Cotation du 18/01/2019 à 22h43 Dow Jones Industrial +1,38% 24 706,35
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : la prudence revient sur le front commercial

Clôture de Wall Street : la prudence revient sur le front commercial
Clôture de Wall Street : la prudence revient sur le front commercial
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les doutes sur l'issue des négociations commerciales entre Washington et Pékin se sont à nouveau insinués sur les marchés financiers jeudi. Wall Street a terminé en ordre dispersé, mais dans le calme, dans l'attente de signaux concrets d'avancées dans les négociations. Le dollar a profité des propos plus pessimistes de la BCE sur la croissance dans la zone euro, tandis que les cours du pétrole ont rebondi de plus de 2%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,29% à 24.597 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fini presque stable (-0,02%) à 2.650 pts, et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a reculé de 0,39% à 7.070 pts. En Europe, l'EuroStoxx 50 a grappillé 0,1% tandis qu'à Paris, le CAC 40 a cédé 0,26%, après la conférence de presse de Mario Draghi, le président de la BCE, qui a souligné les risques pesant sur la croissance européenne.

Mario Draghi voit des risques à la baisse pour l'économie européenne

Sur le marché des changes, l'euro a cédé jusqu'à 0,5% après les déclarations de Mario Draghi, avant de refaire une partie de ses pertes et de finir la journée en recul de 0,04% à 1,1364$. L'indice dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, dont l'euro) progressait de 0,04% à 97,07 points. De son côté, la livre sterling s'est stabilisée après le vote de défiance déjoué par Theresa May mercredi soir. Après avoir bondi de 1% mercredi pour saluer cette victoire, le sterling a encore gagné 0,25% à 1,2661$ jeudi soir, dans l'attente du résultat des nouvelles négociations sur le Brexit entre la Première ministre britannique et l'UE.

Sur le marché obligataire américain, le calme a prévalu jeudi , notamment sur le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans, qui est restée inchangée à 2,91%. Un mois plus tôt, il avait culminé à 3,25%, mais depuis, la Fed a signalé un changement de perspective sur sa politique monétaire. Le président de la Fed Jerome Powell, juge désormais les taux directeurs "juste en dessous" d'un niveau "neutre" alors qu'en octobre il estimait ce seuil encore très éloigné.

En Europe, la BCE a annoncé jeudi, comme attendu, la fin de son programme massif d'achat d'actifs ("QE") à la fin de ce mois, mais n'a pas pour autant signalé de hausse de taux dans un avenir proche. Au contraire, la banque centrale européenne a revu en baisse ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019 et son président, Mario Draghi, s'est montré un peu plus pessimiste que précédemment sur l'économie européenne.

Il a indiqué que les risques entourant la région pouvaient "toujours être considérés comme globalement équilibrés", mais il a immédiatement ajouté un bémol. "Toutefois, l'équilibre des risques (aux perspectives de croissance) est orienté à la baisse en raison de la persistance d'incertitudes liées à des facteurs géopolitiques, à la menace protectionniste, aux faiblesses des marchés émergents et à la volatilité des marchés financiers".

Les discussions commerciales continuent, l'affaire Huawei en toile de fond

A Wall Street comme ailleurs, les investisseurs continuent de s'interroger sur l'issue des négociations commerciales, malgré les déclarations optimistes faites par Donald Trump ces derniers jours, se félicitant de la bonne progressions des pourparlers.

Ainsi, la Chine souffle la chaud et le froid : d'un côté, les autorités chinoises ont indiqué être en "contact étroit" avec leurs homologues américains pour négocier les détails d'un accord. Les importateurs chinois de soja ont indiqué qu'ils avaient repris leurs achats aux Etats-Unis, interrompus depuis plusieurs mois dans le cadre des représailles contre les taxes américaines.

La Chine aussi confirmé la baisse de 40% à 15% des taxes sur les importations d'automobiles des Etats-Unis, ce qui correspond à un retour à la normale.

Deux Canadiens arrêtés en Chine

En revanche, le dossier Huawei continue d'inquiéter les marchés, qui craignent des tracasseries administratives et judiciaires pour les entreprises américaines implantées en Chine. Depuis 48 heures, en effet, deux ressortissants canadiens, un ex-diplomate et un consultant, ont été arrêtés en Chine, dans ce qui ressemble à une opération de représailles contre l'arrestation au Canada de la directrice financière de Huawei, à la demande des Etats-Unis. Ils sont soupçonnés "d'activités menaçant la sécurité nationale" dans des affaires distinctes, a fait savoir un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Mercredi, le président américain Donald Trump s'était pourtant montré conciliant sur ce dossier, affirmant dans un entretien à l'agence 'Reuters' qu'il était "ouvert à intervenir auprès du département de la Justice" concernant les poursuites judiciaires engagées contre Meng Wanzhou. Arrêtée le 1er décembre au Canada, et placée mardi en liberté conditionnelle en attendant son extradition vers les Etats-Unis, Mme Meng est accusée d'avoir organisé une fraude afin de contourner l'embargo américain sur l'Iran.

Le pétrole rebondit dans l'espoir d'une réduction de l'offre en 2019

Sur le plan macro-économique, la journée a été maigre du côté américain. La seule statistique notable, l'emploi hebdomadaire, est toutefois ressortie meilleure que prévu, avec 206.000 créations de postes, contre un consensus de 228.000 et un niveau révisé (en légère hausse) à 233.000 sur la semaine antérieure. La moyenne à quatre semaines est également meilleure que prévu, à 224.750 contre 228.500 de consensus de place. Ces données interviennent alors que les chiffres de l'emploi en novembre avaient déçu, avec seulement 155.000 créations de postes contre près de 200.000 attendus.

Les cours du pétrole ont bondi jeudi, après la publication du dernier rapport mensuel de l'Agence internationale de l'Energie (AIE). Le contrat janvier sur le brut léger américain (WTI) a grimpé de 2,80% à 52,58$ le baril, tandis que le Brent à échéance février, a progressé de 2,16% à 61,45$.

Dans son rapport, l'AIE estime que l'accord de réduction de la production conclu en fin de semaine dernière entre l'Opep et ses alliés, ainsi que la décision du Canada de réduire son offre, pourraient placer le marché mondial en situation de déficit dès le deuxième trimestre 2019. Ce même rapport estime toutefois que "le temps nous dira dans quelle mesure le nouvel accord de production sera efficace pour rééquilibrer le marché pétrolier". "Les stocks se sont accumulés avec la possibilité d'une offre excédentaire significative l'année prochaine", estime aussi l'AIE, mais les marchés ont préféré voir le verre à moitié plein.

VALEURS A SUIVRE

Apple (+1%) a dévoilé ce jeudi de nouveaux investissements aux Etats-Unis. Le groupe californien à la pomme va investir environ 1 milliard de dollars pour la construction d'un second campus au Texas, dans le nord d'Austin. Le groupe de Cupertino va aussi consacrer 10 milliards de dollars à de nouveaux centres de données sur les cinq prochaines années. L'ambition du groupe est de créer 20.000 emplois aux Etats-Unis, où il compte actuellement environ 90.000 salariés. Le nouveau campus texan d'Apple abritera 5.000 nouveaux salariés dans un premier temps, avec une capacité d'expansion jusqu'à 15.000 employés. Le nouveau centre comprendra des fonctions de recherche et développement, d'ingénierie, de finance et de vente. Apple entend aussi établir des sites à Culver City, San Diego et Seattle, et renforcer sa présence à Boulder et Pittsburgh dans les trois prochaines années. 1.000 emplois de plus sont programmés à Culver City, San Diego et Seattle.

Ciena (+8,6%) a publié ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 64 M$ (0,34$ par action), contre 1,16 Md$ (7,32$ par action) un an avant. En base ajusté, le bpa ressort à 0,53$, contre 0,32$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus grimpent de 21% à 899 M$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,48$, pour des revenus de 862 M$.

Mylan (-1,2%). Le fabricant américain de médicaments génériques a affirmé que l'Office américain des brevets et des marques avait rejeté les accusations de violation de brevet de la société pharmaceutique française concernant deux formulations de son médicament phare, l'insuline Lantus. L'USPTO aurait invalidé les brevets de la formulation du Lantus de Sanofi (-1,5%) déclare Mylan, évoquant une étape cruciale fournissant aux victimes américaines de diabète la possibilité d'accéder à des traitements génériques plus abordables...

Adobe Systems (+1%) et Costco Wholesale (-0,57%) publiaient leurs derniers comptes trimestriels après Bourse jeudi.

General Electric s'est envolé de 7,3%, porté par une note de JP Morgan Chase, qui passe à "neutre" sur le dossier. En outre, GE va vendre une partie de ses activités dans le numérique et mettre en Bourse le solde de ces actifs, selon le 'Wall Street Journal'.

Coca-Cola (+0,5%) a progressé, même si le broker UBS a dégradé, de "acheter" à "neutre", sa recommandation sur le titre. L'objectif de cours est fixé à 51$.

©2018-2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com