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Clôture de Wall Street : le marché partagé, les "technos" souffrent des tensions sur les taux

Clôture de Wall Street : le marché partagé, les "technos" souffrent des tensions sur les taux
Clôture de Wall Street : le marché partagé, les 'technos' souffrent des tensions sur les taux
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé lundi, les valeurs technologiques pesant sur le Nasdaq, tandis que les valeurs cycliques, notamment les financières et l'énergie, ont progressé. Cette rotation sectorielle a été accentuée par la poursuite de la tension sur les taux d'intérêts, dans l'anticipation d'une politique monétaire bientôt moins accommodante de la part de la Fed et de la BCE à la faveur de la reprise économique mondiale. Le baril de pétrole Brent a grimpé de 1,8% et frôle les 80$ pour la première fois depuis trois ans, tandis que le gaz naturel a flambé de 11%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,21% à 34.869 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,28% à 4.443 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,52% à 14.969 pts. La semaine dernière, le Dow Jones avait progressé de 0,6%, le S&P 500 avait pris 0,5% et le Nasdaq avait fait du surplace (-0,02%).

Les taux à 10 ans remontent à 1,5% aux Etats-Unis

La semaine dernière, les marchés ont réagi plutôt positivement aux annonces de la Réserve fédérale qui a confirmé le 22 septembre qu'elle commencerait à réduire ses achats d'actifs avant la fin de l'année, et pourrait commencer à relever ses taux directeurs en 2022 si la reprise économique continue sur sa dynamique actuelle.

Sur les marchés obligataires, les taux se sont vivement tendus depuis les annonces de la Fed, qui rejoint la BCE en se plaçant dans l'optique d'une normalisation de politique monétaire après 18 mois de crise sanitaire. Celle-ci semble désormais mieux contrôlée grâce à l'avancée des programmes de vaccination contre le Covid-19, même si les rebonds épidémiques localisés entraînent des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement, des pénuries et des hausses de prix.

Lundi, le rendement du T-Bond à 10 ans a grimpé jusqu'à 1,51% contre 1,45% vendredi et 1,3% avant les annonces de la Fed, remontant au plus haut depuis juin. Les taux US à 30 ans se sont tendus jusqu'à 2,04% en séance, contre 1,84% il y a une semaine. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans a encore gagné 1 pb à -0,22%, là aussi dans l'anticipation de politiques monétaires moins accommodantes des deux côtés de l'Atlantique. Côté devises, l'indice du dollar gagnait 0,06% à 93,38 points, face à un panier de devises, et l'euro perdait 0,12% à 1,1701$.

Le pétrole et le gaz poursuivent leur envolée

Soutenus par la perspective d'une demande mondiale solide en 2022, et des stocks mondiaux en baisse, les cours du pétrole poursuivent leur "rally", de retour sur leurs plus hauts niveaux depuis l'automne 2018. Le cours du baril de brut léger américain WTI a gagné lundi 2% à 75,45$ pour le contrat à terme de novembre sur le Nymex. Quant au baril de Brent de la Mer du Nord, il gagne 1,8% à 79,53$ (contrat de novembre), au plus haut depuis octobre 2018.

Les cours du gaz naturel ont poursuivi leur ascension, le contrat à terme d'octobre bondissant même de 11% ce lundi soir sur le Nymex, à 5,706$ par million de BTU (British Thermal Unit).Il s'agit du plus haut niveau pour les prix du gaz depuis 2014.

L'or est resté stable lundi, terminant à 1.752,00$ l'once (+0,02%) pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex. Le bitcoin perdait 1,7% sur 24h, autour de 42.875$ lundi soir sur le site Coindesk.

Parmi les indices sectoriels du S&P 500, l'énergie a bondi de 3,4% et les financières ont grimpé de 1,3% tandis que les technologiques ont perdu 1% et les valeurs de santé ont lâché 1,3%. Les géants d'internet font l'objet de prises de bénéfices, à l'instar d'Alphabet (-0,8%), Apple (-1%), Amazon (-0,58%), Netflix (stable) ou encore Microsoft (-1,7%). Facebook a en revanche gagné 0,18%.

Sur le front macro-économique aux Etats-Unis, les commandes de biens durables ont nettement progressé en août, de 1,8% par rapport à juillet, sur une base ajustée des variations saisonnières, contre +0,7% de consensus de marché et +0,5% pour la lecture révisée du mois antérieur. Hors transport, toutefois, ces commandes de biens durables n'ont progressé que de 0,2%, contre +0,5% de consensus FactSet et +0,8% pour la lecture révisée du mois de juillet.

Attendu à 11, l'indice manufacturier de la Fed de Dallas pour le mois de septembre 2021 est ressorti à 4,6, contre 9 au mois d'août. Il traduit donc un net ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région.

Le "tapering" de la Fed approche

Du coté de la Fed, trois responsables se sont exprimés en public, lundi, et se sont montrés plutôt "colombes" que "faucons". Ils ont globalement confirmé ce que le patron de la Fed, Jerome Powell, a dit le 22 septembre, à savoir que la Fed se préparait à réduire ses achats d'actifs, sans doute avant la fin de l'année, mais qu'elle agira avec discernement et graduellement, en tenant compte de l'évolution de l'emploi et de l'inflation.

Ainsi, Charles Evans, président de la Fed de Chicago, a déclaré qu'il s'inquiétait davantage d'une inflation trop faible que trop élevée, malgré la hausse des prix constatée à court terme. Il a néanmoins estimé que l'économie américaine était proche des conditions requises pour le "tapering", c'est à dire la réduction de ses achats d'actifs, actuellement logés à 120 milliards de dollars par mois. "Je considère que l'économie est sur le point d'atteindre la norme de 'progrès supplémentaires substantiels' que nous avons définie en décembre dernier", a ainsi déclaré M. Evans, qui n'anticipe en revanche pas de première hausse des taux directeurs avant 2023.

De son côté, John Williams, président de la Fed de New York a estimé que l'inflation devrait redescendre autour de 2% en 2022. Tout en notant la "solide dynamique" de reprise économique, il a estimé qu'"une reprise complète prendra du temps". M. Williams a souligné que la résurgence des cas de Covid "affecte les dépenses de consommation et l'emploi, entretient les goulets d'étranglement dans des secteurs tels que l'automobile et retarde la réouverture complète du secteur des services".

Enfin, Lael Brainard, gouverneure de la Fed, a elle aussi estimé que le marché de l'emploi américain approchait du niveau d'amélioration qui justifierait bientôt la baisse du montant des achats d'actifs de la Fed. Elle a aussi reconnu que la crise du Covid-19 pourrait augmenter les risques inflationnistes.

Par ailleurs, deux membres de la Fed Eric Rosengren (Fed de Boston) et Robert Kaplan (Fed de Dallas) ont annoncé leur intention de démissionner, suite à leur mise en cause dans la gestion de leurs investissements personnels en 2020, en pleine crise sanitaire. Le 'Wall Street Journal' avait révélé récemment qu'ils avait boursicoté pour des millions de dollars sur des titres dont Apple, Amazon et Delta Airlines, ce qui posait de réels problèmes d'éthique compte-tenu de leurs fonctions de banquiers centraux...

Le Congrès US toujours dans l'impasse sur le plafond de la dette

Les marchés continuent de surveiller le dossier du géant immobilier chinois Evergrande, qui n'a toujours pas versé un coupon de 83,5 millions de dollars dû le 23 septembre. Le groupe a désormais 30 jours pour régulariser sa situation, avant d'être déclaré en défaut sur sa dette. En attendant, un autre paiement de 47,5 M$ est attendu cette semaine sur un autre emprunt du groupe chinois, qui croule sous un endettement de 300 Mds$ et peine à céder des actifs.

Sur le front budgétaire aux Etats-Unis, Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, a repoussé à jeudi le vote sur le plan bipartisan d'infrastructures physiques, voulu par Joe Biden. Les Démocrates doivent encore combler les divisions au sein du parti, les progressistes maintenant leur exigence que le Sénat vote d'abord sur le paquet de dépenses sociales avant que les démocrates de la Chambre n'examinent le projet de loi bipartite.

Samedi, le comité du budget de la Chambre a approuvé une résolution budgétaire de 3.500 milliards de dollars, mais le projet de loi est repoussé par les modérés préoccupés par le montant astronomique du package. Pelosi a indiqué aux démocrates qu'il était "évident" que le montant allait être réduit. Les démocrates sont également confrontés à la date limite du 30 septembre pour éviter la fermeture du gouvernement ("shutdown"). Les républicains du Sénat devraient bloquer le vote procédural ce lundi, mais Pelosi a insisté sur le fait qu'elle souhaitait un consensus bipartite sur le projet de loi de financement du gouvernement et une suspension du plafond de la dette.

VALEURS A SUIVRE

Parmi les entreprises cotées à Wall Street, Aurora Cannabis (+7%) devait annoncer après la clôture ses derniers trimestriels.

Pfizer (-0,8%). Le CEO du laboratoire américain, Albert Bourla, a estimé qu'il s'agissait d'une question de jours avant que la compagnie ne soumette des données sur la vaccination Covid-19 des enfants âgés de 5 à 11 ans. Ainsi, Pfizer et son partenaire allemand BioNTech (-7,9%) entendent soumettre dans les prochains jours les données aux régulateurs américains de la FDA en vue d'une autorisation d'utilisation d'urgence du vaccin chez les 5-11 ans. Alors que le variant Delta a contribué à une augmentation des infections pédiatriques, et en période de retour à l'école, Pfizer cherche à montrer que de plus faibles doses pour les plus jeunes peuvent produire de hauts niveaux d'anticorps. Le groupe américain affirme qu'il sera prêt du point de vue de la production pour cette nouvelle formulation, en cas d'accord FDA.

Acceleron Pharma (+6,7%) serait en discussions avancées en vue de son acquisition par une grande compagnie pharmaceutique pour environ 180$ par titre en cash, croit savoir Bloomberg, citant des personnes proches de la question. Alors que l'identité de l'acquéreur potentiel n'a pu être connue, Bloomberg constate que plusieurs groupes pharmaceutiques d'échelle mondiale, tels que Sanofi, Pfizer, Amgen, Merck, Gilead Sciences ou Roche, sont à la recherche de nouveaux blockbusters par croissance externe. De son côté, Bristol-Myers Squibb (-0,6%) détient déjà 11,5% des titres Acceleron et constitue donc un prédateur évident.

Humana (+0,5%) poursuit Biogen (-1,7%), accusant le groupe d'avoir incité à surpayer pour les médicaments contre la sclérose en plaques. L'action en justice a été déposée devant le tribunal de district du Massachusetts.

Apple (-1%) et Tesla (+2,2%) font face à des risques en matière d'approvisionnement, alors que des fournisseurs clés suspendent leur production dans certaines usines chinoises, indique le Nikkei, qui évoque les politiques plus restrictives de la Chine en matière de consommation d'énergie, politiques responsables de ces limitations de production. De nombreuses industries seraient affectées. Selon l'article, des sociétés comme Eson Precision Engineering, Unimicron Technology et Concraft Holding ont annoncé ce week-end qu'elles avaient suspendu leur production pendant plusieurs jours, mais cherchent toutes à atténuer l'impact des arrêts par des dispositions alternatives. Eson Precision Engineering est une filiale de Foxconn et un fournisseur clé de pièces mécaniques pour Apple et Tesla. Unimicron Technology est un important fabricant de circuits imprimés et un fournisseur clé d'Apple, et Concraft Holding est un fournisseur de composants de haut-parleur pour iPhone.

Des personnes proches du dossier ont déclaré au journal que les installations de fabrication de Foxconn à Longhua, Guanlan, Taiyuan et Zhengzhou n'avaient pas encore été affectées par les restrictions d'alimentation électrique au dimanche 26 septembre. Par ailleurs, des sources proches du dossier ont déclaré au Nikkei que les principaux fournisseurs de services de packaging et de test de puces, tels que Chang Wah Technology, qui fournissent des sociétés telles qu'Intel, Nvidia, Qualcomm, NXP, Infineon et ASE Tech Holding, ont également reçu des avis de suspension de production concernant leurs installations dans le Jiangsu pendant plusieurs jours.

MGM Resorts (+1%). Sa filiale chinoise MGM China a décroché de 10,4% à Hong Kong après avoir touché en séance son plus bas niveau historique. Citigroup juge que les mesures de prévention contre la pandémie devraient rester en vigueur à Macao, région administrative spéciale chinoise, jusqu'à la mi-octobre, ce qui aura un impact sur la 'Semaine d'or' des vacances en Chine.

Amazon (-0,58%), le colosse américain du commerce en ligne, va offrir des services d'assurance aux petites et moyennes entreprises en Grande-Bretagne, ce qui constitue pour le groupe de Jeff Bezos une première incursion dans ce secteur. C'est du moins ce que croit savoir l'agence Reuters, qui cite la société de courtage Superscript.

Raytheon (+0,2%). Les moteurs F-130 de Rolls-Royce ont été sélectionnés pour remplacer ceux de Pratt & Whitney, filiale de Raytheon, dans le cadre d'un contrat remporté par le Britannique sur les bombardiers B-52 de l'armée de l'air américaine. Le montant du deal pourrait s'élever à 2,6 milliards de dollars.

Alphabet (-0,8%). Google devrait abaisser de 20% à 3% sa commission sur les ventes de logiciels sur sa place de marché 'cloud', a indiqué une source à CNBC.

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