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Clôture de Wall Street : le commerce plombe encore l'ambiance

Clôture de Wall Street : le commerce plombe encore l'ambiance
Clôture de Wall Street : le commerce plombe encore l'ambiance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini sur une note franchement négative jeudi, après un "profit warning" du constructeur automobile allemand Daimler, et la publication d'un indicateur d'activité régionale en nette baisse aux Etats-Unis. Les investisseurs y ont vu les premiers signes que les barrières douanières érigées par Donald Trump face aux partenaires commerciaux des Etats-Unis pourraient peser sur la croissance mondiale. Par ailleurs, les groupes de commerce en ligne ont chuté après une décision de la Cour Suprême autorisant les Etats américains à taxer l'e-commerce.

A la clôture, le Dow Jones a reculé de 0,80% à 24.461 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,63% à 2.749 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a chuté de 0,88% à 7.712 pts, au lendemain d'un nouveau sommer historique. En Europe, l'EuroStoxx 50 a cédé jeudi 1%, tandis qu'en Chine, le CSI 300 a lâché 1,2%.

L'Italie recommence à inquiéter après des nominations au parlement

Sur le marché des changes, le dollar a cédé du terrain après la publication d'un indice d'activité décevant de la Fed de Philadelphie, considéré comme précurseur pour les autres régions américaines. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a reculé de 0,28% à 94,80 points. L'euro a progressé de 0,33% à 1,1612$ malgré l'annonce de la nomination de deux responsables anti-euro de La Ligue à la tête des commissions des finances du parlement italien.

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts sont repartis en baisse aux Etats-Unis et en Allemagne, les obligations ayant profité jeudi d'un effet de valeur-refuge. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans a cédé 4 points de base à 2,90%, tandis que le Bund allemand à fini à 0,33% (-4 pdb). En revanche, les taux italiens à 10 ans ont flambé de 18 pdb à 2,72% après les nominations parlementaires !

Le secteur automobile en berne après le "profit warning" de Daimler

Sur le front de la guerre commerciale, le groupe automobile allemand Daimler a jeté un froid en revoyant en baisse ses prévisions de résultats pour 2018. Le groupe sera affecté négativement par les nouvelles taxes sur les voitures exportées des Etats-Unis vers la Chine, ce qui devrait peser sur les ventes des SUV Mercedes-Benz à fortes marges, a expliqué le groupe allemand. Le titre Daimler a plongé de 4,3% à Francfort et de 4,5% à New York (ADR). A Wall Street, l'action Ford Motor a cédé 1,35%, tandis que General Motors a perdu 2% et que Fiat Chrysler automobiles a plongé de 5,9%

Les marchés mondiaux ont été ébranlés depuis mardi par les dernières déclarations du président américain Donald Trump. Celui-ci a annoncé qu'après les taxes sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises déjà annoncées, les Etats-Unis préparaient une liste de 200 milliards de dollars supplémentaires à taxer. La Chine a immédiatement annoncé qu'elle répliquerait à ce qu'elle considère comme un "chantage" par des mesures du même ordre sur des produits américains.

Ralentissement de l'activité dans la région de Philadelphie

Aux Etats-Unis, l'annonce d'un plongeon inattendue de l'indice d'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie a entraîné des prises de bénéfices sur le dollar. Le "Philly Fed" s'est ainsi établi à 19,9 points, contre 34,4 en mai, alors que les analystes tablaient sur 30 points. Cette contre-performance a sonné comme un avertissement sur les effets possibles de la politique protectionniste menée par Donald Trump, même si un seul indicateur sur un seul mois n'est pas considéré comme significatif.

Le "Philly fed" mesure les conditions de l'activité manufacturière dans le district de Réserve fédérale de Philadelphie, mais il est largement suivi par les marchés comme un indicateur des tendances générales du secteur manufacturier aux Etats-Unis. En outre, jeudi, l'indice des indicateurs avancés mesuré par le Conference Board pour le mois de mai 2018 est ressorti en croissance de 0,2% sur un mois, contre +0,3% de consensus et +0,4% un mois plus tôt.

Mercredi, les responsables des banques centrales, réunis à la conférence de la BCE à Sintra au Portugal, s'étaient inquiétés des effets négatifs de la montée des barrières douanières sur la croissance mondiale. Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, avait ainsi estimé que "les changements de politique commerciale pourraient nous inciter à remettre en cause les perspectives" de croissance. "Pour la première fois, nous entendons parler de décisions de reporter des investissements et de retarder des embauches" avait-il ajouté.

Nervosité sur les marchés pétroliers avant la réunion de l'Opep

Par ailleurs, les cours du pétrole ont continué de fluctuer à l'approche de la réunion cruciale de l'Opep prévue vendredi et samedi. Le baril de brut léger américain (WTI) a cédé jeudi 0,26%, à 65,54$ (contrat à terme de juillet), tandis que le Brent a chuté de 2,26% à 73,05$ le baril (contrat à terme d'août).

Les membres de l'Opep et leurs alliés sont divisés au sujet d'un possible relèvement de leurs quotas de production. L'Arabie saoudite et la Russie (non membre du cartel) souhaitent produire 1 à 1,5 million de barils supplémentaires par jour, mais l'Iran et d'autres pays s'y opposent.
Mercredi soir cependant, l'Iran a laissé entendre qu'il pourrait accepterait un compromis aboutissant à une légère augmentation de l'offre sur le marché mondial.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs de la distribution ont été secouées par une décision de la Cour suprême des Etats-Unis, qui a autorisé jeudi les Etats américains à collecter des taxes sur les ventes en ligne, un enjeu portant sur des milliards de dollars !

L'information a pesé sur les cours des e-commerçants, à commencer par Amazon (-1,1%) ainsi que les plateformes eBay (-3,2%), Etsy (-1,4%), Wayfair (-1,6%) ou encore Overstock (-7,2%). A l'inverse, les grandes chaînes de distribution classiques ont profité de cette décision : le titre Walmart s'est apprécié de 0,7%, celui de Target de 1% et celui de Best Buy de 1,8%.

La haute cour, dans un jugement à la majorité de cinq magistrats contre quatre, a annulé un de ses précédents arrêts qui affirmait qu'un Etat ne pouvait prélever une taxe à la vente de produits proposés en ligne que si le marchand y était physiquement présent, avec un entrepôt par exemple.

Micron Technology (+0,8%), le fabricant américain de 'puces', maison-mère de Lexar et de Crucial, a publié ses résultats du troisième trimestre fiscal, qui devraient être salués ce jour par le marché. Le résultat net ressort à 3,82 Mds$ (3,10$ par action), contre 1,65 Md$ (1,40$ par action) sur la même période de l'exercice précédent. Les ventes s'élèvent à 7,80 Mds$, contre 5,57 Mds$ un an plus tôt. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 3,15$, contre 1,62$ un an avant. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 3,13$, pour des ventes de 7,76 Mds$.

21st Century Fox (+1,12%) s'est enflammé de 7,5% hier soir à Wall Street (action de catégorie A), après l'annonce de la nouvelle offre de Walt Disney, portée à plus de 71 milliards de dollars en cash et actions.

Walt Disney (-1,2%) a donc frappé fort cette fois afin de l'emporter définitivement sur Comcast. Fox semble convaincu, jugeant le pacte Disney "supérieur" à l'offre de Comcast. Les marchés anticipaient une surenchère, mais peut-être pas à un tel point, puisque la valorisation des actifs de Fox visés passe de 28$ à 38$ par titre. Les actifs concernés par le 'deal' comprennent les studios cinématographiques et TV Twentieth Century Fox, les réseaux câble US (comprenant FX et les chaînes régionales de sport), des actifs internationaux tels que Sky Plc et Star India, ainsi que la participation d'un tiers de Fox au capital du service de streaming Hulu.

Darden Restaurants (+14,8%) a publié ses comptes du quatrième trimestre fiscal 2018. Les ventes montent de 10,3% à 2,13 Mds$. Les ventes "comparables" sont en croissance de 2,2%. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,39$, en hausse de 17,8%. Le résultat net est de 174,5 M$, contre 123,8 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,35$, pour des ventes de 2,1 Mds$. Sur le nouvel exercice, le groupe vise des ventes en progression de 1 à 2% en base comparable, pour un bpa logé entre 5,40 et 5,56$.

Kroger (+9,7%) a dévoilé ses résultats du premier trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 2 Mds$ (2,37$ par action), contre 303 M$ (0,32$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,73$, contre 0,58$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 37,5 Mds$, contre 36,3 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,63$, pour des ventes de 37,3 Mds$. Les ventes, hors essence, montent de 2,3%, contre 1,5% de consensus. Sur l'exercice, le groupe vise des ventes en hausse de 2 à 2,5%, pour un bpa compris entre 2 et 2,15$ (contre une précédente fourchette de 1,95/2,15$).

Intel (-2,4%). Brian Krzanich, directeur général d'Intel, démissionne ! Le dirigeant est contraint de quitter l'entreprise après avoir violé 'les politiques internes' de la société. En cause, une 'relation consentante' avec une employée... "Une enquête en cours par des conseillers internes et externes a confirmé une violation de la politique de non-fraternisation d'Intel, qui s'applique à tous les managers", explique Intel. Robert Swan, directeur financier, a été nommé CEO intérimaire, pendant que le Conseil recherche un remplaçant à Brian Krzanich.

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