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Clôture de Wall Street : le rebond s'essouffle, en attendant la Fed

Clôture de Wall Street : le rebond s'essouffle, en attendant la Fed
Clôture de Wall Street : le rebond s'essouffle, en attendant la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir cédé environ 2% lundi, sa pire séance depuis 4 mois, Wall Street a échoué à rebondir mardi, même si le Nasdaq a fini en légère progression. La prudence est restée de mise à la veille des annonces de politique monétaire de la Fed, qui a entamé mardi sa réunion de deux jours. Le pétrole s'est redressé après sa chute de plus de 2% lundi, dans la crainte d'une crise financière en Chine où le géant immobilier Evergrande est au bord de la défaillance. L'or a fait office de valeur refuge, tandis que le bitcoin est tombé sous les 42.000$.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,15% à 33.919 points après -1,78% lundi, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,08% à 4.354 pts (-1,7% lundi). Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, est parvenu à regagner 0,22% à 14.746 pts (après -2,2% lundi).

Seuls quatre des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert, l'énergie (+0,37%), la santé (+0,14%), les biens de consommation discrétionnaires (+0,1%) et de justesse, les technologiques (+0,03%).

Le pétrole résiste, l'or progresse mais le bitcoin plonge

Plus tôt dans la journée, à la Bourse de Hong Kong, l'indice Hang Seng a regagné 0,5% après son plongeon de 3,3% lundi, mais le Nikkei a chuté de plus de 2%, réagissant à retardement aux craintes liées à Evergrande, lundi étant férié au Japon. En Europe, l'EuroStoxx 50 a rebondi de 1,3% (-2,1% lundi), tandis que le CAC 40 a fini en hausse de 1,5% (après -1,7%). A noter que les Bourses de Chine continentale étaient fermées lundi et mardi pour des jours fériés.

Le pétrole a repris un peu de hauteur, les investisseurs tablant sur une nouvelle baisse des stocks de brut aux Etats-Unis, dont les chiffres seront publiés mercredi. Ils continuent d'évaluer les conséquences sur la reprise économique mondiale d'une possible crise financière en Chine. Le baril de brut léger américain WTI a repris 0,4% à 70,56$ (-2,3% lundi) pour le contrat à terme d'octobre sur le Nymex, et le Brent a avancé de 0,6% à 74,36$, après -1,9% lundi (contrat de novembre).

L'or a continué de profiter des incertitudes, gagnant encore 0,74% à 1.776,90$ l'once (contrat à terme de décembre) après un gain de 0,8% lundi. Côté devises, l'indice du dollar est resté quasi-stable (-0,06%) à 93,22 points. Les obligations ont marqué une pause après avoir fait office lundi de valeurs refuge. Le rendement du T-Bond à 10 ans est remonté d'un point de base à 1,32%, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans a repris 1 pb à -0,31%. Le bitcoin a poursuivi sa chute, dans la crainte d'une réglementation accrue aux Etats-Unis : après une chute de 9% lundi, la principale cryptomonnaie perdait encore 3,8% sur 24h, revenant vers 41.846$ mardi soir sur le site Coindesk.

Evergrande, un risque moins grave que la chute de Lehman Brothers

Après la brutale prise de conscience de lundi, les marchés tentent de relativiser les risques liés à la situation difficile d'Evergrande, le numéro deux chinois de l'immobilier surendetté, qui pourrait faire défaut sur les coupons de deux lignes obligataires attendus jeudi.

La communauté financière estime cependant qu'une crise liée à Evergrande ne devrait pas entraîner d'effet domino mondial d'une ampleur comparable à celle de la chute de Lehman Brothers en 2008. L'exposition à la dette d'Evergrande semble en effet assez limitée pour les institutions financières étrangères, et les autorités chinoises, qui renâclent à un plan de sauvetage, devraient néanmoins être prêtes à orchestrer une restructuration ordonnée, ce qui éviterait des effets trop dévastateurs sur le marché immobilier et l'économie chinoise.

Rappelons que l'immobilier est à l'origine de 30% du PIB chinois et que le secteur emploie plus de 10% des salariés du pays. Evergrande, qui a accumulé une dette supérieure à 300 milliards de dollars, a été fragilisé par le durcissement de la réglementation sur le crédit, Pékin affichant sa volonté de lutter contre la spéculation immobilière.

La Fed pourrait attendre novembre pour détailler ses plans de "tapering"

Les investisseurs restent prudents avant les annonces de la Fed attendues mercredi à 20h heure française, suivies à 20h30 d'une conférence de presse de Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine. Les économistes s'attendent à ce que la Fed ne fasse pas d'annonce officielle concernant un 'tapering' avant la réunion suivante, en novembre. Cependant, les marchés seront attentifs au moindre indice que les dirigeants de la Fed pourraient distiller concernant le calendrier et le rythme de la future réduction de leurs achats d'actifs obligataires.

La crainte d'une inflation durable pourrait porter la banque centrale à agir plus vite que prévu, craignent certains. Ainsi, plusieurs responsables de la Banque centrale européenne, ainsi que les responsables de l'OCDE (qui publiait mardi ses dernières prévisions économiques), ont admis qu'il existe un risque que l'inflation soit plus durable que prévu. La hausse des prix des matières premières et les tensions dans les chaînes d'approvisionnement induisaient un risque d'effets de "second tour" sur l'inflation, a estimé le vice-président de la Banque centrale européenne, Luis de Guindos.

De son côté, Laurence Boone, la cheffe économiste de l'OCDE, a pointé le risque d'une potentielle transmission de la hausse des prix à des progressions rapides et généralisées des salaires, "une spirale que nous ne souhaitons pas voir se matérialiser", a-t-elle ajouté.

Wall Street suit aussi de près d'autres sujets d'inquiétude, dont la question cruciale du relèvement du plafond de la dette, sans lequel les Etats-Unis pourraient en théorie se trouver en situation de défaut sur leur dette courant octobre... La Secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, se montre de plus en plus pressante sur le sujet, avertissant des risques élevés si le Congrès tarde trop à agir. Sur le front budgétaire, l'incertitude persiste sur fond de désaccords au sein du parti démocrate sur le montant final du plan d'investissement de Joe Biden qui veut y consacrer 3.500 milliards de dollars.

La construction toujours dynamique aux Etats-Unis

Dans l'actualité économique aux Etats-Unis ce jour, en dehors de l'ouverture de la réunion du comité FOMC de la Fed, les mises en chantier de logements et les permis de construire ont dépassé les attentes pour le mois d'août. Les mises en chantier se sont établies sur un rythme de 1,615 million d'unités, contre 1,56 million de consensus FactSet et 1,554 million un mois auparavant. Les permis de construire sont ressortis sur un rythme de 1,728 million, contre 1,6 million de consensus et 1,63 million pour la lecture révisée du mois de juillet.

La balance américaine des comptes courants pour le deuxième trimestre, qui vient aussi d'être révélée est ressortie déficitaire de 190 milliards de dollars, proche des attentes du consensus.

VALEURS A SUIVRE

Uber Technologies (+11,5%!) Le géant VTC a annoncé qu'il pourrait réaliser sur le trimestre en cours le premier bénéfice ajusté de son histoire, l'activité ayant dépassé les attentes. Le groupe prévoit pour son troisième trimestre un Ebitda ajusté compris entre une perte de 25 millions de dollars et un bénéfice du même ordre, et au quatrième trimestre un Ebitda positif qui pourrait atteindre 100 millions de dollars. Le groupe table, pour son troisième trimestre, sur des réservations brutes allant de 22,8 à 23,2 milliards de dollars, contre une guidance antérieure allant de 22 à 24 milliards.

AutoZone (+3,6%), détaillant américain en pièces et accessoires automobiles de rechange, a publié pour le quatrième trimestre fiscal, clos fin août, des ventes de 4,9 milliards de dollars en augmentation de 8,1%. La croissance domestique à comparable a été de 4,3%. Le bénéfice opérationnel a augmenté de 2,6% à 1 milliard de dollars. Le bénéfice net a grimpé de 6% à 786 millions de dollars, alors que le bpa s'est amélioré de 15% à 35,72$. Le consensus était de 29,87$ de bénéfice ajusté par action pour 4,56 milliards de dollars de revenus. Sur l'exercice, les revenus ont été de 14,6 milliards de dollars, en croissance de 16%, alors que le bénéfice net a atteint 2,2 milliards, en progression de 25%.

Johnson & Johnson (+0,4%) a annoncé aujourd'hui de nouvelles données confirmant la protection "forte et durable" de son vaccin Covid-19. De nouvelles données montrent également que la protection augmente lorsqu'un rappel du vaccin Johnson & Johnson est administré. Le profil d'innocuité du vaccin est resté constant, et il a été généralement bien toléré lorsqu'il était administré en rappel. La Société a fourni les données disponibles à la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis et prévoit de soumettre les données à d'autres organismes de réglementation, à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et aux groupes consultatifs techniques nationaux sur la vaccination (NITAG) dans le monde entier pour éclairer la prise de décision sur les stratégies d'administration des vaccins.

La plus grande étude de 'preuves réelles' pour un vaccin Covid-19 signalée à ce jour aux États-Unis a démontré une efficacité vaccinale stable de 79% pour les infections liées au Covid-19 et de 81% pour les hospitalisations. Il n'y avait aucune preuve d'une efficacité réduite au cours de la durée de l'étude, y compris lorsque le variant Delta est devenu dominant aux États-Unis. L'étude a inclus 390.000 personnes qui ont reçu le vaccin Johnson & Johnson Covid-19 contre environ 1,52 million de personnes non vaccinées correspondantes en termes d'âge, sexe, région, comorbidités et prédicteurs de la gravité de l'infection Covid-19. L'étude a été menée de mars à fin juillet 2021.

L'étude de phase 3 ENSEMBLE 2 a montré qu'une autre injection du vaccin Johnson & Johnson administrée 56 jours après la première a fourni une protection de 100% contre le Covid-19 grave/critique - au moins 14 jours après la vaccination finale, 75% de protection contre le covid symptomatique (modéré à sévère/critique) dans le monde, et 94% de protection contre le covid symptomatique (modéré à sévère/critique) aux États-Unis. Lorsqu'un rappel du vaccin Johnson & Johnson COVID-19 a été administré deux mois après la première injection, les niveaux d'anticorps sont passés à des niveaux quatre à six fois plus élevés que ceux observés après une seule injection.

Lorsqu'un rappel du vaccin Johnson & Johnson a été administré six mois après l'injection unique, les niveaux d'anticorps ont été multipliés par neuf une semaine après le rappel et ont continué à grimper sur des niveaux jusqu'à 12 fois plus élevés quatre semaines après le rappel. Toutes les augmentations étaient indépendantes de l'âge.

Netflix (-0,4%) lance au Kenya une formule gratuite sans publicité de son service pour les utilisateurs équipés d'un smartphone sous Android. Cette formule ne comprend qu'environ un quart des programmes disponibles et le groupe espère ainsi convaincre les clients de passer à la formule payante...

Robinhood (+3,9%). Selon l'agence Bloomberg, le courtier en ligne teste de nouvelles fonctionnalités de portefeuilles de cryptomonnaies permettant de recevoir et transférer des actifs tels que le bitcoin.

Activision Blizzard (-4,1%) est visé par une enquête de la Securities & Exchange Commission (SEC) sur ses conditions de travail. L'éditeur de 'Call of Duty' était déjà visé par des plaintes pour discrimination sexuelle et harcèlement...

ConocoPhillips (+3,9%), le groupe pétrolier américain, va s'offrir les activités de Royal Dutch Shell dans le bassin permien aux Etats-Unis pour 9,5 milliards de dollars.

US Bancorp (+2,5%). Le Japonais Mitsubishi UFJ Financial Group a conclu la vente des activités de services financiers aux particuliers de sa filiale américaine MUFG Union Bank à US Bancorp pour environ 8 milliards de dollars.

Lennar (-0,5%), le promoteur immobilier américain, a raté le consensus sur le troisième trimestre et évoque les perturbations de supply chain. Le bénéfice ajusté par action a été de 3,27$, un cent de moins que le consensus, alors que les revenus ont été de 6,9 milliards de dollars. La guidance de livraisons de logements pour la fin de l'exercice est par ailleurs révisée en baisse.

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