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Clôture de Wall Street : les actions reprennent le chemin de la hausse

Clôture de Wall Street : les actions reprennent le chemin de la hausse
Clôture de Wall Street : les actions reprennent le chemin de la hausse
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a repris des couleurs mardi, après deux séances agitées, les investisseurs estimant que les récentes craintes pour la croissance sont peut-être exagérées. Les marchés obligataires, qui s'étaient affolés depuis vendredi, signalant une possible récession, se sont calmés mardi. Le pétrole est reparti en nette hausse, entraînant les valeurs pétrolières à sa suite. L'action Apple (-1%) a pesé sur la tendance après une décision de justice en sa défaveur, Tesla (+2,8%) a grimpé après l'annonce d'une hausse de ses prix de vente, et Bed Bath & Beyond s'est envolé de 22% après l'irruption concertée de trois fonds activistes dans son capital.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,55% à 25.657 points, alors que l'indice large S&P 500 a repris 0,72% à 2.818 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a rebondi de 0,71% à 7.691 pts.

Inversion de la courbe des taux, pas si grave ?

Sur les marchés obligataires, les taux ont repris de la hauteur après deux séances de forte baisse, qui ont entraîné une inversion de la courbe de taux, généralement un signe avant-coureur d'une récession dans les trimestres à venir. Toutefois, des économistes ont mis en garde mardi contre des conclusions trop hâtives. Goldman Sachs notamment, a jugé que les risques de récession était "assez bas", dans la mesure ou seule une petite partie de la courbe des taux s'est inversée. La baisse des taux long est due à des facteurs extérieurs aux Etats-Unis, a aussi souligné la banque d'affaires, dans une note publiée mardi.

De son côté, Mary Daly, la patronne de la Fed de San Francisco a affirmé qu'elle n'était "pas effrayée" par la récente inversion de la courbe des taux souverains américains, estimant que cela n'était pas forcément un signe de récession.

Mardi soir, le rendement du T-Bond à 10 ans est remonté à 2,42% (+2 points de base) après être tombé lundi sous 2,4% pour la première fois depuis 2017. Il est resté inférieur au rendement de l'emprunt d'Etat américain à 3 mois qui est resté campé à 2,44%... Une situation anormale, puisque dans un contexte de croissance économique, plus la durée d'emprunt est longue, plus les taux d'intérêts devraient être élevés.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, est reparti en hausse mardi, gagnant 0,24% à 96,80 points, tandis que l'euro cédait 0,38% à 1,1259$, toujours affecté par la ralentissement de l'activité manufacturière en zone euro, notamment en Allemagne, au mois de mars.

La livre sterling a fini stable à 1,3200$, alors que le parlement britannique a repris le contrôle sur le processus du Brexit, et que 3 ministres de Theresa May ont démissionné lundi soir. Le risque de "hard Brexit" reste élevé, mais un nouveau report du divorce est aussi envisageable..

Des statistiques moroses outre-Atlantique

Le rebond de Wall Street s'est produit alors même que les statistiques américaines du jour sont ressorties mitigées, notamment dans le secteur de la construction et de l'immobilier. Ainsi, les mises en chantier et les permis de construire sont tous deux ressortis inférieurs aux attentes en février. Par ailleurs, l'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix de l'immobilier n'a augmenté que de 0,1% en janvier (indice '20-City'), affichant sa plus faiblesse progression depuis 6 ans et demi... En revanche, l'indice de la Federal Housing Finance Agency (FHFA) a fait état pour janvier d'une hausse des prix des logements de 0,6% sur un mois, un peu supérieure au consensus de place (+0,4%).

La confiance des consommateurs américains s'est effritée en mars... L'indice mesuré par le Conference Board est ainsi ressorti à 124,1 contre 133 de consensus, et après 131,4 un mois avant. Le chiffre de mars est toutefois à relativiser, car en février, il avait fait un bond inhabituel, réagissant à la réouverture des administrations après le 'shutdown'.

Enfin, l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond est ressorti un peu inférieur aux attentes en mars, à 10, contre un consensus de 12 et après 16 en février, traduisant donc un ralentissement de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région.

Moscou et Caracas soutiennent les cours du pétrole

Les cours du pétrole ont vivement rebondi, mardi, après que la Russie a fait avoir qu'elle appliquerait de façon disciplinée les coupes de production décidées avec les pays de l'Opep afin de soutenir les cours de l'or noir. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a bondi de 1,9% à 59,94$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent progressait de 1,13% à 67,97$.

Le ministre russe de l'Energie, Alexander Novak, a indiqué à la presse depuis Moscou que la Russie, le deuxième exportateur mondial de brut après l'Arabie saoudite, devrait atteindre à la fin du mois son objectif de réduction de 228.000 barils par jour prévu par l'accord Opep+. Par ailleurs, l'annonce d'une nouvelle panne d'électricité géante au Venezuela a renforcé les craintes que les exportations pétrolières de ce pays vont continuer de plonger, sous l'effet du chaos politique et social et des sanctions américaines.

VALEURS A SUIVRE

L'indice sectoriel S&P de l'énergie a mené la hausse mardi, avec un progression de 1,45%. Parmi les plus fortes hausse du secteur figurent ExxonMobil (+1,3%), Chevron (+1%), ConocoPhillips (+2,2%), Transocean (+1,2%), Devon Energy (+2,5%) et Halliburton (+0,8%).

Apple (-1%) a connu une séance en dents de scie. Après un gain d'environ 1%, le titre de la firme à la pomme a inversé la tendance pour finir en baisse de 1,03% à 186,79$. Une juge de la Commission du commerce international des Etats-Unis a donné partiellement raison, mardi, à Qualcomm (+2,4%) qui accuse notamment Apple d'avoir violé trois de ses brevets.

La juge a donné raison à Qualcomm sur la violation d'un seul de ces brevets, et a recommandé en conséquence l'interdiction d'importation de certains modèles d'iPhones aux Etats-Unis. Elle n'a pas précisé quels modèles d'iPhones seraient concernés par cette interdiction qui, a priori, ne devrait pas concerner des modèles récents. Les conclusions de la juge doivent maintenant être examinées par la Commission réunie en séance plénière, qui a le pouvoir de bloquer l'importation de produits enfreignant les lois américaines sur la protection des brevets.

Avant cette mauvaise surprise, le titre Apple progressait, au lendemain d'une série d'annonces de nouveaux services, dont son très attendu service de vidéo en streaming, baptisé "Apple TV+", destiné à concurrencer Netflix (-1,7%), le leader du secteur, ou Amazon Prime Video (+0,5% pour le titre Amazon).

La firme à la pomme a aussi annoncé un service d'information payante, "News+", ainsi qu'un "Apple Arcade", un service payant de téléchargement de jeu vidéo. Enfin, le groupe a annoncé le lancement de sa première carte de crédit dédiée, via un partenariat avec Goldman Sachs (+1,1%) et Mastercard (+1,25%).

Les titres de Viacom (+7,6%) et de CBS (+3,4%) ont bondi après des informations du 'New York Post' évoquant une prochaine reprise des négociations de fusion entre les deux groupes américains de divertissement et de médias. Les deux groupes seraient prêts à régler la question épineuse de la direction du nouvel ensemble. Viacom et CBS partagent le même actionnaire de contrôle, National Amusements, la holding familiale de Sumner Redstone et de sa fille Shari, qui les poussent à fusionner depuis 2018.

Bed Bath & Beyond (+21% !) a flambé après un article du 'Wall Street Journal' affirmant que trois fonds activistes, Legion, Macellum et Ancora, ont acquis ensemble 5% du capital du groupe. Ils auraient initié une campagne afin de faire révoquer la totalité du conseil d'administration et le directeur général du groupe, dont le cours de Bourse a chuté de 75% depuis 5 ans et dont les marges bénéficiaires sont en recul. Les investisseurs activistes mettent notamment en avant le fait que la compagnie n'aurait pas pris le virage du e-commerce.

Tesla (+2,8%) a regagné du terrain. Le groupe va augmenter ses prix de 3% le 2 avril sur le stock mondial, a annoncé Elon Musk. Tesla s'est réjoui pour sa part du fait que les usagers du Model 3 aient déjà parcouru plus d'un milliard de miles... Enfin, le constructeur de voitures électriques a remporté un procès qui faisait suite à des accusations d'actionnaires concernant des informations supposées trompeuses à propos de la production du Model 3.

Uber Technologies, spécialiste VTC qui prépare une introduction en bourse majeure à Wall Street (sa valorisation pourrait dépasser les 100 milliards de dollars), a annoncé ce jour sa volonté d'acquérir Careem Networks FZ, rival basé à Dubaï, pour 3,1 milliards de dollars. Uber déboursera 1,4 milliard de dollars en numéraire et payera 1,7 milliard de dollars en obligations convertibles. Uber va lancer très prochainement sa tournée de présentation en vue d'une introduction en bourse, emboîtant le pas à son 'petit' concurrent Lyft.

MasterCard (+1,25%) entend investir 300 M$ dans l'introduction en bourse de Londres de Network International, firme de Dubaï leader des paiements au Moyen-Orient - détenue pour l'heure par Emirates NBD, Warburg Pincus et General Atlantic. La valorisation de la firme pourrait atteindre 3 milliards de dollars. MasterCard entend donc investir de manière conséquente dans l''IPO', dans les mêmes termes que les autres institutionnels participant au 'deal', et dans la limite de 9,99% du capital, sous réserve par ailleurs que le flottant de Network International dépasse les 25%. Le géant américain envisage des projets communs avec Network International, en Afrique et au Moyen-Orient.

Red Hat (+0,29%) publiait ses comptes après bourse hier soir à Wall Street. Le groupe vedette de l''open source', qui fait l'objet d'une OPA d'IBM pour 34 Mds$, a révélé des résultats mitigés. Le bénéfice net trimestriel s'est élevé à 139 M$ et 75 cents par titre, contre une perte de 12 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté est ressorti à 214 M$ et 1,16$ par action, contre 168 M$ l'an dernier, à la même époque. Les revenus ont grimpé de 14% à 879 M$. Le consensus était de 1$ de bpa ajusté et 884 M$ de revenus.

Boeing (-0,02%) organise mercredi une réunion avec 200 pilotes, ainsi que des régulateurs et dirigeants, pour détailler son projet de remise en service du 737 MAX, après les deux crashs de Lion Air et d'Ethiopian Airways. Le géant américain de l'aéronautique Boeing a mis au point un correctif logiciel qui doit empêcher que le système anti-décrochage soit activé plus d'une fois et qu'il soit complètement désactivé si les relevés des deux capteurs sont trop divergents, a appris l'agence 'Reuters'. Boeing dit continuer à travailler étroitement avec ses clients et les autorités sur les logiciels et les mises à jour pour le 737 MAX.

Spotify (-3,2%) a décidé de racheter le studio de production de podcasts Parcast. Le montant de cette opération de croissance externe n'a pas été divulgué. Il s'agit de la troisième opération de ce genre en seulement deux mois pour le colosse suédois du streaming musical (après Gimlet Media et Anchor). D'après l'agence Reuters, Spotify entendrait consacrer jusqu'à 500 millions de dollars cette année à de telles opérations. Parcast est spécialisé depuis 2016 dans les contenus audios centrés sur les intrigues criminelles.

Carnival (-8,7%) a plongé. Le géant de la croisière a annoncé des comptes mitigés pour le premier trimestre fiscal 2019. Le bénéfice net GAAP s'est élevé à 336 millions de dollars et 48 cents par titre (base diluée), contre 391 millions de dollars et 54 cents par action un an avant. Le bénéfice net ajusté est ressorti à 338 millions de dollars et 49 cents par action, contre 375 millions un an plus tôt.

McCormick (+0,99%) a publié pour le premier trimestre fiscal des profits supérieurs aux attentes. Le bénéfice net pour le trimestre clos fin février 2019 a décliné à 148 millions de dollars et 1,11$ par titre, contre 423 millions de dollars et 3,18$ par action un an auparavant. Le trimestre comparable de l'an dernier comprenait toutefois un bénéfice lié à la réforme fiscale. Hors éléments, le bpa ajusté trimestriel s'est élevé à 1,12$, contre 1,04$ de consensus. Les revenus se sont établis quant à eux à 1,23 milliard de dollars, contre 1,22 Md$ un an avant et 1,24 Md$ de consensus. Pour l'exercice, le bpa ajusté est attendu entre 5,17 et 5,27$, en ligne avec le consensus (5,23$).

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