Cotation du 16/08/2019 à 22h51 Dow Jones Industrial +1,20% 25 886,01
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Clôture de Wall Street : les craintes de récession plombent les marchés

Clôture de Wall Street : les craintes de récession plombent les marchés
Clôture de Wall Street : les craintes de récession plombent les marchés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a creusé ses pertes en fin de séance lundi, et les trois principaux indices cèdent tous plus de 1% à la clôture. Les sources d'inquiétude sont nombreuses en ce début de semaine pour les investisseurs, avec en premier lieu les tensions commerciales persistantes entre les Etats-Unis et la Chine, auxquelles s'ajoutent les manifestations à Hong Kong, et les tensions politiques en Argentine (qui ont fait plonger l'indice boursier Merval de 30% !). Les valeurs financières souffrent de la baisse des rendements obligataires et signent les plus lourds replis du jour à Wall Street.

A la clôture, l'indice Dow Jones perd 1,49%, à 25.891 points et le Standard & Poor's 500, plus large, recule de 1,23% à 2.882 points. Le Nasdaq Composite cède 1,20% à 7.863 points.

Le conflit commercial plombe toujours les marchés

Le président Donald Trump a déclaré vendredi qu'il n'était pas prêt à conclure un accord avec la Chine, douchant tout espoir que le différend se termine bientôt. Dimanche, Goldman Sachs a revu à la baisse sa prévision de croissance pour les Etats-Unis en précisant ne pas s'attendre à un accord commercial entre Washington et Pékin avant l'élection présidentielle américaine de novembre 2020. De son côté, l'institut d'études économiques allemand Ifo souligne, dans sa dernière enquête trimestrielle, la dégradation des perspectives économiques mondiales.

Ce pessimisme pèse logiquement sur les valeurs les plus exposées au risque commercial, comme les technologiques et les industrielles (Caterpillar perd 2,2% et Boeing -1,4), mais le repli sectoriel le plus marqué est pour les financières, qui souffrent aussi de la baisse des rendements obligataires : Bank of America cède 2,5%, Goldman Sachs 2,6% et Morgan Stanley 2,8%. A 1,63%, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans est en recul de dix points de base.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un paner de six devises de référence, recule de 0,06% à 97,43 points. L'euro avance de 0,13% et s'échange contre 1,1212 dollar.

Ca chauffe à Hong Kong, l'Argentine inquiète aussi

Les investisseurs surveillent les événements à Hong Kong, où les autorités ont annulé plus de 100 vols alors que des milliers de manifestants ont envahi l'aéroport de la ville pour protester contre le comportement de la police lors des manifestations de cet été. Dans l'ex-colonie britannique, l'indice Hang Seng a perdu 0,44%, à 25.824,72 points.

Ces tensions pèsent lourdement sur le secteur du luxe, alors que Hong Kong représente près de 5% des ventes mondiales avec une rentabilité supérieure à la moyenne. Plusieurs grandes marques, à l'image de Versace, mais aussi Givenchy et Coach ont par ailleurs été épinglées par Pékin pour avoir produit des t-shirts présentant Hong Kong ou Macao comme des pays (la Chine insiste sur le fait qu'il s'agit de territoires qui lui sont rattachés). Plusieurs stars chinoises, ambassadrices de ces marques, ont décidé de rompre leurs contrats. Tapestry, propriétaire de Coach, chute de 4,2% à New York, et Capri, qui possède Versace, plonge de 3,4%.

En Argentine, la lourde défaite surprise du président libéral Mauricio Macri lors des élections primaires organisées ce week-end provoque un véritable cataclysme sur le marché financier local. Alberto Fernandez, dont la colistière est l'ancienne présidente Cristina Fernandez, a recueilli 47,65% des suffrages, reléguant Macri à plus de 15 points. Au vu des résultats, le ticket péroniste pourrait l'emporter dès le premier tour lors de l'élection présidentielle prévue en octobre prochain, ce qui ne réjouit guère les milieux d'affaires, qui redoutent "le retour à un populisme de gauche", comme le note la firme Capital Economics. Le Merval, le CAC40 local, plonge de 30% à la clôture !

Le pétrole se stabilise

Les cours du pétrole ont terminé en hausse lundi sur le Nymex. Le contrat de septembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné 43 cents, soit 0,79%, à 54,93 dollars le baril. L'échéance d'octobre sur le Brent a pris quatre cents (0,07%) à 58,57 dollars le baril.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé lundi les Etats-Unis de transformer le Golfe en une "boîte d'allumettes prête à s'enflammer", selon la chaîne de télévision Al Djazira.

Cette région du globe concentre les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Six pétroliers y ont été endommagés par des explosions aux mois de mai et de juin et l'Iran a saisi un pétrolier battant pavillon britannique en juillet en riposte à l'arraisonnement près de Gibraltar d'un tanker iranien accusé de violer les sanctions internationales contre la Syrie. Un cinquième du pétrole mondial transite par le détroit d'Ormuz.

Les valeurs

Les géants technologiques américains Apple (-0,2), Alphabet (-1,2%), Amazon (-1,3%), Facebook (-1,3%) ou Microsoft (-1,4%) reculent, dans un contexte de guerre commerciale qui pourrait leur nuire dans des proportions diverses. Notons que la Russie accuse Google (Alphabet) d'avoir toléré la diffusion sur Youtube d'événements de masse qualifiés d'illégaux, après une manifestation d'opposants politiques à Moscou.

Sysco grimpe de 3,2%. Le groupe a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal, clos fin juin 2019, un bénéfice net de 536 millions de dollars et 1,03$ par titre, contre 449 millions et 85 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti quant à lui en progression de 17% à 1,10$, contre un consensus de 1,06$. Les revenus se sont appréciés de 1% à 15,5 milliards de dollars, contre 15,6 Mds$ de consensus.

General Electric perd 1,1%. JP Morgan vient de confirmer son avis négatif, à 'sous-pondérer' sur la valeur GE, avec un objectif de cours de 5$ seulement. Le broker évoque essentiellement la fragilité des fondamentaux, malgré une récente révision en hausse des estimations de profits du groupe.

Nio (-2,6%). Le 'Tesla chinois', récemment introduit à Wall Street, qui a déjà perdu la moitié de sa valeur boursière cette année, devrait encore souffrir ce jour après des chiffres de ventes sans relief. Le groupe n'a livré ainsi que 837 véhicules en juillet, plombé par un rappel volontaire de voitures. Nio prévoit un rebond des ventes mensuelles dès ce mois, entre 2.000 et 2.500 unités.

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