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Clôture de Wall Street : le Nasdaq chute, entraîné par les GAFA

Clôture de Wall Street : le Nasdaq chute, entraîné par les GAFA
Clôture de Wall Street : le Nasdaq chute, entraîné par les GAFA

(Boursier.com) — La Bourse de New York a commencé le mois de juin en petite forme, sur fond d'intensification de la guerre commerciale, et alors que la justice américaine pourrait lancer une procédure antitrust contre Alphabet (-6,1%, maison mère de Google), Apple (-1%), Facebook (7,5%) et Amazon (-4,6%), dont les cours ont fini en forte baisse lundi. Du côté de la guerre commerciale, Pékin a relevé comme prévu, le 1er juin, les taxes sur 60 milliards de dollars de biens américains importés, et a accusé les Etats-Unis d'être seuls responsables de l'impasse actuelle dans les négociations. Pékin a aussi annoncé l'ouverture d'une enquête sur Fedex (-1,2%), soupçonné d'avoir mal distribué des colis destinés au groupe chinois Huawei. Le dollar a fléchi face aux craintes de récession, qui renforcent les anticipations de baisses de taux de la Fed...

A la clôture, l'indice Dow Jones a fini presque stable (+0,02%) à 24.819 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,28% à 2.744 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a abandonné 1,61% à 7.333 pts, plombé par les GAFA. Le Nasdaq est désormais entré dans une phase de correction, caractérisée par une baisse de 10% par rapport aux récents sommets (-10,2% par rapport à la clôture du 3 mai). En Europe, l'indice Euro Stoxx 50 a fini la journée en hausse de 0,6%, tandis qu'à Paris, le CAC 40 a gagné 0,65% à la clôture.

En mai, les indices américains ont reculé de 6,7% pour le DJIA, de 6,5% pour le S&P 500 et de 7,9% pour le Nasdaq. Ils ont désormais inscrit 6 semaines de baisse d'affilée pour le Dow Jones, 5 pour le Nasdaq, et 4 pour le S&P 500. La semaine dernière a été la pire (respectivement -3%, -2,6% et -2,4%) depuis celle de Noël 2018, lorsque le marché avait été très chahuté par les craintes d'un net ralentissement de l'économie mondiale...

Dollar et pétrole en baisse, obligations et or comme valeurs-refuge

Ces craintes sont clairement de retour, comme en témoignent les turbulences sur les marchés obligataires. Les investisseurs se ruent depuis une semaine sur la dette souveraine des pays développés, jugée peu risquée, ce qui a fait plonger les taux d'intérêts. Cette tendance s'est poursuivie lundi, confirmant l'inversion la plus importante de la courbe des taux souverains américains depuis 2007, à la veille de la crise des crédits "subprimes"...

Le dollar a pâti lundi de la chute des taux et des craintes pour la croissance. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 monnaies de référence) cédait lundi soir 0,57% à 97,19 points, ce qui porte sa chute à 1% en deux séances. Lundi, James Bullard, le président de la Fed de St. Louis a indiqué qu'une baisse de taux directeurs "pourrait être bientôt justifiée" au vu de la montée des risques de ralentissement de l'économie et de la faiblesse de l'inflation.

Le pétrole a poursuivi sa baisse, après un plongeon de 16,3% en mai pour le brut léger américain WTI et de 11,4% pour le Brent. La crainte d'un affaiblissement de la demande lié à la guerre commerciale surpasse désormais les problèmes de limitation de l'offre... Lundi, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a encore cédé 0,47%, à 53,25$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet lâchait 1,15% à 61,28$ à Londres au moment de la clôture du Nymex.

L'once d'or a en revanche bondi lundi de 1,46% à 1.330,30$ pour le contrat à terme d'août sur le marché Comex, remontant au plus haut depuis plus de 4 mois, le 22 février dernier.

Sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans a encore baissé de 2 points de base à 2,10%, tandis que celui du T-Bond à trois mois a cédé 1 pdb à 2,33%. L'écart entre les deux taux a atteint 23 pdb, au plus haut depuis 2007.

Le risque de récession augmente, selon les grandes banques de Wall Street

Dans une économie en croissance, les taux à long terme sont normalement supérieurs à ceux à court terme. La situation inverse montre que les marchés anticipent une dégradation de la conjoncture. Depuis 1955, les neuf récessions qui se sont produites ont ainsi été précédées par une inversion durable de la courbe des taux.

En Europe, le regain d'aversion au risque a entraîné un plongeon du taux du Bund allemand à 10 ans. Le taux de référence de la zone euro a fini lundi quasi-stable à -0,20% proche de ses plus bas historiques.

Les économistes de Morgan Stanley ont estimé lundi, dans une note envoyée à leurs clients, que la guerre commerciale pourrait déclencher une récession mondiale dans trois trimestres à venir, si les Etats-Unis mettent en oeuvre leur menace de taxer à 25% la totalité des biens chinois, soit environ 300 Mds$ de plus qu'actuellement (plus de 200 Mds$).

Lorsque les droits de douane de 10% ont été imposés, les entreprises étaient en mesure de les absorber, mais si Washington met à exécution sa menace de les porter à 25% et de taxer la totalité des importations en provenance de Chine, cela devrait avoir "des répercussions plus fortes sur les prix avec davantage de conséquences indirectes (sur l'économie)", écrit Morgan Stanley dans sa note.

De leur côté, les économistes de JP Morgan Chase ont estimé que la probabilité d'une récession aux Etats-Unis avait nettement augmenté, passant de 25% il y a un mois à 40% depuis l'escalade des dernières semaines entre les Etats-Unis et la Chine.

L'activité manufacturière a piqué du nez en mai aux Etats-Unis

Les derniers indicateurs d'activité manufacturière outre-Atlantique, publiés lundi, ont montré un net ralentissement au mois de mai. L'indice ISM manufacturier est passé de 52,8 à 52,1, alors que les économistes tablaient sur 53.

L'autre indicateur manufacturier, le PMI calculé par l'institut IHS Markit est lui ressorti en lecture finale à seulement 50,5, flirtant avec le seuil de 50, qui sépare l'expansion de la contraction... Le PMI est au plus bas depuis septembre 2009, tandis que l'ISM a inscrit son plus mauvais score depuis octobre 2016, avant l'élection de Donald Trump.

Par ailleurs, les dépenses de construction du mois d'avril 2019 aux Etats-Unis sont ressorties stables, alors que le consensus était de +0,4% en comparaison du mois antérieur.

Doutes sur la tenue d'une rencontre Xi-Trump fin juin

Ce week-end, la Chine a publié un livre blanc de 21 pages consacré aux relations commerciales avec Washington. Le document accuse les Etats-Unis d'être seuls responsables de l'impasse actuelle dans les négociations. La Chine répète qu'elle ne souhaite pas une guerre commerciale mais ajoute que "s'ils veulent l'affrontement, nous sommes prêts". L'agence officielle Chine Nouvelle a affirmé qu'"aucun défi ne ralentira le développement de la Chine" .

En outre, en présentant le livre blanc, le vice-ministre de l'Information Guo Weimin n'a pas confirmé la tenue d'une réunion, fin juin, entre Xi Jinping et Donald Trump à l'occasion du sommet du G20 d'Osaka, laissant planer un doute sur cette rencontre.

"Y aura-t-il une reprise des discussions en marge du sommet du G20 à Osaka fin juin ? Je n'ai pas d'information là-dessus" a ainsi répondu le vice-ministre, qui a ajouté : "la guerre commerciale ne rend pas sa grandeur à l'Amérique", en écho au slogan préféré de Donald Trump ("Make America great again").

VALEURS A SUIVRE

Alphabet (-6,1%, maison mère de Google), Apple (-1%), Facebook (7,5%) et Amazon (-4,6%), ont été rudement attaqués en Bourse, après des informations de presse faisant état de l'ouverture prochaine d'enquêtes antitrust contre les quatre géants d'internet et du commerce en ligne.

'Reuters' et d'autres médias ont ainsi rapporté depuis vendredi dernier que le département de la Justice (DoJ) et la Commission fédérale du Commerce (FTC) s'étaient réparti les dossiers dans le cadre de cet examen, le premier héritant d'Apple et d'Alphabet, la seconde d'Amazon et de Facebook.

Ces derniers mois, des élus américains, dont la sénatrice démocrate Elisabeth Warren, ont demandé la réouverture d'enquêtes contre les GAFA, jugés trop puissants, voire monopolistiques. Mme Warren, qui est aussi candidate à l'investiture démocrate pour les prochaines présidentielles, préconise même un démantèlement de plusieurs grandes "technos", dont Google, Facebook et Amazon. En mai, Chris Hughes, un des co-fondateurs de Facebook, a lui aussi appelé à une scission de Facebook en trois entités (Facebook, WhatsApp et Instagram).

Concernant Google, le DoJ préparerait une enquête afin de déterminer si la filiale d'Alphabet a enfreint la législation antitrust dans le cadre de ses activités en ligne. Il s'agirait notamment de savoir si Google a favorisé ses propres services dans le secteur de la recherche en ligne. La FTC avait déjà mené une enquête sur Google en 2013, mais l'avait alors blanchi d'abus de position dominante via son moteur de recherche.

Fedex (-1,26%). La Chine a annoncé l'ouverture d'une enquête sur le géant américain des transports de colis, afin de déterminer s'il a porté atteinte aux intérêts des clients chinois. Pékin soupçonne le groupe d'avoir mal distribué des colis destinés au géant chinois des télécoms Huawei, qui a été placé le 16 mai dernier sur une liste noire par Washington. FedEx a déclaré que les colis avaient été "mal acheminés par erreur".

La séance a été animée par de nombreuses opérations de fusion-acquisition. Cypress Semiconductor a bondi de 23,8% après une offre de rachat par le groupe allemand Infineon, qui valorise le fabricant américain de puces à 10 Mds$ dette comprise.

Blackstone Group (+2,7%) a annoncé l'acquisition pour 18,7 Mds$ d'entrepôts industriels aux Etats-Unis, mis en vente par le groupe de Singapour GLP.

Goldman Sachs (+0,38%) va acquérir Capital Vision Services, un gérant de centres d'optométrie pour 2,7 Mds$, selon le 'Wall Street Journal'.

Le fournisseur d'électricité El Paso Electric a bondi de 13,5% après avoir accepté une offre d'achat du fonds IIF (Infrastructure Investments Fund), filiale de la banque JP Morgan (+0,47%) pour une valeur d'entreprise de 4,3 Mds$.

Boeing (-0,8%). La FAA, autorité américaine de régulation du secteur aérien, a affirmé qu'une pièce des 737 MAX et NG pourrait présenter des défauts de fabrication. La compagnie azerbaïdjanaise Azal a pour sa part annulé une commande de 10 appareils 737 MAX, modèle désormais cloué au sol depuis le mois de mars...

Apple (-1%). Alors qu'on apprend que le groupe pourrait faire l'objet d'une enquête antitrust, il tient ce lundi sa conférence mondiale de développeurs WWDC (Worldwide Developers Conference) à San Jose, Californie. Des améliorations concernant l'iPad ainsi que de nombreuses mises à jour sont attendues, dans le cadre de la présentation de l'iOS 13 et du nouveau macOS. Il est possible que soit annoncée à l'occasion de cette conférence... la fin d'iTunes, qui serait remplacé par trois services dédiés spécifiquement à la musique, à la TV et aux podcasts.

Fiat Chrysler Automobile (+1,58%) a fait état de ventes US en croissance inattendue de 2% en volume pour le mois de mai 2019, alors que les analystes anticipaient en moyenne un déclin assez prononcé de près de 6%.

Par ailleurs, selon 'Reuters', des discussions seraient menées entre Renault (+0,89% à Paris) et Fiat Chrysler afin que FCA accepte un ajustement du projet de fusion entre égaux. Les négociations portent sur des conditions financières améliorées pour Renault, sous forme d'un dividende exceptionnel, ainsi que sur des garanties supplémentaires sur l'emploi. Le but ultime est de convaincre le gouvernement français d'apporter son soutien au mariage.

Humana (+2,2%) et Centene (-10,2%) évoluent de manière volatile à Wall Street ce jour, l'assureur-santé américain ayant démenti les rumeurs de rapprochement entre les deux groupes.

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