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Clôture de Wall Street : le rebond n'a pas duré, les "technos" rechutent

Clôture de Wall Street : le rebond n'a pas duré, les "technos" rechutent
Clôture de Wall Street : le rebond n'a pas duré, les 'technos' rechutent

(Boursier.com) — Malgré une tentative de hausse en début de séance, Wall Street n'est finalement pas parvenu à prolonger son rebond de vendredi soir. Les indices américains ont fini lundi en recul, après avoir déjà chuté d'environ 4% la semaine passée, plombés par les valeurs technologiques. Les craintes sur les taux et les tensions commerciales continuent d'inquiéter les investisseurs, d'autant que les ventes de détail ont un peu déçu en septembre aux Etats-Unis. Les valeurs technologiques sont reparties à la baisse, notamment Apple, qui a perdu 2,14% après une note de Goldman Sachs mettant en garde contre un net ralentissement de la demande chinoise de smartphones. Bank of America (-1,9%) a fléchi après des résultats en demi-teinte au 3ème trimestre.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,35% à 25.250 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,59% à 2.750 points et que l'indice Nasdaq Composite a rechuté de 0,88% à 7.430 points (après un rebond de 2,2% vendredi). La semaine dernière, les trois indices avaient abandonné respectivement 4,2% pour le DJIA, 4,1% pour le S&P 500 et 3,7% pour le Nasdaq, ce qui constituait leur pire performance hebdomadaire depuis le mois de mars dernier.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à 6 devises de référence) s'est affaibli lundi de 0,16% à 95,07 points. L'euro a avancé de 0,2% à 1,1582$. Du côté des obligations, les taux ont légèrement fléchi, le rendement du T-Bond à 10 ans cédant 1 point de base à 3,15%, mais il évolue toujours près de son plus haut niveau depuis plus de 7 ans.

La semaine dernière, ce taux avait culminé à 3,24%, contribuant à la dégringolade des marchés d'actions, pour lesquels un environnement de taux plus élevés est un frein à la rentabilité des entreprises, et donc à leur valorisation boursière...

L'affaire Khashoggi attise les tensions entre Washington et Riyad, soutenant les cours du pétrole

Les cours du pétrole, qui ont chuté de 4% la semaine dernière dans le sillage des Bourses mondiales, ont rebondi lundi à la faveur des tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite autour de l'affaire Khashoggi. Le contrat à terme de novembre sur le brut léger américain (WTI) a gagné lundi 0,62%, à 71,78$ le baril, tandis qu'au moment de la clôture du Nymex, le Brent de Mer du Nord prenait 0,46% à 80,80$.

La disparition du journaliste saoudien, opposant au régime saoudien et résident aux Etats-Unis depuis un an, a provoqué une réaction assez vive de la part de Donald Trump, qui a déclaré samedi que "si l'Arabie saoudite était responsable", il y aurait "un châtiment sévère". Lundi cependant, le président américain a modéré ses propos après un entretien téléphonique avec le Roi Salmane, qui a "fermement nié' toute implication du régime dans le sort de M. Khashoggi.

Donald Trump a estimé possible que le journaliste saoudien ait été tué par "des éléments incontrôlables". Il a également annoncé via Twitter qu'il dépêchait son secrétaire d'Etat Mike Pompeo en Arabie saoudite pour s'entretenir directement avec le roi Salmane. Ces déclarations ont cependant relancé les spéculations sur un retour du cours du baril de pétrole Brent au dessus des 100$.

Des premiers signes d'un ralentissement aux Etats-Unis ?

Sur le plan macro-économique, les chiffres de la consommation américaine pour le mois de septembre sont ressortis très décevants ce lundi. Les ventes de détail n'ont progressé que de 0,1% en comparaison du mois antérieur, contre +0,6% de consensus de place. Hors automobile, les ventes de détail de septembre auraient même régressé de 0,1%, contre +0,4% de consensus (et +0,2% en août). Enfin, hors automobile et essence, la consommation aux États-Unis serait restée totalement stable au mois de septembre 2018, en comparaison du mois d'août, contre un consensus de +0,4% (et une hausse de +0,1% en août).

En revanche, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York est ressorti vigoureux à 21,1 au mois d'octobre, contre 18,8 de consensus et 19 un mois avant. Il traduit donc une accélération de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région en octobre. Par ailleurs, les stocks des entreprises ont grimpé de 0,5% en août sur un mois, en ligne avec le consensus de place, après +0,7% en juillet.

Enfin, le Trésor américain a annoncé que le déficit budgétaire des Etats-Unis a bondi de 17% pour l'exercice 2018, représentant désormais 3,9% du PIB (contre 3,5% en 2017) sous l'effet d'un accroissement des dépenses militaires et de sécurité nationale, combiné à une baisse des recettes fiscales.

LES VALEURS A SUIVRE

Les valeurs technologiques ne sont pas parvenues à prolonger leur rebond de vendredi. L'indice SOX de Philadelphie, qui reflète le secteur des semi-conducteurs, a rechuté de 0,9% après avoir abandonné 4,7% la semaine dernière. Intel a cédé 0,8% (-4,5% la semaine dernière), tandis qu'Advanced Micro Devices (AMD) a lâché 0,3% (-3,7% la semaine passée), et que Nvidia a chuté de 4,5% après un plongeon de 8,6% la semaine dernière.

Apple a particulièrement mal démarré la semaine, par une chute de 2,14% à 217,36$par action, signant la deuxième plus forte baisse de l'indice Dow Jones après Cisco Systems (-2,28%). Le titre de la firme à la pomme a souffert de la publication d'une note de Goldman Sachs, qui tire la sonnette d'alarme sur un "ralentissement rapide" de la demande chinoise de smartphones. GS écrit ainsi avoir relevé "de multiples signes d'un ralentissement rapide de la demande des consommateurs chinois" pour les smartphones en Chine.

L'analyste de GS, Rod Hall, estime que le succès des nouveaux iPhones d'Apple, dont les modèles à grand écran XR et XS Max, pourrait compenser une partie de cette baisse de la demande, mais il ajoute que les bénéfices du groupe pourraient tout de même souffrir de ce ralentissement. "Si cette faible demande venait à persister et à impacter le segment haut de gamme du marché (des smartphones), le potentiel d'Apple de battre le consensus au T4 2008 et de relever (ses prévisions) s'en trouverait réduit", a expliqué GS.

Rod Hall a confirmé dans sa note sa recommandation "neutre" pour le titre Apple et son objectif de cours de 240$ à horizon d'un an, ce qui représente tout de même un potentiel de hausse de près de 10% par rapport au cours actuel.

Les valeurs internet ont elles aussi rechuté lundi, notamment Microsoft (-1,8% après -2,3% la semaine dernière), Alphabet (-1,6% après -4% sur la semaine), Netflix (-1,9% après -3,3% sur la semaine) ou encore Amazon (-1,5% après -5,3% sur le semaine). Facebook a limité les dégâts à -0,14% lundi (-2,3% la semaine passée).

Bank of America (-1,9%) perdu du terrain après la publication de ses comptes du troisième trimestre fiscal clos fin septembre 2018, qui sont pourtant ressortis meilleurs que prévu. Le bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires s'est inscrit à 6,7 Mds$ (66 cents par action), contre 4,96 Mds$ et 46 cents par titre un an plus tôt. Le bpa ajusté s'est établi à 67 cents, alors que le consensus sur cette période se situait à 62 cents de bénéfice par titre.
Toutefois, les investisseurs ont été déçus par la faiblesse de la progression des prêts de la banque par rapport à ses concurrentes. Le portefeuille total de prêts de Bank of America n'a ainsi augmenté que de 0,3%, à 930 Mds$ au T3 contre une hausse de 6% pour JP Morgan Chase (-0,57%) et un gain de 4% pour Citigroup (-0,9%).

Goldman Sachs (+0,63%) publiera ses comptes mardi. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 5,38$, pour des revenus de 8,4 Mds$. Un an avant, sur la même période, le géant bancaire américain avait enregistré un bénéfice par action de 5,02$ et des revenus de 8,3 Mds$.

Netflix (-1,9%). Deux grands noms de Wall Street, Goldman Sachs et Raymond James, viennent de prudemment revoir en baisse leurs objectifs de cours sur le dossier du géant de la vidéo en streaming Netflix, à la veille de ses résultats financiers trimestriels. GS ajuste son objectif de cours à 12 mois de 470$ à 430$ sur Netflix, afin de tenir compte de la récente contraction des multiples de valorisation dans l'espace internet. Raymond James abaisse pour sa part son cours-cible de 445 à 400$ sur Netflix à Wall Street, jugeant que l'expansion de la firme devrait quelque peu ralentir à mesure que les taux d'intérêt augmentent.

Sears Holdings (-23,8%), distributeur historique de l'autre côté de l'Atlantique, s'est placé ce week-end sous la protection de la loi américaine sur les faillites. Incapable de s'adapter au changement de mode de consommation des ménages et à la concurrence du commerce en ligne, le groupe était confronté à un endettement devenu beaucoup trop conséquent. Sears et ses magasins Kmart devraient continuer à fonctionner grâce à l'obtention de nouveaux prêts de 600 millions de dollars. En parallèle, le groupe prévoit de poursuivre son plan de redressement massif qui prévoit la fermeture et la vente de 142 magasins non rentables d'ici la fin de l'année, en plus des 46 points de vente déjà en cours de fermeture. Eddie Lampert, le premier actionnaire de la société, qui était également son directeur général, va quitter ce poste. Le dirigeant restera néanmoins président du conseil alors que des administrateurs indépendants superviseront la restructuration.

Les titres Harris Corporation (+11,8%) et L3 Technologies (+12,8%) ont tous deux profité de l'annonce de leur fusion, qui créera le 6ème groupe de services de défense des Etats-Unis avec un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 16 Mds$. Sur le plan boursier, le nouvel ensemble aura une capitalisation boursière proche de 34 Mds$. L'opération, présentée comme une fusion "entre égaux", se fera par un échange d'actions. Après la fusion, les actionnaires d'Harris détiendront environ 54% de l'entreprise commune et ceux de L3 les 46% restants.

Aux termes de la transaction, les actionnaires de L3 recevront 1,30 action Harris pour chaque action L3. L'accord, intégralement en titres, valorise L3 à 15,7 milliards de dollars, soit légèrement plus que sa capitalisation boursière en clôture de séance vendredi (15,3 milliards).

Tesla (+0,3%). Elon Musk vient de promettre l'arrivée prochaine de sa fameuse boisson 'Teslaquila'. "La Teslaquila arrive bientôt", a ainsi tweeté vendredi le CEO de Tesla, relayant un article de CNBC faisant état de l'enregistrement de cette marque auprès de l'U.S. Patent and Trademark Office américain, ainsi qu'en... Jamaïque. Plus tôt cette année, Musk avait évoqué cette Tequila sous bannière Tesla, mais il s'agissait alors d'un simple poisson d'avril lancé sur Instagram. L'affaire semblerait donc désormais une tournure plus sérieuse, puisqu'il s'agit de la première application fédérale de dépôt de marque (intervenue lundi dernier) pour Tesla cette année. La marque doit correspondre à "une liqueur distillée à base d'agave" et d'agave bleu... Notons également que selon le site spécialisé Electrek, Tesla a sans doute franchi le cap des 100.000 Model 3 produites.

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