Cotation du 19/07/2019 à 23h08 Dow Jones Industrial -0,25% 27 154,20
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Clôture de Wall Street : léger rebond malgré les nuages gris

Clôture de Wall Street : léger rebond malgré les nuages gris
Clôture de Wall Street : léger rebond malgré les nuages gris
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance hésitante, la Bourse de New York a terminé en légère hausse jeudi, après deux séances de recul sur fond de turbulences sur les marchés de taux. Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a indiqué jeudi que la banque centrale américaine se tenait prête assouplir sa politique monétaire si la croissance fléchissait plus que prévu. Parmi les statistiques du jour, la croissance du PIB des Etats-Unis a été revue en légère baisse au 1er trimestre, mais elle reste la plus dynamique depuis 4 ans. Cependant, l'intensification de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine pourrait gâter ce tableau à l'avenir, craignent les investisseurs. La Chine a qualifié jeudi de "terrorisme économique" le comportement des Etats-Unis, qui favorise selon elle le conflit commercial plutôt que le dialogue.

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,17% à 25.170 points, tandis que l'indice large S&P 500 a repris 0,21% à 2.788 pts, et que le Nasdaq composite a regagné 0,27% à 7.567 pts. En Europe, l'indice Euro Stoxx 50 a fini la journée en hausse de 0,6%, tandis que le CAC 40 a repris 0,54% à la clôture.

Les principaux indices américains ont reculé de près de 6% au mois de mai, mais depuis le début de l'année, ils gagnent encore 7,9% pour le Dow Jones, 11,2% pour le S&P 500 et 14% pour le Nasdaq.

Sur le marché des changes, le dollar s'est stabilisé jeudi, à son plus haut niveau depuis 5 mois. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) cotait en soirée 98,13 points (-0,01%), tandis que l'euro avançait de 0,08% à 1,1138$.

Les marchés obligataires continuent de signaler une récession à venir

Les marchés de taux continuent de progresser, faisant office de refuge, poussant mécaniquement les taux d'intérêts encore plus bas. Depuis mardi, la courbe des taux souverains américains connaît sa plus importante inversion depuis 2007, à la veille de la crise des crédits "subprimes"... Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a encore cédé 4 points de base jeudi, tombant à 2,22%, au plus bas depuis septembre 2017, alors qu'il avait dépassé les 3,1% en octobre dernier.

Depuis mardi, les taux de toutes les échéances situées entre 2 ans (2,06%) et 10 ans (2,22%) sont devenus inférieures aux taux à court terme, allant d'un mois (2,36%) à 1 an (2,30%). Seul le taux à 30 ans (-3 pdb à 2,64% jeudi ) reste très légèrement supérieur aux échéances courtes... Or, dans une économie en croissance, les taux à long terme sont normalement supérieurs à ceux à court terme. La situation inverse montre que les marchés anticipent une dégradation de la conjoncture. Depuis 1955, les neuf récessions qui se sont produites ont ainsi été précédées par une inversion durable de la courbe des taux.

Le ton monte entre Washington et Pékin, qui parle de "terrorisme économique"

Le marché obligataire s'est affolé cette semaine après une nouvelle escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, qui font craindre une nouvelle montée des barrières douanières entre les deux plus grandes puissances économique mondiales. En outre, les attaques de Donald Trump contre le fleuron chinois des télécoms Huawei, font craindre des représailles contre les sociétés américaines implantées en Chine. De son côté, Pékin a évoqué mercredi la possibilité de réduire ses livraisons de terres rares aux Etats-Unis en guise de moyen de pression...

Jeudi, Pékin a encore haussé le ton, en qualifiant de "terrorisme économique" le comportement des Etats-Unis , qui favorise selon la Chine le conflit commercial. "Nous sommes contre la guerre commerciale, mais nous n'en avons pas peur", a ainsi déclaré lors d'une conférence de presse le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhang Hanhui.

"Nous nous opposons résolument à ce recours systématique aux sanctions commerciales, aux droits de douane et au protectionnisme. Cette instigation préméditée d'un conflit commercial constitue du terrorisme économique, du chauvinisme économique et du harcèlement économique à l'état pur", a poursuivi le haut responsable chinois.

La Fed agira en cas de ralentissement marqué de la croissance

Dans un climat général toujours anxiogène, les cours du pétrole ont accéléré à la baisse jeudi, d'autant que les stocks de pétrole brut ont reculé beaucoup moins que prévu la semaine passée, et que la production US est restée à un niveau record.

Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a plongé jeudi de 3,77% à 56,59$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet lâchait 3,71% à 66,87$ à Londres, au moment de la clôture du Nymex.

Les marchés d'actions ont de leur côté retrouvé un peu de calme après des propos jugés rassurants du vice-président de la Fed, Richard Clarida. L'économie américaine reste "dans une très bonne forme", a-t-il déclaré, mais la Fed pourrait envisager une baisse des taux d'intérêt en cas de ralentissement plus marqué que prévu, ou en cas de faiblesse persistante de l'inflation, a poursuivi le numéro deux de la Fed.

Lors d'une intervention devant le Club économique de New York, il a néanmoins estimé que pour l'instant, les taux sont à un niveau approprié (entre 2,25% et 2,50%). M. Clarida a en outre rappelé que le Comité monétaire de la Fed estime que la faible inflation est "temporaire" et que celle-ci devrait revenir d'ici à 2020 à l'objectif de 2% que s'est fixé la banque centrale.

La croissance US à atteint un pic de 3,1% au premier trimestre 2019

Jeudi, la croissance de l'économie américaine a été révisée en très légère baisse pour le premier trimestre, à 3,1% contre 3,2% en première lecture, et après +2,2% au 4è trimestre 2018. Cette expansion reste cependant la plus forte depuis quatre ans outre-Atlantique.

Ces données reflètent toutefois le passé, et les investisseurs craignent qu'elles se détériorent à partir du 2ème trimestre après le relèvement des barrières douanières annoncées le 10 mai par Donald Trump.

La révision est liée des investissements d'entreprises moins importants qu'initialement estimé et à un niveau d'importations revu à la hausse, selon la deuxième estimation du département du Commerce. Ces investissements ont diminué de 1,0% et non pas augmenté de 0,2% comme cela avait été annoncé le mois dernier.

Deux trimestres de baisse des bénéfices des entreprises US

Le gouvernement a également annoncé jeudi que les bénéfices des entreprises après impôt et hors valorisation des stocks et ajustements de la consommation de capital (ce qui correspond aux profits de l'indice S&P-500), avaient baissé de 0,8% au 1er trimestre par rapport au trimestre précédent, après un recul de 1,7% au 4ème trimestre 2018.

La composante consommation des ménages du PIB, qui représente plus des deux-tiers de la croissance, a été revue à la hausse à +1,3% au T1 au lieu de +1,2% publié en avril, mais elle a ralenti par rapport au 4ème trimestre 2018 (+2,5%) pour tomber à son plus faible rythme de progression depuis le premier trimestre 2018.

Par ailleurs, les promesses de ventes de logements aux Etats-Unis ont nettement diminué en avril, contrariant les attentes des analystes, selon les chiffres de l'Association nationale des agents immobiliers (NAR) publiés jeudi. L'indicateur des promesses de ventes a baissé de 1,5% en données corrigées des variations saisonnières, à 104,3 points en avril alors que les analystes misaient sur une avancée de 1%.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs bancaires étaient à la peine jeudi, pâtissant de la baisse des taux, qui réduit leurs perspectives de bénéfices. Bank of America (-2,1%) a ainsi prévenu, tout comme JP Morgan Chase (-1%) et Citigroup (-0,1%), que ses revenus de trading seraient sans doute en baisse au deuxième trimestre et ceux de la banque d'investissement vraisemblablement stables...

Uber a cédé 0,35% avant la publication de ses résultats trimestriels (les premiers depuis son introduction en Bourse, le 10 mai), prévus ce jeudi après la clôture. Dans son dossier d'IPO déposé auprès des autorités boursières, Uber avait prévenu qu'il fallait s'attendre à une perte nette d'au moins 1 milliard de dollars au 1er trimestre. Les analystes s'interrogent sur la capacité du groupe de VTC à atteindre un jour la rentabilité.

PVH (-14,7%) Le groupe propriétaire des marques Calvin Klein et Tommy Hilfiger a réduit sa prévision de bénéfice par action annuel en soulignant un ralentissement de la croissance des ventes et l'impact de la montée des barrières douanières...

Verizon (-2,3%) UBS a dégradé sa recommandation à 'neutre' avec un cours cible inchangé à 59$, tandis que les perspectives de croissance sont déjà intégrées dans les cours selon le broker.

Tesla (-0,8%) Barclays reste à "sous-pondérer" et ramène son objectif de cours de 192 à 150$ sur le constructeur US.

Dollar General (+7,15%) Le BPA est ressorti en hausse de 8,8% à 1,48 dollar au titre du T1, soit 10 cents au-dessus du consensus. A 6,6 Mds$, le chiffre d'affaires a grimpé de plus de 8%. Le distributeur a confirmé ses objectifs pour l'exercice, avec un BPA situé entre 6,30 et 6,50$ et une croissance des ventes de 7% (+2,5% à périmètre identique).

Boeing (+0,3%) envisage de procéder au premier vol d'essai du 777X dès la fin juin, ont déclaré à l'agence Reuters des sources proches du dossier, soit un peu plus tard que prévu, mais sans remettre en cause une entrée en service prévue en 2020...

Chevron (-1,2%). Ithaca Energy va racheter des actifs pétroliers et gaziers de Chevron en mer du Nord pour deux milliards de dollars, a annoncé la filiale du groupe israélien Delek.

Dollar Tree (+3,2%) Le BPA du groupe est ressorti à 1,14$, contre 1,19$ il y a un an. Les revenus du groupe s'inscrivent à 5,81 Mds$, en hausse de 2,2% à magasins comparables. Le groupe anticipe des ventes entre 5,66 et 5,76 Mds$ au T2.

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