Cotation du 03/03/2021 à 23h03 Dow Jones Industrial -0,39% 31 270,09
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Clôture de Wall Street : le DJIA au sommet, mais les "technos" corrigent

Clôture de Wall Street : le DJIA au sommet, mais les "technos" corrigent
Clôture de Wall Street : le DJIA au sommet, mais les 'technos' corrigent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mercredi, le Dow Jones signant un nouveau record grâce à des titres soutenus par les derniers achats de Warren Buffet, tandis que les valeurs technologiques ont reculé, faisant plier le Nasdaq. La publication de statistiques plus vigoureuses que prévu en janvier aux Etats-Unis a entretenu les craintes d'un dérapage haussier de l'inflation. Les "Minutes" de la Fed, publiées dans la soirée, ont cependant minimisé ce risque. Les prix du pétrole ont continué de grimper mercredi, soutenus par les espoirs de reprise et la vague de froid qui balaie notamment le Texas.

A la clôture, le Dow Jones a progressé de 0,29% à 31.613 points, un nouveau record donc, tandis que l'indice large S&P 500 a fini en léger repli de 0,03% à 3.931 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,58% à 13.965 pts.

Du côté des valeurs, trois membres du Dow Jones ont bondi après que la compagnie de Warren Buffett, Berkshire Hathaway (+0,3%), a indiqué y avoir investi : Verizon a grimpé de 5,2%, Chevron de 3% et Merck & Co a pris 1,7%. Chevron a aussi profité, comme l'ensemble du secteur énergétique, de la remontée des cours du pétrole au dessus des 60$ le baril. Le bitcoin a franchi dans la journée le seuil des 51.000$ pour la première fois, en hausse de plus de 5%.

En l'absence de nouveaux catalyseurs pour les marchés, les investisseurs s'interrogent sur les valorisations élevées atteintes par les marchés d'actions. Plusieurs grandes banques américaines ont jugé ces dernières semaines le marché mûr pour une correction. Elles ont été rejointes mercredi par Citigroup, dont le responsable de la stratégie des marchés américains a estimé "très plausible" un repli de 10% de Wall Street. Citigroup a un objectif de fin d'année de 3.800 points pour le S&P 500 et l'équipe de stratégie s'attend à ce que l'indice se négocie dans une fourchette de 3.600 à 4.000 pts.

La Fed ne croit pas à un dérapage incontrôlé de l'inflation

Les marchés ont amélioré leurs performances après la publication du compte-rendu de la dernière réunion de la Fed, qui a confirmé que la banque centrale comptait maintenir longuement son soutien aux marchés et ne s'inquiétait pas d'une inflation hors de contrôle.

Ainsi, lors de leur réunion du 27 janvier (qui n'avait pas modifié la politique de la Fed), les banquiers centraux ont noté que "l'évolution des prix relatifs pourrait faire augmenter temporairement la mesure de l'inflation, mais il est peu probable que cela ait un effet durable". Les participants ont estimé que l'économie américaine était encore loin d'atteindre leur objectif de plein emploi, et que même si le marché de l'emploi s'améliorait rapidement, il faudrait "un certain temps" avant d'atteindre cet objectif.

Ces derniers temps, le président de la Fed, Jerome Powell, et plusieurs membres ont fait des déclarations concordantes sur ces sujets. Mercredi, Eric Rosengren, le président de la Fed de Boston, a ainsi déclaré ne pas s'inquiéter d'une remontée rapide des prix lors de la reprise liée à l'amélioration de la situation sanitaire. Selon lui, l'inflation ne devrait pas atteindre l'objectif moyen de 2% au moins jusqu'à la fin 2022.

Mardi, la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daley, avait elle aussi balayé le danger d'un inflation hors de contrôle, insistant sur l'importance de la lutte contre le chômage, priorité actuelle pour la Fed. "Je pense que nous devrions moins nous inquiéter de l'inflation, et admettre que cette crainte est en train de nous coûter des millions d'emplois", a-t-elle insisté.

Amélioration conjoncturelle en janvier, baisse des cas de Covid

Les indicateurs macro-économiques du jour ont confirmé un peu plus le rebond de la première économie mondiale en ce début 2021. Les ventes de détail ont surpris en bondissant de 5,3% en janvier par rapport à décembre contre une hausse de seulement 1,1% attendue par le consensus et après -1% en décembre.

Il s'agit de la plus forte augmentation de la consommation depuis sept mois. Elle coïncide avec une forte baisse des nouveaux cas de coronavirus depuis 4 semaines, et avec une accélération de la campagne de vaccination aux Etats-Unis et dans le monde.

La production industrielle américaine a elle aussi augmenté plus que prévu le mois dernier, de 0,9% sur un mois, contre un consensus logé à +0,4%, et après un gain de 1,3% en décembre.

La reprise s'est accompagnée début 2021 d'une hausse des prix à la production bien plus élevée que prévu, de 1,3% sur un mois en janvier, contre +0,4% de consensus et après +0,3% en décembre. Hors alimentaire et énergie, le PPI (producer price index) s'apprécie encore de 1,2%.

Le pétrole WTI a bondi de 26% depuis le début 2021

Les cours du pétrole ont encore progressé mercredi, toujours soutenus par les espoirs de reprise, et par la vague de froid historique qui s'abat sur le Texas, paralyse le système électrique de l'Etat et perturbe fortement la production américaine de pétrole de schiste.

Le contrat à terme de mars sur le baril de pétrole brut WTI a gagné mercredi 1,8% à 61,14$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance avril a avancé de 1,6% à 64,34$. Depuis le début de l'année, les cours du pétrole ont désormais bondi de 26% pour le WTI et de 24% pour le Brent, les marchés tablant sur une accélération de la reprise économique et de la demande de brut courant 2021 à mesure que les campagnes de vaccination feront reculer la pandémie de Covid-19.

Cette hausse des cours du brut, qui s'accompagne d'une forte hausse d'autres matières premières (cuivre, acier), contribue à alimenter les craintes d'un retour de l'inflation.

Sur les marchés des changes, le dollar a profité des statistiques américaines vigoureuses, et de la hausse des taux, qui rend les placements en dollars plus rémunérateurs. L'indice du dollar, qui reflète l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence gagnait en soirée 0,45% à 90,92 points. L'euro cédait pour sa part 0,51% à 1,2043$.

Le dollar est soutenu par la remontée rapide des rendements obligataires aux Etats-Unis, où le rendement du T-Bond à 10 ans est remonté au plus haut depuis un an, franchissant mardi le seuil de 1,30% contre 0,9% fin 2020. Mercredi, il est monté jusqu'à 1,33% avant de refluer en soirée à 1,28% après la Minutes de la Fed.

VALEURS A SUIVRE

Berkshire Hathaway (+0,3%) a animé la séance en dévoilant ses dernières opérations d'achat et de ventes de titres. Le conglomérat dirigé par Warren Buffett a ainsi annoncé plusieurs changements au sein de son portefeuille d'investissement. Le groupe a notamment dévoilé deux investissements importants, l'un de 8,6 milliards de dollars dans Verizon (+5,2%), l'autre de 4,1 milliards dans Chevron (+3%) mais il a aussi renforcé ses positions dans Merck & Co (+1,7%), Bristol-Myers Squibb (+2%) et AbbVie (+2%). A l'inverse, il a soldé sa ligne Pfizer (+0,58%). La société du gourou de Wall Street a également continué à réduire sa participation dans Wells Fargo (+5,7%) et a soldé sa ligne PNC Financial Services (-1,4%)

La firme a également diminué ses positions dans Apple (-1,7%) même si le fabricant de l'iPhone constitue toujours la plus importante participation de Berkshire, cette dernière étant évaluée à environ 120 milliards de dollars à la fin 2020.

American International Group (+2,6%). L'assureur a publié mardi soir une perte nette trimestrielle de 60 millions de dollars, creusée entre autres par des pertes sur des produits dérivés financiers, mais son résultat courant a dépassé les attentes.

Ford Motor (-0,5%) vise le tout électrique en Europe d'ici 2030 alors que le groupe n'a pas vendu un seul véhicule entièrement électrique dans la région l'année dernière. Le constructeur américain va notamment investir un milliard de dollars dans son usine à Cologne, en Allemagne. "Notre annonce aujourd'hui de transformer notre usine de Cologne, où nous opérons en Allemagne depuis 90 ans, est l'une des plus importantes que Ford ait faites depuis plus d'une génération", a déclaré Stuart Rowley, président de Ford Europe. "Cela souligne notre engagement envers l'Europe et un avenir moderne avec des véhicules électriques au coeur de notre stratégie de croissance".

La branche européenne de l'entreprise de Détroit a souligné que l'ensemble de sa gamme de véhicules de tourisme en Europe sera à "émissions zéro, tout électrique ou hybride rechargeable" d'ici le milieu de 2026. Elle souhaite également que son segment des véhicules utilitaires en Europe soit à émissions zéro, hybride rechargeable ou entièrement électrique d'ici 2024.

Hilton Worldwide Holdings (-1,9%). Le groupe hôtelier a fait état d'une troisième perte trimestrielle consécutive sur les trois derniers mois de 2020, accompagnée d'une chute de ses revenus et du revenu par chambre disponible. La firme a ainsi essuyé un déficit net de 224 M$ ou 80 cents par titre contre un profit de 175 M$ ou un bpa de 61 cents un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à -10 cents contre un consensus de 3 cents. Les recettes ont fondu de 62,4% à 890 M$ et le RevPAR, mesure très suivie dans le secteur, a sombré de 59,2% à 40,68$, là où les analystes attendaient 44,1$. 97% des hôtels Hilton sont ouverts, tandis qu'environ 220 ont temporairement suspendu leurs activités au 10 février.

Apple (-1,7%). L'éditeur de jeux vidéo Epic Games, créateur entre autres de Fortnite, a porté devant les autorités européennes de la concurrence son conflit avec le constructeur de l'iPhone au sujet des modalités de fonctionnement et de rémunération de l'App Store.

Moderna (-0,99%). La Commission européenne a conclu un accord avec la firme américaine pour la fourniture de 150 millions de doses supplémentaires de son vaccin contre le COVID-19 en 2021, soit un quasi-doublement des volumes convenus précédemment avec l'entreprise biotechnologique américaine.

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