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Clôture de Wall Street : le Nasdaq au sommet, craintes sur la situation sanitaire

Clôture de Wall Street : le Nasdaq au sommet, craintes sur la situation sanitaire
Clôture de Wall Street : le Nasdaq au sommet, craintes sur la situation sanitaire
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La dégradation de la situation sanitaire en Europe, où plusieurs pays ont pris des mesures (allant jusqu'au reconfinement général pour l'Autriche), a incité les investisseurs à vendre les valeurs cycliques pour se reporter sur les valeurs profitant des confinements, à commencer par les technologiques et les services de communication. Le Nasdaq a fini vendredi sur un nouveau record, tandis que le Dow Jones et le S&P 500 ont corrigé, plombés par des cycliques comme Boeing (-5,8%), Chevron (-2,2%) et Dow Inc (-1,1%). Le pétrole WTI a chuté de plus de 3%, tandis que les taux se sont détendus, et que le dollar est reparti en hausse.

A la clôture, le Dow Jones a cédé 0,75% à 35.601 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,14% à 4.698 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a avancé de 0,40% à 16.057 pts, signant donc un nouveau record, son 46e depuis le début de l'année !

Sur l'ensemble de la semaine, les indices ont fait le grand écart : le DJIA a reculé de 1,4% (sa 2e semaine de recul), tandis que le S&P 500 a légèrement progressé de 0,35%, et que le Nasdaq a grimpé de 1,2%, soutenu par les valeurs internet et technologiques.

Plus tôt dans la journée, le Nikkei a gagné 0,5% à Tokyo, le CSI 300 a progressé de 1% en Chine, mais en Europe, l'EuroStoxx50 a lâché 0,62%. A Paris, le CAC 40 a cédé 0,42% à 7.112 pts en clôture, mais a signé une 7e semaine de hausse.

Le plan "Build Back Better" franchit l'étape de la Chambre des représentants

Outre la situation sanitaire en Europe, les marchés ont suivi le parcours au Congrès américain du projet de réformes sociales de quelque 1.750 milliards de dollars du président Joe Biden. Ce plan complète le vaste plan de modernisation des infrastructures adopté la semaine dernière, et promulgué lundi par Joe Biden.

Après un long suspense, le texte social "Build Back Better" a finalement été adopté ce vendredi par la Chambre des représentants, à une majorité de 220 contre 213, avec le soutien de tous les démocrates sauf une voix, et sans aucune voix républicaine. Il s'agit d'une première victoire d'étape pour ce texte, cruciale avant un examen qui s'annonce plus difficile par le Sénat, qui est divisé à 50/50 entre démocrates et républicains.

Notons que Joe Biden a transféré temporairement ses pouvoirs à la vice-présidente Kamala Harris, vendredi, le temps de subir une coloscopie sous anesthésie générale, dans le cadre d'un bilan de santé "de routine" effectué à l'hôpital Walter Reed, près de Washington.

Confinement général anti-Covid en Autriche pour 20 jours

La 5e vague de coronavirus s'étend donc rapidement en Europe, faisant craindre un ralentissement de la reprise économique à l'approche des fêtes de fin d'année. L'Autriche, après avoir voulu confiner les seuls non-vaccinés, a annoncé vendredi un confinement général de 20 jours, ainsi qu'une obligation vaccinale à compter du 1er février prochain.

L'Allemagne a imposé jeudi de sévères restrictions aux non-vaccinés et a ouvert la voie à une obligation vaccinale pour les personnels soignants. Un confinement général "ne peut pas être exclu, y compris pour les personnes vaccinées", a même déclaré vendredi le ministre de la Santé, Jens Spahn.

La Belgique a généralisé le retour au télétravail. La France et les pays du sud de l'Europe, moins touchés, réfléchissent à de nouvelles mesures. En France, la Haute autorité de santé a préconisé un rappel de vaccin pour les 40 ans et plus, 6 mois après la 2e dose. Le président Emmanuel Macron a estimé que le confinement des personnes non vaccinées n'est "pas nécessaire en France". Dans un entretien au quotidien régional La Voix du Nord, il a précisé que "les pays qui confinent les non-vaccinés sont ceux qui n'ont pas mis en place le passe [sanitaire]. Cette mesure n'est donc pas nécessaire en France".

Aux Etats-Unis, l'agence américaine des médicament (FDA) a autorisé vendredi l'administration de doses de rappel pour tous les adultes intégralement vaccinés avec Pfizer/BioNTech ou Moderna. Et dans la foulée, les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont eux aussi recommandé ce rappel vaccinal pour tous.

Dans ce contexte, en Bourse, les valeurs gagnantes du Covid-19 sont reparties à la hausse des deux côtés de l'Atlantique, mais les valeurs industrielle, financières et pétrolières ont chuté, de même que le secteur des voyages et des loisirs.

Pétrole et taux refluent, le dollar toujours solide en valeur refuge

Les cours du pétrole ont plongé face aux craintes sur la demande mondiale. Le baril de WTI a perdu 3,2% à 75,94$ (contrat à terme de janvier sur le Nymex) et le Brent de Mer du nord a lâché 2,89% à 78,89$ (contrat de janvier).

Sur les marchés obligataires, les taux se sont détendus, une aggravation de la situation sanitaire signifiant que les banques centrales pourraient retarder la remontée des taux directeurs. Le rendement du T-Bond à 10 ans américain s'est détendu de 5 points de base à 1,54%, tandis qu'en Europe, celui du Bund allemand à 10 ans a perdu 7 pb à -0,35%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar est reparti en hausse de 0,5% face à un panier de devises à 96,04 points vendredi soir, et l'euro chutait de 0,71% à 1,1288$. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a encore répété vendredi sa réticence à relever les taux directeurs. Un resserrement de politique monétaire ne ferait qu'accentuer l'impact négatif de la situation actuelle sur l'économie, a-t-elle estimé, rendant improbable un hausse des taux de la BCE avant 2023. "Cela n'a pas de sens de réagir en resserrant la politique monétaire", a résumé la patronne de la BCE, jugeant qu'un tel resserrement aurait plutôt pour effet de peser sur les revenus des ménages.

En attendant, malgré les discours rassurants des banquiers centraux, l'inflation continue d'accélérer dans de nombreux pays. En Allemagne, l'indice des prix à la production en octobre, publié vendredi, a bondi de 3,8% sur un mois contre +1,4% attendu, et après +2,3% en septembre. Sur un an, la flambée des prix à la production atteint 18,4%, au plus haut depuis 1951 !

L'or a reculé vendredi de 0,8% à 1.847,10$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex, sa 2e séance de baisse. Le bitcoin évoluait vendredi soir autour de 58.117$, en hausse de 0,9% sur 24h, mais en baisse de 9,5% sur une semaine.

Encore un peu de patience pour la présidence de la Fed

En l'absence de statistiques notables de conjoncture ce vendredi aux Etats-Unis, les opérateurs ont suivi les interventions de Christopher Waller, gouverneur de la Fed, et du vice-président de la banque centrale, Richard Clarida.

Christopher Waller, l'un des gouverneurs de la banque centrale américaine, s'est montré plus "faucon" que la plupart des autres membres de la Fed, pressant cette dernière d'accélérer le 'tapering' et de relever les taux directeurs... "L'amélioration rapide du marché du travail et les mauvais chiffres sur l'inflation m'ont poussé à privilégier un rythme de réduction plus rapide des achats d'actifs et un retrait plus rapide de la politique accommodante en 2022", a-t-il écrit dans son projet de déclaration prévue au Center for Financial Stability à New York.

Par ailleurs, le suspense se poursuit sur le prochain président de la Fed. Joe Biden avait déclaré mardi que son choix interviendrait dans les quatre jours, mais la Maison Blanche a semblé temporiser par la suite, suggérant qu'une décision viendrait plutôt avant Thanksgiving, jeudi prochain.

Le débat sur l'actuel président Jerome Powell et la gouverneure de la Fed Lael Brainard se poursuit donc. Malgré un certain élan derrière un choix potentiel de Brainard, le consensus continue de pencher en faveur d'une reconduction de Powell, qui dispose d'une voie plus facile vers la confirmation au Sénat et le soutien bipartite.

VALEURS A SUIVRE

Nvidia a encore bondi de 4,1% après +8,25% jeudi, terminant à un nouveau record de 329,85$, après la publication de comptes trimestriels supérieurs aux attentes (déjà très optimistes) de Wall Street, grâce à des ventes record de puces pour les centres de données, notamment ceux qui gèrent les programmes d'intelligence artificielle (IA). Les prévisions pour le trimestre en cours sont aussi supérieurs aux attentes.

Lors d'une conférence téléphonique, le PDG et cofondateur du groupe, Jensen Huang a rassuré concernant la "supply chain", contrairement à d'autres groupes du secteur. "Nous avons un approvisionnement garanti sécurisé, en très grande quantité, assez spectaculaire, de la part de la première fonderie mondiale, et des sociétés de substrat, d'emballage et de test qui font partie intégrante habituelle de notre chaîne d'approvisionnement", a-t-il indiqué.

Applied Materials (-5,5%) a en revanche souffert de problèmes de chaîne d'approvisionnement, qui ont limité la croissance du fabricant d'équipements de production des semi-conducteurs. Les prévisions du groupe sont aussi ressorties en-deçà des attentes des analystes. Pour le 4e trimestre fiscal achevé fin octobre, les ventes du groupe basé à Santa Clara se sont élevées à 6,12 milliards de dollars (+30%), mais le consensus tablait sur 6,39 Mds$. Le bénéfice net est ressorti à 1,71 Mds$ (1,89$ par action) contre 1,13 Md$ (1,23$ par action) un an plus tôt, un bond de 51%. En données ajustées, le bpa a atteint 1,94$, un peu moins que 1,96$ attendu par le consensus. Pour le 1er trimestre de l'exercice 2022 en cours, AMAT table sur un bpa de 2,01$ et des revenus de 6,16 Mds$, alors que les analystes attendaient respectivement 2,01$ et 6,5 Mds$.

Apple (+1,7%) a signé un nouveau record à 160,55$. Le titre a été soutenu par des informations évoquant des progrès dans son projet d'Apple Car, en vue d'une commercialisation en 2025. Apple, qui travaillait sur deux projets, une voiture avec des capacités limitées de conduite autonome, et une voiture complètement autonome, aurait désormais choisi la seconde option. Le futur véhicule pourrait n'être équipé ni de volant ni de pédales, une innovation majeure qu'il faudra faire accepter par les automobilistes. Selon 'Bloomberg', Apple a désormais achevé le travail de base sur la puce qui alimentera sa voiture, à savoir une puce très puissante composée de processeurs neuronaux capables de gérer l'intelligence artificielle nécessaire à la conduite autonome. Un composant aussi complexe nécessitera sans doute de développer un système de refroidissement sophistiqué.

La capitalisation boursière d'Apple (2.630 milliards de dollars vendredi soir) est du même coup repassée au-dessus de celle de Microsoft, (+0,5%, 2.580 Mds$), qui était devenu il y a moins de 3 semaines la première capitalisation boursière mondiale. Les deux géants américains de la "tech" se disputent ce titre depuis plusieurs années, talonnés par les autres "Gafa", Alphabet (-0,6%, 1.980 Mds$), Amazon (-0,5%, 1.860 Mds$) et Tesla (+3,7%, 1.130 Mds$).

Foot Locker (-12%). Les profits trimestriels du détaillant américain en chaussures et accessoires de sport ont pourtant battu le consensus, mais le groupe prévient de la persistance des problèmes d'approvisionnement. Sur ce troisième trimestre fiscal, le bénéfice net s'est établi à 158 millions de dollars soit 1,52$ par titre, contre 265 millions de dollars et 2,52$ par action un an plus tôt. Hors éléments, le profit par action a représenté 1,93$, contre 1,21$ un an plus tôt et 1,37$ de consensus. Les revenus se sont appréciés de 4% à 2,19 milliards de dollars, contre 2,15 milliards de consensus. La croissance trimestrielle à comparable a été de 2,2%.

Moderna (+4,9%). Le laboratoire a annoncé aujourd'hui que la Food and Drug Administration (FDA) avait étendu son autorisation d'utilisation d'urgence afin d'inclure une dose de rappel de son vaccin Covid-19 pour tous les adultes âgés de 18 ans et plus. Ce rappel s'applique aussi aux personnes de 18 ans et plus ayant terminé une primovaccination avec tout autre vaccin Covid-19 autorisé ou approuvé. "Cette autorisation d'utilisation d'urgence arrive à un moment critique alors que nous entrons dans les mois d'hiver et que nous faisons face à une augmentation du nombre de cas de Covid-19 et d'hospitalisations à travers le pays", a déclaré Stéphane Bancel, DG de Moderna. "Nous remercions la FDA pour son examen et sommes confiants dans les preuves cliniques solides qu'une dose de rappel de 50 microgrammes d'ARNm-1273 induit une forte réponse immunitaire contre le Covid-19".

La dose de rappel doit être administrée au moins six mois après la fin de toute vaccination primaire contre le Covid-19. Le 20 octobre, la FDA a autorisé pour une utilisation d'urgence une dose de rappel du vaccin Moderna Covid-19 au niveau de dosage de 50 microgrammes pour les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les adultes âgés de 18 à 64 ans qui présentent un risque élevé de covid sévère, et pour les personnes âgées de 18 à 64 ans avec une exposition institutionnelle ou professionnelle fréquente au SRAS-CoV-2.

Pfizer (-1,1%) / BioNTech (+5,7%). La Food and Drug Administration (FDA) a plus généralement autorisé ce vendredi l'administration de doses de rappel pour tous les adultes intégralement vaccinés avec Pfizer/BioNTech ou Moderna. Cette décision vise à renforcer l'immunité, face à la flambée des infections dues au variant Delta. Tous les Américains adultes qui ont reçu leur deuxième dose de vaccins développés par les laboratoires Pfizer/BioNTech ou Moderna il y a au moins six mois, ainsi que ceux ayant reçu le vaccin Johnson & Johnson (+0,3%), il y a au moins deux mois, pourront désormais bénéficier d'une dose de rappel. La décision finale appartient à une commission consultative des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), qui se réunissait vendredi.

Pfizer a annoncé jeudi que l'administration américaine débourserait 5,3 milliards de dollars pour 10 millions de doses de son traitement antiviral expérimental contre le covid. L'hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche, citant des sources, a rapporté que le laboratoire américain allait soumettre ce vendredi aux autorités européennes une demande d'homologation du traitement.

Intuit a bondi de 10%. L'éditeur américain de logiciels de comptabilité anticipe une croissance de son chiffre d'affaires de 26% à 28% pour l'exercice 2022, contre 15% à 16% auparavant. Pour le premier trimestre fiscal, les comptes du groupe ont battu le consensus, avec un bénéfice ajusté par action de 1,53$ à rapprocher d'une estimation de marché de moins d'un dollar. Les revenus sur ce trimestre clos en octobre ont totalisé 2,01 milliards de dollars, dépassant de 11% le consensus, contre 1,32 milliard un mois avant.

Farfetch, spécialiste de la mode en ligne, a dévissé de 13,2%. Le groupe a annoncé une perte nette sur le troisième trimestre, des revenus inférieurs aux attentes et une guidance décevante. Sur le T3, la perte ajustée par action a été de 25 cents, contre -50 cents un an avant. Les revenus ont atteint 583 millions de dollars, 3% de moins que le consensus, contre 387 millions un an plus tôt.

Blackstone (-0,3%) a soumis une offre d'achat de 6,2 milliards de dollars au groupe australien de casinos Crown Resorts, après le retrait de la proposition de 6,6 milliards de Star Entertainment.

Activision Blizzard (-0,5%). Phil Spencer, patron de la division Xbox de Microsoft (+0,5%), a déclaré que son groupe réétudiait ses relations avec Activision, visé par des accusations d'abus sexuels parmi ses salariés.

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