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Clôture de Wall Street : le Nasdaq plombé par Facebook et Apple

Clôture de Wall Street : le Nasdaq plombé par Facebook et Apple
Clôture de Wall Street : le Nasdaq plombé par Facebook et Apple
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La semaine a pris un mauvais départ lundi à la Bourse de New York, où les trois principaux indices ont fini dans le rouge, le Nasdaq abandonnant même plus de 2%. La crainte d'une inflation durable a particulièrement plombé les valeurs technologiques. Apple a perdu 2,5%, tombant en zone de correction, et Facebook a chuté de 4,8%, sur fond de grosse panne de ses services. La crainte de l'inflation a été renforcée par la décision de l'Opep+, lundi, de ne pas ouvrir davantage ses vannes de pétrole, ce qui a envoyé les cours du Brent à plus de 81$ le baril.

A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 0,94% à 34.002 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 1,3% à 4.300 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a chuté de 2,1% à 14.255 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient déjà reculé respectivement de 1,4%, 2,2% et 3,2%, face à l'accumulation des risques ("tapering", inflation, pénuries, blocages budgétaires aux Etats-Unis...)

Huit des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini en berne lundi, dont celui des services de communication (-2,1%) et des technologiques (-2,3%). L'énergie a en revanche gagné 1,6% dans le sillage des cours du pétrole. Marathon Oil a pris 4,1%, Transocean 3,9% et ExxonMobil a avancé de 1,3%. Parmi les grandes "techs", outre Facebook qui plongé de près de 5%, Apple a lâché 2,46% pour finir à 139,14$, portant son recul à 11,2% depuis son dernier record du 7 septembre à 156,69$. Un recul supérieur à 10% est considéré comme une correction en Bourse, et en cas de chute de plus de 20%, le mouvement se transforme en véritable marché baissier ("bear market"). Amazon a chuté de 2,8%, tandis qu'Alphabet (-2,1%), Microsoft (-2%), Netflix (-1,5%) et Nvidia (-4,8%) ont bu la tasse.

Vers un baril de pétrole brut à 100$ ?

Le cours du baril de pétrole américain WTI a bondi de 2,3% à 77,62$ pour le contrat à terme de novembre sur le Nymex , au plus haut depuis novembre 2014 ! Le baril de Brent de la Mer du Nord a flambé de son côté de 2,5% à 81,26$ (contrat de décembre), au plus haut depuis plus de 3 ans.

Les ministres de l'Opep et ses alliés, dont la Russie, ont donc décidé de s'en tenir au relèvement de leur production de 400.000 barils par jour pour novembre. Ce statu quo était anticipé par la plupart des observateurs, mais certains espéraient une plus importante intervention de l'Opep+ compte tenu de la récente flambée des prix, qui pourrait menacer la reprise mondiale si elle durait.

Dans une note à ses clients, Bank of America a estimé vendredi que le cours du brut pourrait dépasser 100$, et les prix du gaz poursuivre aussi leur envolée, ce qui pourrait entraîner une nouvelle crise économique mondiale et un effet de second tour, qui entretiendrait la spirale inflationniste. La croissance a déjà ralenti en Chine en raison de pannes d'électricité dues à des difficultés d'approvisionnement en énergies.

Questions sur la durée et le niveau de l'inflation

La nouvelle progression des prix du pétrole après le statu quo de l'Opep+ renforce un peu plus les inquiétudes entourant une inflation plus forte et plus prolongée que prévu, et entretient les craintes de stagflation, et, in fine, la hausse des taux obligataires.

"Il y a un mur d'inquiétude que les marchés essaient d'escalader en ce moment", explique Jim Reid, stratège de la Deutsche Bank. "Nous avons une crise énergétique, des problèmes de chaîne d'approvisionnement, une inflation plus élevée, des signes de croissance plus faible, et beaucoup de discussions sur la stagflation".

De son côté, James Bullard, le président de la Fed de St. Louis, n'a pas rassuré lundi en émettant des doutes sur le fait que l'inflation allait revenir vers l'objectif de 2% de la Fed... "L'inflation élevée pourrait ne pas se dissiper pour revenir vers les 2% (...) Nous allons avoir plus d'inflation que nous en avions l'habitude pendant un certain temps", a-t-il indiqué. Il a ajouté que selon ses informations, les entreprises n'ont pas de difficulté à relever leurs prix de vente, ce qui pourrait préfigurer un "changement de mentalité" concernant l'inflation.

Les incertitudes ont profité lundi à l'or, qui a avancé lundi de 0,5% à 1.767,60$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex, signant sa 3e séance de rebond. Le bitcoin poursuit aussi son rebond lundi, gagnant 0,8% sur 24h, autour de 48.966$ sur le site Coindesk.

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans est resté stable à 1,48%, toujours en nette hausse par rapport au 22 septembre, où il s'affichait à 1,3% juste avant que la Fed n'annonce son intention de réduire bientôt son soutien aux marchés. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans s'est tendu d'un point de base à -0,22%. Côté devises, l'indice du dollar cédait en fin de soirée 0,24% à 93,81 points face à un panier de devises, après avoir atteint mercredi dernier ses sommets d'un an. L'euro prenait 0,22% à 1,1620$.

Retour des tensions commerciales sino-américaines

Les investisseurs ont aussi surveillé de près les informations provenant de Chine, où la cotation de l'action Evergrande a été suspendue lundi à la Bourse de Hong Kong dans l'attente d'une "transaction majeure". Selon la presse chinoise, la société immobilière Hopson Development aurait l'intention d'acquérir 51% du capital de sa filiale de gestion de biens immobiliers Evergrande Property Services, pour plus de 5 milliards de dollars. Beaucoup d'incertitudes demeurent autour de la véritable exposition des institutions financières sur le dossier Evergrande, qui croule sous une dette de près de 300 milliards de dollars. Les acteurs du marché craignent les effets de contagion d'Evergrande alors que l'environnement économique s'affaiblit.

Les tensions sino-américaines ont aussi refait surface. La représentante des Etats-Unis pour les questions commerciales internationales (USTR), Katherine Tai, a indiqué que l'administration Biden allait lancer "dans les prochains jours des discussions franches" sur le commerce avec Pékin, estimant que le géant asiatique n'a pas respecté ses engagements pris dans le cadre de l'accord dit de "phase 1" signé début 2020.

La Chine n'est en effet pas parvenue à augmenter les achats de marchandises américaines de 200 milliards de dollars sur une période de deux ans, comme le prévoyait cet accord. Selon les analystes, les achats de produits américains par la Chine jusqu'en août étaient estimés inférieurs d'environ 62% aux objectifs de l'accord commercial.

Affichant sa fermeté vis-à-vis de la Chine, Mme Tai a affirmé que les Etats-Unis n'envisageaient pas de revenir sur les droits de douane instaurés par l'ancien président Donald Trump. "Il nous reste encore beaucoup de travail. Et pour avoir du succès dans notre relation avec la Chine, nous devons être directs", a affirmé Katherine Tai lors d'un discours devant le Centre pour les études stratégiques et internationales.

Toujours pas d'accord sur le plafond de le dette

Sur le front budgétaire, Joe Biden a concédé, selon le 'Wall Street Journal', que le montant final de son programme d'infrastructures sociales allait être plutôt proche de 2.000 milliards de dollars, très inférieur aux 3.500 milliards initialement visés. Les démocrates cherchent actuellement de quelle manière réduire l'addition. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a fixé pour sa part au 31 octobre l'échéance pour faire passer le projet de loi d'infrastructure bipartite. Joe Biden soutient un ajournement de ce vote jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé sur un package séparé de politique sociale et climatique.

En outre, la question du relèvement du plafond de la dette a aussi pesé sur les marchés. Joe Biden a quelque peu dramatisé le sujet ce lundi en affirmant qu'il ne pouvait "pas garantir" que les Etats-Unis éviteront un défaut de paiement sur leur dette..."Je ne peux pas croire que ce sera le résultat final parce que les conséquences sont si terribles... Mais est-ce que je peux le garantir ? Si je pouvais, je le ferais, mais je ne peux pas" , a-t-il répondu à une journaliste lundi à la Maison-Blanche. La secrétaire au Trésor Janet Yellen a averti la semaine dernière que l'Etat fédéral pourrait se trouver à court de financement dès le 18 octobre, appelant le Congrès à relever ou à suspendre le plafond de la dette autorisée, aujourd'hui fixé autour de 28.000 milliards de dollars.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, les commandes industrielles américaines du mois d'août 2021 ont progressé de 1,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus FactSet de +1% et une lecture révisée (en hausse) à +0,7% pour le mois de juillet. Les commandes finales de biens durables pour ce même mois d'août se sont établies conformes aux attentes, à +1,8% par rapport au mois précédent (+0,3% hors transport).

VALEURS A SUIVRE

Tesla a gagné 0,8%, à contre-courant de la baisse générale du jour. Le groupe californien est parvenu pour le troisième trimestre à défier les perturbations de supply chain et à réaliser des livraisons record. Les pénuries de 'puces' frappant l'industrie et les problèmes logistiques n'ont pas ralenti le groupe d'Elon Musk, qui a livré 241 300 véhicules au total, dans le monde, sur le trimestre. Wall Street anticipait pour sa part 225 000 à 230 000 livraisons. Les livraisons se sont ainsi envolées de 73% en glissement annuel ! Le groupe a livré 232 025 Model 3 et Model Y, ainsi que 9 275 Model S et X.

Sur le troisième trimestre, période de juillet à septembre, le groupe est même parvenu à une croissance séquentielle de 20%, en comparaison d'un deuxième trimestre déjà record. Il s'agit du sixième trimestre consécutif de croissance séquentielle pour le groupe, que rien ne semble donc arrêter. Musk a avoué que Tesla avait subi, plus tôt au troisième trimestre, une pénurie extrêmement sévère d'équipements. Il a donc demandé aux employés de faire le maximum en fin de trimestre, relate Reuters, citant un courriel interne. Le CEO de Tesla a évoqué une vague de livraisons de fin de trimestre inhabituellement haute.

La production totale sur le troisième trimestre a grimpé de 15% séquentiellement pour atteindre 237 823 unités, dont 228 882 Model 3 et Y, et 8 941 Model S et X. En Chine, la croissance des exportations vers l'Europe et l'introduction d'un Model Y moins cher a dopé la production. Les livraisons record du trimestre ont aussi été tirées par une performance remarquable en Chine, jugent les spécialistes. La fabrication sera la force concurrentielle à long terme de Tesla, a affirmé Musk sur Twitter.

Facebook (-4,8%). Les services de Facebook et de ses applications Messenger, Instagram et WhatsApp ont été touchés lundi par une panne d'envergure qui se prolongeait tard dans la soirée. En outre, le réseau social a fait l'objet de critiques d'une lanceuse d'alerte, Frances Haugen, à l'origine des "Facebook Files". Sur la chaîne CBS, elle a accusé Facebook de mettre "le profit avant la sécurité" de ses utilisateurs. "Il y avait des conflits d'intérêts entre ce qui était bon pour le public et ce qui était bon pour Facebook", a notamment déclaré Frances Haugen.

Merck & Co, qui a flambé de 8,4% vendredi, a encore gagné 2% lundi. Le laboratoire américain discute avec la Thaïlande, dont le gouvernement entendrait, selon un responsable cité par Reuters, acquérir 200 000 unités de sa pilule Covid-19 expérimentale. L'agence rapporte encore que de nombreux pays asiatiques se démèneraient pour verrouiller des approvisionnements sur ce traitement potentiel, après avoir pris du retard par rapport aux pays occidentaux dans le déploiement du vaccin Covid-19, touchés par des approvisionnements restreints. La Corée du Sud, Taïwan et la Malaisie, négocieraient notamment l'acquisition de pilules de Merck.

En fin de semaine dernière, le titre Merck avait grimpé en direction de ses sommets historiques. Le laboratoire pharmaceutique américain avait en effet communiqué des nouvelles positives concernant un traitement expérimental contre le coronavirus, développé avec la biotech Ridgeback Biotherapeutics. Ce traitement par voie orale, le molnupiravir, réduirait d'environ 50% le risque d'hospitalisation ou de décès chez les patients exposés au risque d'une forme grave de la maladie, à en croire les résultats provisoires d'un essai clinique de Phase 3 publiés vendredi.

Merck a ainsi déclaré vendredi que sa pilule expérimentale réduisait de moitié hospitalisations et décès chez les personnes récemment infectées. Le laboratoire du New Jersey entend demander bientôt aux autorités sanitaires aux États-Unis et dans le monde d'autoriser l'utilisation du traitement. Il s'agirait alors de la première pilule à traiter le covid, les thérapies actuellement validées aux USA demandant une intraveineuse ou une injection.

Merck et son partenaire Ridgeback Biotherapeutics ont donc indiqué que les premiers résultats d'étude montraient une baisse de moitié du risque d'hospitalisation ou de décès en comparaison du placebo pour les patients ayant des formes légères à modérées du covid. L'analyse intermédiaire montre que 7,3% des patients qui ont reçu du molnupiravir ont été hospitalisés jusqu'au jour 29, comparativement à 14,1% des patients traités par placebo (hospitalisés ou décédés). Il n'y a eu aucun décès dans le groupe du médicament sur cette période, contre huit décès dans le groupe placebo, selon Merck.

Johnson & Johnson (-0,8%) entend demander cette semaine à l'agence américaine des médicaments, la FDA, d'autoriser une dose de rappel de son vaccin anti-covid.

Pfizer (-1,2%) / BioNTech (-2,3%). Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'EMA, Agence européenne des médicaments, a conclu qu'une dose supplémentaire des vaccins Covid-19 Comirnaty (BioNTech / Pfizer) et Spikevax (Moderna -4,4%) pouvait être administrée aux personnes dont le système immunitaire est gravement affaibli, au moins 28 jours après leur deuxième dose. La recommandation intervient après que des études ont montré qu'une dose supplémentaire de ces vaccins augmentait la capacité à produire des anticorps contre le virus qui cause le Covid-19 chez les patients transplantés dont le système immunitaire est affaibli.

Bien qu'il n'y ait aucune preuve directe que la capacité de produire des anticorps chez ces patients protège contre le Covid-19, l'EMA s'attend à ce que la dose supplémentaire augmente la protection au moins chez certains patients. L'agence européenne continuera à surveiller toutes les données qui émergent sur son efficacité.

Il est important de faire la distinction entre la dose de rappel pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli et les doses de rappel pour les personnes dont le système immunitaire est normal. Pour ces derniers, le CHMP a évalué les données de Comirnaty montrant une augmentation des taux d'anticorps lorsqu'une dose de rappel est administrée environ 6 mois après la deuxième dose chez les personnes âgées de 18 à 55 ans. Sur la base de ces données, le comité a conclu que des doses de rappel pouvaient être envisagées au moins 6 mois après la deuxième dose pour les personnes âgées de 18 ans et plus.

Le comité évalue actuellement les données à l'appui d'une dose de rappel de Spikevax. L'EMA communiquera le résultat une fois l'évaluation terminée.

Teva Pharmaceutical (-0,8%), le géant des traitements génériques, a annoncé l'interruption temporaire de la production de médicaments de son usine californienne d'Irvine afin de résoudre les problèmes soulevés par la Food and Drug Administration suite à une inspection.

Apple (-2,46%). Les profits opérationnels réalisés par le groupe à la pomme dans les jeux vidéo sur l'exercice 2019 ont été de 8,5 milliards de dollars selon le Wall Street Journal. Ce montant dépasse les profits combinés de Microsoft, Nintendo, Sony et Activision Blizzard sur ce segment, ajoute le WSJ.

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