Cotation du 19/10/2021 à 17h37 Dow Jones Industrial +0,45% 35 417,68
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Clôture de Wall Street : le Dow Jones fait du surplace avec l'inflation et le "tapering"

Clôture de Wall Street : le Dow Jones fait du surplace avec l'inflation et le "tapering"
Clôture de Wall Street : le Dow Jones fait du surplace avec l'inflation et le 'tapering'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le Dow Jones a fini stable et le Nasdaq a progressé mercredi, après la confirmation par la Fed du début de son "tapering" probablement dès novembre, et face à une accélération de l'inflation, qui a atteint 5,4% sur un an en septembre aux Etats-Unis. Le cours de la banque JP Morgan Chase a reculé de 2,4% malgré l'annonce de bénéfices supérieurs aux attentes au 3e trimestre. Les cours du pétrole ont fait une pause, mais le WTI reste au dessus de la barre symbolique des 80$ le baril. Le dollar et les taux ont rechuté sur fond d'inquiétudes sur la croissance et l'inflation.

A la clôture, l'indice Dow Jones a fini parfaitement stable à 34.377 points, tandis que l'indice large S&P 500 a regagné 0,30% à 4.363 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a repris 0,73% à 14.571 pts. Avant cela, les trois indices venaient d'enchaîner trois séances consécutives de baisse.

Neuf des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert mercredi, dont les utilities (+1,1%), les matériaux de base (+0,7%) et les biens de consommation discrétionnaires (+0,6%). Les services de communication (+0,5%) et les technologiques (+0,6%) ont aussi soutenu la tendance, dont Salesforce (+2%), Microsoft (+1,2%), Alphabet (+0,8%) et Amazon (+1,1%). Apple a en revanche cédé 0,4%, le groupe étant touché par la pénurie de composants.

La Fed envisage un "tapering" de 15 Mds$ par mois à partir de novembre

Les "Minutes" de la Fed, publiées mercredi soir, ont confirmé dans l'ensemble les attentes des marchés en matière de "tapering". Selon le rapport de la dernière réunion de la Fed, les 21 et 22 septembre, les responsables de la banque centrale américaine ont étudié une réduction des achats d'actifs de 15 milliards de dollars par mois, soit à partir de la mi-novembre, soit à partir de la mi-décembre prochain.

Selon les "Minutes", plusieurs responsables de la banque centrale américaine se sont cependant prononcés en faveur d'une réduction plus importante que le rythme mensuel de 15 Mds$. Certains d'entre eux ont exprimé leur inquiétude sur l'inflation, qui pourrait "s'avérer plus durable qu'attendu". Le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard (membre non-votant), a ainsi déclaré mercredi à la chaîne 'CNBC' qu'il plaiderait pour un achèvement du "tapering" d'ici à la fin du premier trimestre 2022, afin d'être en mesure de réagir aux risques potentiels concernant l'inflation l'année prochaine.

Pour soutenir l'économie américaine face aux effets de la crise du coronavirus, la Fed achète actuellement pour 120 Mds$ par mois d'obligations d'Etat (80 Mds$) et de créances adossées à des crédits hypothécaires ou MBS (40 Mds$). Si elle réduit ces achats de 15 Mds$ par mois (-10 Mds$ d'emprunts d'Etat et -5 Mds$ de MBS), il lui faudra 8 mois pour mettre fin à ce programme de soutien face à la pandémie, qui s'achèvera donc à la mi-juillet 2022 si le "tapering" commençait à la mi-novembre, ou à la mi-août s'il démarrait mi-décembre. La prochaine réunion de la Fed, qui se déroulera les 2 et 3 novembre prochains, devrait être l'occasion de préciser ce calendrier.

L'inflation s'avère plus durable que prévu

Les marché ont pris connaissance mercredi des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis en septembre. Ils sont ressortis supérieurs aux attentes, ce qui pourrait inciter la Fed à accélérer le retrait de ses mesures de soutien exceptionnelles prises en 2020 pour lutter contre les effets de la crise sanitaire. L'indice des prix à la consommation (CPI) a ainsi progressé de 0,4% sur un mois (contre +0,3% attendu) et de 5,4% sur un an, contre 5,3% de consensus et après 5,3% en août. Loin de se calmer, cette inflation "transitoire" accélère donc un peu plus en septembre et les économistes comme les banquiers centraux commencent à envisager que le phénomène soit plus durable qu'initialement attendu.

Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et l'impact de la pression des prix sur les marges figureront aussi en bonne place parmi les thèmes de la saison des résultats d'entreprises au 3e trimestre, qui a commencé cette semaine.

Par ailleurs, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'octobre ressort à +3,1%, selon le rapport du jour, au même niveau qu'en septembre. Cet indice mesure les anticipations d'inflation à horizon d'un an du point de vue des entreprises.

De son côté, le FMI a appelé mardi à la vigilance des décideurs politiques si l'inflation s'avérait 'plus persistante', mais l'institution a déclaré qu'il était trop tôt pour parler de stagflation. Le FMI a légèrement réduit ses prévisions de croissance mondiale pour 2020, à 5,9%, et a averti qu'"une grande incertitude entoure les perspectives d'inflation, principalement en raison de l'évolution de la pandémie et de la durée des perturbations d'approvisionnement". Dans ce contexte, les banques centrales vont devoir trouver "un juste équilibre entre la lutte contre l'inflation et (...) le soutien à la reprise économique", a constaté Gita Gopinath la chef économiste du FMI.

Le dollar corrige, l'or rebondit de près de 2%

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts se sont détendus mercredi, le rendement du T-Bond à 10 ans a cédé 3 points de base à 1,54%, mais reste non loin de son plus haut niveau depuis juin dernier. Il était autour de 1,3% le 22 septembre juste avant que la Fed n'annonce son intention de commencer son "tapering" avant la fin de l'année. Côté devises, l'indice du dollar chutait en soirée de 0,51% à 94,03 points face à un panier de devises, après avoir atteint mardi son plus haut depuis juillet 2020. L'euro rebondissait de 0,58% à 1,1594$.

Sur les marchés pétroliers, l'heure était à la pause mercredi, après que l'Opep a légèrement revu en baisse la demande mondiale pour cette année, en citant les effets négatifs de la vague de variant delta du Covid-19. Le baril de brut léger américain WTI a cédé 0,3% à 80,44$ pour le contrat à terme de novembre sur le Nymex, tandis que le Brent de la Mer du Nord a fléchi de 0,3% à 83,18$ (contrat de décembre). Le WTI reste néanmoins très proche de son plus haut depuis novembre 2014, tandis que le Brent est près de ses sommets de trois ans.

A noter que le président russe Vladimir Poutine a averti mercredi qu'une hausse du pétrole à 100$ le baril était "tout à fait possible", en raison du sous-investissement passé dans le secteur qui, selon lui, est le résultat de choix politiques erronés de la part des pays occidentaux.

L'or a vivement rebondi, de 2% pour atteindre à 1.794,70$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex. Le bitcoin regagnait du terrain autour des 57.150$ mercredi soir, en hausse de 3,2% sur 24h, selon le site Coindesk.

VALEURS A SUIVRE

JP Morgan Chase (-2,4%), le colosse bancaire dirigé par Jamie Dimon, a facilement battu le consensus de profits sur le trimestre clos, aidé par les fusions et acquisitions, ainsi que par les activités de crédit. Pour le troisième trimestre fiscal, clos fin septembre, la firme a réalisé un bénéfice net de 11,7 milliards de dollars et 3,74$ par action, à comparer à un niveau de 9,4 milliards de dollars et 2,92$ par titre un an plus tôt. Le consensus était d'environ 3$ de bénéfice par action. Les 'fusacqs' et la banque de consommation - avec la hausse des revenus d'intérêts - ont soutenu la performance. Les revenus totaux se sont améliorés de 1% en glissement annuel pour atteindre 29,65 milliards de dollars.

Delta Air Lines (-5,7%) a renoué avec les bénéfices au troisième trimestre fiscal. La compagnie aérienne américaine a ainsi dévoilé, pour le trimestre clos en septembre, un bénéfice GAAP avant imposition de 1,5 milliard de dollars et 16,7% de marge, pour un bpa dilué de 1,89$ et des revenus de 9,2 milliards de dollars. Le bénéfice ajusté avant imposition a représenté 216 millions de dollars, pour 2,6% de marge et 30 cents de bpa ajusté, contre 17 cents de consensus. Les revenus opérationnels ajustés ont été de 8,3 milliards de dollars, alors que le consensus se situait à 8,4 milliards. Les perspectives demeurent peu évidentes pour le groupe, face à la hausse très importante des coûts de carburants et malgré l'accalmie sur le front sanitaire.

BlackRock (+3,8%), le géant new-yorkais de la gestion d'actifs, a publié ce mercredi, pour son troisième trimestre fiscal, un bénéfice ajusté par action de 10,95$, très largement au-dessus des attentes. Le bpa GAAP s'est établi à 10,89$, lui aussi nettement supérieur aux anticipations de marché. Les revenus se sont appréciés de 16% à 5,05 milliards de dollars. Les entrées nettes de fonds ont totalisé près de 98 milliards de dollars. Le montant des actifs sous gestion ressort à environ... 9 460 milliards de dollars, certes inférieur aux attentes, mais tout de même colossal. Le consensus était de 9,35$ de bénéfice ajusté par action pour 4,9 milliards de dollars de revenus.

Moderna (+3,3%) a déclaré hier que la Food and Drug Administration des États-Unis devrait autoriser des doses de rappel de son vaccin Covid-19 chez les personnes âgées entièrement vaccinées et d'autres personnes à haut risque. Le laboratoire américain a estimé que ses données étayaient les avantages pour la santé publique d'une dose de rappel de son vaccin pour restaurer la réponse immunitaire, tout en réduisant le nombre d'infections chez les adultes entièrement vaccinés. Les commentaires de Moderna ont été publiés dans des documents d'information avant une réunion jeudi des conseillers experts externes de la FDA pour discuter de la dose de rappel.

Des scientifiques de la Food and Drug Administration ont jugé néanmoins hier que Moderna n'avait pas rempli tous les critères de l'agence pour soutenir l'utilisation de doses de rappel de son vaccin Covid-19, peut-être à cause de l'efficacité demeurant forte des deux premières doses. Le personnel de la FDA a déclaré dans des documents que les données du vaccin de Moderna montraient qu'un rappel augmentait les anticorps, mais que la différence entre les niveaux d'anticorps avant et après le rappel n'était pas assez importante. Les documents, cités notamment par Reuters, ont été publiés avant une réunion plus tard cette semaine des conseillers externes de la FDA pour discuter des doses de rappel du vaccin.

Apple (-0,4%). Le titre est plombé depuis mardi par de nouvelles informations évoquant des problèmes d'approvisionnement en composants, qui pourraient réduire le nombre d'iPhones disponibles pour les ventes de fin d'année, la période la plus lucrative pour le géant américain des smartphones. Ainsi, selon des sources citées mardi soir par Bloomberg, la production de l'iPhone 13 (le dernier-né de la gamme, lancé en septembre), pourrait être réduite de 10 millions d'unités en 2021 par rapport aux prévisions du groupe, qui tablait initialement sur 90 millions d'appareils fabriqués cette année.

Qualcomm (+1,7%) a pris de la hauteur, alors que le fabricant de semiconducteurs vient d'annoncer un nouveau programme de rachat d'actions pour 10 milliards de dollars.

Hasbro (+0,2%), le géant américain du jouet, a annoncé hier soir le décès de son directeur général Brian Goldner, qui était à la tête du groupe depuis 2008 après avoir intégré le fabricant de jouet en 2000. Âgé de 58 ans, ce dernier s'était mis en retrait pour raisons médicales deux jours plus tôt.

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