Cotation du 23/05/2018 à 22h45 Dow Jones Industrial +0,21% 24 886,81
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Clôture de Wall Street : la prudence l'emporte, malgré les fusions-acquisitions

Clôture de Wall Street : la prudence l'emporte, malgré les fusions-acquisitions
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a commencé la semaine comme elle avait fini la précédente, sur une note prudente, tandis que s'accumulent les facteurs d'incertitudes et de risque : hausse du dollar, tensions accrues avec l'Iran, négociations commerciales prévues cette semaine en Chine, décision de la Fed mercredi, résultats d'Apple mardi soir, et chiffres de l'emploi en avril, vendredi... Dans ces conditions, les résultats meilleurs que prévu de McDonald's n'ont pas suffi à soutenir la cote, de même que les fusions des opérateurs télécoms T-Mobile US et Sprint, ainsi que des groupes pétroliers Marathon Petroleum et Andeavor.

A la clôture, les principaux indices boursiers américains ont fini en baisse. Le Dow Jones a cédé 0,61% à 24.163 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,82% à 2.648 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,75% à 7.066 pts. La semaine dernière, le DJIA avait reculé de 0,6%, le S&P 500 était resté stable et le Nasdaq avait lâché 0,37%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a continué de progresser après un gain de 1,5% la semaine passée, pour remonter au plus haut depuis la mi-janvier. Cet indice, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, dollar canadien, livre, franc suisse et couronne suédoise) s'inscrivait vendredi soir à 91,86, en hausse de 0,34%. De son côté, l'euro a terminé à 1,2077$, en recul de 0,45%.

Vers un statu quo de la Fed mercredi, mais le communiqué sera décortiqué

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts américains sont restés calmes lundi, en dessous du seuil redouté des 3%. Le rendement de l'emprunt d'Etat (T-Bond) à 10 ans a cédé 1 point de base, revenant à 2,95%. Il reste toutefois proche des 3% (franchi le 25 avril, à 3,03%), le seuil au-delà duquel les investisseurs craignent des effets négatifs pour les marchés d'actions. Ce taux évoluait autour de 2,4% à la fin 2017, et avait testé déjà brièvement les 3% fin février ; auparavant, il n'avait plus atteint ce seuil des 3% depuis plus de 4 ans, début 2014, mais il était alors rapidement retombé sous ce seuil.

Les tensions sur les taux sont notamment liées à des anticipations d'inflation plus élevées, via la hausse des cours du pétrole et des autres matières premières. Les données macro-économiques plus solides aux Etats-Unis qu'en Europe font penser que la Réserve fédérale pourrait procéder à 4 plutôt que 3 hausses de taux cette année. La banque centrale américaine, qui se réunira mardi et mercredi, ne devrait pourtant pas encore modifier ses taux (après une première hausse le 21 mars dernier), mais le ton de son communiqué sera analysé de près par les investisseurs.

Israël accuse l'Iran de dissimuler un programme militaire nucléaire

La séance de lundi a été marquée par un coup de chaud sur les cours du pétrole, après des accusations du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou contre l'Iran au sujet de la poursuite d'un programme nucléaire militaire...

Alors que la Russie, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni cherchent à sauver l'accord international sur le nucléaire iranien signé en 2015, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a accusé lundi Téhéran de dissimuler un programme nucléaire clandestin, ce qui augmente le risque de voir les Etats-Unis dénoncer cet accord le 12 mai prochain, date-butoir fixée par Donald Trump pour prendre sa décision.

Le baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a flambé jusqu'à 1,8% en séance à 69,23$, avant de revenir quelque peu en arrière, à 68,57$ (+0,69%), pour le contrat à terme de juin sur le Nymex. Le Brent de la Mer du nord a progressé de 0,70%, à 75,16$ le baril.
La hausse du brut a toutefois été contrecarrée lundi soir par l'annonce d'une production pétrolière américaine record en février, à 10,26 millions de barils par jour (bpj), selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Les statistiques américaines du jour sont ressorties mitigées. Les revenus personnels des ménages américains ont augmenté un peu moins que prévu en mars, de 0,3% sur un mois, contre +0,4% de consensus. Les dépenses personnelles ont quant à elles progressé de 0,4%, en ligne avec le consensus. L'indice ajusté des prix ('core PCE') a progressé de 0,2% par rapport à février, conforme aux attentes, et monte de +1,9% en glissement annuel (contre +2% de consensus).

Dans l'immobilier, l'indice des promesses de ventes de logements a augmenté de 0,4% en mars en comparaison du mois antérieur, contre +1% de consensus et après une progression révisée de +2,8% (+3,1% en première lecture) en février.

Par ailleurs, l'indice PMI de Chicago pour le mois d'avril 2018 est ressorti à 57,6, contre 57,8 de consensus de place et 57,4 un mois auparavant. Enfin, l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Dallas est ressorti à 21,8 en avril, contre 18 de consensus et 21,4 en mars.

VALEURS A SUIVRE

Les pétrolières n'ont pas profité de la hausse des cours du pétrole, et le secteur des télécoms a été plombé par l'annonce de la fusion entre T-Mobile US et Sprint, qui devrait déclencher les foudres des autorités de la concurrence, selon les analystes.

Parmi les pétrolières, ExxonMobil a cédé 0,05%, Chevron a reculé de 1,2%, Schlumberger a perdu 0,75% et Transocean a cédé 0,4%. Le raffineur Marathon Oil a abandonné 8% après l'annonce du rachat de son compatriote Andeavor (+13%), un fabricant de pipelines et acteur important dans le secteur de la raffinerie, pour plus de 23 milliards de dollars en actions et en numéraire.

Dans les télécoms, T-Mobile US a cédé 6,2% après l'annonce du rachat de Sprint (-13,7%!) pour 26 Mds$. L'opération, entièrement réalisée par échange d'actions, doit permettre aux filiales du Japonais SoftBank et de l'Allemand Deutsche Telekom de réduire le nombre de gros acteurs des télécoms amérocains de quatre à trois, et de mieux concurrencer les deux géants que sont Verizon (-4,3%) et AT&T (-1%). Les deux managements se sont entendus sur la base d'un ratio de 0,10256 action T-Mobile pour chaque action Sprint, ou de l'équivalent de 9,75 actions Sprint par action T-Mobile US. Deutsche Telekom détiendra 42% de la nouvelle entité et contrôlera son conseil d'administration avec neuf administrateurs sur 14, tandis que SoftBank aura 27% du capital. Les deux firmes espèrent boucler la transaction au plus tard au premier semestre 2019, mais les analystes anticipent des difficultés importantes du côté des autorités de la concurrence...

Les résultats trimestriels de McDonald's (+5,7%) ont été largement salués en Bourse. Les revenus du géant du fast-food s'affichent à 5,14 Mds$ au premier trimestre, contre 5,68 Mds$ un an avant. Les ventes "comparables" grimpent de 5,5%, contre 3,6% de consensus. Le résultat net ressort à 1,37 Md$, contre 1,21 Md$ sur la même période de l'exercice précédent. Le bénéfice par action monte ainsi de 17% à 1,72$, et grimpe de 22% en base ajustée, à 1,79$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,67$, pour des revenus de 4,97 Mds$

Apple, dont les comptes trimestriels sont attendus avec nervosité pour mardi après la clôture, a rebondi de 1,8% après avoir perdu plus 9% entre le 17 et le 27 avril, sur des craintes d'un ralentissement à venir des ventes d'iPhones dans le monde... Les investisseurs redoutent donc une déception sur les résultats du 2ème trimestre fiscal achevé fin mars... Pour le trimestre janvier-mars, le consensus établi par le cabinet Factset (filiale du groupe Dow Jones) prévoit des ventes de 53 millions d'iPhones, un chiffre en baisse de 15% par rapport aux prévisions faites fin 2017 (environ 62 millions d'iPhones). Pour le trimestre suivant (avril-juin), Goldman Sachs estimait dans une note publiée vendredi que les ventes d'iPhones pourraient être inférieures aux 40 millions d'unités que l'analyste de GS attendait jusqu'ici, et bien inférieures au consensus de marché, qui est logé à 42 millions.

Allergan PLC (-5,2%) publie ses résultats du premier trimestre. La perte nette ressort à 332,5 M$ (0,99$ par action), contre une perte de 2,63 Mds$ (7,86$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 3,74$, en hausse de 11,6%. Les revenus montent de 2,8% à 3,67 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 3,36$, pour des revenus de 3,60 Mds$. Sur 2018, le groupe rehausse ses prévisions, en anticipant désormais un bpa compris entre 15,65 et 16,25$, pour des revenus entre 15,15 et 15,35 Mds$.

Marriott Vacations Worldwide (-8,8%) annonce un accord pour l'acquisition d'ILG, dans le cadre d'une transaction en numéraire et en actions qui valorise la société à environ 4,7 Mds$. Les actionnaires d'ILG vont ainsi recevoir 14,74$ en numéraire et 0,165$ en action MVW contre chaque action ILG. L'opération devrait être finalisée au second semestre 2018.

Cooper Tire & Rubber (-8,9%) dévoile ses résultats du premier trimestre. Les bénéfices sont de 8 M$ (0,16$ par action), contre 31 M$ (0,57$ par action) un an avant. Les revenus reculent de 6,5% à 601 M$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,6$, pour des revenus de 643 M$.

Monsanto (-1%). Bonne nouvelle pour Bayer qui tente de mettre la main sur le géant américain Monsanto. Bruxelles a autorisé, sous conditions, en vertu du règlement de l'UE sur les concentrations, l'acquisition de certaines parties des activités de Bayer Crop Science par BASF. Une opération imposée par les autorités antitrust pour autoriser le rachat de Monsanto par Bayer.

Broadcom (-1,4%) a resserré sa fourchette de prévision de revenus pour le second trimestre fiscal 2018. Le groupe, qui vise désormais des revenus de 5 Mds$ (plus ou moins 25 M$), évoque notamment la faiblesse de la demande pour les puces destinées aux appareils mobiles.

Walmart (+1,3%). Au Royaume-Uni, Sainsbury et Asda vont ainsi fusionner pour créer le premier groupe de supermarchés du pays avec des revenus estimés à plus de 51 milliards de livres. Walmart, propriétaire d'Asda, va détenir 42% de la nouvelle entité et recevoir 2,975 milliards de livres en numéraire dans le cadre d'une opération valorisant sa filiale environ 7,3 Mds£.

Prologis (-2,5%) annonce un accord pour le rachat de DCT Industrial Trust, dans le cadre d'une opération en actions valorisée à 8,4 Mds$. La transaction devrait être finalisée au troisième trimestre 2018.

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