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Clôture de Wall Street : le rebond échoue, le Covid-19 continue de tuer

Clôture de Wall Street : le rebond échoue, le Covid-19 continue de tuer
Clôture de Wall Street : le rebond échoue, le Covid-19 continue de tuer
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en léger recul mardi, son rebond initial de plus de 3% s'évaporant en fin de séance. Les dernières statistiques quotidiennes ont en effet semé le doute sur un possible ralentissement de la propagation du coronavirus Covid-19, le nombre de décès repartant à la hausse dans plusieurs pays et à New York. Le pétrole a replongé de 9,4% pour le baril de brut léger WTI, les marchés doutant de la capacité des pays producteurs à s'accorder sur une forte baisse de la production mondiale.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,12% à 22.653 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,16% à 2.659 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a reculé de 0,33% à 7.887 pts. Les indices américains avaient rebondi lundi de plus de 7% et mardi en début de séance, ils avaient repris 20% par rapport à leurs plus bas niveaux du 23 mars dernier.

La volatilité, mesurée par l'indice Vix (aussi appelé "l'indice de la peur") a un peu progressé mardi soir à 46,6 (+3%), après avoir dépassé les 85 points (un record) courant mars au plus fort de la panique boursière provoquée par le Covid-19.

Plus tôt en Europe, les marchés ont fini en hausse pour la 2e séance consécutive, l'indice EuroStoxx 50 gagnant 2,2% et le CAC 40 avançant de 2,1% à la clôture.

Un plateau en vue en Europe, mais New York affiche un nombre record de décès en 24h

Les investisseurs veulent croire à une embellie sanitaire, scrutant un début de ralentissement de la propagation de la pandémie de coronavirus dans certains pays européens. Plusieurs de ces pays élaborent déjà des projets de déconfinement progressif, notamment le Danemark, l'Autriche et l'Italie. En Chine, pour la première fois, mardi, aucun nouveau décès de Covid-19 n'a été enregistré en 24h depuis le début de l'épidémie dans le pays, fin 2019.

Cependant, la décrue espérée de la pandémie ne s'est pas vraiment confirmée mardi soir, le nombre de morts repartant à la hausse en Espagne, en Italie et en France... La demande de nouveaux lits en réanimation a toutefois continué de ralentir, alimentant toujours l'espoir d'une amélioration.

Plus de 81.000 morts dans le monde

Aux Etats-Unis, après un semblant d'accalmie à New York ces derniers jours, le nombre de décès est aussi reparti mardi en nette hausse... Le nombre de morts a ainsi bondi de 731 en 24 heures, un record depuis le début de l'épidémie, pour atteindre 5.489 décès dans cet Etat, le plus touché des Etats-Unis par le Covid-19.

Les Etats-Unis restent le pays ayant détecté le plus grand nombre de cas, avec plus de 386.000 ce mardi. Le nombre de décès a dépassé les 12.000 aux US, en 3e position derrière l'Italie (plus de 17.000 morts) et l'Espagne (près de 14.000) et devant la France (environ 10.300 morts). Dans le monde, le Covid-19 a désormais atteint 1,41 million de personnes et le nombre de morts a dépassé les 81.000.

Donald Trump accuse l'OMS d'avoir favorisé la Chine

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a exhorté mardi les pays à ne pas lever leurs mesures de confinement de manière trop précoce. "L'un des éléments les plus importants est de ne pas lever les mesures trop tôt, afin de ne pas avoir de rechute", a dit un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, lors d'une conférence de presse à distance.

De son côté, le président américain Donald Trump s'en est pris à l'OMS, l'accusant d'être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie du coronavirus. "L'OMS s'est vraiment plantée", a ainsi tweeté Trump. "Etrangement, ils sont largement financés par les Etats-Unis et pourtant très centrés sur la Chine. Nous allons nous pencher avec attention sur le dossier", a-t-il ajouté.

"Heureusement, j'ai rejeté leurs conseils initiaux de laisser nos frontières avec la Chine ouvertes. Pourquoi nous ont-ils donné une recommandation aussi erronée?", a-t-il conclu.

Un nouveau plan de relance attendu aux Etats-Unis

Tout en espérant une accalmie sur le front de la maladie, les marchés financiers apprécient l'annonce de nouveaux plans de relance, notamment au Japon, où le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé lundi un plan de soutien massif de près de 1.000 Mds$ (environ 108.000 milliards de yens) pour combattre les effets du coronavirus.

Aux Etats-Unis, les démocrates du Congrès préparent aussi un nouveau plan de soutien. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a évoqué la perspective d'un plan additionnel d'au moins 1.000 Mds$ afin de compléter celui de 2.200 Mds$ déjà adopté fin mars.

En Europe, les ministre des Finances de la zone euro (l'Eurogroupe) devaient se réunir mardi en vidéoconférence pour tenter de trouver un consensus sur une réponse commune, sur fond de polémique sur l'émission de "coronabonds", des euro-obligations qui mutualiseraient la dette liée au Covid-19. Plusieurs autres pays ont annoncé des mesures budgétaires pour affronter la crise actuelle, dont l'Espagne, l'Italie et Singapour.

Le dollar repart en baisse et les taux se tendent

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) est reparti en baisse mardi, cédant 0,8% à 99,88 points. L'euro a vivement rebondi de 1,01% à 1,0891$, tandis que la livre sterling a repris 0,9% à 1,2344$ après avoir reculé lundi après l'hospitalisation en soins intensifs du Premier ministre britannique Boris Johnson, atteint de coronavirus.

Sur les marchés obligataires, les taux sont remontés, le rendement du T-Bond à 10 ans se tendant de 5 points de base à 0,72%, et le Bund allemand bondissant de 11 pdb à -0,32%.

Le pétrole replonge dans l'attente d'un accord des pays producteurs

Le marché pétrolier a plongé pour la 2e séance, en attendant la décision de l'Opep et de ses alliés, dont la Russie, sur une réduction importante de l'offre mondiale de brut, attendue jeudi. Après un début de journée en hausse, le baril de brut léger américain WTI est reparti dans le rouge, terminant en baisse de 9,4% à 23,63$ pour le contrat à terme de mai sur le Nymex, tandis que le Brent de mer du Nord a lâché 3,6% à 31,87$ pour le contrat à terme de juin. Lundi, le WTI avait déjà chuté de 8% et le Brent de 3,2%.

La semaine dernière, les cours du WTI étaient tombé lundi sous les 20$ le baril, au plus bas depuis 18 ans, avant de flamber d'environ 40% en 4 séances. Donald Trump avait donné le signal du rebond en demandant à l'Arabie saoudite et la Russie de réduire leur production de 10 millions de barils par jour, ce qui représente environ 10% de la demande mondiale avant la crise du coronavirus. Riyad ferait cependant pression pour que l'effort soit réparti entre tous les pays producteurs, y compris les Etats-Unis. Les marchés craignent que les efforts annoncés ne suffisent pas à soutenir les cours, dans un contexte d'effondrement de la demande en raison de la pandémie de Covid-19.

VALEURS A SUIVRE

Boeing (-4,8%) a suspendu sa production de B-787 en Caroline du Sud sur fond d'épidémie de coronavirus. Le gouverneur de l'Etat avait auparavant demandé aux résidents de rester à la maison sauf déplacements essentiels.

Halliburton (+1,6%), l'un des géants des services pétroliers, annonce que ses dirigeants vont réduire leurs salaires et qu'il entend supprimer 350 emplois dans l'Oklahoma.

ExxonMobil (+1,9%) réduit de 10 milliards, à 23 milliards de dollars, ses prévisions d'investissement, face au fléchissement brutal de la demande.

Facebook (+1,9%). WhatsApp va limiter le transfert des messages considérés comme viraux afin de lutter contre la désinformation et les rumeurs.

Cypress Semi (+1,6%). Infineon (+5,2% à Francfort) a obtenu les dernières autorisations nécessaires au rachat du concepteur de semi-conducteurs et a finalisé le financement de l'opération de 10 milliards de dollars.

D.R. Horton (-0,8%), leader américain de la construction de maisons individuelles, a retiré ses prévisions annuelles, alors que le groupe observe des annulations accrues et une baisse des commandes fin mars et début avril. Les ventes ont toutefois progressé de 8% sur le trimestre clos fin mars.

3M (+2,7%) s'est accordé avec l'administration américaine en vue de l'importation de 166,5 millions de masques additionnels destinés aux USA sur une période de trois mois. Les masques doivent permettre de protéger les professionnels de santé aux Etats-Unis. 3M et les USA et se sont engagés à collaborer davantage pour lutter contre la hausse des prix et la contrefaçon.

3M importera 166,5 millions de masques au cours des trois prochains mois, principalement à partir de son usine de fabrication en Chine, à partir d'avril. L'administration Trump s'est engagée à travailler pour éliminer les restrictions d'exportation et réglementaires afin de permettre ce plan. Le plan permettra également à 3M de continuer à envoyer des États-Unis des masques vers le Canada et l'Amérique latine, où 3M est le fournisseur principal.

Plus tôt ce mois, Trump avait taclé le groupe, lui promettant "un lourd prix à payer" et invoquant le 'Defense Production Act' pour contraindre 3M à massivement produire pour les Etats-Unis.

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