Cotation du 23/06/2021 à 23h23 Dow Jones Industrial -0,21% 33 874,24
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Clôture de Wall Street : le rebond des "techs" fait long feu...

Clôture de Wall Street : le rebond des "techs" fait long feu...
Clôture de Wall Street : le rebond des 'techs' fait long feu...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mercredi, soutenue par les secteurs cycliques, qui ont permis au Dow Jones de signer un nouveau record. Mais le rebond tenté par les technologiques en début de séance n'a pas tenu en clôture... Les "techs" ont donc vécu une 3e séance difficile dans la crainte d'un dérapage de l'inflation à l'occasion de la reprise post-Covid. Le marché de l'emploi dans le secteur privé a poursuivi son essor en avril, bien qu'à un rythme un peu moins soutenu qu'attendu, et l'activité dans les services est restée très dynamique le mois dernier.

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,29% à 34.230 points, un nouveau sommet historique donc, tandis que l'indice large S&P 500 a grappillé 0,07% à 4.167 pts, mais que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a reculé de 0,38% à 13.582 pts portant son recul à près de 3% en 3 séances.

Cinq des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert, menés par l'énergie (+3,3%), les matériaux de base (+1,3%) et les financières (+0,9%). Les technologiques ont cédé 0,16% après un rebond d'environ 0,5% en séance.

Du côté des valeurs, General Motors a bondi de 4% après avoir dévoilé de solides comptes trimestriels malgré les problèmes liés à la pénurie de composants. Aux pétrolières, Chevron a grimpé de 2,7% (après +0,5% mardi) et Exxon Mobil a avancé de 3% (+0,6% mardi), tandis que le constructeur d'engins de chantier Caterpillar (+2%) et le groupe chimique Dow (+2,7%) ont encore grimpé, après des gains supérieurs à 2% la veille.

Parmi les grandes "techs", Apple a repris 0,2% après une chute de 3,5% mardi, Salesforce a cédé 0,8% après une perte de 2,9% la veille, Microsoft a lâché encore 0,5% (-1,6% mardi), Intel a fini quasi-stable (-0,09%) après -0,6% mardi. Amazon a encore fléchi de 1,2% après -2,2% mardi, tandis que Facebook a lâché encore 1% (après -1,4%) et Alphabet a repris 0,3% (après -1,5%).

La réouverture de l'économie US profite à l'emploi et aux services

Les indicateurs de conjoncture du jour ont confirmé la vigueur de la première économie mondiale, alimentant encore les craintes d'un dérapage de l'inflation dans les prochains mois.

L'étude mensuelle du cabinet ADP sur l'emploi dans le secteur privé a montré que 742.000 postes ont été ouverts en avril aux Etats-Unis, un nombre très élevé mais tout de même inférieur au consensus qui était logé à 850.000. Il s'agit toutefois du niveau le plus élevé depuis septembre dernier. En outre, les créations d'emplois dans le privé pour le mois de mars ont été révisées en hausse de 48.000 postes, à 565.000.

Les loisirs et l'hôtellerie, les secteurs le plus touchés par les fermetures d'entreprises liées à la pandémie de Covid-19, ont créé le plus d'emplois avec 237.000 nouveaux postes. Le commerce, le transport et les services publics ont également joué un rôle important, avec 155.000 nouveaux emplois.

L'enquête ADP est publiée deux jours avant le rapport mensuel du département du Travail, attendu vendredi, et qui devrait, selon le consensus, montrer une nouvelle augmentation des créations d'emplois non agricoles, à 978.000 contre 916.000 en mars. Certains économistes tablent même sur un million de créations de postes le mois dernier.

Par ailleurs, l'activité dans le secteur des services a bondi aux Etats-Unis en avril, à 64,7 pour l'indice PMI, après 60,4 en mars, et contre 63,1 en première estimation. De son côté, l'indice des services calculé par l'Institute for Supply Management (ISM) a également montré une activité toujours très bien orientée dans le secteur des services, même s'il s'est replié à 62,7 en avril après un record de 63,7 en mars.

Janet Yellen évoque de possible hausses des taux

Concernant l'inflation, les craintes restent latentes, même si le président de la Fed de Chicago, Charles Evans a estimé mercredi que le risque de spirale inflationniste était un hypothèse "lointaine", et a ajouté lors d'une conférence que la politique monétaire de la Fed devrait rester inchangée pendant "un certain temps". Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a de son côté réaffirmé qu'il n'était pas encore temps de commencer à parler de réduire le programme de rachat d'actifs de la banque centrale (120 Mds$ par mois actuellement).

Mardi, la secrétaire au Trésor Janet Yellen avait quelque peu effrayé les marchés en évoquant de possibles "très modestes augmentations des taux d'intérêt" pour éviter une surchauffe de l'économie américaine, à mesure que les programmes d'investissements de l'administration Biden seront mis en place.

Mme Yellen (qui a dirigé la Fed de 2014 à 2018) a toutefois rapidement clarifié ses propos en affirmant au 'Wall Street Journal' au sujet des taux plus élevés que "ce n'est pas quelque chose que je prédis ou recommande". "Si quelqu'un apprécie l'indépendance de la Fed, je pense que je suis bien la personne la mieux placée", a-t-elle ajouté. Elle a précisé ne pas s'attendre à une inflation durablement élevée, tout en affirmant que si cela se produisait, la Fed disposait des outils pour y faire face.

Mardi également, Robert Kaplan, le patron de la Fed de Dallas, avait estimé, en opposition avec la majorité de ses collègues, qu'il est d'ores et déjà temps de parler de réduire les achats d'actifs de la Fed... Soulignant la vigueur de la reprise économique aux Etats-Unis, il a estimé qu'il "ferait sens pour la banque centrale d'au moins commencer à débattre de l'ajustement du plan" d'achat d'obligations d'Etat". Des propos à nuancer toutefois dans la mesure où M. Kaplan ne dispose pas cette année d'un droit de vote dans le Comité FOMC qui établit la politique monétaire américaine

Le marché pétrolier fait une pause

Sur les marchés obligataires, les taux sont restés calmes mercredi, ne montrant pas de stress particulier malgré les inquiétudes inflationnistes des marchés d'actions. En soirée, le rendement du T-Bond américain à 10 ans pointait ainsi à 1,57% (-2 points de base), loin de ses plus haut vers 1,76% atteints en mars. Le taux US à 30 ans reculait lui aussi de 2 points de base à 2,24%.

Du côté des changes, l'indice du dollar restait ferme à 91,28 points (stable) face à un panier de devises de référence. L'euro cédait 0,07% face au billet vert à 1,2004$ dans les échanges interbancaires.

Le pétrole s'est replié légèrement, au lendemain d'un bond de l'ordre de 2%, qui a porté les cours au plus haut depuis la mi-mars. L'optimisme sur la croissance de la demande continue de côtoyer les inquiétudes concernant les nouvelles vagues de Covid-19 en Inde, au Japon et au Brésil. Les investisseurs voient en revanche d'un bon oeil les calendriers de levée des restrictions anti-Covid prises par plusieurs pays européens, dont la France, l'Italie et l'Allemagne.

Le cours du baril de brut léger américain WTI a rendu mercredi 0,1% à 65,63$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent s'est aussi allégé de 0,1% à 68,96$ (contrat de juillet). A noter que le repli s'est produit malgré l'annonce d'une forte baisse des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Pour la semaine close le 30 avril, ces stocks ont plongé de 8 millions de barils à 485,1 mb, contre une baisse de 2 mbj attendue par le consensus.

L'or a rebondi mercredi de 0,5% à 1.784,30$ l'once (contrat à terme de juin) après un recul de 0,9% mardi. Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin rebondissait mercredi soir de 3,4% sur 24h, autour de 56.700$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether gagnait encore 1,25% à 3.458$, à son plus haut historique.

VALEURS A SUIVRE

* General Motors a bondi de 4% alors que le géant américain de l'automobile vient de dévoiler de solides trimestriels. Guère épargné par la pénurie mondiale de semi-conducteurs, GM estime que cette crise amputera son Ebit ajusté de 1,5 à 2 milliards de dollars cette année. Le constructeur anticipe néanmoins toujours un bénéfice net 2021 compris entre 6,8 et 7 ,6 Mds$ et un Ebit ajusté allant de 10 à 11 Mds$. Il vise même le haut de fourchette pour ce dernier indicateur. Le free cash-flow de la branche automobile est anticipé entre 1 et 2 Mds$.

Sur les trois premiers mois de 2021, la firme de Détroit a réalisé un profit net de 3 Mds$, un Ebit ajusté de 4,4 Ms$ pour des revenus en repli de 0,7% à 32,5 Mds$. Le bpa ajusté a atteint 2,25$ contre 62 cents un an plus tôt et 1,08$ de consensus. Le free cash-flow de la seule branche automobile est néanmoins ressorti négatif à -1,1 Md$. La directrice générale de GM, Mary Barra, a déclaré dans une lettre aux actionnaires que l'investissement dans les véhicules électriques allait continuer à s'accélérer. "Nous continuerons de convertir les usines d'assemblage pour construire des VE et augmenter la capacité de nos cellules de batterie alors que nous progressons vers notre objectif de leadership en parts de marché de VE en Amérique du Nord... Nous serons à la tête de l'industrie pour commercialiser en toute sécurité la technologie de conduite autonome".

* T-MOBILE US (+4,4%) a revu à la hausse son objectif d'abonnés sur l'année et publié des résultats du premier trimestre supérieurs aux attentes.

* Lyft (-6,3%), spécialiste des véhicules de transport avec chauffeur, a fait état mardi de pertes trimestrielles nettement moins importantes que prévu et dit qu'il s'attendait à renouer avec un bénéfice ajusté au troisième trimestre grâce à des réductions de coûts. La perte par action est ressortie à 35 cents sur le trimestre clos fin mars contre 53 cents de consensus.

* Match Group (+3,4%) table sur un chiffre d'affaires supérieur aux attentes pour le trimestre en cours, misant sur le succès de ses applications de rencontres en ligne, comme Tinder et Hinge, avec l'assouplissement des restrictions liées à la pandémie.

* Activision Blizzard (+1,5%) a relevé sa guidance annuelle alors que l'augmentation de la demande pour ses jeux vidéo, notamment "Call of Duty" et "Candy Crush", lui ont permis de présenter des résultats supérieurs aux attentes au T1. L'éditeur de jeux vidéo table désormais sur des revenus compris de 8,6 Mds$ sur l'exercice contre 8,45 Mds$ précédemment et 8,55 Mds$ de consensus. Le bpa ajusté est anticipé à 3,70$ contre 3,60$ auparavant et 3,65$ de consensus. Sur les trois premiers mois de l'année, la firme a enregistré un profit net de 619 M$ ou 79 cents par titre contre 505 M$ et 65 cents par action il y a un an. Le bpa ajusté est ressorti à 84 cents contre 71 cents attendus. Les revenus ajustés ont atteint 2,07 Mds$, contre 1,78 Mds$ de consensus. Activision avait 150 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur la période, soit 47% de plus que su la même période de l'exercice précédent.

* Hilton Worldwide a perdu 4,3% après avoir essuyé de nouvelles pertes au premier trimestre. Le groupe hôtelier a ainsi essuyé un déficit net de 108 M$ ou 39 cents par titre contre un profit de 18 M$ ou un bpa de 6 cents un an plus tôt. Les recettes ont fondu de 54,5% à 874 M$ et le RevPAR, mesure très suivie dans le secteur, a sombré de 38% à 46,23$, en légère amélioration toutefois par rapport au trimestre précédent. Le bpa ajusté s'est établi à 2 cents contre 10 cents attendus par le marché. Bien que les analystes s'attendent à un fort rebond de l'hôtellerie au cours du second semestre de cette année, ils restent réservés quant à la rapidité de la reprise de la demande pour les voyages d'affaires, dont dépendent fortement les grandes chaînes, notamment Hilton et son rival Marriott.

"Alors que l'augmentation des cas de COVID-19 et le renforcement des restrictions de voyage, en particulier en Europe et dans notre région Asie-Pacifique, ont pesé sur la demande en janvier et février, nous avons constaté une amélioration significative en mars et avril", a déclaré le directeur général, Christopher J. Nassetta. "Nous espérons que cette dynamique positive se poursuivra alors que les vaccins sont plus largement distribués et que nos clients se sentent à nouveau en sécurité lorsqu'ils voyagent".

* Boeing (-2,3%). Les responsables américains de la sécurité aérienne ont demandé à Boeing de fournir une nouvelle analyse et une nouvelle documentation montrant que les problèmes d'alimentation électrique affectant le 737 MAX sont réglés, ont déclaré à 'Reuters' deux personnes au fait du dossier. Les problèmes électriques ont entraîné la suspension de près d'un quart de la flotte de 737 MAX. Les compagnies aériennes américaines ont déclaré qu'elles s'attendaient à ce que Boeing publie dès cette semaine les bulletins de service qui leur permettraient d'effectuer les réparations et de remettre rapidement les avions en service, mais ce dernier problème va probablement repousser ce délai. "Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec la FAA et nos clients pour résoudre le problème électrique des 737 concernés", a déclaré une porte-parole de Boeing.

* C'était le grand jour pour Jessica Alba et sa société Honest Co, qui s'est envolé de près de 43% pour ses débuts, pour finir à 23$ en clôture. L'entreprise de produits de beauté et de soins personnels fondée par l'actrice en 2011 a donc fait ses débuts ce mercredi, sur le Nasdaq. Le groupe californien a levé 413 millions de dollars lors de cette IPO, en vendant 25,8 millions d'actions à 16$ pièce. De quoi valoriser Honest Co près de 1,5 milliard de dollars au cours d'IPO, et plus de 2 Mds$ au cours de clôture.

Honest est devenue au fil des années une marque reconnu au niveau national et a conclu des partenariats avec des géants du commerce de détail, dont Target et Amazon.com. En forte croissance, la société n'est toujours pas rentable. L'an passé, elle a essuyé une perte de 14,5 M$ pour des revenus de 300,5 M$, en hausse de 28%.

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