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Clôture de Wall Street : le moral revient avec le pétrole !

Clôture de Wall Street : le moral revient avec le pétrole !
Clôture de Wall Street : le moral revient avec le pétrole !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a rebondi vendredi grâce au secteur pétrolier, qui a salué l'accord conclu par l'Opep sur une hausse plus modeste que prévu de sa production. Les principaux indices signent tout de même une semaine baissière, marquée par une escalade des tensions commerciales. Vendredi, Donald Trump a franchi une nouvelle étape en menaçant de taxer à 20% les voitures européennes importées aux Etats-Unis.

L'indice Dow Jones a mis fin à une série noire de 8 séances de baisse consécutive en terminant vendredi en progression de 0,49% à 24.580 points. L'indice large S&P 500 a avancé de 0,19% à 2.754 pts, mais le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fini en recul de 0,26% à 7.692 pts. Le Nasdaq avait atteint mercredi un nouveau sommet historique, avant de subir des prises de bénéfices.

Sur la semaine, le Dow Jones a chuté de 2%, le S&P 500 a perdu 0,9% et le Nasdaq a limité la casse à 0,5% en 5 séances.

L'Opep relève sa production moins que prévu, les cours flambent

Sur le marché des changes, le dollar a cédé du terrain pour la 2è séance consécutive. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a reculé de 0,24% à 94,52 points. L'euro a progressé de 0,50% à 1,1660$. Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts se sont stabilisés par rapport à la veille. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans a fini la semaine à 2,90%, tandis que le Bund allemand à terminé à 0,33%.

La vedette du jour a été le pétrole, qui a flambé après une réunion cruciale de l'Opep qui s'est soldée par un accord sur la hausse de la production du cartel. Le baril de brut léger américain (WTI) a bondi de 4,64%, à 68,58$ (contrat à terme de juillet), tandis que le Brent a grimpé de 3,42%, à 75,55$ le baril (contrat à terme d'août).

Réunis à Vienne en Autriche, les membres de l'Opep se sont accordés pour relever leur production d'un million de barils par jour, mais dans les faits, la hausse devrait se limiter à 600.000 barils par jour, plusieurs pays ayant du mal à relever leurs volumes rapidement, tandis que d'autres producteurs ne seront pas autorisés à prendre part à cet accord. Les marchés craignaient que la hausse atteigne jusqu'à 1,5 million de barils par jour, ce qui avait pesé ces dernières semaines sur les cours du brut.

Par ailleurs, le pétrole a été soutenu par l'annonce, vendredi, d'une baisse du nombre de forages en activité aux Etats-Unis pour la première fois en 12 semaines (-1 à 862 forages actifs, selon les statistiques hebdomadaires de Baker Hugues).

Trump menace de taxer à 20% les voitures européennes

Sur le front commercial, l'Union européenne a mis en oeuvre ce vendredi, comme prévu, ses représailles aux taxes de Donald Trump sur l'acier et l'aluminium. Le président américain a de son côté poursuivi l'escalade en menaçant d'imposer une taxe de 20% sur les voitures européennes importées aux Etats-Unis si l'Europe ne supprime pas rapidement ces barrières douanières. "Construisez-les ici !", a-t-il tonné sur son compte Twitter.

Aux Etats-Unis, l'indice d'activité flash PMI composite est ressorti un peu plus faible que prévu, à 56 en juin, selon l'évaluation de Markit contre 56,3 de consensus. L'indice manufacturier a été le plus touché, tombant à 54,6 contre 56,5 de consensus, tandis que l'indicateur des services s'est au contraire amélioré à 56,5, contre 56,2 de consensus.

La veille, l'indice d'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie avait fortement reculé en juin, entraînant des prises de bénéfices sur le dollar. Le "Philly Fed" s'est ainsi établi à 19,9 points en juin, contre 34,4 en mai, alors que les analystes tablaient sur 30 points. Cette contre-performance a sonné comme un avertissement sur les effets possibles de la politique protectionniste menée par Donald Trump, même si un seul indicateur sur un seul mois n'est pas considéré comme significatif.

En outre, jeudi, l'indice des indicateurs avancés mesuré par le Conference Board pour le mois de mai 2018 est ressorti en croissance de 0,2% sur un mois, contre +0,3% de consensus et +0,4% un mois plus tôt.

Le FMI et les banques centrales inquiets pour la croissance mondiale

Face aux craintes de guerre commerciales, le FMI a indiqué jeudi qu'il s'apprêtait à revoir en légère baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro, dans son prochain rapport attendu en juillet.

Le Fonds monétaire international tablait jusqu'à présent sur une croissance de 2,4% en 2018 et de 2% en 2019. Mais il va devoir tenir compte des risques accrus découlant des tensions commerciales internationales (notamment des tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis sur leurs importations d'acier), des sanctions contre la Russie et l'Iran, ainsi que de la prochaine sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, a expliqué jeudi Christine Lagarde, la directrice générale du FMI.

Cette semaine, les responsables des banques centrales, réunis à la conférence de la BCE à Sintra au Portugal, s'étaient eux aussi inquiétés des effets négatifs de la montée des barrières douanières sur la croissance mondiale. Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, avait ainsi estimé que "les changements de politique commerciale pourraient nous inciter à remettre en cause les perspectives" de croissance. "Pour la première fois, nous entendons parler de décisions de reporter des investissements et de retarder des embauches" avait-il ajouté.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur de l'énergie a profité vendredi de la flambée des cours du brut : +2,1% pour ExxonMobil, +2% pour Chevron, +6,3% pour Transocean, +5,1% pour Devon Energy, +2,9% pour Halliburton et +7,8% pour Marathon Oil.

Le secteur bancaire a fini en baisse, malgré les résultats plutôt positifs des "stress tests" de la Réserve fédérale américaine. Les 35 plus grandes banques américaines ont ainsi toutes passé avec succès la première étape de ces tests de résistance annuels. La Fed a estimé qu'elles sont assez solides pour supporter des conditions de récession extrême, tout en maintenant leurs fonds propres au-dessus du niveau minimal requis. L'action Goldman Sachs a cédé 0,4%, Bank of America a lâché 1%, Morgan Stanley a chuté de 1,8% et JP Morgan a reculé de 1,6%.

BlackBerry (-9,3%) publie ses comptes du premier trimestre fiscal 2019. Les revenus sont de 213 M$, contre 235 M$ un an avant. La perte nette s'élève à 60 M$ (0,11$ par action), contre des profits de 671 M$ (1,23$ par action) sur la même période de l'exercice précédent. En non-GAAP, les revenus s'affichent à 217 M$ et le bénéfice par action se monte à 0,03$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa proche de 0, pour des revenus de 209 M$. Sur l'exercice, le groupe vise un résultat net par action positif en non-GAAP.

Red Hat (-14,2%). Le groupe a publié ses résultats du premier trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 113 M$ (0,59$ par action), contre 75 M$ (0,41$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 0,72$. Les revenus s'élèvent à 814 M$, contre 677 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,68$, pour des revenus de 808 M$. Sur le second trimestre, le groupe vise un bpa de 0,81$ (contre 0,89$ de consensus), pour des revenus entre 822 et 830 M$ (contre 855 M$ de consensus).

CarMax (+12,8%) publie ses résultats du premier trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 238,7 M$ (1,33$ par action), contre 211,7 M$ (1,13$ par action) un an avant. Les ventes s'élèvent à 4,79 Mds$, contre 4,54 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,24$, pour des ventes de 4,61 Mds$. A magasins comparables, les ventes reculent de 2,3%.

Amazon.com (-0,8%). Coup de tonnerre dans le ciel bleu des e-commerçants américains ! La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé jeudi les Etats américains à collecter des taxes sur la valeur ajoutée (TVA) des ventes en ligne, ce qui aura pour effet de réduire l'avantage compétitif des commerçants en ligne comme Amazon par rapport aux magasins classiques... .

Web.com (+0,97%). La société américaine qui fournit des services internet et des solutions marketing online, a annoncé un accord pour son rachat par une filiale de Siris Capital Group, LLC. Le prix de l'opération s'élève à environ 2 Milliards de dollars en numéraire, soit 25$ par action. La transaction devrait être finalisée au quatrième trimestre 2018. Le titre Web.com a profité de cette annonce hier pour grimper de 11,42%, à 25,85$ sur le Nasdaq.

Intel (+0,6%) est resté sous surveillance après avoir chuté de 2,4% jeudi (plus forte baisse du Dow Jones), alors que Brian Krzanich, directeur général d'Intel, a démissionné. Le dirigeant est contraint de quitter l'entreprise après avoir violé 'les politiques internes' de la société. En cause, une 'relation consentante' avec une employée... "Une enquête en cours par des conseillers internes et externes a confirmé une violation de la politique de non-fraternisation d'Intel, qui s'applique à tous les managers", explique Intel. Robert Swan, directeur financier, a été nommé CEO intérimaire, pendant que le Conseil recherche un remplaçant à Brian Krzanich.

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