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Clôture de Wall Street : le S&P 500 au sommet avec la trêve commerciale

Clôture de Wall Street : le S&P 500 au sommet avec la trêve commerciale
Clôture de Wall Street : le S&P 500 au sommet avec la trêve commerciale
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a salué lundi l'annonce d'une trêve dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, à la suite de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, samedi, en marge du sommet du G20 d'Osaka. L'indice S&P 500 a démarré le 2ème semestre par un nouveau sommet historique en clôture. Les valeurs technologiques, notamment Apple (+1,8%) et les semi-conducteurs, sont parmi les plus fortes hausses ainsi que les autres sociétés dont les produits sont fabriqués en Chine, comme Nike (+1,7%). Le pétrole a grimpé, après que l'Opep a décidé de prolonger de 9 mois ses coupes de production pour soutenir les cours, tandis que l'or a fait l'objet de prises de bénéfices.

A la clôture, l'indice Dow Jones a avancé de 0,44% à 26.717 points, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,77% à 2.964 pts, un nouveau record, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a gagné 1,06% à 8.091 pts. Au plus haut de la séance, le Dow Jones a gagné 1,1%, le S&P 500 1,2% et le Nasdaq 1,8% avant de refluer face à des indices PMI manufacturiers décevants en juin dans les grandes zones économiques, qui font craindre un ralentissement de la croissance mondiale.

Lundi matin en Asie, les marchés ont bondi après la rencontre Trump-Xi, qui relance les négociations commerciales entre les deux plus grandes économies mondiales. L'indice chinois CSI 300 a pris 2,8% et à Tokyo, le Nikkei 225 a grimpé de 2,1%. En Europe, l'EuroStoxx 50 a grimpé de 0,69% et à Paris, le CAC 40 a fini en hausse de 0,52% à 5.567 pts.

Au premier semestre 2019, achevé vendredi dernier, le DJIA a gagné 14%, le S&P 500 a grimpé de 17,3% et le Nasdaq a bondi de 20,6%, dans l'espoir de baisses des taux de la Fed et d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Le CAC 40 a bondi de 17% sur les 6 six premiers mois de 2019.

Rebond du dollar, pétrole en hausse, l'or de replie

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a rebondi lundi de 0,7% à 96,82 points, tandis que l'euro a cédé 0,7% à 1,1287$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans a repris 2 points de base à 2,04%, toujours proche de ses plus bas niveaux depuis octobre 2016. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans a encore baissé de 3 points de base à -0,36%, un nouveau plus bas historique.

L'or est reparti en nette baisse de 1,9% à 1.386,90$ l'once pour le contrat à terme d'août sur le Comex. Le métal jaune avait atteint son plus haut niveau depuis plus de 5 ans la semaine dernière et a gagné 7,7% en juin, son meilleur mois depuis 3 ans. Mais le soulagement concernant les relations entre Washington et Pékin a entraîné lundi des prises de bénéfices sur l'or, qui avait servi de valeur refuge ces dernières semaines.

Les cours du pétrole ont progressé après la décision de l'Opep de prolonger de 9 mois son accord de maîtrise de la production. Le contrat à terme d'août sur le brut léger américain WTI a gagné lundi 1,06%, à 59,09$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance septembre avançait de 0,49% à 65,06$ au moment de la clôture du Nymex. Le progression a cependant été limitée par la publication d'indices PMI manufacturiers en berne en Chine, en zone euro et aux Etats-Unis en juin...

Washington et Pékin négocient, mais le chemin reste long

Samedi, en marge du G20 d'Osaka, Donald Trump et Xi Jinping sont donc convenus de reprendre les négociations commerciales, qui étaient au point mort depuis 6 semaines. En attendant l'issue des nouvelles discussions, les Etats-Unis n'infligeront pas de nouveaux droits de douane sur les produits chinois, après avoir menacé de taxer 300 milliards de dollars supplémentaires dès le 8 juillet, ce qui aurait de fait taxé la totalité des marchandises chinoises entrant aux Etats-Unis.

En outre, le géant chinois des télécoms Huawei, placé en mai sur une liste noire par les Etats-Unis, pourra à nouveau acheter un certain nombre de composants auprès d'entreprises américaines, à condition que ces composants ne posent pas de problème de sécurité nationale.

Les marchés ont donc été soulagés de la trêve, même si les analystes sont nombreux à souligner que les positions des deux pays restent encore éloignées, et qu'un accord général est encore loin d'être envisageable. Il est donc probable que les marchés resteront soumis aux incertitudes dans les prochaines semaines.

Les investisseurs devraient se focaliser davantage sur les signes de ralentissement de l'économie américaine, tout en continuant de parier sur une baisse des taux directeurs de la Fed, sans doute lors de la prochaine réunion des 30 et 31 juillet prochains. Certains tablent même sur sur une baisse d'un demi-point fin juillet.

L'économie mondiale affiche des signes de faiblesse

Les indicateurs publiés lundi témoignent de ce ralentissement, même si les indices d'activité définitifs pour juin sont ressortis un peu supérieurs aux attentes. L'indice Markit PMI manufacturier américain final du mois de juin est ressorti à 50,6 après 50,5 en mai. Le consensus tablait sur 50,1, un chiffre inchangé par rapport à la lecture "flash" (initiale) de juin, qui représentait un plancher de dix ans. L'indice manufacturier reste toutefois très proche des 50, niveau d'équilibre entre contraction et expansion de l'activité.

De son côté, l'indice ISM manufacturier est ressorti à 51,7 contre 51,1 de consensus de place, et après 52,1 en mai.

A l'étranger, l'activité manufacturière est ressortie en contraction dans la zone euro et en Chine en juin. Le PMI manufacturier s'est replié à 47,6 après 47,7 en mai dans la zone euro. En Allemagne, il est même tombé en franche contraction à 45. En Chine, l'indice PMI calculé par le cabinet IHS Markit/Caixin, est tombé à 49,4 en juin, après 50,2 en mai, au plus bas depuis 4 mois.

Aux Etats-Unis, les dépenses de construction ont affiché un recul surprise en mai, de 0,8% par rapport à avril, contre +0,1% de consensus et après +0,4% en avril. En glissement annuel, ces dépenses de construction régressent de 2,3%.

Les marchés surveilleront de près cette semaine les données du marché de l'emploi américain en juin, qui avaient déçu en mai, avec seulement 75.000 créations de postes. Les chiffres officiels de juin seront publiés vendredi, précédés mercredi de l'enquête ADP dans le secteur privé, et jeudi, des chiffres hebdomadaires pour la semaine dernière.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs technologiques (+1,4% pour le S&P sectoriel) et les financières (+1,1%) sont les secteurs les mieux orientés lundi, suivis des produits de consommation discrétionnaire (+0,87%) et des services de communication (+0,75%). L'indice des semi-conducteurs, le SOX de Philadelphie, a bondi de 2,65%, soutenu notamment par Micron Technology (+3,9%), Broadcom (+3,4%), AMD (+2,7%), Qualcomm (+1,9%) et Nvidia (+1,2%).

Applied Materials gagné 1,7% avec l'effet sectoriel lié à l'apaisement commercial. Le leader des équipements de production de semi-conducteurs a par ailleurs annoncé le rachat du Japonais Kokusai Electric pour un montant de 2,2 milliards de dollars auprès de KKR.

Apple s'est adjugé 1,8% avec la trêve commerciale. Wedbush estime que le groupe devrait compter parmi les grands bénéficiaires en cas d'accord commercial sino-américain - ce qui n'est toutefois pas encore fait ! Le groupe à la pomme aurait décidé de produire la nouvelle version de son ordinateur Mac Pro en Chine, et plus aux Etats-Unis, malgré les risques de droits de douane sur les machines qui seront importés aux Etats-Unis, selon des sources proches du dossier citées par le Wall Street Journal.

Les valeurs chinoises cotées à Wall Street, Alibaba (+3,3%), Tencent Music (+3,4%), Baidu (+0,5%) ou JD.com (+2,9%), profitent également de cet environnement boursier favorable.

Genesee & Wyoming a gagné 8,8% à Wall Street. Le Canadien Brookfield Asset Management a conclu l'acquisition du groupe américain de transport ferroviaire pour 8,4 milliards de dollars dette comprise. Le titre s'ajuste donc assez logiquement sur le prix de l'offre.

Coty a dévissé de 13,5%. Le groupe de cosmétiques, qui avait racheté des marques de produits de beauté de Procter & Gamble pour 12 milliards de dollars en 2016, va devoir déprécier en raison de ventes décevantes et de perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Le groupe va restructurer ses activités et procéder à 3 milliards de dollars de dépréciations d'actifs.

Fidelity National Information Services (+1,5%). La Commission européenne devrait approuver sans conditions le rachat de Worldpay, spécialiste des paiements, par l'Américain Fidelity National Information Services (FIS) pour 35 milliards de dollars, ont indiqué à Reuters des sources proches de la question.

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