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Clôture de Wall Street : le DJIA corrige, le Nasdaq au sommet avant Thanksgiving

Clôture de Wall Street : le DJIA corrige, le Nasdaq au sommet avant Thanksgiving
Clôture de Wall Street : le DJIA corrige, le Nasdaq au sommet avant Thanksgiving
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a fini en ordre dispersé mercredi, à la veille de Thanksgiving, jour férié pour la Bourse américaine. Le Dow Jones et le S&P 500 ont fléchi après leurs records de la veille (à plus de 30.000 points pour le DJIA), mais le Nasdaq a progressé, signant à son tour un nouveau record. Les investisseurs, qui ont fêté ces dernières semaines la perspective d'un retour à la normale en 2021 grâce aux vaccins anti-Covid, ont retrouvé un peu de prudence au vu des dernières statistiques économiques mitigées aux Etats-Unis. Les demandes d'indemnisations de chômage ont ainsi augmenté pour la deuxième semaine consécutive, signalant un ralentissement de la reprise économique outre-Atlantique.

A la clôture, le Dow Jones a cédé 0,58% à 29.872 points, revenant sous les 30.000 points, franchis la veille pour la première fois de son histoire, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,16% à 3.629 pts, après son record de mardi. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a progressé de 0,48%, à 12.094 pts, dépassant son dernier record du 2 septembre dernier à 12.056 pts en clôture. Le Russell 2000, l'indice des petites capitalisations américaines, a fléchi de 0,47%, après avoir inscrit mardi un nouveau plus haut historique.

La Bourse américaine sera donc fermée jeudi pour Thankgiving, et elle fermera vendredi dès 13h locales, soit 19h en France.

Les cours du pétrole WTI ont poursuivi leur "rally" grâce à une baisse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le baril de brut léger américain a pris 1,8% à 45,71$, au plus haut depuis début mars, et grimpe de près de 27% depuis le début novembre dans l'espoir d'une reprise de la demande en 2021, à la faveur d'un vaccin contre le Covid-19.

La rotation sectorielle s'est inversée mercredi, favorisant une nouvelle fois les valeurs technologiques, qui profitent d'un contexte de pandémie, ce dernier accentuant les changements de comportement des consommateurs (télétravail, achats et loisirs en ligne...). Les valeurs cycliques, qui avaient effectué des rattrapages spectaculaires ces dernières semaines, ont fait l'objet de prises de bénéfices.

A quand le nouveau plan de soutien budgétaire ?

Les marchés ont bénéficié ces derniers temps de plusieurs facteurs de réconfort, à commencer par les résultats positifs d'essais pour plusieurs vaccins contre le coronavirus, mais aussi par l'acceptation de la transition présidentielle par Donald Trump, ou encore par les rumeurs insistantes de nomination de Janet Yellen, ex-patronne de la Fed, à la tête du Département au Trésor de Joe Biden. Rappelons que cette nomination doit recueillir l'aval du Sénat, qui devrait rester sous contrôle des Républicains.

Mme Yellen, dont les marchés ont apprécié la politique monétaire en tant que patronne de la Fed, la jugent bien placée pour parvenir à un compromis sur un plan de soutien budgétaire susceptible d'être adopté par le Sénat.

En attendant l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier prochain, les leaders démocrates sont sous pression pour accepter avant cette date un package plus réduit qu'ils ne l'ambitionnaient. En effet, faute de soutien rapide, des millions d'Américains verront les aides dont ils bénéficiaient cesser fin décembre... Selon la chaîne 'CNBC', si aucun nouveau plan n'est adopté, près de 14 millions d'Américains seront privés d'indemnisation de chômage technique, et devront aussi faire face à la fin du moratoire sur leurs loyers, leurs crédits immobiliers ou leurs emprunts étudiants.

Malgré de longues semaines de discussions, les négociations sont restées dans l'impasse, les Démocrates réclamant un vaste "package" de 2.200 milliards de dollars (équivalent à celui voté en mars, le CARES Act), tandis que les Républicains du Sénat ne sont prêts qu'à accepter un plan minimal de 500 Mds$.

Mercredi, la Réserve fédérale a estimé dans les "Minutes" de sa dernière réunion, que sans nouveau soutien budgétaire de la part du Congrès, l'économie américaine pourrait souffrir davantage dans les prochains mois face à la résurgence du coronavirus, en attendant que la vaccination intervienne à grande échelle. L'absence de soutien budgétaire entraînerait "des souffrances significatives pour un grand nombre de ménages", estime la Fed.

L'emploi et le moral des ménages US marquent le pas face à la flambée de Covid-19

En attendant, les nombreux indicateurs macro-économique américains publiés ce mercredi ont montré une image contrastée de la conjoncture outre-Atlantique. Pour commencer, la 2e lecture du PIB des Etats-Unis n'a pas réservé de surprises, avec une forte reprise de la croissance, de 33,1% en rythme annuel, identique à la première lecture. Les dépenses de consommation sur la période se sont appréciées de 40,6%, contre 40,8% de consensus et 40,7% pour la lecture antérieure.

Sur le marché de l'emploi, le ralentissement s'est confirmé avec une 2e hausse hebdomadaire consécutive pour les inscriptions hebdomadaires au chômage. Pour la semaine close au 21 novembre, les inscriptions ont ainsi atteint 778.000, en progression de 30.000 par rapport à semaine antérieure. Le consensus était positionné à 730.000.

La confiance des consommateurs a elle aussi fléchi en novembre : l'indice final du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan est ressorti à 76,9 contre 77,2 de consensus et après 77 en octobre.

Autre sujet de préoccupation, les revenus personnels des ménages ont baissé de 0,7% en octobre sur un mois, contre +0,1% de consensus et après +0,7% en septembre. Les dépenses personnelles de consommation ont cependant continué d'augmenter, de 0,5%, contre +0,4% de consensus, bien qu'elles aient nettement ralenti par rapport à septembre (+1,2%).

Le marché immobilier semble immunisé face à la crise sanitaire

En revanche, le marché immobilier a continué de caracoler en octobre. Les ventes de logements neufs ont atteint 999.000 le mois dernier, contre 975.000 de consensus et presque au même niveau qu'en septembre (1 million).

Par ailleurs, les commandes de biens durables ont continué de progresser nettement en octobre, en progression de 1,3% sur un mois contre +1% de consensus. Hors transport, les commandes sont également en hausse de 1,3%, contre +0,5% de consensus.

Enfin, la balance du commerce de biens pour octobre est ressortie déficitaire de 80,3 milliards de dollars en octobre, ce qui était à peu près conforme au consensus (-80,2 Mds$).

A la lecture de ces chiffres, il semble que l'économie américaine marque le pas cet automne, sous le double effet de la fin des mesures de soutien budgétaire et de la flambée des cas de coronavirus depuis la fin septembre.

Plus de 261.000 morts, à la veille de Thanksgiving

La situation sanitaire n'a cessé de se dégrader ces dernières semaines, et malgré l'appel des autorités sanitaires à ne pas voyager pour Thanksgiving, les réservations de billets d'avion ont bondi pour ce long week-end passé traditionnellement en famille aux Etats-Unis autour d'un repas à base de dinde.

La résurgence du coronavirus a entraîné ces dernières semaines des nouvelles mesures de restriction de déplacements dans plusieurs Etats et villes des Etats-Unis, dont la Californie, New York ou Chicago... Dans le pays, l'épidémie a franchi la barre des 12,7 millions de cas, et le nombre de morts a désormais dépassé les 261.000, selon les données de l'université américaine Johns Hopkins, qui font référence.

VALEURS A SUIVRE

Au sein du Dow Jones, Salesforce a perdu 5,3% après des informations du 'Wall Street Journal' évoquant des négociations en vue d'une acquisition de Slack Technologies (+37,5%!) par le géant des logiciels de gestion de clientèle (CRM). Les opérateurs estiment que cette opération pourrait déclencher une vague de fusions-acquisitions dans le secteur des logiciels. Slack a développé une plateforme de travail collaboratif, activité qui a largement profité des confinements liés au coronavirus.

Nordstrom (+11,6%), chaîne américaine de magasins consacrée aux vêtements, accessoires et cosmétiques, a publié pour le troisième trimestre un bénéfice par action de 34 cents, contre 5 cents de consensus FactSet. Les revenus ont totalisé 3,09 milliards de dollars, contre 3,13 milliards de consensus. L'Ebit a représenté 106 millions contre 48 millions de consensus.

Peloton (+1,4%). Selon le Wall Street Journal, face aux problèmes de livraisons, certains clients basculeraient leurs commandes vers les rivaux Nautilus ou Icon Health & Fitness. Jim Barr, CEO de Nautilus, interviewé par le WSJ, note pour sa part que les ventes de vélos connectés se portent très bien. Le journal constate enfin qu'à ce stade, les soucis concernant les livraisons n'ont pas affecté la performance financière de Peloton.

Pfizer (-0,19%) / BioNTech (+3%). Le gouvernement américain devrait distribuer 6,4 millions de doses de leur vaccin contre le nouveau coronavirus dans les 24 heures consécutives à l'approbation, croit savoir le Washington Post.

Moderna (+10,7%) a confirmé un accord avec la Commission européenne pour la fourniture de 80 millions de doses supplémentaires de son candidat vaccin contre le Covid-19.

Altimmune (+9%) a déposé auprès de l'agence américaine du médicament une demande d'autorisation d'une étude clinique de phase I sur son candidat vaccin contre le covid.

Palantir Technologies, le spécialiste américain des logiciels de "big data", s'envole mercredi de 21,9% à 29,05$. Son cours a désormais été multiplié par 4 par rapport au prix de référence de son introduction en Bourse, il y a moins de 2 mois, le 30 septembre dernier, à 7,25$. Le titre Palantir a notamment flambé depuis le 17 novembre, suite à la révélation que deux fonds spéculatifs avaient acquis des parts importantes de la société, dont Point72 Asset Management (29,9 millions d'actions, soit 2,6% du capital) et Anchorage Capital Group (3 millions de titres, soit 0,3% du capital).

MasterCard (-0,3%) met à jour ses métriques opérationnelles du quatrième trimestre. Le groupe surveille toujours l'impact de la pandémie et les actions des gouvernements, mais évoque des niveaux de dépenses relativement stables et pense que domestiquement, la plupart des marchés restent dans une phase de normalisation.

Deere (-1,9%) a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal 2020 des profits supérieurs aux attentes. Sur le trimestre clos en octobre, le bénéfice par action est ressorti à 2,39$, en croissance de 5% en glissement annuel et nettement supérieur au consensus, qui était de 1,49$. Les ventes mondiales du groupe ont reculé de 2% à 9,73 milliards. Le groupe table, pour 2021, sur des ventes d'équipements en croissance de 10 à 15%. Le bénéfice net devrait ainsi ressortir entre 3,6 et 4 milliards.

Gap (-19,6!) a annoncé un bénéfice trimestriel inférieur aux attentes en raison d'une hausse des dépenses de marketing et de logistique avec la progression des ventes de e-commerce. En outre, le groupe prévient que la récente hausse des cas de coronavirus dans certains Etats américains pourrait peser sur le trafic. Le groupe a dégagé sur le trimestre clos un bénéfice de 95 millions de dollars soit 25 cents par titre, contre 140 millions un an plus tôt.

VMware (-5,8%), leader des solutions de virtualisation, a annoncé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et relevé ses objectifs annuels. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 704 millions de dollars et 1,66$ par titre, contre 602 millions un an avant. Les revenus ont totalisé 2,86 milliards, en hausse de 8%. Les revenus annuels sont attendus à 11,7 milliards et le bpa est estimé entre 4,17 et 4,27$.

Tesla Motors (+3,3%), qui vient de franchir les 500 milliards de dollars de capitalisation boursière à Wall Street, rappelle près de 9.500 véhicules, essentiellement des Model X de 2016, à cause d'un défaut de fixation d'un composant du toit et de boulons, a annoncé l'organisme de sécurité routière aux Etats-Unis.

Dell Technologies (-1,3%) a annoncé une hausse inattendue de ses revenus au troisième trimestre et prévoit pour le trimestre en cours un chiffre d'affaires supérieur aux attentes, avec l'essor du télétravail. Sur le trimestre clos, les revenus ont augmenté de 3% à 23,5 milliards de dollars.

HP Inc (+2,3%) a annoncé des revenus meilleurs que prévu pour le deuxième trimestre consécutif et dopé son dividende de 10%. Le groupe informatique prévoit pour le premier trimestre de son exercice décalé un chiffre d'affaires supérieur aux attentes. Pour le quatrième trimestre fiscal, HP a réalisé un bénéfice non-GAAP de 62 cents et des revenus de 15,3 milliards de dollars.

IBM (-0,18%), géant des services informatiques, étudierait les suppressions de près de 10.000 emplois en Europe, soit 20% de ses effectifs dans la région, croit savoir l'agence Bloomberg.

ViacomCBS (+0,9%) devrait vendre l'éditeur Simon & Schuster au groupe allemand Bertelsmann pour plus de deux milliards de dollars, a appris Reuters de source proche du dossier.

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