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Clôture de Wall Street : le marché partagé, à une semaine de l'élection américaine

Clôture de Wall Street : le marché partagé, à une semaine de l'élection américaine
Clôture de Wall Street : le marché partagé, à une semaine de l'élection américaine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mardi, peinant à trouver une tendance, à une semaine jour pour jour de l'élection présidentielle du 3 novembre aux Etats-Unis. Les marchés s'inquiètent de la résurgence de l'épidémie de coronavirus en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, où le nombre d'infections a dépassé les 70.000 par jour. Les incertitudes politiques pèsent aussi, et les chances d'adopter avant l'élection un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie US semblent désormais quasi-nulles. La séance de mardi a été marquée par de très nombreux résultats d'entreprises, ainsi que par l'annonce du rachat du concepteur de puces Xilinx (+8,5%) par Advanced Micro Devices (AMD, -4%) pour 35 milliards de dollars.

A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 0,80% à 27.463 points (après -2,29% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,3% à à 3.390 pts (après -1,86% lundi). Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a en revanche regagné 0,64% à 11.431 pts (-1,64% lundi).

Sur le Nymex, le baril de brut WTI a regagné 2,6% à 39,57$. L'once d'or a progressé de 0,3% à 1.911,90$. L'indice du dollar a cédé 0,1% face à un panier de 6 devises de référence.

Seuls trois des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini en hausse, dont les technologiques (+0,5%) et les services de communication (+0,5%) soutenus par les grandes technos, comme Salesforce (+3,4%), Apple (+1,3%), Facebook (+2,2%), Twitter (+4,6%) et Microsoft (+1,5%). Les plus fortes baisses ont affecté les valeurs énergétiques (-1,4% après -3,4% lundi), plombées par les résultats décevants de BP (-2,1% à Londres) suivies par les valeurs industrielles (-2,1% après -2,5% lundi), sous pression après les comptes de Caterpillar (-3,2%). Parmi les valeurs en hausse, le mythique constructeur de motos Harley-Davidson a flambé de 22% après des résultats supérieurs aux attentes. Cette semaine, 186 compagnies du S&P 500, soit plus d'un tiers du total de l'indice, publient leurs comptes du 3e trimestre.

En Europe, les marchés ont chuté mardi pour la 2e séance consécutive face à la multiplication des mesures de restriction prises dans de nombreux pays européens pour tenter de juguler la 2e vague de coronavirus. L'EuroStoxx 50 a encore lâché 1,1% après -2,9% lundi, tandis que le CAC 40 a perdu 1,77% après -1,9% lundi.

Très peu de chances pour un plan de soutien avant l'élection US

Les investisseurs fuient les placements à risque, dans un contexte de hausse des cas de Covid-19 en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Selon les chiffres compilés par le 'New York Times', le nombre de nouveaux cas aux Etats-Unis a atteint lundi en moyenne un record sur 7 jours glissants, à plus de 71.000 , alors qu'il était inférieur à 50.000 il y a quelques semaines.

Pendant ce temps, les discussions entre la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, au sujet d'un "package" de soutien à la croissance aux Etats-Unis n'ont toujours pas abouti. Même si un accord était trouvé, les chances de le faire adopter avant l'élection de mardi prochain sont infimes.

Le Sénat, qui a approuvé lundi soir la nomination par Donald Trump de la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour Suprême, a dans la foulée levé sa session en cours. Le Sénat ne devrait ainsi plus siéger avant le scrutin présidentiel, sauf coup de théâtre.

Incertitude sur le calendrier du plan de soutien après l'élection

Ces derniers jours, les Démocrates et la Maison Blanche se sont rejeté la responsabilité de l'impasse dans les négociations. Les Démocrates ont proposé un plan de 2.200 milliards de dollars, et l'administration Trump semble approcher désormais de ce montant, avec une dernière proposition à 1.900 Mds$, faite le 21 octobre. Mais au Sénat (à majorité républicaine), les Républicains rechignent toujours à voter un vaste "package" de soutien à l'économie qui creuserait le déficit, l'orthodoxie budgétaire étant un sujet sensible dans l'électorat de droite.

Le plan risque dès lors d'être reporté au début 2021, après la prise de fonction du nouveau président et celle des nouveaux représentants et sénateurs (toute la chambre et un tiers du Sénat seront renouvelés le 3 novembre).

Compte-tenu des incertitudes pesant sur l'issue de l'élection, il sera peut-être difficile de faire adopter un texte pendant la session parlementaire dire "des canards boîteux", lorsque les parlementaires dont le mandat arrive à terme seront toujours en poste, et que leurs successeurs auront été élus mais ne siégeront pas encore. L'entrée en session de la nouvelle chambre et du nouveau Sénat se fera le 3 janvier 2021, et sera suivie, le 20 janvier de la prise de fonction du prochain président des Etats-Unis.

Biden toujours en avance dans les sondages

Selon les derniers sondages, le rival démocrate de Donald Trump, Joe Biden, est toujours crédité d'une nette avance pour la présidentielle. Toutefois, l'écart s'est resserré depuis trois semaines, lorsque début octobre, Biden avait accru son avance à la suite de la brève hospitalisation de Donald Trump pour cause de coronavirus.

Dans un sondage national RealClear Politics (RCP) publié dimanche, Biden obtient 50,8% des intentions de vote contre 42,8% pour Trump, soit une avance de 8 points. Le 6 octobre, un sondage 'CNN' donnait cependant à Joe Biden une avance de 16 points sur Trump (57% contre 41%), tandis qu'un autre sondage, réalisé par l'université de Quinnipiac (Connecticut), donnait une avance de 11 points à Biden (51% contre 40%).

La confiance des consommateur US marque le pas en octobre

En attendant, l'économie américaine continue de se redresser après la récession du printemps liée à la première vague de Covid-19. Les commandes de biens durables ont augmenté de 1,9% en septembre par rapport à août, alors que le consensus n'attendait qu'une hausse de 0,4%, après un gain de 0,5% en août. Hors transport, les commandes se sont améliorées de 0,8% par rapport au mois d'août, contre un consensus de +0,4% et après une hausse de 0,6% sur le mois précédent.

Par ailleurs, les prix de l'immobilier ont continué de grimper en août. L'indice S&P Case-Shiller des 20 plus grandes villes du pays a ainsi augmenté de 0,5% en août sur un mois, contre +0,4% de consensus. Et l'indice FHFA des prix de l'immobilier dans tout le pays a de son côté augmenté de 1,5% en août contre +0,7% de consensus.

L'indice manufacturier de la Fed de Richmond s'est établi à 29, contre 18 de consensus et après 21 un mois avant. Il traduit donc une forte accélération de l'activité manufacturière dans la région.

Un autre indicateur incite toutefois à la prudence, sur l'évolution de la situation en octobre : l'indice de confiance des consommateurs américains du Conference Board a en effet reculé en octobre, à 100,9, contre un consensus de 102 et après un niveau de 101,3 en septembre.

Le pétrole avance à l'approche de la tempête Zeta

Les cours du pétrole, qui viennent de perdre plus de 6% en 6 séances, ont rebondi mardi, en réaction à l'arrivée d'une tempête tropicale, Zeta, dans le Golfe du Mexique, qui a mis à l'arrêt la moitié de la production américaine dans la région. Le contrat de décembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a repris mardi 2,6% à 39,57$ sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre a rebondi de 1,8% à 41,20$.

L'or a gagné 0,3% à 1.911,90$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune gagne encore environ 25% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques liées à la crise sanitaire.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a cédé mardi 0,1% à 92,96 points, tandis que l'euro a fini stable (+0,01%) à 1,1810$. Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a reculé de 2 points de base, revenant à 0,77%. Ce taux avait atteint vendredi un pic à 0,84%, au plus haut depuis juin, dans l'anticipation de l'adoption rapide d'un plan de soutien budgétaire, une hypothèse qui s'éloigne désormais.

VALEURS A SUIVRE

Advanced Micro Devices (AMD, -4%) va racheter son concurrent Xilinx (+8,5%) dans le cadre d'une transaction entièrement en actions qui valorise ce dernier 35 milliards de dollars. L'opération permettra à AMD d'élargir considérablement sa gamme de produits et sa clientèle sur les divers marchés en croissance où Xilinx est un leader établi. Elle permettra notamment à AMD de davantage concurrencer Intel et Nvidia sur le très lucratif marché des composants informatiques pour centres de données. L'opération serait immédiatement relutive sur les marges d'AMD, son bénéfice par action et sa génération de flux de trésorerie disponible et permettre une croissance de premier plan dans le secteur.

Selon les termes de l'accord, les actionnaires de Xilinx recevront 1,7234 titre AMD pour chaque titre détenu. Après la clôture, les actionnaires actuels d'AMD détiendront environ 74% de la société combinée sur une base entièrement diluée. AMD prévoit de réaliser des gains d'efficacité opérationnelle d'environ 300 millions de dollars au cours des 18 mois suivant la clôture de la transaction, principalement grâce à des synergies en matière de coûts des biens vendus, d'infrastructures partagées et à la rationalisation de zones communes.

3M (-3%), le géant industriel diversifié du Minnesota, a annoncé pour le troisième trimestre des résultats supérieurs aux attentes, avec les ventes d'équipements médicaux. Le groupe, qui conçoit notamment des respirateurs et d'autres équipements nécessaires pour lutter contre la pandémie, a annoncé sur le trimestre un bénéfice net de 1,41 milliard de dollars soit 2,43$ par titre, contre 1,59 milliard de dollars et 2,75$ par titre un an avant. Le consensus FactSet était de 2,26$. Les revenus se sont appréciés de 4,5% à 8,35 milliards de dollars, contre 8 milliards un an avant et 8,3 milliards de consensus.

Pfizer (-1,3%), le géant pharmaceutique américain, a annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes pour son troisième trimestre et resserré sa guidance 2020 de profits. Le groupe anticipe une demande d'enregistrement pour une utilisation d'urgence en novembre d'un éventuel vaccin covid auprès de la FDA. Sur le trimestre clos en septembre, le laboratoire a réalisé un bénéfice ajusté par action de 72 cents, en repli de 5%, contre 71 cents de consensus. Les revenus du groupe se sont tassés de 4,5% à 12,1 milliards de dollars, contre 12,3 milliards de consensus. Le groupe envisage des revenus annuels allant de 48,8 à 49,5 milliards de dollars, contre une fourchette antérieure allant de 48,6 à 50,6 milliards. Le bénéfice ajusté par action est anticipé entre 2,88 et 2,93$, contre 2,85-2,95$ auparavant.

Merck & Co (-1,1%) a annoncé pour son troisième trimestre des revenus de 12,6 milliards de dollars, en croissance de 1%, contre environ 12,2 milliards de consensus. Hors impact des effets de change, la croissance a été de 2%. Les ventes de Keytruda ont augmenté de 21% à 3,7 milliards de dollars. Le bénéfice GAAP par titre a représenté 1,16$, alors que le bénéfice ajusté par action a très largement dépassé les attentes à 1,74$. Le groupe resserre et relève sa guidance 2020 de revenus, entre 47,6 et 48,6 milliards de dollars. En revanche, le groupe resserre et abaisse sa guidance de bpa GAAP annuel entre 4,55 et 4,65$. Enfin, Merck resserre et rehausse sa fourchette indicative de bpa ajusté entre 5,91 et 6,01$.

Eli Lilly (-6,9%), le laboratoire d'Indianapolis, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal clos en septembre un bénéfice ajusté par action de 1,54$, en croissance de 4%, contre 1,71$ de consensus. Les revenus du groupe se sont améliorés de 5% en glissement annuel à 5,74 milliards de dollars, contre 5,88 milliards de consensus. Le groupe table sur des revenus annuels allant de 23,7 à 24,2 milliards de dollars, en ligne avec sa guidance antérieure, pour un bénéfice par action logé entre 6,2 et 6,4$.

Caterpillar (-3,2%) a battu le consensus de profits au troisième trimestre, malgré la baisse de la demande. Sur le trimestre clos en septembre, le bénéfice par action est ressorti à 1,22$, en retrait de moitié en glissement annuel mais supérieur de 4 cents au consensus. Les revenus se sont effondrés de 23% à 9,9 milliards de dollars, contre un consensus de 9,8 milliards. La marge opérationnelle a décliné à 10% contre 15,8% un an plus tôt. Le groupe a terminé le trimestre avec 9,3 milliards de cash et plus de 14 milliards de dollars de sources de liquidités.

Tiffany (+4,9% à 128,88$). La Commission européenne a donné son accord au projet d'acquisition du joaillier new-yorkais par le Français LVMH (-0,7%). Selon des sources citées par 'Reuters', LVMH et Tiffany discuteraient d'une réduction du prix de la transaction. Ce prix pourrait être abaissé de 135 dollars par action initialement proposé à une fourchette allant de 131$ à 134$, selon ces sources.

Xerox (-2,1%) a dévoilé pour son troisième trimestre un cash flow des opérations continues de 106 millions de dollars et un free cash flow de 88 millions. La marge opérationnelle ajustée a représenté 7,4%, en retrait de 460 points de base. Le groupe a réalisé 1,77 milliard de dollars de revenus trimestriels, en forte baisse de 19% en glissement annuel et de près de 20% à devises constantes, mais en hausse de 302 millions de dollars par rapport au trimestre antérieur. Le bénéfice GAAP par action des opérations poursuivies a atteint 41 cents, en retrait de 27 cents en glissement annuel mais en hausse de 30 cents par rapport au second trimestre. Le bpa ajusté a été de 48 cents. Le consensus était de 24 cents de bpa ajusté et 1,6 milliard de revenus.

Omnicom (-4,7%), le géant publicitaire américain, a annoncé pour son troisième trimestre un bénéfice net part du groupe de 313 millions de dollars, contre 290 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice dilué par action a été de 1,45$, contre 1,32$ sur le T3 2019. Les revenus mondiaux ont reculé de 11% à 3,21 milliards de dollars, contre 3,62 milliards un an auparavant. Le consensus était de 1,06$ de bpa pour 3,03 milliards de dollars de recettes. Le groupe a donc dépassé les attentes, malgré un impact fort de la pandémie.

Raytheon Technologies (-7%), le contractant américain de défense, a annoncé pour le trimestre clos un bénéfice en déclin, mais un bpa ajusté supérieur au consensus de marché. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 264 millions de dollars et 17 cents par titre, contre 1,15 milliard de dollars et 1,33$ par action un an avant. Les revenus se sont établis quant à eux à 14,74 milliards de dollars, contre 11,37 milliards un an plus tôt. Sur une base ajustée, le bpa trimestriel est ressorti à 58 cents contre un consensus FactSet de 50 cents. Le consensus de revenus était de 15,06 milliards de dollars.

Restaurant Brands International (-3,6%), propriétaire de la chaîne Burger King, a annoncé une chute de 28% de son bénéfice trimestriel avec les investissements en équipements destinés à faire face à la pandémie.

J.M. Smucker (-1,7%) vend sa marque Crisco à son rival B&G Foods (+3%) pour 550 millions de dollars en actions afin de se recentrer sur les aliments pour animaux de compagnie, le café et les collations.

Harley-Davidson (+22% !) a publié un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes, malgré la crise sanitaire. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 120 millions de dollars soit 78 cents par action, contre 87 millions de dollars et 55 cents par titre un an auparavant. Le bénéfice ajusté trimestriel a été de 1,05$, contre 70 cents un an avant et 28 cents seulement de consensus FactSet. Les revenus ont représenté 1,16 milliard de dollars, contre 1,27 milliard un an avant et 844 millions de consensus.

Stanley Black & Decker (-3,8%), le roi de l'outillage, a annoncé pour le trimestre clos un bénéfice par action de 2,89$, contre 2,68$ de consensus. Les revenus trimestriels se sont établis à 3,85 milliards de dollars, contre un consensus de 3,99 milliards. La croissance ressort tout de même à 6% et même 11% sur une base organique. La marge brute progresse à 35,9%. Le groupe anticipe de solides résultats opérationnels au quatrième trimestre.

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