avec notamment son projet de taxer les Américains les plus riches et de resserrer le contrôle des banques et du système financier.

VALEURS A SUIVRE

Dans l'actualité des entreprises, PepsiCo (-2,2%) s'offre le Chinois Be & Cheery pour 705 millions de dollars sur le marché des collations et autres snacks.

Berkshire Hathaway (-3%) insensible au coronavirus ? Warren Buffett, l'oracle d'Omaha, estime sur CNBC que les actions demeurent bien positionnées en vue d'un investissement de long terme. Sans avoir d'expertise particulière sur le sujet du coronavirus Covid-19, Buffett juge qu'à un horizon de 10 à 20 ans et en se concentrant sur la capacité bénéficiaire des entreprises, les investisseurs trouveront "un bon investissement" dans les actions. Le milliardaire évoque une économie américaine forte, bien qu'un peu moins vigoureuse qu'il y a six mois. Buffett admet que le coronavirus a affecté plusieurs des activités de Berkshire, mais souligne que la question principale est de savoir où se situeront ces activités dans cinq à dix ans...

Samedi, Berkshire avait fait état d'un bénéfice opérationnel annuel en repli de 3% sous les 24 milliards de dollasrs, avec quelques difficultés sur le segment des assurances. Le bénéfice net a toutefois atteint un niveau assez incroyable de 81,42 milliards de dollars, un record pour le groupe, avec les gains latents sur des investissements tels qu'Apple. Le précédent record de profit annuel était de 44,9 Mds$ en 2017. Les rachats d'actions ont totalisé 5 milliards sur l'année. Pour le seul quatrième trimestre, Berkshire a dégagé un bénéfice net de 29,2 milliards de dollars, contre une perte de 25,4 milliards un an plus tôt. Le profit d'exploitation trimestriel a représenté 4,42 Mds$, environ 2.720$ par titre de classe A, contre 5,72 Mds$ un an auparavant.

Apple a décroché de 4,7%, victime de son exposition forte à la Chine. Les ventes de smartphones sur le marché chinois ont reculé de plus d'un tiers en janvier 2020, selon les chiffres officiels du gouvernement. Cette nouvelle plombe assez logiquement la valeur du groupe californien de Cupertino, qui avait alerté déjà il y a quelques jours d'un impact sur ses ventes de l'épidémie de coronavirus covid-19. Apple estime que l'offre mondiale d'iPhone sera ainsi temporairement restreinte par l'épidémie. En outre, les usines de ses fournisseurs reprendraient le travail plus lentement que prévu.

Hasbro (-3,2%) et Walt Disney (-4,2%) ont annoncé le renouvellement des droits de Hasbro dans le cadre de sa relation de merchandising stratégique pour les principales propriétés de divertissement de Marvel et Star Wars. Dans le cadre de l'accord de licence Marvel, Hasbro continuera de développer une large gamme de jouets et de jeux dans l'univers global de Marvel de plus de 8000 personnages, comprenant notamment Iron Man, Spider-Man, Captain America, Black Widow et Black Panther. L'accord de licence de Star Wars comprend les droits sur les jouets et les jeux basés sur des divertissements comme Star Wars: The Clone Wars et The Mandalorian, incorporant des personnages favoris des fans tels que The Child from The Mandalorian, affectueusement surnommé Baby Yoda. Les accords sont des accords pluriannuels. Ils couvrent les divertissements diffusés pendant leur durée pour les franchises respectives, y compris toutes les propriétés de cinéma et de télévision ainsi que les propriétés de Disney+.

Tenet Healthcare, Cooper Tire, HP Inc, McDermott, Intuit, Shake Shack et Hertz Global publient leurs comptes trimestriels ce jour à Wall Street.

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