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Clôture de Wall Street : le doute s'installe avec la crainte de l'inflation

Clôture de Wall Street : le doute s'installe avec la crainte de l'inflation
Clôture de Wall Street : le doute s'installe avec la crainte de l'inflation
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir progressé en séance, la Bourse de New York a réduit ses gains vendredi soir, pour finir proche de l'équilibre, voire en léger recul pour le S&P 500. La séance a une nouvelle fois été marquée par des tensions sur les taux d'intérêts, qui traduisent la crainte d'un retour de l'inflation provoquée par un cocktail de soutiens monétaire et budgétaire massifs. Le taux souverain à 10 ans américain a continué de se tendre, atteignant vendredi soir 1,35% en séance contre 0,9% fin 2020 et au plus haut depuis un an.

A la clôture, le Dow Jones a fini tout à fait stable à 31.494 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,19% à 3.906 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a grapillé 0,07% à 13.874 pts.

Sur la semaine, le DJIA a progressé de 0,1%, mais le S&P 500 a cédé 0,7% et le Nasdaq a glissé de 1,6%.

Cinq des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert, dont les industrielles (+1,6%), les matériaux de base (+1,8%) et l'énergie (+1,6%). Les technologies ont reculé de 0,15% mais en leur sein, le secteur des semi-conducteurs a gagné 2% après des comptes supérieurs aux attentes de l'équipementier Applied Materials (+5,3%). Les bons résultats de l'équipementier agricole Deere (+10%) ont aussi été salués, tandis que la firme d'analyse des "Big data", Palantir, a rebondi de plus de 15%, soutenue par le forum "WallStreetBets".

Le bitcoin a poursuivi son envol, au-dessus des 54.500$, une hausse de 5% environ en 24h. La capitalisation de la reine des crypto-monnaie dépasse désormais les 1.000 milliards de dollars.

Joe Biden ouvert à discuter du montant de son plan, mais...

Les investisseurs tablent toujours sur l'adoption prochaine du plan de relance de 1.900 milliards de dollars de Joe Biden, actuellement examiné par le Congrès américain. L'annonce jeudi d'une forte hausse des inscriptions au chômage, pour la 2e semaine d'affilée, a renforcé ces attentes.

Les indicateurs d'activité "flash" en février, publiés vendredi, ont confirmé la vigueur de la reprise économique début 2021 aux Etats-Unis, faisant craindre que le plan Biden ne soit surdimensionné, et n'engendre une hausse des prix incontrôlée plus tard dans l'année. L'indice PMI composite de l'activité globale (calculé par IHS Markit) est ainsi passé de 58,7 en janvier à 58,8 en février, se maintenant à son plus haut niveau depuis mars 2015.

Vendredi, le président américain a laissé entendre qu'il était ouvert à discuter de la réduction de son plan, tout en s'interrogeant sur ce qui pourrait en être retiré. "Je suis prêt à écouter leurs idées sur comment faire un package meilleur et moins cher. J'y suis ouvert", a dit Joe Biden à l'occasion d'une visite dans une usine Pfizer de fabrication du vaccin contre le Covid-189.

Il a toutefois ajouté : "les critiques trouvent mon plan trop grand, que 1.900 Mds$ c'est trop... Je leur demande : "Qu'est ce que je dois couper ? Qu'est ce qu'ils veulent que je retire ? Est-ce qu'on devrait renoncer à investir 20 Mds$ pour vacciner la nation ?"

En faire trop serait moins dangereux que d'en faire trop peu contre le Covid ?

De son côté, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a défendu un plan de relance de grande ampleur, qui pourrait selon elle permettre de retrouver le plein emploi d'ici un an. "Nous pensons qu'il est très important d'avoir un plan d'aide important qui s'attaque à la douleur que cela a causé (ndlr : la crise) - 15 millions d'Américains en retard sur leur loyer, 24 millions d'adultes et 12 millions d'enfants qui n'ont pas assez à manger, des petites entreprises en faillite", a ainsi affirmé Mme Yellen à la chaîne 'CNBC'.

"Je pense que le prix à payer pour faire trop peu est beaucoup plus élevé que le prix à payer pour faire quelque chose de grand. Nous pensons que les bénéfices dépasseront largement les coûts à long terme", a-t-elle poursuivi.

Plusieurs responsables de la Réserve fédérale ont eux aussi souligné ces derniers jours que la lutte contre le chômage était prioritaire par rapport aux craintes liées à l'inflation et au creusement du déficit budgétaire Dans le compte-rendu ("Minutes") de la dernière réunion de la Fed, publié mercredi soir, les membres du Comité de politique monétaire ont ainsi noté que "l'évolution des prix relatifs pourrait faire augmenter temporairement la mesure de l'inflation, mais il est peu probable que cela ait un effet durable".

Pour les marchés boursiers, des taux plus élevés sont synonymes de réduction des profits des entreprises (via la hausse des coûts du crédit), ce qui entraîne une chute des cours de Bourse. Les investisseurs surveillent donc de près les signes de dérapage haussier de l'inflation, même si la Réserve fédérale a réaffirmé mercredi qu'elle jugeait ce scénario improbable.

Le pétrole reflue, l'or poursuit son rebond timide

Le pétrole a poursuivi son repli vendredi pour la 2e séance, après avoir bondi de 25% depuis le début de l'année, dans l'espoir d'une reprise économique vigoureuse d'ici à la fin 2021 grâce aux campagnes de vaccination contre le coronavirus.

Le contrat à terme de mars sur le baril de pétrole brut WTI s'est replié de 2,1% à 59,24$ sur le Nymex, retombant sous les 60$, tandis que le Brent d'échéance avril a fléchi de 1,6% à 62,91$. Selon le 'Wall Street Journal', l'Arabie saoudite pourrait annoncer son intention de revenir sur ses coupes unilatérales de 1 million de barils supplémentaires par jour, lors de la prochaine réunion mensuelle de l'Opep+ en mars.

En outre, la récente ouverture de Joe Biden en faveur d'une possible reprise des négociations sur le dossier nucléaire iranien pourrait bouleverser le marché pétrolier, si l'Iran était à nouveau autorisé à exporter son pétrole. Enfin, la vague de froid historique qui a paralysé le Texas et une partie de la production pétrolière américaine, est en train de s'estomper, faisant espérer un redémarrage des installations pétrolières dans les prochains jours

L'once d'or a gagné 0,2% à 1.779,20$ pour le contrat à terme d'avril sur le Comex, alors que l'argent a pris 0,9% à 27,37$ (contrat à terme de mars). Sur les marchés des changes, l'indice du dollar, qui reflète l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence cède 0,2% à 90,38 points, et l'euro gagne 0,2% à 1,2115$.

VALEURS A SUIVRE

*Pfizer (-0,3%) et Biontech (+2,7%) ont demandé à la Food and Drug Administration (FDA) d'autoriser le stockage de leur vaccin contre le Covid-19 pendant deux semaines à des températures correspondant à celles des congélateurs pharmaceutiques normaux, un changement qui pourrait simplifier la distribution du produit. Le protocole actuel prévoit un stockage jusqu'à six mois dans un congélateur ultra-froid à des températures de -80 à -60 degrés et l'expédition dans un conteneur thermique spécial. Pour obtenir le feu vert du régulateur, les deux partenaires lui ont transmis des données sur le stockage de leur produit à des températures situées entre -15o et -25o. "Si elle est approuvée, cette nouvelle option de stockage offrirait aux pharmacies et aux centres de vaccination une plus grande souplesse dans la gestion de leur approvisionnement en vaccins", a déclaré Albert Bourla, directeur général de Pfizer.

* Palantir a rebondi de 15,2% après avoir aligné 6 séances consécutives de baisse, à la suite de comptes mitigés et à la fin du "lockup", la période d'interdiction de vendre des titres après une introduction en Bourse. Le titre a attiré vendredi l'attention des investisseurs particuliers présents sur le forum "WallStreetBets" ("WSB") du réseau social Reddit, qui avaient fait flamber GameStop fin janvier.

Palantir s'est introduit sur le NYSE le 30 septembre dernier à 7,25$ par action. Les analystes sont partagés sur les perspectives du groupe, qui a publié mardi des résultats jugés décevants pour le 4e trimestre, malgré des ventes supérieures aux attentes. La firme basée à Denver a ainsi fait état d'une perte nette surprise de 148,3 M$ (8 cents par action) contre un profit de 2 cents par action attendu par le consensus FactSet. Les ventes ont cependant augmenté plus que prévu à 322,1 M$ (+40%) contre 300,7 M$ attendus par le marché. La direction table sur une croissance de 45% au cours du premier trimestre 2021, associée à une marge opérationnelle de 23%.

* Deere s'est envolé de 9,9%. Le géant américain des équipements agricoles a revu à la hausse ses objectifs annuels après avoir plus que doublé ses bénéfices sur le premier trimestre de son exercice décalé. Sur les trois premiers mois de son exercice financier, le groupe a enregistré un profit net de 1,22 Md$ ou 3,87$ par action contre un profit de 517 M$ ou 1,63$ par titre un an plus tôt. Le consensus tablait sur un bpa de 1,63$. Les ventes ont progressé de 19% à 9,112 Mds$. Le management anticipe désormais un profit net annuel compris entre 4,6 et 5 Mds$ contre 3,6 à 4 Mds$ visés précédemment.

2021 se révèle être la saison la plus forte depuis des années pour l'agriculture américaine alors que les prix du maïs, du soja et du blé ont atteint leur plus haut niveau en plus de six ans à la suite de l'augmentation de la demande chinoise et des efforts des gouvernements du monde entier pour constituer des stocks alimentaires pendant la pandémie de Covid-19. Les revenus élevés des récoltes permettent aux agriculteurs de rembourser leurs dettes et d'améliorer leurs machines après des années de conditions de marché difficiles.

* Applied Materials (+5,3%), leader des équipements destinés à la production de semi-conducteurs, a publié jeudi soir après la clôture de Wall Street des résultats supérieurs aux attentes pour son premier trimestre fiscal achevé fin décembre. Au 1er trimestre fiscal, le bénéfice net du sous-traitant de l'industrie des "semis" a atteint 1,13 milliard de dollars (1,22$ par action) contre 892 millions de dollars (0,96$ par action), en hausse de 26% sur un an. En données ajustées (hors frais de restructuration, primes de départ et autres dépenses non récurrentes), le bénéfice par action (bpa) s'est élevé à 1,39$ contre 0,98$ en 2020. Les analystes du consensus FactSet tablaient sur un bpa de 1,28$. Les ventes trimestrielles ont bondi de 24% pour atteindre 5,16 Mds$, contre 4,16 Mds$ un an plus tôt, et 4,98 Mds$ attendus par les analystes. Pour le 2e trimestre de son exercice en cours, "AMAT" prévoit un bpa ajusté de 1,44 à 1,56$, pour de revenus de 5,19 à 5,59 Mds$, mieux que les attentes du marché, qui s'élevaient à 1,28$ par action pour 4,96 Mds$ de ventes.

Le directeur général d'Applied Materials, Gary Dickerson, cité par le communiqué du groupe, a indiqué que la demande pour ses machines avait accéléré au 1er trimestre, ajoutant que "les nouvelles tendances macro-économiques et industrielles engendrent une consommation accrue de silicium dans un vaste éventail de marchés et d'applications". Il a estimé que les produits du groupe le placent dans "une très bonne position pour croître à nouveau plus vite que ses marchés en 2021 et au-delà".

* Novavax a grimpé de 4,7% après l'annonce de la signature d'un protocole d'accord sur la fourniture de 1,1 milliard de doses du vaccin contre le coronavirus développé par le laboratoire à l'organisation internationale Gavi. Les doses seront fabriquées et distribuées dans le monde entier par Novavax et le Serum Institute of India (SII), ce dernier dans le cadre d'un accord existant entre Gavi et le SII.

* Dropbox (-3,7%). Le groupe a essuyé une perte nette trimestrielle de 345,8 millions de dollars ou 84 cents par titre mais son bpa ajusté est ressorti à 28 cents, soit 4 cents de mieux qu'attendu par les analystes. Les revenus de l'entreprise spécialisée dans le cloud ont également dépassé les prévisions de Wall Street, à 500,4 M$ (+13%), contre 498 M$ de consensus. La société a vu le nombre d'utilisateurs payants progressé plus rapidement que prévu en fin d'année tout comme son revenu par utilisateur. Cependant, les prévisions de revenus pour l'année entière, entre 2,095 et 2,115 Mds$, ont déçu les opérateurs.

* Uber (-1%) après la décision de la Cour suprême britannique qui donne raison à un groupe de chauffeurs du groupe de VTC réclamant les mêmes avantages sociaux que des salariés, notamment un salaire minimum et des congés payés.

* Johnson & Johnson (-1,6%). Le groupe pharmaceutique a déposé une demande d'autorisation d'utilisation en urgence de son vaccin contre le COVID-19 auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette procédure est une condition préalable à l'intégration du vaccin au sein du programme Covax de l'OMS, destiné à livrer des doses de vaccin aux pays en développement. Johnson & Johnson et l'alliance Gavi, qui codirige le mécanisme Covax avec l'OMS, ont signé en décembre un protocole d'accord portant sur l'achat anticipé de 500 millions de doses du candidat vaccin à dose unique du laboratoire américain.

* Les dirigeants de Facebook (-2,9%), Alphabet (-0,8%) et Twitter (stable) seront auditionnés le 25 mars à la Chambre des représentants américaine à propos de la "désinformation qui sévit sur les plates-formes en ligne", ont annoncé jeudi des représentants.

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